Ma pointe de tarte au chocolat est mince. Non, vous n’êtes pas tombés sur une chronique gourmande; je parle de la pointe de tarte du lectorat de SF !
Je suis une auteure de science fiction, genre longtemps décrié par les critiques littéraires, et encore souvent nié par des auteurs « littéraires », même ceux ou celles qui voient un de leurs ouvrages d’ »anticipation » grimper en popularité. À une époque récente, certain-es se livraient à d’incroyables acrobaties verbales pour ne pas prononcer en entrevue ces mots honnis, « science-fiction. »
Je reviens de deux merveilleux salons du livre, celui de Dieppe (NB) et celui de Rimouski (le plus vieux salon du livre du Québec, qui fête son 60e anniversaire). Dans le premier, je signais pour deux romans et mes recueils, à des périodes limitées. J’ai cependant donné des ateliers en milieu scolaire pour encourager les jeunes à lire.
Au Salon du livre de Rimouski, j’avais mon propre kiosque qui offrait une belle sélection de livres variés, facilement accessibles. Là, environ un visiteur sur 20 va naturellement graviter vers ma table avec ses couvertures d’espace et de vaiseaux spatiaux!
Tome 1 de ma série de space-opera, qui a trouvé son public!
Un lecteurice sur 20, semble peu, mais oh quelle joie j’ai eu devoir briller les yeux d’une dame qui avait, deux ans plus tôt, acheté la série complète des voyages du Jules-Verne, et qui en parlait avec enthousiasme à un visiteur qui avait « zoomé » vers ma table en voyant les couvertures bleutées des mes recueils de SF.
Mes 5 recueils de SF
La dame se souvenait très bien de la série et a vite acquis la les cinq livres de La quête de Chaaas. Le lecteur a lui aussi trouvé son bonheur à ma table… et est reparti avec de la lecture! Bien qu’officiellement promu comme pour un public adolescent (le protagoniste est un ado) bien des adultes achètent et trippent sur la construction de monde et la société complexe des Jardiniers.
Un changement qui fait du bien à mon petit coeur de créatrice d’univers! C’est pout des moments comme celui-là que je me dis que ça vaut la peine de me déplacer.
J’ai longtemps enduré de voir mon genre littéraire favori décrié par certains lecteurs comme dans cette BD inspirée par le Salon de Paris 2008). Souvent, ils-elles ne pouvaient expliquer pourquoi ce genre les rebutait. Sans doute un écho de mauvais films… car rare sont les visiteurs de Salon qui pouvaient me citer le titre d’un livre dont le contenu les a dégoûtés de la SF.
J’ai voté en avance. Pourquoi? Lire la raison plus bas.
Ce gag des tables de dédicace date un peu mais reste d’une cruciale actualité!
J’ai répondu récemment à un éditorialiste du Devoir, Jean-François Lisée (dont j’apprécie normalement l’esprit vif) qui conspuait cette fois les gens qui ont voté en avance! Sous cette image d’un vote, le vôtre j’espère, voici mon coup de tête.
Monsieur, votre jugement péremptoire sur les gens qui votent en avance me semble sorti d’une boîte de Cracker Jacks. Vous évoquez leur paresse, leur indifférence face aux enjeux.
Indifférence? Au contraire!
Je suis la politique assidûment depuis 1976 et, bien plus que mettre un bulletin dans une boite aux 3 ou 4 ans, je m’implique au niveau local et municipal. Résident en Ontario depuis 2003, je me suis en effet prévalue de l’option de voter très en avance, dans un bureau situé à 4 km de mon domicile, et pas pour les raisons de commodité ou d’indifférence que vous avez évoqué.
Ce déplacement en bicyclette dans le froid venteux m’a beaucop coûté en énergie et en temps.
Le jour du vote, je vais me déplacer hors de mon voisinage pour assister à une session publique au centre-ville. Le sujet? Un nouveau développement de 9 immeubles à condos de 40 étages dans mon quartier, session publique que le promoteur a récemment et judicieusement fait déplacer du début de mai au… 28 avril !
Tiens, tiens.
J’ai l’impression qu’il n’y aura pas beaucoup de citoyens pour poser des questions sur le projet. Construire des logements pour contrer la pénurie: oui! Mais ériger des tours à condos hors de prix qui vont rester vides (parce qu’achetés par des spéculateurs), ça demande réflexion.
Voilà pourquoi, ayant depuis longtemps fait mes devoirs en ce qui concerne les partis fédéraux, j’ai voté en avance.
Au fait, quid des quatre jours de vote par anticipation, dites-vous? Ces quatre jours du 18 au 21 avril tombaient… sur le congé de Pâques, occasion de visite à nos familles loin de mon foyer !
Rester dans son cocon, c’est prendre position
On ne peut plus rester « neutre » dans son cocon face aux luttes pour conserver une planète habitable, une société où il fait bon vivre pour tout le monde.
Se proclamer « au-dessus de la mêlée », c’est prendre le parti de rester mêlé-e dans sa tête et ses actions.
C’est aussi, accessoirement, accepter la main-mise des spéculateurs et des oligarques sur notre démocratie. J’ai lu et écrit suffisamment de dystopies comme autrice de SF pour avoir une bonne idée du prix à payer quand on se retire de la « mêlée ».
Donc, encore une fois, allez voter, même en conspuant notre système uninominal à un tour. La représentation proportionelle compensée offriraitune meilleure fidélité aux voeux de la population.
Plus que de glisser un bulletin dans une urne, choisissez un champ de préférences pour vous impliquer. Même un tout petit service, une présence à une assemblée, un mot gentil, planter des fleurs, modifier vos habitudes, réduire les médias sociaux toxiques, fera avancer la cause du bien commun.
Et un dernier gag pour la route?
Un autre gag sur le vote qui date de 2011, du temps de Harper (d’où la dernière réplique).
Infos utiles
Pour trouver votre lieu de vote, voir le site d’Élections Canada
Vous souvenez-vous des poêles non-collantes en Teflon, commercialisé en 1954 ?
Oh joie, comme cela simplifiait la vie… Sans qu’on s’en doute, la compagnie avait caché les études sur les effets toxiques de ces PFOAs* … Et ça a pris plus de 60 ans pour s’en rendre compte!
Ma consoeur écrivaine Nina Monteanu, auteure du roman A Diary in the Age of Water, a aussi écrit cet article aussi troublant que recherché sur les micro-plastiques, et un cover-up d’une pollution qui a détruit des vies pendant 67 ans! C’est un 10 minutes de lecture qui en vaut la peine!
Cet article rapporte en détail ces 60 ans de cover-up of des effets délétères des PFOAs par la compagnie DuPont. Les PFOAS ont en plus contaminé les employés sur les lignes de montage, la nappe phréatique municipale…
AVERITSSEMENT: c’est un article à vous glacer le sang. Dire que j’ai cuisiné en toute innocence pendant plus de 25 ans avec une poêle non-collante enrobée de PFOAs Inutile de dire que j’ai jeté, hélas, cette fidèle poêle fabriquée avant qu’on bannisse le Teflon en 2013. C’est triste car aucun dirigeant de cette entreprise n’a été puni.
J’utilise maintenant une poêle Paderno. avec un coeur d’aluminium enrobé d’acier inox à trois couches. Et il y a aussi ces hybrides non-collante, avec motifs en grillage d’acier et sans PFOA. On peut y frotter des spatules de métal sans problème!
Ma caricature montre que les microplastiques se cachent partout, y compris dans nos vêtements issus de l’industrie du pétrole. À chaque lavage, ces polyesters et nylons relâchent des PFOAs dans l’eau. Un autre problème qui va nous donner des maux de tête, et des compagnies qu’il faudra encore tenir à l’oeil!
C’est la morale de cette histoire: comme citoyen-ne, ne jamais tenir pour acquis que les entreprises privées vont se modérer par elles-mêmes.
Quelques sources utiles:
* PFOA : Perfluorooctanoic Acid / perfluorooactanates, intégrés dans le Teflon
Équipée de son guide Sibley, de son chapeau d’exploratrice et de ses fidèles jumelles, Amanda Byrd poursuit les volatiles les plus insaisissables, aidant parfois une âme en peine. Pour la première fois, l’intrépide observatrice doit amener sa turbulente petite-nièce en excursion, en ce jour si tranquille de SuperBowl…elle qui préfère de loin voir un Superb Owl!
Humour et humanisme pour les amateurs d’ornithologie!
Le jour du “Superb Owl”
Une aventure de l’intrépide Lady Byrd!
Notre guide pointa du doigt en silence une des foisonnantes branches d’épinette couvertes de neige. Je n’eus pas longtemps à chercher pour découvrir le résident, son plumage crème moucheté de caramel se confondant avec le décor, et sa face un grand cœur pale marqué par les deux billes sombres de ses yeux. Cet oiseau nocturne faisait de son mieux pour éviter la violente lumière du jour.
C’était rare de voir une chouette rayée de si près, par un après-midi de février : elle se perchait à une douzaine de pieds du chemin que notre groupe d’amateurs suivait. Sa taille, environ 22 pouces de la tête à l’empennage de sa queue, faisait que je pouvais me dispenser de mes Bushnell 8×42 pour le regarder. Il me semblait que je pourrais étendre le bras pour caresser le duvet sur sa tête ronde.
Non pas que je me permette un geste aussi impoli devant ma petite nièce! Mais la première petite-fille de ma sœur n’éprouvait pas la même retenue. Elle porta ses mitaines rouges en coupe devant sa bouche, ses yeux bruns brillant de malice.
— Hou, hooou! fit-elle.
Un œil sombre comme un abysse cligna sous une paupière crème. La chouette pivota sa tête comme une tour de tank pour investiguer la source du bruit.
La plupart des chouettes et hiboux avaient des iris colorés d’un vif orange ou doré autour de pupilles rondes. La chouette rayée avait des yeux d’obsidienne, du verre noir, les iris invisibles.
Cet oiseau nocturne ne bénéficiait pas d’yeux fendus comme ceux des chats pour minimiser la lumière entrante, aussi protégeait-il ses rétines sensibles en baissant les paupières.
Ses paupières duveteuse à demi-fermées lui donnaient un air de sagesse débonnaire ou d’ennui fatigué. Certains oiseaux comme le grand hibou montrent de superbes projections qui ressemblent à des oreilles pointues, mais ce ne sont en réalité que des plumes. Celles de la chouette barrée sont aplaties contre sa tête.
Le mouvement de la chouette excita davantage la petite Mona.
— On dirait une boule de crème glacée au caramel avec des noix!
Je frissonnai.
On peut toujours compter sur les enfants pour parler de crème glacée en plein hiver, songeai-je.
Les couleurs de cet oiseau me rappelaient plutôt ce pull de laine trop grand qu’une de mes tantes adorées avait tricoté pour moi (elle avait oublié que les années d’adolescence étaient aussi des années de croissance.) Ce pull avait été blanc cassé avec des motifs brun clair, complètement à l’opposé des couleurs festives favorisées lors des années 1960.
Je l’avais porté pour un temps, pour faire plaisir à ma tante, et comme camouflage pour observer les oiseaux. Éventuellement, les mites le découvrirent. Ma mère défit la laine et se tricota un foulards chaud avec.
Des décennies plus tard, je portais ce même foulard pour mes excursions d’hiver; ses teintes peu agressives faisaient moins peur aux oiseaux.
J’aspirai l’air frisquet à travers le foulard. Les basses températures m’empêchaient de sentir pleinement l’odeur des pins et la neige fraîchement tombée, mais la vieille laine était imprégnée de la patience de ma mère. Je portais aussi un sac à dos plus lourd avec une bouteille thermos et une collation.
Au moins, c’était une formidable activité d’aller compter les oiseaux un dimanche de « Superb Owl », comme nous l’appelions. L’habitude de sortir voir les oiseaux en ce dimanche particulier avait été lancée dans les années 1990 par une passionnée d’ornithologie et depuis, beaucoup d’amoureux des oiseaux avaient découvert à quel point ce dimanche était calme, tant dans les bois que les parcs urbains. Les foules de promeneurs se tarissaient en ce jour.
En ce moment, mon neveu, de même que la moitié de la population des États-Unis, se vautrait sur son divan en regardant des joueurs de football aussi colorés que des oiseaux qui se disputaient une incroyable somme d’argent. Même les commerciaux coûtaient jusqu’à plusieurs millions de dollars.
Ce qui veut dire que, le jour du SuperBowl, notre petit groupe d’amateurs avait à lui seul tout ce grand parc situé près d’Albany, NY, et ses multitudes d’oiseaux, incluant nos discrètes, superbes chouettes.
— Hou, hooou!
Du moins, si un de nous arrêtait d’effrayer les oiseaux avec son enthousiasme débordant.
Je sais que les USA sont en pleine élection, mais ici, la Savante folle a appris que sa proposition de Reconversion d’édifices abandonnés en logements écologiques a été acceptée à 71,3 % au dernier congrès du Parti Vert du Canada, et s’intègre dans le programme officiel.
C’est une démanche entreprise depuis juillet 2023, et qui a été fort exigeante, surtout que cette année et a été occupée par les ennuis de santé, et le décès, de ma belle maman. La recherche de documents d’appui, puiser dans mon ancienne spécialité, expliquer en session zoom les avantages, répondre aux objections, amender le libellé… a pris beaucoup d’énergie.
Pas étonnant que beaucoup d’entre nous trouvent que la démocratie c’est trop dur… et manifester avec une pancarte, plus simple! L’exercice démocratique s’est fait avec le concours d’une plate-forme qui facilite les prises de décisions: We Decide.
La proposition concerne de nombreuses usines et centres commerciaux laissés à l’abandon au cœur des villes, pendant que la crise du logement empire. Pour en savoir plus, aller ici: les liens vers le documents d’appuis sont aussi donnés.
Souvent, les choses m’arrivent depuis les deux extrêmes du spectre, joyeux et triste. Un peu comme une nuit étoilée, où on devine le froid, mais aussi la promesse d’un temps meilleur.
Cette photo n’est pas de moi, mais de Martin Mariani sur Pexels.com
Le triste
Ma délicieuse mère est malade, de ces maladies dont on ne rebondit pas à 96 ans. Et aujourd’hui marque le jour anniversaire d’un triste événement qui me rappelle à quel point les progrès sont fragiles pour les femmes. On croit être arrivée à l’égalité, enfin, et… bon. Lire mes articles sur le 6 décembre à Polytechnique ici, et ici.
Aujourd’hui, je voulais commémorer en participant à une rencontre publique, où une cimenterie va demander un « droit de polluer » dans mon quartier… si, si! Au moins, ils font pas ca dans notre dos, même si les chances des citoyen-nes de contrer un changement de la réglementation sur les émissions sont faibles. Comme je suis enrhumée, il se peut que je participe à distance. Pour en savoir plus. Le site de la compagnie qui disent qu’ils se préoccupent d’environnement depuis 60 ans…
C’est Rachel Carson qui serait contente! (Silent Spring, publié en 1962…)
Le joyeux
Mais ce jour révèle de plus joyeuses nouvelles, artistiques et littéraires. Cette belle critique de A. C. Wise dans le dernier Locus (une revue de SF que je soutiens, d’ailleurs) parle de Tears Down the Wall, publié dans le numéro d‘Asimov’s “Slightly Spooky” de Septembre/Octobre 2023.
The story takes several satisfying twists and turns, and the world building is nicely done, providing a lush backdrop against which the mystery gradually unfolds. — Locus
Et j’ai aussi vécu deux beaux salons du livre, un à Rimouski et l’autre à Montréal, qui me font découvrir des nouvelles personnes.
Et les Rendez-vous de la BD de Gatineau, à l’organisation si généreuse, viennent de se terminer. J’ai eu la joie de dessiner devant public avec la talentueuse slammeuse LouNat, qui dénonce habilement les médias sociaux.
Encore là, comme artiste, rencontrer mes collègues et en découvrir de nouveaux qui trippent sur les mêmes choses que moi, ça fait chaud au coeur.
Que votre journée soit belle et vos actes généreux!
(Ben oui je garde mes ordis longtemps. Même mon dernier cri est un PC de… 2014 ! )
Encrassement?
L’encrassement est une baisse de qualité des services au fur et à mesure qu’une entreprise ou un application devient dominante, formant un monopole. S’applique pour tous les domaines, mais surtout les grandes plate-formes de réseau sociaux. En anglais, le mot est enshittification.
Le processus suit trois étapes claires :
1- D’abord, la plate-forme est légère, rapide, amicale, et sert efficacement ses utilisateurs-clients, qui affluent.
2- À mesure qu’elle grossit, la plate-forme avale ses concurrents et devient *indispensable* pour ses utilisateurs (Amazon, quelqu’un?), mais ceux-ci voient leurs conditions s’affaiblir au profit de clients d’affaires (les vendeurs) que la plate-forme veut aussi retenir.
3- Une fois le monopole établi et la compétition kaput, la plate-forme alourdit ses services et devient nettement moins amicale pour les acheteurs ET pour les vendeurs.
Les gens ont du mal à quitter la plate-forme malgré les conditions de plus en plus lourdes, avec plus de frais. Mais les « partenaires d’affaires » (les vendeurs, qui sont aussi dépendants de la plate-forme), y goûtent aussi, subissant une augmentation des frais (de publicité par exemple) pendant que le plate-forme pige allègrement dans le pot.
Mes plates formes sympa… ambitionnent!
Je vis la chose avec des plate-formes que j’aimais bien avant:
Facebook devenu Meta, qui ajoute des barrières et des layers et rend mes communications de plus en plus invisibles à mes 1000 contacts dont ma famille éloignée. En plus il a aplani la compétition en acquérant Instagram, que j’utilise aussi.
Mailchimp, racheté par Intuit, vient de faire passer de 2000 abonnés à 500 pour son utilisation gratuite. Et il est devenu plus difficile à gérer, la fonction d’envoi planifié fait maintenant partie de l’offre payante, etc.
Twitter: ben… depuis son rachat par le gars de Tesla, la chute est dramatique.
Goodreads : a effacé plein de choses et mes couvertures de livres, dans mon compte.
Amazon (qui a acheté Goodreads by the way) a vendu mon nom et mon téléphone à des compagnies de fraudeurs qui m’appellent des Philippines pour me proposer des services coûteux sur des affaires que je fais moi-même. Le numéro est officiellement aux USA, mais les appels sont sous-traités.
J’aimerais avoir la capacité de l’auteur Cory Doctorov qui lit, lit, lit tout sur l’impact des technologies mariées à la cupidité sur nos vies et qui pond des articles judicieux. Son article sur l’encrassement (« enshittification« ) des services a attiré mon attention. Son blog récent est ici: https://pluralistic.net/ , dont je recommande la lecture, surtout qu’il n’y a aucun cookie, pixel espion, robot traceur, ou publicité. Comme sur mon propre site d’auteure.
Bon, Cory Doctorov, c’est lui: auteur de science-fiction et très avisé dans les technos. Fondateur de la Electronic Frontier Foundation. J’ai eu la chance de la rencontrer une couple de fois.
Oui, il tape avec ce clavier Steampunk avec les touches rondes sur fond noir, et je suis verte de jalousie!
D’où vient le mot Enshittification?
Cory Doctorov a inventé le mot enshittification l’an dernier (vous êtes à jour les p’tits namis!) mot que je traduis par encrassement.
« I call this enshittification, and it is a seemingly inevitable consequence arising from the combination of the ease of changing how a platform allocates value, combined with the nature of a « two sided market, » where a platform sits between buyers and sellers, holding each hostage to the other, raking off an ever-larger share of the value that passes between them. »
Quelques exemples: quand ton appli Libby ne trouve pas le livre que tu veux lire, même si la bibliothèque le possède; Quand sur Google tu dois dérouler, dérouler des écrans plein de publicités et suggestions pas rapport avant de trouver ce que tu cherches…
L’article sur l’encrassement porte aussi sur l’achat probable de Simon & Schuster par la firme d’investissement KKR (une firme aux pratiques douteuses qui a, entre autres, détruit les magasins Toys-R-Us*) par ce qu’on appelle poliment des leveraged buy-outs. Mais ça mériterait son propre article, alors allez voir les sources en-dessous.
Comme écrivaine je surveille ce qui arrive dans le monde de l’édition.
Après son acquisition par une firme de capital de risque (private equity firm), Penguin Random House a rapidement congédié tous leurs employé-es senior et leurs correcteurs, faisant retomber sur les auteurs le coûts de révision de leur manuscrits.
D’ailleurs, nombre d’anciens directeurs littéraires ou réviseurs ouvrent leur propre agence pour proposer leurs services de révisions-direction littéraire aux auteurs qui espèrent être publiés. Oui, il y a une avance proposée, mais 1000-2000$ ou moins ne va pas payer le loyer!
Le phénomène s’observe aussi pour les éditeurs de BD qui demandent souvent le PDF de l’album déjà fini (donc tout fait sur votre temps à vous, avec vos frais mensuels de InDesign). Un phénomène d’entrainement qui a motivé ma décision de publier mes BD par ma propre maison Échofictions. Tant qu’à faire tout ce travail pour aboutir à un refus…
Et l’encrassement par le recours au privé dans la santé?
« The horror! The horror! » –Citation de Heart of Darkness, par Joseph Conrad
L’encrassement n’épargne pas notre système de santé, même si au Canada il est public. Les sirènes du privé attirent nombre de médecins fatigués du régime public sous-financé, ou qui espèrent une vie professionnelle plus aisée.
Sauf que le secteur privé n’a pas de compte à rendre aux patients qui doivent patienter, seulement aux actionnaires des compagnies d’investissement (oh-oh…) qui se sont consolidées pour contrôler les services aux hôpitaux, l’administration, les repas… et s’en mettent plein les poches en présentant des factures élevées et en se votant des dividendes, tandis que les employés et les patients endurent des conditions de plus en plus difficiles.
Sans parler des méga-emprunts et de l’endettement. Avec tous ces millions versés par nos gouvernements aux compagnies privées, on se demande pourquoi on observe tant d’heures d’attente aux urgences…
Et aux États-Unis, la situation est pire (d’où la citation en tête de section) et les assureurs entrent dans la danse des monopoles. Un extrait parlant ici:
Now the health care system is composed of a series of gigantic, abusive monopolists – pharma, hospitals, medical equipment, pharmacy benefit managers, insurers – and they all conspire to wreck the lives of only two parts of the system who can’t fight back: patients and health care workers. Patients pay more for worse care, and medical workers get paid less for worse working conditions.
Bref, l’encrassement va main dans la main avec la privatisation. Ça mériterait aussi son article.
TL;DR:
Dans Survival of the Richest, Doug Rushkoff appelle l’encrassement “going meta”: … don’t provide a service, just figure out a way to interpose yourself between the provider and the customer.
Ma traduction: plante-toi entre un fournisseur et ses clients sans offrir de service toi-même, empêche-les de partir, rend-les dépendants, puis presse les citrons.
Quelques sources pour mieux s’outiller
N’importe quel livre de Cory Doctorov. Il fait pas juste raconter une histoire, il te donne des outils pour s’extirper des griffes du capitalisme sauvage. Little Brother, Homeland, mais surtout, Chokepoint capitalism: https://craphound.com/category/chokepoint/ Z’allez toutte comprendre!
Au sujet de TOYS-R-US : résumé, ce N’est PAS la faute des employés si la chaîne a fait faillite. https://www.nakedcapitalism.com/2018/06/private-equity-kills-toys-r-us-workers-get-no-severance.html – Extrait d’un autre article de 2018: The (current) poster child for this con game is Toys R Us, whose private equity owners borrowed more than $5 billion to buy the company (with a $400 million annual debt service plan). The new owners quickly took the company into bankruptcy, defaulting on that giant debt, after paying themselves $200 million (including tens of millions in performance bonuses to the C-suite in the same year the company declared bankruptcy).
La part du lion : comment les riches ont réussi à prendre le contrôle du système fiscal canadien, par Linda McQuaig, 1987, Éditions Du Roseau. Date un peu, mais c’est terriblement lucide et ça prépare ce qui arrive aujourd’hui. Livre papier difficile à trouver. Essayer ici: livre audio chez Eole.
The Sport & Prey of Capitalists, un livre plus récent de Linda McQuaig chez DunDurn Press, qui démonte le dogme économique de la privatisation. Acheter ici et choisissez votre librairie!
Michèle Laframboise est auteure de science fiction, dessinatrice, inventrice de mèmes. Elle compte près de 20 romans et 80 nouvelles publiées, en plus de ses recueils de nouvelles chez Échofictions.
Cette BD est un hommage à mon père, Jacques Laframboise, qui nous a malheureusement quitté le 8 novembre 2014, au petit matin. Papa m’a toujours encouragée dans ce que je faisais, et a soutenu mes sœurs dans leurs projets. Hélas, il ne verra pas le résultat de ses bienveillants efforts.
Cette 103e page des Grandeurs et misères de la table de dédicaces lui est dédiée, avec gratitude.
Œuvrer au fond d’un trou
C’est un secret mal gardé dans le monde des artistes et des écrivains que certains récoltent la gloire dès leur première oeuvre et accèdent au statut d’incontournable, tandis que d’autres, ben… Je me souviens encore de la foule de journalistes qui s’est retirée quand mon tour était venu de parler en public, juste après une adolescente de 14 ans qui avait commis son premier roman. Oui, j’avais éprouvé une sensation de vide en dedans.
Je ne souhaite à personne de travailler sans reconnaissance. Comme m’avait dit un jour Jim Corcoran: « je suis dans le relève depuis 30 ans ». J’envie toujours les auteurs comme Michel Rabagliati qui a eu une audience large et immédiate du premier coup. Incontournable. Pianissimo, mon meilleur album de BD à l’époque, était passé dans le beurre.
Je travaille au fond d’un trou médiatique depuis plus de trente ans.* Auteure invisible et contournée. Pas d’invitation à participer à des collectifs de BD. Refus multiples. Pas d’articles dans la presse, même quand je suis finaliste au prix du GG et au prix Trillium (j’ai eu une entrevue comme finaliste, mais seule celle du récipiendaire a été publiée). Il faut dire que la science fiction était encore mal acceptée voici dix ans. Aujourd’hui la SF est mieux acceptée, mais ce sont les nouveaux auteurs qui en bénéficient.
Pour une grande partie de ces années, j’avais le soutien indéfectible de mes parents. Mon père savait trouver les bons mots pour m’aider à redevenir sereine, et à persévérer.
Une ou deux rares fois, un événement me ramenait au niveau du sol, puis je replonge. Ce n’est pas la gloire qui me manque, mais la joie de pouvoir partager mes histoires avec un grand nombre de personnes.
Le désavantage de l’artiste qui vieillit…
Puis, j’ai perdu mon père et grand fan. J’avais un peu honte de n’avoir pas fait de brillante carrière en ingénierie comme lui, mais finalement, je me suis rendue compte qu’il m’a toujours considérée comme égale en science.
Là, ça s’est dépeuplé autour de moi, et ma bonne maman, qui m’a aussi encouragée, lit moins qu’avant à cause du grand âge. Il reste mes sœurs et les plus jeunes dans la famille élargie, et mon mari et fan numéro un. Mes grands-parents? Je les ai eus très longtemps, une grande chance, mais eux aussi se sont envolés, et ne verront pas le fruit de leurs encouragements.
Presque tous mes profs du secondaire ne sont plus parmi nous. J’ai perdu un grand ami, prof de géographie et fan, l’an dernier, à 94 ans.
Ça vous dit l’âge de mon corps, ce que certains collègues me rappellent, soit par des commentaires sur mon apparence, soit par omission, comme dans cette circonstance. Ça vous dit que mon indice de « décolleté » baisse avec le temps. Je sais qu’aucun éditeur européen ne m’engagerait à mon âge pour dessiner une série à succès. Et même si j’étais cute, je m’en méfierais, avec toutes les occurrences de harcèlement des auteures de BD.
Mais qui récolte un brin de sérénité
Depuis que j’ai lancé ma propre maison d’édition, je ne suis plus à la remorque d’éditeurs de BD. Développer et contrôler toutes les étapes d’un projet me libère, même si mes livres surnagent dans un mer de publications.
Mais désormais, je suis contente pour les collègues qui obtiennent leur portion de couverture médiatique et récoltent la gloire dans la vingtaine, la trentaine… parce que ceux et celles qui ont toujours cru en leurs capacités, les professeurs, les parents et grands-parents, sont encore là pour partager leur fierté!
On cherche tous et toutes, depuis quelque temps, de l’air frais et de la nature… Mais justement, comme on veut tous aller s’épivarder dans la nature, ça soulève des problèmes. Je garde un bon souvenir d’une cabane au fond des bois louée par le biais de Air-BnB voici quelques années, parce que la propriétaire était très sympathique. Et les habitants autour qui rendaient nos vacances intéressantes.
AirBnB s’invite à la campagne…
Je recommande ce balado : https://www.ledevoir.com/balados/765569/balado-le-dilemme-des-petites-municipalites-face-au-phenomene-airbnb qui montre que ça va très loin. L’invasion des RBnB dans les petits villages ruraux bouleverse la vie des résidents. Non seulement on observe la pression sur les ressources, l’eau disponible pour le raccordement de centaines de nouveaux chalets, l’électricité, les nouvelles rues, la destruction des habitats, mais aussi le tissu social s’effrite.
Car comment des villégiateurs à court terme pourraient nouer des liens avec des résidents qui se sentent déracinés malgré eux?
Et derrière, les choix, les promoteurs sans visages qui vendent maintenant des chalets à prix d’ord avec système de location clef en main. Et l’accès à un petit lac tranquille par plus de 150 familles ou occupants éphémères de chalets ne laissera pas ce lac tranquille longtemps. Et le gonflement de taxes foncières représente une tentation irrésistible pour une municipalité. Qui résiste au mouvement des locations à court terme?
Résister : St-Adolphe d’Howard impose un zonage sévère et des amendes aux propriétaires qui louent à court terme. Les hôtels traditionnels, les B&B aussi en souffrent des locations de type rBnB…
…et en ville!
Une mini-maison à Meldrum Bay, Ile Manitoulin (réplique de l’auberge de Meldrum Bay, à côté, qui a récemment fermé ses portes).
AirBnB est parti d’une bonne idée, deux étudiants qui ont logé des voyageurs chez eux et leur servaient le déjeuner. Mais l’application sympa est depuis devenue une entité gargantuesque qui influence les gouvernement pour ne pas payer d’impôts sur leurs profits, pour déréglementer leurs activités… un bel exemple de capitalisme sauvage: accumuler les profits de millions de petites transactions, sans rien rendre. Évasion fiscale. Seuls les dirigeants au sommet de la pyramide pourront jouir de la belle vue.
En ville, dans certains quartiers, les voisins peuvent dire quelles maisons dans leur rue sont des rBnB : car il n’y avait de lumières de Noël allumées. Et tant de touristes qui passent bousculent la vie de quartier. Quand d’une semaine à l’autre, vous ignorez qui reste dans la maison d’à côté.
Et je ne parle pas de la sécurité tout court, du bruit quand les occupants à court terme décident de faire la fête. Souvent, en voyage, les gens se permettent des débordements qu’ils ne feraient pas chez eux. Les hôtels traditionnels limitent ces débordements.
À lors que les loyers grimpent et les spéculateurs gardent des maisons vides pour créer une rareté (400 000 maisons vides en Ontario, un chiffre estimé.) Le gouvernement de l’Ontario a récemment institué une taxe de 25% de la valeur d’une maison pour des acheteurs « non résidents » comme des corporations. Cette taxe devrait être annuelle, car des spéculateurs peuvent se permettre de laisser les propriétés en friche…
Et des municipalités veulent limiter à 14 jours la durée de location d’une résidence principale. En France, le gouvernement de plusieurs villes ont imposé une limite de 120 jours par an pour louer sa résidence vide. Par contre, on peut encore louer une chambre de notre maison (si on l’occupe) 365 jours par an. Et il n’y a pas de nombre de jours maximum de location Airbnb pour les résidences secondaires.
Ça me rend très, très contente d’avoir loué dans un motel lors de nos dernières vacances. Car le phénomène AirBnB a nuit aux établissements, certains se tirent encore d’affaire avec un service exceptionnel.
Court et moyen terme
La location à court terme répond à une demande de la part des voyageurs, mais la solution passe par une planification à moyen et long terme pour préserver le milieu naturel et le bon voisinage. Car ce sont les gens de la place qui rendent un endroit attirant, pas seulement les vieilles pierres ou les berges d’un beau lac.
Ici, le Lac Huron, vu d’une plage publique de Providence Bay, sur l’Ile Manitoulin.
C’est un défi de partir en vacance en respectant la planète, mais on a fait de notre mieux. Pas d’expédition au bout du monde avec trajet en avion, co-voiturage, et un transport en commun au retour.
C’est aussi un défi de trouver des établissements qui ont renoncé au plastique, mais cette fois oui, on en a trouvé. Nous nous sommes installés à Providence Bay, pour deux semaines dans un… motel magnifique!
Magnifiques vitraux.
Un motel vraiment spécial et chaleureux
Dans nos têtes, quand on pense « motel », on pense un lieu bruyant, un building âgé, des chambre beiges et mornes, un peu comme comme cette description pigée dans un roman de la série Jack Reacherde Lee Child (Never Go Back) qui m’avait frappée lors de la lecture.
« …the night clerk gave him a room, which had all the features Reacher expected, because he had seen such rooms a thousand times before. There was a raucous through-the-wall heater which would be too noisy to sleep with, which would save the owner money on electricity. There were low-watt bulbs in all the fixtures, likewise. (..) No doubt the shower would be weak and strangled, and the towels thin, and the soap small, and the shampoo cheap… »
Eh bien, rien à voir avec le Huron Sands. On a plutôt découvert un petit coin de paradis.
Huron Sands est très au-delà d’un « motel » anonyme aux chambres sans grâce et mornes. Ses dix chambres sont élégantes, avec un plafond incliné en bois avec traverses, un plancher en bois flottant, des murs bleu-vert et des vitraux sur le triangle de vitre au-dessus des portes (photo). Les propriétaires avaient racheté un motel bâti vers 1958 et tout rénové.
Les vitraux des chambres 2 et 3 sont vraiment magnifiques. Notre chambre, la 1, n’en avait pas mais un appliqué-collé tamisait la lumière au-dessus des rideaux en un doux bleu.
Certaines chambres avaient des cuisinettes; pas la nôtre, mais elle comptait un four micro-ondes, une cafetière, un petit frigidaire et une bouilloire pour le thé, ce qui nous a permis de nous faire un peu de repas. Un gros plus: ils acceptent les animaux de compagnie !
Souvent en motel, les décorations sont inexistantes. Même en hotel chic, les cadres sont des reproductions cheap. Pas ici. Les cadres et oeuvres d’art faits par des artistes locaux sont même disponibles pour la vente! Au restaurant, on pouvait acheter des pots de délicieuse gelée de « hawberry » faite maison. Les dames qui géraient et le motel et le petit restaurant (dont mon mari a essayé TOUS les plats lors de notre passage), et le fils de l’une d’elles, ont été au-delà de nos attentes.
Oui, un bel endroit !
Je recommande chaudement le restaurant car il y a des aussi mets végétariens et végans. Tania cuisine de merveilleux bourrekas et des crêpes russes « blinis » qui font notre bonheur le matin. Il y a aussi de la soupe aux lentilles et du « borscht » qui valent le détour, et des plats plus copieux et des déjeuners. Ouvert de 9 h à 9h avec une pause entre 2 et 4 heures. Leon et Colleen sont super gentils, en deux semaines on a appris à apprécier leur constant labeur! Colleen nous a apporté un vieux drap pour ranger nos bicyclettes en sécurité (Photo)
La gentille maîtresse des postes, Éleanor, avait son petit bureau collé entre le restaurant et notre chambre no 1, donc on a pu acheter des timbres et envoyer des lettres et paquets, ce dont je ne me suis pas privée.
La borne de recharge au mur du bureau de poste pour recharger une batterie de voiture électrique! C’est lent, ça prend 5 heures, mais c’est utile. PLUS (continué): l’eau du robinet goûte très bon! Salle de bain très propre.
Une petite place tricotée serrée
À Providence Bay, il n’y a pas de dépanneur, alors le petit café Muchmor et le restaurant du motel comblent ce manque. Le Mutchmor est très impressionnant avec une superbe murale qui fait la joie des réseau sociaux. L’établissement offre de tout, y compris des chambres, des cours, de l’artisanat local. Et le café intégré offre des patisseries, des collations, sandwiches et café bien sûr!
Des jeunes de Sudbury, à 1 heure et demie, y travaillent l’été.
Un voisin tient même un mini BBQ tous les jours, ce qui dépanne quand les deux restaurants (autres que le Huron Sands, ouvert 7 jours) sont fermés le lundi.
Dans une île au nord, la nourriture est forcément un peu plus chère qu’au sud à cause des réseaux de distribution. Les prix y sont en conséquence: 8 piasses pour un bon hotdog, 10-12 pour un burger bien garni. Gilles a apprécié le restaurant de poisson.
Et la plage…
Coucher de soleil sur la plage de Providence Bay, sur un lac Huron calme.
Distance de marche de la plage: 250 mètres, deux rues. Si vous prenez la rue McNevin, il y a une mini-bibliothèque d’échange de livres devant la petite église. J’y ai laissé un des miens…
Un pavillon d’interprétation, un mini-magasin et des terrasses avec des tables joignent la promenade, un bonheur pour les promeneurs et ornithologues amateurs. Il y a des toilettes publiques et une plaque pour se rincer les pieds ensablés, une très bonne idée. Les toilettes ont un espace pour se changer aussi. Il y a aussi, joie, des appareils d’exercice accessibles et des structures de jeu pour les enfants.
Un long tapis permet de passer du parking à la plage sans se fatiguer à marcher dans le sable pour ceux-celles qui sont chargés de chaises, serviettes, parasols, tente de plage, etc. Plus loin on peut louer des canots-kayak.
La plage et la baie offrent du sable fin, avec un peu de grains de magnétite (le guide dit qu’on peut s’amuser avec une aimant pour en ramasser).
Tôt le matin, les eaux plus calmes m’accueillent pour une trempette tranquille. Je signale la clarté exceptionnelle de l’eau du lac Huron, d’une belle couleur vert émeraude. Je n’ai pas vu de poissons car la baie près de la plage est peu profonde, et du sable fin.
Manitoulin, c’est aussi un rêve de géologue.
Le milieu des alvars, spécial. C’est un milieu semi aride sur une couche de roche calcaire (surtout de la dolomie) sur le bord du lac Huron. Le sol y est pauvre, et les plantes habituées aux changements de niveau d’eau. L’eau du robinet a d’ailleurs un très bon goût. On en a rapporté dans nos bouteilles pour faire durer nos vacances!
Mais non, personne ne veut envahir les 17 millions de km de la Russie, surtout pas l’Ukraine! Prétexte, encore, pour le nouveau « Tsar » qui veut mettre la main sur cette prospérité.
Comme on voit tout cela de très loin, j’ai fait l’exercice d’imaginer notre maison, avec tous ses avantages, après des bombardements. Sans être matérialiste, la destruction des logements déracine de force des gens. Je pense aux gens de Kiyv (Kiev) et des autres villes que le Tsar veut mettre à sa botte.
Ces dessins datent de 2008, réalisés lors d’un autre bombardement. Mais ce que subit l’Ukraine semble faire revenir les cauchemars de la 2e guerre mondiale.
Après bombardements. Comme la Covid, on va être pogné avec ces dictateurs (car le Tsar n’est pas seul) pour des années, et seuls les marchands de canons y trouveront leur profits.
Il faut réfléchir à d’autres façon d’être prospères, et comment partager cette prospérité, non du haut vers le bas, mais au niveau des pâquerettes. Ca nous prend un bon réseau racinaire.
C’était la Savante folle qui ne peut rester indifférente.