Les flocons de neige n’avaient pas le droit de briller au soleil comme de la poussière de fée, tombant oh, si doucement! qu’on aurait cru que Hardwood Street et ses boutiques de mode haut de gamme avaient été téléportées à l’intérieur d’un globe de verre. Ils flottaient en décrivant des huit paresseux, chacun minuscule et unique. Un spectacle qui aurait été parfait il y a un an…
Cerise Joseph abaissa d’un doigt le bord de son masque en tissu rose et violet, cousu par les mains habiles de sa mère des mois plus tôt. En offrant son visage aux délicats flocons, la jeune femme tenta de se rappeler les temps plus heureux.
Quand elle espérait au lieu de se morfondre.
Ces jours-ci, un étau de culpabilité lui tordait les entrailles à chaque fois qu’elle pensait à l’appartement vide de sa mère. Elle était venue arroser les violettes et le pot d’herbe à chats, et laisser une portion de croquettes pour la chatte d’Espagne allongée sur le rebord de la fenêtre du deuxième étage.
Cerise replaça son masque. Personne ne l’avait vue et sa portion de trottoir était vide, mais elle ne voulait pas baisser la garde avec un virus en constante mutation qui changeait de face comme on changeait de paire de gants. Les vaccins récemment mis au point n’avaient pas encore ralenti la progression de la pandémie.
Elle avait renoncé au rouge à lèvres brillant qui complimentait sa peau brune. À quoi bon se maquiller, avec le visage caché sous un carré de tissu? En plus, le rouge à lèvres laissait l’intérieur du masque de coton des taches qui ressemblaient trop à du sang…
Cerise repoussa la tuque tricotée si-serré-qu’elle-étouffait-ses-cheveux pour mieux voir le ciel, sillonné de lignes électriques et de lampadaires. D’où provenaient ces flocons, elle n’en avait aucune idée. Autour d’elle, les bruits de la circulation et l’odeur du gaz d’échappement semblaient amoindris, étouffés par la neige.
Bien sûr, le confinement forcé par la pandémie de Covid-19 avait abaissé la densité de voitures en centre-ville, mais il y avait encore des exceptions. Ou des personnes qui, se croyant exceptionnelles, avaient défié les règles de confinement.
Elle se mordit les lèvres alors que la colère montait en elle. Pour se distraire de ces idées sombres, elle releva la tête en arrière, pour déceler quel généreux nuages libéraient cette neige.
En novembre 1979, un train de marchandises déraille à Mississauga, le propane dans les wagons-citernes créant une explosion si puissante que la boule de feu est aperçue aussi loin qu’à Niagara Falls.
Victor Tremblay, un jeune amateur de monstres japonais, sent sa maison trembler et il s’éveille, découvrant le ciel orangé. Curieux, il s’approche assez pour entrevoir ce qu’il croit être un Kaiju de feu qui piétine la voie ferrée…
Rapidement, la mairesse déclare la ville fermée ! Avec ses parents et ses amis Lucie et Henry, Victor doit être évacué, en laissant son chat et ses précieux souvenirs derrière lui… Quand pourra-t-il rentrer à la maison ?
Le Kaiju de Mississauga raconte une évacuation épique survenue à une époque d’avant Internet. Une histoire surprenante qui met en vedette l’amitié, l’entraide et l’honnêteté.
La Savante folle a-t-elle délaissé la SF ? Scandale!
Je vous rassure, y’en a un en préparation chez le même éditeur. Mais je suis férue de romans historiques et je considère que connaître histoire me donne des outils pour construire une société fictive.
Je viens de publier Solstice Sigil, une novelette (7700 mots) dans Alfred Hitchcock Mystery Magazine de ce mois-ci, une enquête haletante menée par un ancien gladiateur dans la Rome républicaine, autour de 140 avant JC. Il y a beaucoup moins de sources historiques pour cette période, longtemps avant les figures plus connues de Jules-César ou même de Marius. Entre autres, le Colisée n’avait pas été construits et les gladiateurs se battaient dans des espaces publics avec des gradins de bois (les spectacula) démontés en fin de journée.
Si chercher des informations sur la Rome Antique m’a donné du trouble, j’imaginais avec un brin de naïveté qu’un événement aussi récent que le déraillement de Mississauga en 1979 fourmillerait de détails faciles d’accès. Eh bien non. On croirait que tout ce qui s’est déroulé avant l’avènement d’Internet se cache dans un trou noir, ou au fond des bibliothèques. Certes, les grandes lignes du déraillement se retrouvent sur Wikipedia, mais pour écrire une histories intéressante, ça prend une foule de petits détails.
Par exemple, oui, les cendriers omniprésents dans les centres d’achats!
Inspiration
Je suis résidente de Mississauga depuis 2003, donc impossible pour moi de passer à côté de cet événement. Le déraillement de 1979 aurait pu être une catastrophe, mais tous les corps professionnels, pompiers, police, armée, personnel médical, ont collaboré avec une grande efficacité pour évacuer la ville.
Et ce, à une époque d’avant Internet, ce qui veut dire:
Pas de réseaux sociaux
pas de bots de désinformation
Pas de gens qui se prennent en selfie
Donc, en gros, pas de chicane inutile!
et… pas de morts!
Les adultes aimeront mes illustrations intérieures, inspirées de photos glanées sur le site de Héritage Mississauga et du Peel Art Gallery Museum and Archives. J’ai évidemment pris des libertés et enrichi l’histoire de détails croustillants comme l’enseigne du Woolco dans la première configuration du centre d’achats Square One (qui était un grand carré avec un espace libre au centre).
J’ai eu la chance de rencontrer Hazel McCallion à quelques reprises et de visionner le vidéo produit par Héritage Mississauga. lors du 40e anniversaire de l’évacuation.
Infos utiles
Lancement officiel lors du Salon du livre de Toronto
Une mésange perchée sur la branche enneigée… (Je n’aurais jamais ou prendre une si bonne photo, donc celle-ci provient de Deposit Photos.)
Automne de repos
Il y a quelques années, je courais tous les salons littéraires sans discernement. Je me rendais même aux États-Unis suivre des formations et participer à des ateliers. (Mon passeport est maintenant échu et pas question de franchir cette frontière avant un bon boutte.)
Cette année, j’ai sauté le salon du livre de Montréal, pour raison de fatigue et de multiples projets uu-uurgents ! Faire une journée complète de train pour me pointer le nez à une table de dédicaces et regarder la foule passer en vitesse ne m’intéresse pas. Idem pour les RVBDG, un festival que j’adore, mais cette année je n’ai pas pu aller. J’irai l’an prochain, si j’ai une nouvel album.
Par contre, un grand merci pour leur accueil aux gens du Salon du livre de Dieppe (NB) et du Salon du livre de Rimouski (QC) ainsi que la Journée Francophone du 20 novembre à Toronto.
Un grand merci au public de ces Salons, et des événements.
En anglais, la Can*Con 2025, en octobre aussi, a fait du bien. Cette année j’y suis allée en quidam, je n’avais pas de table de vente. Mais ça fait tellement de bien de rencontrer des collègues en science-fiction! L’écriture est un travail solitaire, donc ce frottement entre cerveaux créatifs, plus tous ces moments où on peut rire ensemble avec Marie Bilodeau, me remontent le moral!
Une année productive
Trois livres par Échofictions, et un roman finalisé chez mon éditeur.
Le tout dernier livre de Échofictions réunit cinq histoires tendres du temps des fêtes, qui donnent chaud au coeur. Et on en a tellement besoin! On peut se procurer sur le site de lien universel Books2read : https://books2read.com/5sweet
Une partie de mon travail est aussi de traduire ce livre en français. Cette version paraîtra en 2026.
Café et Chocolat, un livre court avec des croquis et une liste de refuges pour chevaux. À trouver ici.
Le secret de Maragi, traduction en français de Maragi’s Secret (Asimov’s, mai-Juin 2024), disponible sur les plateformes. Si le coeur vous en dit, semez des étoiles sur les sites de lecture, c’est le meilleur moyen de guider de nouvelles personnes vers mes livres!
Laframboise qui fait de l’historique? Si !
Mon prochain roman pour jeune public sortira le 2 février 2026. Pas de la science fiction, mais une fiction historique basée sur un déraillement de train survenu dans ma ville en 1979. On suivra le point de vue d’un jeune élève amateur de monstres japonais.
Ça peut paraître contre-intuitif, mais je suis passionnée du passé et d’histoire, qui m’aide à concevoir des sociétés futuristes originales. J’aimais énormément mes cours d’histoire au secondaire, surtout enseignés par France-Élaine Rochefort, qui savait si bien raconter!
La noirceur nous assiège avec son cortège de violences, mais il faut résister et relever la tête.
En même temps, prenez aussi le temps de vous reposer, de vous reconstruire. À long terme, il faudra se retrousser les manches pour rebâtir nos sociétés, sur d’autres bases que la cupidité.
Je vous souhaite un doux mois de décembre plein de flocons et de lumières.
J’ai, je devrais dire nous, avons perdu un ami et auteur de SF. Ami qui figure dans ce photo-roman des joies de la table de dédicaces réalisé en 2002.
Un gag co-scénarisé avec Jean-Louis Trudel en BD, puis en photo-roman lors d’un vrai Salon du livre de Montréal (avec l’aide de Chris Oliver pour les photos) Notez comme JLT avait remonté sa carte pour qu’on puisse la voir un coup assis!
Jean-Louis Trudel, JLT pour les intimes) était pour moi un mentor, un idéal à atteindre pour le sérieux, la profondeur et l’exactitude de sa fiction. Il étudiait et critiquait des livres de fiction et non-fiction en plus d’enseigner l’histoire des sciences.
JLT était un marcheur infatigable, en bonne santé, et son décès subit à Vilnius nous a choqué-es. Sa page Wikipedia est déjà à jour, snif.
J’aimais bien l’agacer un peu pour son usage de mots allemands dans ses articles mais son travail intellectuel est sans mesure. Dans notre monde, ça PREND des personnes qui consacrent des centaines d’heures à lire des documents, pour les digérer et nous offrir une réflexion éclairante. Lors des discussions en ligne jamais JLT ne disait du mal de quelqu’un ni ne se mettait en colère. Il restait très zen.
JLT est la personne grâce à laquelle je suis entrée dedans le monde de la SF francophone en 1994.
J’avais rencontré Jean-Louis à la défunte librairie Nebula de Montréal lors du lancement d’Angloman (de mes confrères Marc Shainblum et Gabriel Morrisette.) Comme je traînais souvent des dessins de mon univers de SF avec moi, je l’avais pris pour un auteure de BD et lui ai montré une illustration en couleurs qui avait demandé des heures de travail dans le Photoshop de l’époque. Ouf.
(Parenthèse, je n’aimais lire QUE de la SF avec des robots et des fusées, mais hélas les cours de littérature française n’offraient que des histoires du terroir, des écrivains français morts depuis longtemps, ou de rares oeuvres de SF déprimantes comme la pluie ou 1984. Je me suis donc tournée vers la création de BD, plus joyeuse.)
Quelle surprise d’apprendre qu’il exsitait une communauté de science-fiction francophone ! Il s’avéra que Jean-Louis gérait le serveur de la liste SF Franco, auquel je me joignis. Que d’échanges d’idées entre tous ces Francais de France et d’ailleurs, et les québécoi-ses.
Au cours des années je me suis efforcée de combler mon retard, et j’ai écrit, beaucoup écrit et dessiné des histoires. Quand Passions étouffées sous la pierre cendreuse de Jean-Louis Trudel est sorti en 1999 dans Solaris 130, j’ai voulu l’adapter en BD, ce qui a donné, après bien des transformations et un coup de main de Salvador Dallaire, Ruego.
JLT était aussi une moitié de Laurent McAllister avec Yves Meynard (qui a fait les frais d’une de mes BD, La Zone Sci-Fi, que je n’ai pas sous la main). Les deux ont concocté des nouvelles pas piquées des vers et en 2009, le superbe SUPRÉMATIE chez Bragelonne. Une saga de space-op de 672 pages bourrée de concepts brillants que j’ai tant aimée (ma revue de lecture, avec un peu de spoilers sur Goodreads) que j’en ai fait des haikus, et un roman-photo parodique, avec des photos des congrès Boréal à travers les années qui nous fait revoir des ami-es.
Ma pointe de tarte au chocolat est mince. Non, vous n’êtes pas tombés sur une chronique gourmande; je parle de la pointe de tarte du lectorat de SF !
Je suis une auteure de science fiction, genre longtemps décrié par les critiques littéraires, et encore souvent nié par des auteurs « littéraires », même ceux ou celles qui voient un de leurs ouvrages d’ »anticipation » grimper en popularité. À une époque récente, certain-es se livraient à d’incroyables acrobaties verbales pour ne pas prononcer en entrevue ces mots honnis, « science-fiction. »
Je reviens de deux merveilleux salons du livre, celui de Dieppe (NB) et celui de Rimouski (le plus vieux salon du livre du Québec, qui fête son 60e anniversaire). Dans le premier, je signais pour deux romans et mes recueils, à des périodes limitées. J’ai cependant donné des ateliers en milieu scolaire pour encourager les jeunes à lire.
Au Salon du livre de Rimouski, j’avais mon propre kiosque qui offrait une belle sélection de livres variés, facilement accessibles. Là, environ un visiteur sur 20 va naturellement graviter vers ma table avec ses couvertures d’espace et de vaiseaux spatiaux!
Tome 1 de ma série de space-opera, qui a trouvé son public!
Un lecteurice sur 20, semble peu, mais oh quelle joie j’ai eu devoir briller les yeux d’une dame qui avait, deux ans plus tôt, acheté la série complète des voyages du Jules-Verne, et qui en parlait avec enthousiasme à un visiteur qui avait « zoomé » vers ma table en voyant les couvertures bleutées des mes recueils de SF.
Mes 5 recueils de SF
La dame se souvenait très bien de la série et a vite acquis la les cinq livres de La quête de Chaaas. Le lecteur a lui aussi trouvé son bonheur à ma table… et est reparti avec de la lecture! Bien qu’officiellement promu comme pour un public adolescent (le protagoniste est un ado) bien des adultes achètent et trippent sur la construction de monde et la société complexe des Jardiniers.
Un changement qui fait du bien à mon petit coeur de créatrice d’univers! C’est pout des moments comme celui-là que je me dis que ça vaut la peine de me déplacer.
J’ai longtemps enduré de voir mon genre littéraire favori décrié par certains lecteurs comme dans cette BD inspirée par le Salon de Paris 2008). Souvent, ils-elles ne pouvaient expliquer pourquoi ce genre les rebutait. Sans doute un écho de mauvais films… car rare sont les visiteurs de Salon qui pouvaient me citer le titre d’un livre dont le contenu les a dégoûtés de la SF.
Un bon souvenir tiré de mon album Technologie Salvatrice!
Les BD figurent parmi les bons souvenirs de mes études à l’École Polytechnique. Ce gag avec la pomme est un de mes favoris. Pomme reprise pour la couverture de Technologie Salvatrice 2 (1996, Zone Convective). Ce n’est presque plus de la SF tant les biotechnologies évoluent vite! Qui aurait cru en 1996 qu’on serait capable d’imprimer de la nourriture avec des imprimantes 3D?
Je portais ce sarreau pendant l’Halloween, au grand plaisir des enfants. Mais la Savante folle (Moua-hahahaha!) distribuait plus de chocolat que de fruits!
Une vue de la rivière Petitcodiac, avec des nuages tourmentés au-dessus.
La Savante folle revient de son beau salon du livre de Dieppe, du 23 au 26 octobre. Là, je signais pour mon éditeur, mais j’avais consigné quelques livres à la librairie acadienne.
Merci à la belle équipe, Morgane Bonamy, Audrey et aux bénévoles dévoués dont Camille, Karine, Stephane, Oscar qui nous conduisaient aux écoles pour donner les ateliers.
Un Salon animé
Je n’ai pas beaucoup de photos du salon mais de beaux souvenirs des classes dans les écoles francophones que j’ai visitées. Ci-dessous, ma table à la librairie acadienne.
La librairie Acadienne m’a fait une belle table, et aura en boutique mes livres pour la vente!
J’ai aussi donné un atelier surplace, la crème glacée littéraire, qui est tout sauf ennuyeux. C’est ma façon d’encourager les jeunes à lire.
Priska Poirier est charmante et a pris une bonne photo de moi quand je tenais son livre. J’avais la bonne couleur d’ongles pour aller avec la couverture!
J’ai un roman historique de Sonia Alain que j’ai hâte de commencer! Oui j’écris de la SF, mais je lis énormément de livres historiques!
Ici, une photo avec Sonia à gauche, et Maryse qui est une femmes d’affaires bien outillée, et conjointe de Martial Grisé. (Mon amie poétesse Lélia Young et moi avons d’ailleurs acheté deux beaux carnets de notes à leur kiosque!)
J’ai rencontré aussi une professeure impliquée dans une organisation venant en aide aux gens sur le spectre de l’autisme, qui a apprécié mon roman Rose du désert.
Et par hasard, une ancienne scoute! Car j’avais visité les Castors de Dieppe en 2007. Tous ces petites sont des adultes aujourd’hui, auxquel-les je souhaite le meilleur!
J’ai eu la joie de relever le défi de dessin en direct avec Réal Godbout, sur thème imposé! Je fais raremen cet exercice, mais Réal est un pro et moi aussi, ça fait qu’on s’est bien débrouillés, avec une grenouille sur une citrouille zombie!
Le spectacle de la fin a réuni de belles voix pour chanter des airs d’animés en japonais. C’était très motivant.
Une jeune chanteuse en cosplay, lors de la cloture du Salon du Livre.
(Dans les mauvaises nouvelles, le Otaku Lounge de Montréal vient de fermer ses portes, C’était vraiment un bel espace pour lire et apprendre à dessiner. )
À la fin, avant de nous reconduire à l’aéroport, Oscar nous a fait passer dans les beaux endroits de Dieppe au bord de la Petitcodiac, (alias la rivière Chocolat dont les marées sont impressionnantes ) et nous a montré les monuments consacré au Grand Dérabngement (la déportations des Acadiens) de 1755.
Je voulais tellement voir cette rivière de près! Ça comble mon petit coeur d’amoureuse de la nature. Et, de la nature, il y en a! Quand on séjourne dans une ville pour un Salon, ça fait du bien de regarder autour, de humer l’air, de marcher dans la ville.
Un estomac bien rempli
J’ai découvert le restaurant Chez Archibald, que je recommande chaudement. Ambiance tranquille, et il y avait un dessert passe-partout de pouding au riz qui terminait bien mes journées! En face de notre hôtel (merci à Morgane pour les bonnes chambres), il y avait aussi une patisserie où on pouvait manger une soupe maison. Et pour me dépanner au Salon, il y avait moyen d’acheter pour 10$ deux pizzas (en fait, une petite pizza et un pain à l’ail rond) lesquels se mangent très bien le lendemain!
Un carnet bien rempli
Ce que j’aime faire dans un Salon, c’est, quand j’ai une belle conversation avec le public, de faire signer la personne dans mon « cahier d’honneur » (mon calepin d’écrivaine). Mes notes de travail sont au crayon à mine, donc je donne un stylo de couleur à mes fans pour signer et laisser un petit mot!
C’est aussi ce que j’ai fait à Rimouski et Toronto!
Ces petits mots me font de beaux souvenirs ensuite!
Un beau calepin qui attend des signatures… (Photo de Monstera Production sur Pexels.com) Je ne photographie pas mes carnets, alors imaginez votre signature dedans!
Maragi’s Secret vient de sortir en Chine dans le numéro de novembre de Science Fiction World!
La superbe illustration respecte grosso modo le texte de la novella, avec même les albatros bien dessinés et le bord de la ville flottante. (Côté aéronautique, feu mon papa dirait que le ballon n’est pas assez volumineux, mais il ne faut pas trop en demander!)
Pour la graphie du titre, je reconnais la première syllable (ma) mais mon mandarin est loin, loin, loin… j’ai visité quelques villes en Chine en 1992. J’y ai fait de belles rencontres, et gardé une amitié durable. Je reconnais aussi le mot Canada
Jia-na-da
Mon nom en chinois est plutôt long:
Mǐ xiē ěr · lā fú lǎng bù wǎsī
C’est très spécial, parce que ça faisait quelques années que je tentais de soumettre une nouvelle. Et là, c’est SF World qui m’a contactée par le formulaire de contact de mon site pro (michele-laframboise.com). L’univers présenté dans la novella, publiée dans Asimov’s l’an dernier, a tapé dans l’œil de la rédactrice en chef, et la traduction s’est faite rondement après signature du contrat.
Maragi’s Secret a aussi fait quelques vagues, récoltant de bonnes impression par les lecteurs d’Asimov’s. L’un d’eux a même écrit un petit mot gentil, ce qui n’arrive pas si souvent! Je suis contente de découvrir mes fans anglophones.
Pour les francophones, il va sans dire que la novella traduite en français, Le secret de Maragi, sort aussi cet automne chez Échofictions. Le livre papier sera disponible au Salon du livre de Rimouski.
La couverture de Science Fiction World ici (SF plus générique, là):
La page d’accueil de l’Institut Jane Goodall aujourd’hui 2 octobre
Elle est partie avec octobre, avec l’automne.
J’ai eu la joie d’écouter et de voir Jane en personne à Toronto, le 3 septembre dernier. Voici mon lien vers l’article en anglais, que je n’ai pas encore traduit.
En s’occupant des chimpanzés en danger, Jane avait compris qu’il fallait aussi s’occuper des populations qui vivent dans le même milieu –souvent ignorées par les scientifiques– et les faire participer activement à l’amélioration de leur environnement.
« when we put local communities at the heart of conservation, we improve the lives of people, animals and the environment. »
C’est un trio gagnant-gagnant qui a fait ses preuves sur plus de trente ans, et lors de sa présentation Jane avait donné des exemples, tels que la colline de Gombe dont la forêt autour avait été rasée. Un effort de replanter des arbres a ramené, peu à peu les gens, l’eau et les animaux dans le milieu.
Pour les ami-es de la nature, l’Institut Jane Goodall poursuit son travail incessant. Roots and Shoots encourage les enfants à construire par des actions écologiques un meilleur avenir.
Cette hécatombe est silencieuse, comme le sont les silhouettes dégarnies des frênes qui défilent avec le paysage depuis ma fenêtre de train.
Cette population de frênes en groupe serré était plus vulnérable… photo prise par la Savante folle du train entre Toronto et Montréal.
Depuis plusieurs années, la population de frênes d’Amérique du nord est assassinée de l’intérieur par un mignon coléoptère aux élytres vert bouteille, Agrilus planipennis. L’agrile du frêne se nourrit des feuilles du frêne. Hélas, la femelle y pond ses oeufs. Ce sont les larves qui mangent le délicieux cambium, (la zone entre le tronc et l’écorce, où circule la sève). Et creusent un trou pour quitter l’arbre, au terme de leur développement. Les films de SF avec des « Aliens » qui sortent de l’estomac de leur hôte n’ont rien inventé. En fait, il ne manque pas d’inspiration avec d’autres parasites du monde des insectes.
Une larve ne suffit pas à tuer un arbre, mais un millier vont causer la mort de l’arbre en quelques années. Un scénario parfait pour une dystopie, qu’on a déjà vécu avec les Ormes d’Amérique infestés par un champignon (Ophiostoma spp.) transporté par un insecte, le scolyte. Quelques ormes ont résisté, mais il a fallu hybrider des espèces pour obtenir des individus résistants au champignon. Ces nouveaux hybrides sont loin d’avoir le port altier de nos bons vieux ormes d’Amérique…
Ces tunnels artistiques et mortels. Photo tirée de la page du gouvernement de l’Ontario.
Les frênes sur notre petit terrain sont aussi en train d’agoniser. Eux aussi sont grugés de l’intérieur, et on ne peut que les regarder dépérir…
Ça ressemble à la lente corruption d’une société. Les agriles sont des coléoptères qui agissent pout survivre. Les ultra-riches qui creusent les fondations de notre civilisation et depuis leur cage dorée, nous regardent dépérir collectivement en sirotant leur champagne.
Mais rien ne « frêne » la cupidité humaine, on dirait…
Pour en savoir plus
L’émission Moteur de recherche a produit des reportages sur la lutte à l’agrile du frêne. La génomique nous offrirait de l’espoir, des marqueurs génétiques pour identifier la présence de l’agrile sur un arbre. Pour écouter ce reportage récent.