Archives de Catégorie: Science-fiction

JLT

J’ai, je devrais dire nous, avons perdu un ami et auteur de SF. Ami qui figure dans ce photo-roman des joies de la table de dédicaces réalisé en 2002.

Une heure à la table de dédicace : le photo-roman!
Un gag co-scénarisé avec Jean-Louis Trudel en BD, puis en photo-roman lors d’un vrai Salon du livre de Montréal (avec l’aide de Chris Oliver pour les photos) Notez comme JLT avait remonté sa carte pour qu’on puisse la voir un coup assis!

Jean-Louis Trudel, JLT pour les intimes) était pour moi un mentor, un idéal à atteindre pour le sérieux, la profondeur et l’exactitude de sa fiction. Il étudiait et critiquait des livres de fiction et non-fiction en plus d’enseigner l’histoire des sciences.

JLT était un marcheur infatigable, en bonne santé, et son décès subit à Vilnius nous a choqué-es. Sa page Wikipedia est déjà à jour, snif.

J’aimais bien l’agacer un peu pour son usage de mots allemands dans ses articles mais son travail intellectuel est sans mesure. Dans notre monde, ça PREND des personnes qui consacrent des centaines d’heures à lire des documents, pour les digérer et nous offrir une réflexion éclairante. Lors des discussions en ligne jamais JLT ne disait du mal de quelqu’un ni ne se mettait en colère. Il restait très zen.

JLT est la personne grâce à laquelle je suis entrée dedans le monde de la SF francophone en 1994.

J’avais rencontré Jean-Louis à la défunte librairie Nebula de Montréal lors du lancement d’Angloman (de mes confrères Marc Shainblum et Gabriel Morrisette.) Comme je traînais souvent des dessins de mon univers de SF avec moi, je l’avais pris pour un auteure de BD et lui ai montré une illustration en couleurs qui avait demandé des heures de travail dans le Photoshop de l’époque. Ouf.

(Parenthèse, je n’aimais lire QUE de la SF avec des robots et des fusées, mais hélas les cours de littérature française n’offraient que des histoires du terroir, des écrivains français morts depuis longtemps, ou de rares oeuvres de SF déprimantes comme la pluie ou 1984. Je me suis donc tournée vers la création de BD, plus joyeuse.)

Quelle surprise d’apprendre qu’il exsitait une communauté de science-fiction francophone ! Il s’avéra que Jean-Louis gérait le serveur de la liste SF Franco, auquel je me joignis. Que d’échanges d’idées entre tous ces Francais de France et d’ailleurs, et les québécoi-ses.

Au cours des années je me suis efforcée de combler mon retard, et j’ai écrit, beaucoup écrit et dessiné des histoires. Quand Passions étouffées sous la pierre cendreuse de Jean-Louis Trudel est sorti en 1999 dans Solaris 130, j’ai voulu l’adapter en BD, ce qui a donné, après bien des transformations et un coup de main de Salvador Dallaire, Ruego.

La BD Ruego, d'après une nouvelle de Jean-Louis Trudel, co scénarisé avec Salvador Dallaire

JLT était aussi une moitié de Laurent McAllister avec Yves Meynard (qui a fait les frais d’une de mes BD, La Zone Sci-Fi, que je n’ai pas sous la main). Les deux ont concocté des nouvelles pas piquées des vers et en 2009, le superbe SUPRÉMATIE chez Bragelonne. Une saga de space-op de 672 pages bourrée de concepts brillants que j’ai tant aimée (ma revue de lecture, avec un peu de spoilers sur Goodreads) que j’en ai fait des haikus, et un roman-photo parodique, avec des photos des congrès Boréal à travers les années qui nous fait revoir des ami-es.

Le Petit Suprématie Illustré : partie 1, partie 2, partie 3, partie 4 (extrait ci-dessous)

Bref, parodies à part, je dois beaucoup à Jean-Louis pour ma carrière en écriture de SF. (20 romans et 90 nouvelles au compteur pour le moment… )

Merci cher JLT et bon voyage dans l’univers suivant!

Ma pointe de tarte au chocolat (plus mince pour la SF)

Ma pointe de tarte au chocolat est mince. Non, vous n’êtes pas tombés sur une chronique gourmande; je parle de la pointe de tarte du lectorat de SF !

Je suis une auteure de science fiction, genre longtemps décrié par les critiques littéraires, et encore souvent nié par des auteurs « littéraires », même ceux ou celles qui voient un de leurs ouvrages d’ »anticipation » grimper en popularité. À une époque récente, certain-es se livraient à d’incroyables acrobaties verbales pour ne pas prononcer en entrevue ces mots honnis, « science-fiction. »

Je reviens de deux merveilleux salons du livre, celui de Dieppe (NB) et celui de Rimouski (le plus vieux salon du livre du Québec, qui fête son 60e anniversaire). Dans le premier, je signais pour deux romans et mes recueils, à des périodes limitées. J’ai cependant donné des ateliers en milieu scolaire pour encourager les jeunes à lire.

Au Salon du livre de Rimouski, j’avais mon propre kiosque qui offrait une belle sélection de livres variés, facilement accessibles. Là, environ un visiteur sur 20 va naturellement graviter vers ma table avec ses couvertures d’espace et de vaiseaux spatiaux!

Couverture des Voyages du Jules-Verne
Tome 1 de ma série de space-opera, qui a trouvé son public!

Un lecteurice sur 20, semble peu, mais oh quelle joie j’ai eu devoir briller les yeux d’une dame qui avait, deux ans plus tôt, acheté la série complète des voyages du Jules-Verne, et qui en parlait avec enthousiasme à un visiteur qui avait « zoomé » vers ma table en voyant les couvertures bleutées des mes recueils de SF.

Mes 5 recueils de SF
Mes 5 recueils de SF

La dame se souvenait très bien de la série et a vite acquis la les cinq livres de La quête de Chaaas. Le lecteur a lui aussi trouvé son bonheur à ma table… et est reparti avec de la lecture! Bien qu’officiellement promu comme pour un public adolescent (le protagoniste est un ado) bien des adultes achètent et trippent sur la construction de monde et la société complexe des Jardiniers.

Un changement qui fait du bien à mon petit coeur de créatrice d’univers! C’est pout des moments comme celui-là que je me dis que ça vaut la peine de me déplacer.

J’ai longtemps enduré de voir mon genre littéraire favori décrié par certains lecteurs comme dans cette BD inspirée par le Salon de Paris 2008). Souvent, ils-elles ne pouvaient expliquer pourquoi ce genre les rebutait. Sans doute un écho de mauvais films… car rare sont les visiteurs de Salon qui pouvaient me citer le titre d’un livre dont le contenu les a dégoûtés de la SF.

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Une pomme pour Halloween

Michele et Pascale au laboratoire avec une grosse pomme
Un bon souvenir tiré de mon album Technologie Salvatrice!

Les BD figurent parmi les bons souvenirs de mes études à l’École Polytechnique. Ce gag avec la pomme est un de mes favoris. Pomme reprise pour la couverture de Technologie Salvatrice 2 (1996, Zone Convective). Ce n’est presque plus de la SF tant les biotechnologies évoluent vite! Qui aurait cru en 1996 qu’on serait capable d’imprimer de la nourriture avec des imprimantes 3D?

Je portais ce sarreau pendant l’Halloween, au grand plaisir des enfants. Mais la Savante folle (Moua-hahahaha!) distribuait plus de chocolat que de fruits!

Les beaux Salons (Dieppe)

Une vue de la rivière Petitcodiac, avec des nuages tourmentés au-dessus.

La Savante folle revient de son beau salon du livre de Dieppe, du 23 au 26 octobre. Là, je signais pour mon éditeur, mais j’avais consigné quelques livres à la librairie acadienne.

Merci à la belle équipe, Morgane Bonamy, Audrey et aux bénévoles dévoués dont Camille, Karine, Stephane, Oscar qui nous conduisaient aux écoles pour donner les ateliers.

Un Salon animé

Je n’ai pas beaucoup de photos du salon mais de beaux souvenirs des classes dans les écoles francophones que j’ai visitées. Ci-dessous, ma table à la librairie acadienne.

La librairie Acadienne m’a fait une belle table, et aura en boutique mes livres pour la vente!

J’ai aussi donné un atelier surplace, la crème glacée littéraire, qui est tout sauf ennuyeux. C’est ma façon d’encourager les jeunes à lire.

Priska Poirier est charmante et a pris une bonne photo de moi quand je tenais son livre. J’avais la bonne couleur d’ongles pour aller avec la couverture!

J’ai un roman historique de Sonia Alain que j’ai hâte de commencer! Oui j’écris de la SF, mais je lis énormément de livres historiques!

Ici, une photo avec Sonia à gauche, et Maryse qui est une femmes d’affaires bien outillée, et conjointe de Martial Grisé. (Mon amie poétesse Lélia Young et moi avons d’ailleurs acheté deux beaux carnets de notes à leur kiosque!)

J’ai rencontré aussi une professeure impliquée dans une organisation venant en aide aux gens sur le spectre de l’autisme, qui a apprécié mon roman Rose du désert.

Et par hasard, une ancienne scoute! Car j’avais visité les Castors de Dieppe en 2007. Tous ces petites sont des adultes aujourd’hui, auxquel-les je souhaite le meilleur!

J’ai eu la joie de relever le défi de dessin en direct avec Réal Godbout, sur thème imposé! Je fais raremen cet exercice, mais Réal est un pro et moi aussi, ça fait qu’on s’est bien débrouillés, avec une grenouille sur une citrouille zombie!

Le spectacle de la fin a réuni de belles voix pour chanter des airs d’animés en japonais. C’était très motivant.

Une jeune chanteuse en cosplay. Derrière elle, une illustration de Manga
Une jeune chanteuse en cosplay, lors de la cloture du Salon du Livre.

(Dans les mauvaises nouvelles, le Otaku Lounge de Montréal vient de fermer ses portes, C’était vraiment un bel espace pour lire et apprendre à dessiner. )

À la fin, avant de nous reconduire à l’aéroport, Oscar nous a fait passer dans les beaux endroits de Dieppe au bord de la Petitcodiac, (alias la rivière Chocolat dont les marées sont impressionnantes ) et nous a montré les monuments consacré au Grand Dérabngement (la déportations des Acadiens) de 1755.

Je voulais tellement voir cette rivière de près! Ça comble mon petit coeur d’amoureuse de la nature. Et, de la nature, il y en a! Quand on séjourne dans une ville pour un Salon, ça fait du bien de regarder autour, de humer l’air, de marcher dans la ville.

Un estomac bien rempli

J’ai découvert le restaurant Chez Archibald, que je recommande chaudement. Ambiance tranquille, et il y avait un dessert passe-partout de pouding au riz qui terminait bien mes journées! En face de notre hôtel (merci à Morgane pour les bonnes chambres), il y avait aussi une patisserie où on pouvait manger une soupe maison. Et pour me dépanner au Salon, il y avait moyen d’acheter pour 10$ deux pizzas (en fait, une petite pizza et un pain à l’ail rond) lesquels se mangent très bien le lendemain!

Un carnet bien rempli

Ce que j’aime faire dans un Salon, c’est, quand j’ai une belle conversation avec le public, de faire signer la personne dans mon « cahier d’honneur » (mon calepin d’écrivaine). Mes notes de travail sont au crayon à mine, donc je donne un stylo de couleur à mes fans pour signer et laisser un petit mot!

C’est aussi ce que j’ai fait à Rimouski et Toronto!

Ces petits mots me font de beaux souvenirs ensuite!

un beau calepin (Pexels.com)
Un beau calepin qui attend des signatures… (Photo de Monstera Production sur Pexels.com) Je ne photographie pas mes carnets, alors imaginez votre signature dedans!

Maragi’s Secret publié en Chine!

Le numéro de novembre de Science Fiction World!

Maragi’s Secret vient de sortir en Chine dans le numéro de novembre de Science Fiction World!

La superbe illustration respecte grosso modo le texte de la novella, avec même les albatros bien dessinés et le bord de la ville flottante. (Côté aéronautique, feu mon papa dirait que le ballon n’est pas assez volumineux, mais il ne faut pas trop en demander!)

Pour la graphie du titre, je reconnais la première syllable (ma) mais mon mandarin est loin, loin, loin… j’ai visité quelques villes en Chine en 1992. J’y ai fait de belles rencontres, et gardé une amitié durable. Je reconnais aussi le mot Canada

Jia-na-da
Jia-na-da

Mon nom en chinois est plutôt long:

米歇尔 · 拉弗朗布瓦斯
Mǐ xiē ěr·lā fú lǎng bù wǎsī
Mǐ xiē ěr · lā fú lǎng bù wǎsī

C’est très spécial, parce que ça faisait quelques années que je tentais de soumettre une nouvelle. Et là, c’est SF World qui m’a contactée par le formulaire de contact de mon site pro (michele-laframboise.com). L’univers présenté dans la novella, publiée dans Asimov’s l’an dernier, a tapé dans l’œil de la rédactrice en chef, et la traduction s’est faite rondement après signature du contrat.

Maragi’s Secret a aussi fait quelques vagues, récoltant de bonnes impression par les lecteurs d’Asimov’s. L’un d’eux a même écrit un petit mot gentil, ce qui n’arrive pas si souvent! Je suis contente de découvrir mes fans anglophones.

Pour les francophones, il va sans dire que la novella traduite en français, Le secret de Maragi, sort aussi cet automne chez Échofictions. Le livre papier sera disponible au Salon du livre de Rimouski.

La couverture de Science Fiction World ici (SF plus générique, là):

La couverture du SF World


#steampunk #climateSF #dirigeables #SFWorld #sciencefiction #traduction

Une pluie bienfaisante

pluie de contrats!

Trois contrats en deux semaines pour des publications, petites et grandes.

Un roman historique, une novella de SF traduite et une nouvelle policière historique, les trois à paraître en 2026. Je ne compte pas deux autres contrats signés cet été plus tôt pour des textes de SF courts.

D’où la reprise de ce gag, en fin d’été. Ce qui a changé, c’est que tous ces contrats n’arrivent plus sous forme papier…

Une belle surprise de mai!

Juste avant de filer pour le Salon du livre du Grand Sudbury, la Savante folle est à nouveau finaliste aux prix Trillium, avec son roman Rose du désert!

Couverture de Rose du désert

Le récit débute quelques temps après les événements du Secret de Paloma.

La Rose du titre déteste tout, et tout le monde : Alouette-la-parfaite, Paruline-la-coquette, William-le-pelucheur, la rivière à sec, les corvées, et son propre « cerveau capricieux » qui papillonne d’une idée à l’autre… et peine en mathématiques !

Convaincue que le Rideau en chépasquoinium va les lâcher, Rose s’enferme dans une solitude farouche que même Paruline, qui tente de se rapprocher d’elle, ne peut percer. Or, des incidents se produisent et la sécheresse s’aggrave. Rose devra surmonter ses lacunes et faire un pas vers les autres pour trouver des solutions.

Une histoire captivante qui explore la neurodivergence, le pardon, la volonté et la force de la communauté.

Voici le vidéo tout en joyeuse musique!

La remise des prix aura lieu le 18 juin à la Librairie Centrale de Toronto.

La Savante folle raffole être finaliste à des prix littéraires car ça lui confirme que ses histoires touchent un public. Un livre émerge un peu comme une île de la mer qui devient alors plus visible pour les bateaux qui naviguent dans les environs.

Je ne connais pas tous les autres finalistes, sauf Mireille Messier qui persiste et signe de beaux récits jeunesse, Aristote Kavungu qui verse dans la réflexion historique et Didier Leclerc qui présente aussi un roman historique et, comme moi, porte un chapeau distinctif!

Pour découvrir Rose, Paruline, Moineau et les autres, allez vous procurer l’ouvrage en librairie, ou sur le site du REFC. La version électronique est aussi disponible mais c’est plus amusant de signer la version papier. Après la solitude de l’écriture, renconter ses fans est rafraichissant!

Et zou! Je cours au Salon de Sudbury!

L'auteure courant faire signer ses albums de BD par d'autres auteur-e-s!

Un beau trio!

Ce mois d’avril, trois nouvelles de ma plume (je devrais dire, mon clavier) sont sorties en magazines de SF francophones!

Couverture de Solaris 236

Virée Boréale, Solaris 236

Hé oui, une fois n’est pas coutume, Laframboise qui fait dans l’horreur fantastique! Quel dommage pour cette belle couvertue d’un ascenseur spatial!

Brins éternité

La concierge, l’alpha et la cigale (2025) dans Brins d’éternité 64

Rions un peu, cette nouvelle est inspirée par une sympathique âme de la SF francophone, « matante » Valérie! Et là, y a du vaisseau spatial et une concierge spéciale!

Couverture Galaxies 90
hommage à Olaf Stapledon

Gentrification (2025) Galaxies 90 

Cette nouvelle aborde la gentrification et la violence envers les pauvres sous un angle fantastique. Une vieille artiste s’acharne sur une dernière toile, sachant son immeuble condamné pour faire place à des condos de luxe… Hommage à Cindy Milstein, activiste contre la gentrification abusive.

Et oui, je suis sensible à cette couverture de SF car une de mes nouvelles (La cousine Entropie) a été comparée à l’écriture de Olav Stapledon. Snif. (Le numéro est encore officiellement en précommande.)

Salon du livre de Montréal

Tous les mois de novembre ramènent la Savante folle au Salon de Montréal.

Voici, en une image, mon horaire de signatures: je vais être collée sur la scène de Radio-Canada au REFC (en rouge), et sur l’entrée au kiosque Solaris (en violet) !

Plan du salon de Montréal
Stand 228 Regroupement des éditeurs franco-canadiens (REFC)
Jeudi : 15h à 16h
Vendredi : 18h à 19h
Samedi  : 16h à 17h

Stand 600, Solaris
VENDREDI :19h30 à 20h30
DIMANCHE  : 13h à 14h

Les livres que je signe:

Les revues Solaris dans lesquels j’ai publié un texte. Nouvelles

Rose du désert, (Pris AAOF 2024) suit une héroïne qui voit tout en noir! Il faut dire que son déficit d’attention et les défis cognitifs de son « cerveau capricieux » ne l’aident pas beaucoup à se faire des amis… à découvrir pour la voix narrative d’une adolescente « aro-ace« .

Le secret de Paloma (Prix Trillium 2023), présente une colonie qui survit tant bien que mal. Alouette vient de perdre sa meilleure amie, et cherche à comprendre ce qui a pu pousser Paloma à s’enfoncer dans le désert.

Il devrait rester aussi des Projet Ithuriel (2012), roman d’anticipation sociale dans une ville dévastée par l’ère des « choix difficiles », où tout est privatisé…

Pour en savoir plus

La saison des feuilles, des salons et… des prix!

des feuilles bien rouges de notre amélanchier

Ouf, c’est l’automne, un Salon n’attend pas l’autre. Après les deux prix reçus au Congrès Boréal en septembre, je courais au Salon Steampunk de la Capitale (dont je préparais l’article) avec une ambiance électrisante. Je retourne à Ottawa pour la Can*Con, la convention canadienne de SF, où j’aurai une table de vente pour Échofictions.

Et à peine revenue du Salon Steampunk, en voici un autre beau prix qui arrive!

Un beau vendredi

L’AAOF et le Salon du livre Afro-Canadien à Ottawa m’ont fait une belle surprise. En effet, j’ai eu la joie d’être lauréate du prix de littérature jeunesse de l’AAOF pour Rose du désert, une histoire dans laquelle j’ai mis beaucoup de temps et de réflexion, qui aborde la neurodiversité, l’entraide, et le pardon.

Je suis reconnaissante aux éditions David, car le travail de révision littéraire s’active à rendre plus accessible l’histoire qui a longtemps bouillonné dans la tête de l’auteure!

Le Prix de littérature jeunesse AAOF est financé par l’entremise du Fonds Françoise-et-Yvan-Lepage (AAOF) de la Fondation franco-ontarienne, à qui je dois ma gratitude. (J’ai rencontré Françoise Lepage et garde un beau souvenir d’elle.

Un extrait des commentaires des membres du jury (que je remercie aussi) :

Fougueuse, Rose affronte les nombreux défis qui s’enchaînent, découvrant ainsi ses forces et celles de sa communauté où chaque individu est appelé à jouer un rôle. L’autrice réussit magistralement à présenter la voix de Rose, un personnage authentique, à la fois fort et vulnérable. Sa plume habile nous offre un récit captivant, débordant d’imagination.

L’héroïne est une narratrice avec une voix teintée de pessimiste et d’ironie. Pour les curieux-ses, voici la page du livre Rose du désert au REFC. (Une portion du montant du prix doit être consacrée à la promotion du livre.)

Mon entrevue au lendemain du prix, à Échelle humaine, Ici Radio-Canada.

Les amies finalistes

Parfois les prix effacent les finalistes de la mémoire des gens, ou les médias les oublient, alors j’en profite pour vous encourager à découvrir Mireille Messier (Pas de chevaux dans la maison, biographie de Rosa Bonheur illustrée par Anna Bron, éditions Orca) et Claudia Lahaie (Les voies du Slam, éditions David, qui suit trois ados aux parcours différents mais unis par l’amour du slam).

Les voies du slam

Par les temps qui galopent (hihi!) il faut prendre la parole et s’exprimer sur les joies de la lecture. Les auteurs ne sont pas en concurrence, mais en « coopétition », car on s’entraide pour se faire connaître.

Je lis de tout et le partage sur mes blogs et dans mes lettres. Personne ne peut, bien entendu, lire tous les livres qui se publient, mais je fais rayonner autant que je le peux les livres que j’ai aimé, afin que leurs pages réchauffent les coeurs qui en ont le plus besoin.

La Savante folle remporte deux prix Aurora-Boréal

Le Congrès Boréal qui se tenait au Cégep Bois de Boulogne, rassemble les amateurs et auteurs de SF francophones. Depuis dix ans, les Prix Aurora-Boréal y sont décernés (séparés des prix anglophones Aurora.) Avant le Congrès, des votes de mise en nomination pour les Prix Boréal sont comptabilisés des œuvres publiées/diffusées en 2023, et le vote final a eu lieu en fin de semaine. Dinaliste dans deux catégories, je n’avais pas beaucoup d’attentes mais… Surprise!

Ma BD Ruego et le blogue de la Savante folle (ici!) ont été récompensés.

Ruego, mock-up 3D

Un grand merci à mes hordes de fans fantastiques qui m’ont décerné le prix Aurora-Boréal 2024 de la meilleure BD, avec Ruego (2023, Echofictions).

Ruego provient d’une nouvelle de Jean-Louis Trude, paru dans Solaris en 1999 (sous le titre Passions étouffées sous la pierre cendreuse), et adaptée par moi-même, avec un peu d’aide graphique de Salvador Dallaire, en 2003 dans le fanzine Zine-Zag 14 et 15; en 2007 en anglais pour un lancement à Windsor; en 2014, une édition limitée en français. Enfin, en 2023, une édition enrichie par une section de croquis et un historique, est publiée par Échofictions.

Mon blogue de la Savante folle est arrivé ex-aequo avec une formidable collègue, Mariane Cayer et son blogue Les lectures de Prospéryne! Le blogue de Prospéryne existe depuis longtemps, et ce n’est pas rien de recenser régulièrement les romans de genre! On a besoin de ces personnes qui prennent le temps de lire et de commenter, car le nombre étourdissant de publications, face à notre temps libre et aux prix des livres, nous empêchent de tout lire.

D’ailleurs, il y avait, seulement en SFF francophone, une pléthore de romans éligibles (dont Rose du désert, David 2023) aux Prix Aurora-Boréal. Je me souviens du temps où on pouvait lire tout ce qui se publiait au Québec en un an. *

Ce fut un moment particulièrement émouvant, car c’est la première fois que je remporte un prix Boréal. En plus du témoignage d’appréciation par mes pair-es, j’y ai gagné de superbes plaques artistiques préparées avec amour par notre grande dame de la SF, Élisabeth Vonarburg. C’est un service que l’écrivaine de Saguenay nous rend chaque année (et non, ce n’est pas de l’IA mais des productions d’artistes 3D).

Mes plaques de prix Boréal, aimablement préparées par Élisabeth Vonarburg. L’insecte est particulièrement impressionnant.


* Avec quelques best-sellers en prime. Le cheval d’orgueil, chronique paysanne très dure de Pierre-Jakez Hélias publiée en France en 1975, avait trôné au sommet du palmarès de La Presse pendant deux ans! Avant Le cheval d’Orgueil, il y avait eu d’autres succès, dont Papillon de Henri Charrières, et Le Parrain de Mario Puzo, les deux sortis en 1969.

Images de la When Words Collide

La WWC, qui se tenait au Delta de Calgary du 16 au 18 août dernier, m’a permis de recharger les batteries créatives, et de dire coucou à mes collègues de la plume. Pour les curieux, l’horaire est encore disponible ici

des livres, des livres.... Ma récolte de livres (inclue aussi Scintillation 5) Il en manque quelques-uns dont un de Premee Mohamed, The Butcher in the Forest. et l'antho Carpe Noctem (vendu avec les petits dés. Il doit bien se trouver quelque part... :^)
Ma récolte de livres (incluant aussi Scintillation 5) Il en manque quelques-uns dont un de Premee Mohamed, The Butcher in the Forest. et l’antho Carpe Noctem (vendu avec les petits dés. Il doit bien se trouver quelque part… :^)
Robert Runte. Graeme Cameron (qui publie Polar Borealis à ses frais), Allan Weiss (auteur du recueil Making Rounds) et une courageuse fan-auteure inconnue.
Robert Runte, une autorité sur la SF canadienne; Graeme Cameron (qui en plus de faire un bye-bye, publie Polar Borealis à ses frais), Allan Weiss (auteur du recueil Making Rounds) et une courageuse fan-auteure inconnue.
Michele et Susan Forrest (lancement de Undaunted) 15 août à Calgary
Michele et Susan Forrest (lancement de Undaunted) 15 août à Calgary
Juste pour le fun, l'auteur principal de Undaunted, Dave Sweet, était arrivé équipé!
Juste pour le fun, l’auteur principal de Undaunted, Dave Sweet, était arrivé équipé!
L'éditeur de Undaunted, Mark Leslie, qui se dépatouille depuis des années avec sa maison indépendante Stark Reflections (avec Gilles, Michèle la savante folle, et Susan Forrest co-auteure de Undaunted)
L’éditeur de Undaunted, Mark Leslie, qui se dépatouille depuis des années avec sa maison indépendante Stark Reflections (avec Gilles, Michèle la savante folle, et Susan Forrest co-auteure de Undaunted)
Avec Brenda Carre, rencontrée en 2016 au Anthology Workshop à Lincoln City. Brenda portait une belle veste différente chaque jour de la convention!
Avec Lyn Worthen, qui écrit des thrillers et de la dark fantasy.
Guy Immega, auteur de Super Mother Earth, qui aime la hard-SF!
Guy Immega, auteur de Super Mother Earth, qui aime la hard-SF! J’ai acheté son livre aussi.

La Slush, c’est bon…

Graeme Cameron, Susan Forrest, Michael Martinek, Ella Beaumont. Missing: Rob J. Sawyer. Reader: Kevin Weir.
Graeme Cameron, Susan Forrest, Michael Martinek, Ella Beaumont. Manquant: Rob J. Sawyer (arrivé plus tard). Reader: Kevin Weir.

Le panel le plus utile si vous débutez en écriture, c’est celui appelé « Slush fiction ». Le terme slush provient du grand volume de soumissions que les premiers lecteurs-trices doivent se taper pour en sélectionner une infime partie. J’ai participé au premier mais il s’y trouvaient des auteurs et anthologistes à l’oeil perçant!

Alors les lecteurices expérimenté-es décèlent très vite les tics, les erreurs ou les clichés. Je suis aussi reconnaissante à Rhonda Parrish, Adria Laycraft, Shirlee Smith, Ella Beaumont, Greame Cameron.

Mon exemple favori d’écueil, revenu deux ou trois fois en deux sessions:

– NE débutez PAS une histoire avec un personnage qui se réveille (dans une chambre blanche, encore pire!)

– ÉVITER: le personnage qui regarde, observe trop… ça attire l’attention sur le fait qu’il-elle ne fait rien ou attend!

– Il faut savoir très vite QUI raconte, ou QUI on suit, et le problème à résoudre doit arriver aussi vite.

Les oubliés… tannés d’être tassés sur la bande!

Cait Gordon, Arlene Marks, Madona Sakoff, Rick Overwater, Fiona McTaggart

Trop souvent un auteur introduit un-e personnage secondaire handicapé dans une histoire, surtout pour cocher la case handicap. MAIS le traitement montre que souvent les auteurs n’ont pas la moindre idée de ce que c’est que vivre l’expérience. (Je plaide coupable ici au moins une fois, par contre, dans Les nuages de Phoenix, Blanche est l’héroïne.)

Mon panel préféré, We are the heroes, not the sidekicks: Building worlds and stories in SFF that centre disabled protagonists avec Cait Gordon, l’auteure de ce livre, Cait Gordon and Iris and the Crew tear Through Space et les collègues: Arlene Marks, Madona Sakoff, Rick Overwater, Fiona McTaggart. Je connais moins les autre participants, mais je retiens que peu de personnes marginalisées à cause d’un handicap se reconnaissent dans la fiction.

Et c’est tout aussi enrageant quand la personne qui nous ressemble est juste un sidekick. Ou encore, on « guérit » le handicap de la personne et là, yahooo, tout est beau! Ou bien, le héros sauve une personne qui fait pitié mais, ô surprise de loterie! il s’avère être le « whizkid » talentueux qui va sauver la colonie!

J’ai beaucoup appris, et apprécié cette vision inclusive, pas du tout réductrice des personnes qui ont juste de besoins particuliers d’assistance technique et d’aménagement. Dans l’univers de Cait Gordon, tout est accessible et personne ne se considère « disabled ».

À noter que ça rejoint le piège que vivent bien des athlètes des jeux para-lympiques: pitié ou inspiration.

En cadeau à la fin

Il restait beaucoup de livres de SF à la p’tite librairie sauvage… J’ai donné des livres pour les bénévoles.
En fin de convention, avant notre souper d’au-revoir, tout le monde est content.

Et après un excellent souper avec des collègues qui retournaient le lendemain. Le lendemain, Gilles et moi nous sommes permis une belle promenade dans les parcs de Calgary. Je ne manquais pas de lecture!

Le très beau Heritage Park.

NOTE de fin: je suis hyper-lente pour écrire les compte-rendus de conventions de SF. Dire que dans deux semaines, c’est le Congrès Boréal…