Archives de Tag: Science-fiction

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 63

Jour sombre pour le milieu de la science-fiction et du fantastique québécois. Un de ses piliers, Joël Champetier, est décédé dans la nuit du 29 mai, après avoir livré une courageuse bataille contre le cancer. Il avait 57 ans.

J’étais en camping au nord d’Oshawa avec les scouts. Les jeunes étaient tellement excités  le vendredi soir qu’ils se sont calmés vers minuit…

Au milieu de la nuit, une petite pluie m’a réveillée en tapotant doucement ma tente. Au matin, il faisait soleil…

En revenant du camp le dimanche, j’ai appris que mon confrère et ami Joël Champetier, que je savais malade, était décédé au milieu de cette même nuit. C’est une coïncidence poétique qui me fera toujours penser à lui. J’ai eu la chance de lui parler lors du dernier congrès Boréal, par Skype. Technologie salvatrice…

Joel et sa compagne Valérie ont été un soutien moral pour une grande partie de la communauté des écrivains de genre. Fier tenant de cette « para » ou « sous-littérature » longtemps snobée par une certaine classe de littéraires, Joel a écrit des romans audacieux sans se soucier de récolter les honneurs ou une place à l’académie française.

Écrivain de genre, il n’avait pas ce genre d’Ego. 

Sa fiction a tracé des chemins où il est agréable de se promener.

L’annonce sur le site de la revue Solaris

Pour mieux connaître son travail. Lire la suite →

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 54

Le fan qui déteste la SF - D de Michèle Laframboise avec l'aide amicale de Jeanne-A. Debats

Ce gag me tient particulièrement à cœur car il concerne ma saveur favorite de crème glacée littéraire, la SF. Et oui, pour écrire de la science -fiction, il faut être non seulement passionné-e, mais savoir expliquer la chose avec patience à notre public adoré qui associé ces mots avec toutes sortes de choses comme les gros blockbusters au cinéma.

Et oui, il y a envers les genres un petit snobisme intellectuel de la littérature « blanche » qui heureusement commence à s’estomper.

En fin d’article, j’ai placé un dessin fait très vite en 2012 pour capturer le sentiment d’émerveillement qui m’a envahie lors de mes premières lectures de science fiction. C’était la seule sorte de littérature qui ma fascinait, pendant qu’on étudiait en classe des auteurs français morts depuis longtemps. C’est longtemps après que j’ai ré-apprivoisé ces auteurs dit classiques (et découvert, glissées parmi ces grands, des écrivaines).

Il manque de nombreuses répliques, donc je vous recommande de visiter le blog de Jeanne-A. Debats, une consœur qui n’a pas froid aux yeux! Quelques répliques originent du salon du livre de Paris qui vient de se terminer.  Lors de mon passage là-bas, en 2008, on m’avait aussi servi  « Oh vous savez, je ne lis pas de fiction, c’est irréel! »

Les « calmars bavards » (talking squids) sont une récente tradition en   littérature canadienne, né d’une boutade de Margaret Atwood, qui a écrit de la bonne SF d’anticipation et post-apocalyptique, mais ne voulait pas à, une certaine époque, y être associée. Les choses ont changé depuis  et madame Atwood ne rougit plus de la chose. Un site ironique avait cependant été monté (UPDATE 2022: il n’existe plus), chapeauté par une très bonne nouvelle mettant en scène des calmars dans l’espace, Sheena 5 par Stephen Baxter.

Je termine en signalant que, pour la première fois depuis 10 ans, je ne serai pas au Salon du livre de Québec / FBDFQ, à cause d’un délai dans la production de mon 16e roman. À la place, je serai au nord de Toronto, au congrès de science fiction Ad-Astra.

Portrait de l'auteure découvrant la SF dans la bibliothèque de son père.

En avant vers de nouvelles… échéances!

Les Grandeurs et misères de la table de dédicaces vont reprendre, à moins d’imprévus, dès mon retour de vacances! Voici pour mes fans fantastiques un aperçu des travaux en cours.

Pourquoi je cours...

Nouvelles de science-fiction terminées  terminées en début mars

(écrites sur le portable hérité de mon bon papa-amateur-de-SF):
– 1 en français
– 2 en anglais

Nouvelles en soumission:
– 4  soumises à des concours ou à des revues dans les deux dernières semaines. Inclue les trois terminées citées plus haut, et une traduction anglaise d’une nouvelle déjà publiée.

Nouvelles en rédaction:
– 2 en anglais. J’ai beaucoup bénéficié d’un atelier de 6 semaines donné en ligne par Dean Wesley Smith. Sa philosophie d’écriture tombait pile sur mes faiblesses. À bas la procrastination!

Publication en langue étrangère
– 1 en russe dans la revue Supernovia parue en janvier dernier.

Récits:
– 1 en français, soumis à un concours en fin février.

Romans

le 19e en planification (50 000 mots)
le 18e en rédaction, fin prévue pour le début d’avril (60 000 mots)
le 17e est en soumission (27 000 mots)
le 16e est sous impression

BD

Mon album Maîtresse des vents: pages 38,39,40,41 scannées, 42-43 en production.

Caricatures

-Celle qui illustre cette chronique, la première réalisée depuis le départ de mon père.  Notez dans l’image que le terrain sur lequel court l’artiste change souvent de nature.
-Une caricature réalisée sous le coup de l’indignation au début de 2015,  en soutien à Charlie-Hebdo

Le projet promis qui traîne

1 qui n’a pas trop avancé! une BD de 12 pages prévue pour Zidara9  mais je suis un peu en retard… Tsssk, tsssk, tsssk!

Projet BD: une belle bagarre

Comme je pars pour le Salon du livre de l’Outaouais, je prends de l’avance.

Le projet BD Maîtresse des vents avance à petits pas. Voici la page 41 encrée et scannée, puis retouchée dans Manga Studio 5. Prochaine étape, ajouter les tons de gris. Y a pas beaucoup de bagarres dans cette histoire située dans l’univers de La quête de Chaaas​, ça fait que… profitez-en!

Une belle bagarre, dans une méritocratie où les hommes portent les cheveux longs!

Pour ceux et celles qui ont lu la série, ceci est un spin off de ma série de romans SF, autour du personnage d’Adalou kha Narri. Dans cette page, on voit la mère, puis le frère et le père de la jeune fille (en plein concours de maniement de cerf-volant). La police de caractères finale n’a pas encore été choisie, je  laisse les dialogues écrits à la main.

Le crayonné en bleu qui précède. Oui, ce fut dessiné au p’tit crayon bleu!

42AdalouScan150dpi

Et dire que tout cela a commencé avec un 24-24 de 22 pages botchées… Qui ont toutes été reprises, et l’histoire re-scénarisée. La main qui dit « excusez-moi » a été changée. Y a pas de petit défis!

Pendant qu’il en reste encore…

L’union Européenne a établi une liste des matériaux qui vont, un jour proche, venir à manquer. Cela concerne nos petits appareils favoris: cellulaires, ordinateurs, tablettes, Wifi, appareil-photos, cadrans, et plein d’autres petits gadgets que nous adorons!

Eh qu'on aime la techno chez nous!

Voici la liste des éléments dont l’accès va poser problème, selon une étude pour matériaux critiques  en Union Européenne. Le rapport complet de 85 pages  est présenté ici: prévoir 53 pages plus 30 pages d’annexes.

− Antimoine
− Béryllium
− Cobalt
− Fluorspar
− Gallium
− Germanium
− Graphite
− Indium
− Magnésium
− Niobium
− PGMs (Platinum Group Metals)
− Terres rares
− Tantale
− Tungstène

Le groupe des métaux apparentés au platine (PGMs) : platine, palladium, iridium, rhodium, ruthenium et osmium.  Ouf! Quel vocabulaire!

Quand une ressource atteint-elle le seuil critique?

Le rapport fait la distinction entre les disponibilités géologiques, technologiques et géopolitique, du point de vue de l’Union européenne.

Disponibilité géologique : cet élément est-il naturellement peu abondant, ou abondant mais les réserves s’épuisent? Sur un horizon de 10 ans qu’estime le rapport, c’est moins les réserves que l’usage grandissant de ces matériaux qui va les rendre « rares ».

Disponibilité technologique : par exemple, le fer (qui n’est pas encore trop rare) est très abondant dans le noyau terrestre… mais on ne possède pas la technologie pour le pomper de ce milieu! (Ce métal  existerait sous forme liquide et sous forte pression). Autre exemple, le « Cercle de feu », une région du nord de l’Ontario riche en  chromite, cuivre, or, zinc et kimberlite, est difficile d’accès. Manques d’infrastructures routières et ferroviaires ainsi que de lignes électriques et d’eau courante…

Disponibilité politique : certains pays possèdent la totalité des mines d’une ressource… La Chine est le producteur majeur des terres rares, et de plusieurs autres minéraux. Il faut se montrer gentil… Le Congo recèle les plus importants gisements de cobalt et de tantale. La Russie elle, contrôle la  majeure partie du groupe « lié au platine ».

Les fusions de compagnies minières vont aussi causer une concentration des extracteurs. Le but (toujours le même) : réduction de coûts et augmentation de la productivité.

Facteur environnemental: Certains pays producteurs peuvent adopter des mesures environnementales qui rendraient plus difficile l’accès à leurs ressources, du point de vue de l’UE qui en a besoin. Comme leur demander de polluer plus serait un tantinet immoral, on cherche des solutions de compromis: substitution et recyclage. Dans le cas du Cercle de feu (Ontario), il faut respecter les droits constitutionnels des neuf Premières nations vivant sur ce territoire.

En pondérant le risque de pénurie avec l’importance économique des ressources, les terres rares arrivent en premier dans les inquiétudes. Voici donc le tableau résultant des éléments dont l’accès devient critique (critical raw materials), additionné de quelques commentaires sur la disponibilité de certains de ces minéraux.

Tableau des minéraux les plus à risque de nous manquer

Mais ce n’est pas tout. Parmi ces ressources rares, se retrouve… le phosphore, dont nous avons déjà parlé, en tant que nuisance (excès des engrais).   Le 17 juillet dernier, la Commission européenne a ajouté le phosphore minéral à sa liste de 20 matériaux rares (Critical Raw Materials).

L'effet d'ajout de phosphore sur un lac: éclosion d'algues.

C’est ici le phosphore en tant que ressource minérale qui commence à se faire rare.  S’il n’est plus employé dans les savons à lessive, il reste en demande pour l’agriculture, surtout en Europe dont les sols sont cultivés depuis, genre, 2000 ans…

Un avion passe…

Un avion passe dans un ciel lumineux auquel les sombres nuages donnent du contraste.   J'aurais pu dire, un ange passe. Je ne peux pas dessiner aujourd'hui. Les événements de la veille à Ottawa, qui me  rappellent d'autres,me paralysent.  L'avion, c'est aussi mon excellent père ingénieur, qui prépare son dernier vol, sans instruments, sans compas, sans carte...

Un avion passe dans un ciel lumineux auquel les sombres nuages donnent du contraste.

J’aurais pu dire, un ange passe. Un de plus qui veillera sur nous…

Je ne peux pas dessiner aujourd’hui. Les événements de la veille à Ottawa, qui m’en rappellent d’autres, m’attristent.

*

L’avion représente aussi mon excellent père ingénieur et pilote, qui m’a transmis son amour des sciences et de la science-fiction. Il peut identifier tout ce qui vole, aéronef ou oiseau!

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 36

 

Le Fan qui réchauffe de grands projets... pour vous!

Qui sait, il deviendra sans doute le prochain Xavier Dolan… J’ai déjà réalisé quelques gags sur le sujet, car on a tous déjà croisé un fan qui souhaite qu’on fasse le travail à sa place. Lire la suite →

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 16

Les joies des dédicaces reprennent en 2014! Déjà, se profilent à l’horizon les salons du livre de l’Outaouais et de Québec. Voici un cas qui se produit de plus en plus lors de ces événements. À classer dans la même famille que le fan qui a eu une idée qu’il croit géniale… 

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La technologie multiplie la quantité de textes produits… mais pas leur qualité! Les hypothèses sur le succès posées par cet aspirant auteur sont un peu exagérées, mais typiques des débutants dans le milieu littéraire qui croient à la « poignée de main secrète ». (Houla, mes pauvres dir-lits! Ils et elles m’ont fait travailler et retravailler mes textes avec sévérité. ) Lire la suite →

Une page pour commencer 2014

une page en tons de gris de la Route des honneurs

Pour 2014, voici une belle page de BD, finie hier, scannée à 600 dpi, réduite à 300 dpi en tons de gris, puis retouchée avec la palette des gris.  C’est la première page de La route des honneurs, un manga de science-fiction qui se déroule dans l’univers de Chaaas.  Une dernière étape sera de décider de la police de caractères à utiliser. C’est toujours un défi technique pour dessiner le bord de l’eau, surtout l’eau peu profonde en avant-plan.

La dernière journée de l’année, quand je suis à la maison, j’ai coutume de travailler sur mes BD. Un sage a déjà dit qu’il faut faire nos choix, en pensant à ce qu’on aimerait faire si l’argent n’était pas un obstacle. Lire la suite →

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Pour mes fans fidèles

Pour mes fans fidèles

Une page en travail pour saluer votre fidélité à chaque jeudi, ma bande de fans fous et fantastiques!

Titre du projet: La route des honneurs. Eh oui, c’est tiré de mon univers de science-fiction. Il y a eu quelques adaptations par rapport aux romans originaux.

J’ai scanné la page encrée à 600 dpi et ajouté mes lignes droites après! Je complète tranquillement les tons de gris puisque je vise une publication en format manga.

Paradoxe temporel: le temps des Fêtes exige beaucoup de… temps!!

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Nouveau comix, les Otaku Ladies!

The comix out!

Des presses  Sunday Artist Studio, voici Otaku Ladies – Control Game, à temps pour le Toronto Fan Expo!  Je serai à la table  A-78 (avec l’auteure Liz Strange) du « artist’s alley », building sud du Metro Toronto Convention Centre.

SundayArtistStudioCoul

Sunday Artist Studio publiera des BD jeunesse et grand public.

La proximité d’un événement en milieu anglophone a motivé à publier les versions anglaises.

En plus des Otaku Ladies, voici Négociations (courte SF muette, 8 pages) qui a vu le jour dans ZIDARA9.

Couverture de Negociations

De l’idée au livre: une expérience personnelle

Qu’est-ce qui arrive quand on a une idée et qu’on ne sait quoi en faire? Un poème, une courte nouvelle, une novella, un roman, ou (gasp!) une série ? Une BD, un scénario de film? Une pièce de théâtre en trois actes?

Il faut choisir selon ses moyens, son temps libre, ses goûts. Et ses contacts!

Quand une idée pousse si vite qu’elle vous obsède, à l’exclusion de toute autre? Toutes ces questions se sont posées avec mon premier roman, inspiré par l’actualité.

La genèse d’une histoire

Signet IthurielJ’ai eu en tête, lors d’un atelier de BD en 1984, cette image d’une petite fille qui fuyait, perdue dans une foule. Qui la poursuivait? Peu à peu s’est dessinée le portrait d’une société dystopique et du projet  Ithuriel, un projet ambitieux mené en secret par une équipe de scientifiques, peut mettre fin aux guerres… et conférer à son possesseur une supériorité indéniable.

Cette idée s’est d’abord incarnée  comme une BD futuriste. Que j’ai commencé sans faire le moindre plan. Puis, comme je n’avais pas encore la capacité technique (et la patience!) de dessiner des décors sophistiqués que réclamait cette histoire, je me suis dit (avec un brin rétrospectif de naïveté) que ca ferait un bon film.

Entre 1985 et 87, sous forme de synopsis, le projet fut refusé, ou plutôt « silencé » (absence totale de réponse) par les maisons de production auxquelles il avait été soumis). J’ai poursuivi la BD jusqu’en 1988 avant d’abandonner définitivement cette forme.

Enfin, je me suis dit (avec un 2e brin rétrospectif de naïveté): que ce serait plus simple de l’écrire en roman. Quand il deviendra un best-seller, de laisser Steven Spielberg le tourner. J’ai récupéré, de peine et de misère, le texte original, qui était passé par divers systèmes d’opération incompatibles. Grace à l’héroïsme d’un confrère étudiant aveugle, qui a scanné page par page, et de mon futur mari qui a corrigé le texte ASCii obtenu,  j’ai récupéré mon texte sur un système compatible.

3e brin rétrospectif de naïveté: ce serait bien de faire lire le manuscrit par des amis.

Plusieurs ami-es l’ont lu,  et m’ont donné des conseils contradictoires ! Le conseil donné sur des sites d’aide aux écrivains débutants, de ne pas faire lire votre manuscrit par un ami ou un parent, est tout à fait adéquat. Mais quand on n’a rien d’autre…  Je recommande chaudement  les ateliers d’écriture et le tutorat par un écrivain plus expérimenté. Le roman a passé par pas moins de 16 « avatars ». Certains auteurs pros, comme Dean Wesley Smith, estiment que retravailler et gosser trop longtemps sur un texte est contre-productif.

Pendant tout ce temps, l’idée bourgeonne, et pousse dans toutes les directions. J’ai exploré chaque possibilité, écrivant de longs para-textes avec moult illustrations. Incapable de me décider, j’ai gardé une foule de scènes, ce qui a beaucoup nui lorsque la première version, une brique de 522 pages, a été soumise au prix Robert Cliche 1996!

Le livre de science-fiction est devenu, au cours des années, plus une socio-fiction tellement certaines innovations ont été dépassées. Le manuscrit a trouvé un premier éditeur intéressé, le contrat a été signé, plus tard le directeur littéraire a été congédié, le contrat est tombé à l’eau… Réécriture, soumission à d’autres éditeurs, refus, enfin, acceptation par une petite maison près de Paris.

Oui, j’ai fini par tenir le livre dans mes mains, fraîchement arrivé de France! Dans l’ensemble, le roman a été bien accueilli par la critique spécialisée en science-fiction (notamment une très belle critique de Joel Champetier dans Solaris). Toutefois, la facture du livre et son étiquette SF ont fait que les médias normaux n’ont pas relevé son existence. Le roman a connu une carrière honorable, mais discrète en dehors des milieus spécialisé.

La savante folle tenant fièrement son premier roman, Ithuriel en 2001

Entre l’idée de départ  (dont je parlais ici) et le livre terminé, il s’est écoulé 16 ans.  Ceci n’est pas précisé pour vous décourager, loin de là, car je n’ai pas travaillé à temps plein sur cet unique projet toutes ces années! J’ai publié cinq bandes dessinées ( dont une qui m’a aussi prise 12 ans à produire), j’ai fait des caricatures et des BD dans le journal étudiant Le Polyscope, écrit des nouvelles…

Et, c’est pas pour dire, mais cette histoire est revenue sur le tapis, sept ans après la faillite des éditions Naturellement. Un éditeur de l’Ontario souhaitait une histoire de SF pour sa collection jeune adulte. J’ai  réécris l’histoire en l’adaptant à un public plus jeune, déplaçant les lieux de l’action et le calendrier. Le thème principal est resté le même, mais le panorama social avait évolué, avec l’ère des Choix difficiles que nous promettent les politiciens!

Ça a donné une dimension de fiction politique à l’intrigue scientifique, le projet Ithuriel, chez les éditions David.  Quelques critiques ici et ici !

Projet Ithuriel Couverture

L’entretien des idées

Plusieurs projets d'écriture poussent en silence

Tout cela pour vous dire que que les idées poussent, et qu’on peut, je dirais même, on doit, en entretenir plusieurs à la fois. Évidemment, ça ne veut pas dire que l’auteur-e reste les bras croisés! Comme mentionné, on enrichit l’idée avec de l’engrais: des lectures sur le sujet, des discussions, l’observation des gens autour de nous, des recherches* sur internet…(voir mon caveat)

On arrose les idées en y pensant dans nos activités normales, en lavant la vaisselle, par exemple, ou lors d’une marche. Personnellement, quand je fais ma course matinale, j’écoute la radio et cela fait s’entrechoquer des idées.

Mes deux séries de science-fiction Les voyages du Jules-Verne et La quête de Chaaas ont débuté comme des courtes nouvelles (refusées!) que j’ai ensuite étoffées. Piège pour le Jules-Verne était d’abord L’incompétent, une nouvelle refusée trois fois par Solaris, mais je n’avais pas fixé mon « ton ». 

Ces premiers tomes se lisent comme une histoire complète:  

Couverture de Piège pour le Jules-Verne Chaaas - premier livre

Et La quête de Chaaas se tient sans qu’on ait besoin de lire les suites.

Le personnage de Chaaas, lui, est apparu dans le Jules-Verne no 3, Les mémoires de l’arc ! Dans ce livre, Chaaas était un adulte dans la quarantaine vigoureuse.

Couverture des Mémoires de l'Arc (Les voyages du Jules-Verne - 3)

Or, j’ai ensuite imaginé quelle aurait été son adolescence, dans cette civilisation avec laquelle les humains ne s’entendaient pas… Ce qui devait être un livre unique est devenu 5 livres. Le premier cycle de la série de Chaaas est maintenant complète avec le 5e livre, Le labyrinthe de Luurdu.

En ce moment, je travaille sur trois autres livres (dont un contrat signé pour une sortie l’an prochain.)

Les idées, elles poussent toujours…