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Le fan parano adepte de la conspiration

Toujours en préparation du Salon du livre de Montréal, voici cette rencontre du 3e type qui s’est produite  pour  un de mes collègues écrivains de science-fiction.

Le fan adepte de la conspiration s,arrête à votre tableLes adeptes de la conspiration extraterrestre aiment bien les auteurs de SF… mais c’est plus difficile à gérer que le fan zombie, car même s’ils sont gentils, les plus fiévreux ont pour effet d’éloigner le public de votre table! Et quand ils ont trouvé une oreille sympathique, ils s’incrustent!

Et oui, l’influence des X-Files se fait sentir.  J’ai bien aimé cette série dont nous suivions les épisodes avec trépidation.

Virage 54 s’en vient… avec ma couverture!

La revue Virages, qui avait récemment perdu son financement du gouvernement fédéral, va sortir son numéro 54 avec une belle illustration dont je suis l’auteure. Avec la permission de Marguerite Andersen, directrice de  Virages,  voici la couverture du numéro qui va sortir. Le montage a été réalisé par Estelle de la Chevrotière.

Virage 54 Illustration de couverture par Michele Laframboise

Ça faisait un mois que je me creusais la tête pour trouver une image et l’échéance approchait. Marguerite souhaitait « quelque chose de sauté » , une illustration très originale, moi étant une auteure de  science fiction et tout… L’inspiration est venue pendant que je révisais un manuscrit dans le train entre Ottawa et Toronto. J’ai dessiné la ville flottante au crayon à mine dans la train, puis repassant les traits à l’encre. De retour, je l’ai digitalisée, pour ajouter les couleurs.

Par honneur, Marguerite continue de verser un salaire à tous les collaborateurs de Virages. J’ai choisi de ne prendre que la moitié du cachet prévu, pour aider à couvrir les frais de fonctionnement de la revue. *

Voici l’illustration, intitulée « Francophonie universelle ».

Couverture de Virages 54

Le ciel bleu de cette vision de SF est inspiré par un titre de recueil  Grand ciel bleu par ici, de Robert Dickson, ** poète francophone de Sudbury.

Ces villes éthérées, dont la forme vu sous cet angle rappelle le trille,  sont reliées entre elles, et à leurs planètes nourricières. Cette belle vision de science fiction représente aussi la culture et les nécessaires liens qui doivent continuer de nous unir.

Grand ciel bleu par ici

Robert Dickson

* cachet

J’aurais pu faire cette illustration de façon complètement bénévole, mais ça n’aurait pas envoyé le bon message. Les écrivains et artistes ne sont pas des « rêveurs » qui  « s’amusent à écrire ou dessiner dans leurs temps libres ». Ils-elles sont des professionnels qui partagent idées, inspiration et réflexions avec le public.  Ils et elles consacrent du temps et des efforts pour réaliser leurs oeuvres,  une contribution sociale valable.

** Robert Dickson

J’ai eu la chance de la rencontrer en 2005 et 2006, dans des salons du livre en Ontario. Il était très affable, dynamique, on ne lui donnait pas son âge! C’était une belle voix qui s’est envolée le 19 mars 2007 au petit matin…

Portrait de savante folle dans son jardin

Le 24 juin dernier je recevais la visite de l’équipe de TFO dans mon arrière-cour. La savante folle allait prendre place sur la 2e chaise…

Gisèle Quenneville et l'équipe sur le patio

On peut voir le résultat, vers la fin de cette nouvelle Émission  d’affaire publiques quotidienne, animée par Gisèle Quenneville,   Relief de TFO. RelieF est diffusé tous les jours, ce qui représente tout un travail ! L’entrevue s’est très bien déroulée malgré les avions qui passaient à tout bout de champ, dans la dernière partie (celle des questions en rafale!)

Explication : pourquoi  la SF se compare à du chocolat!

Au programme du 4 octobre  (tiré du site ) :

Panel citoyen : L’école face aux nouvelles technologies;
Daniel Marchildon, un auteur qui puise son inspiration de la  » mer d’eau douce  » ontarienne ;
Franc-parler : Va-t-on devenir tous des locavores?
Poste Canada se réinvente;
Rencontre avec Michèle Laframboise. (Ne manquez pas, dans la séquence animée rapide au début, le moment où Gisèle se penche pour flatter Maggie, notre chatte tricolore qui passait à ce moment!)

Merci à l’équipe qui a pu repartir avec quelques framboises, dont Julie qui m’a bien maquillée.

Le petit Suprématie illustré – 4

Suprématie

C’est la fin de la route pour le Harfang!
Attention: SPOOOOOILERS!

*

Rappel des épisodes précédents:

partie 3,

partie 2,

partie 1

Le Harfang parvient  à rattraper   la cour à scrappe volante, la Flotte Oubliée. Une fois sur place, on fait main basse sur la matière étrange, non sans quelques distractions.

Le Harfang se sert joyeusement dans la cour à scrap oubliée!

Enfin, grâce aux efforts de Hillar « mettez d’la matière étrange dans vot’moteur » Kerkovius, le Harfang est bien protégé par la matière étrange, tout remis à neuf!

Harfang Gonflé à bloc avec la matière étrange

La veille, l’équipage se réunit sur Ashita, une planète océanique, pour contempler le coucher de soleil.

Coucher de Soleil sur la baie d'Ashita

Pendant le party, quelques apparations errent.

Apparition au party

Le jour J, on approche du système de Canterna ! Tout le monde est sur un pied,  un tentacule, une patte d’alerte.

Enfin… ceux qui n’ont pas trop fêté la veille!

Maudite Boisson

Quelques apparitions errent dans le vaisseau. Lynga interroge Mnémosyne et comprend qu’il s’agit d’apparitions d’univers divergents! Ici, une apparition de l’univers de Vrélanik!

Apparition rochonienne

Bref, à l’attaque!

Canterna est *très* bien défendue par une flotte d’expérience! Ça prend quelques itérations (combien? réponse dans une prochaine image)  pour que le Harfang déjoue tous les pièges, y compris les Schwartzchilds portables semés sur le chemin.


Yé, un autre mot allemand !

Infos sur le rayon de Schwartzchild ici et le trous noirs de Schwartzchild . (Non, c’est pas la même chose!)

Malgré des odes impossibles (calque de l’anglais), et grâce à son incroyable accélération, le Harfang  parvient à percer le blocus…

De l'action, de l'action, de l'action!

Et à larguer ses 50 bombes « Special Strange Matter Mix » sur Canterna.

Le Harfang largue 50 bombes "Special Strange Matter Mix" sur Canterna

Un soleil impossible s’allume sur le pôle nord de Canterna…

Malgré l’imminence de la destruction, les dirigeants suprémates croient davantage leurs filtres de réalité que leurs sens! (Ce qui nous rappelle quelqu’un au Canada…)

Les filtres de réalité des dirigeants de Canterna restent en place

Au fait,  où est passé le capitaine?

Ben oui, Alcaïno avait gardé la nostalgie de ses chers alpages, que voulez-vous…

Alcaïno retrouve au dernier moment ses doux alpages.

Le Harfang et son équipage s’enfuient dans la trame, non sans quelques remords.

Explosion de Canterna et fuite du Harfang

FIN

(bouhouhouuuuu, c’est finiiiii !)

*

Ont participé (bien malgré eux!) à cette parodie

Les deux moitiés de McAllister, déguisés en officiers du Harfang lors du Boréal 1997Laurent McAllister (les deux moitiés photographiées en 1997 alors que Suprématie n’était encore qu’une ébauche nuageuse dans leurs têtes)

Elisabeth Vonarburg en SuprémaîtresseÉlisabeth Vonarburg (lors du même congrès Boréal, c’était aussi le jour de son anniversaire!)

Ame damnée de la suprémaitresse!

Daniel Sernine, à la même époque

Normand Molhant et Colette en costumes de TyranaelNorman Molhant et Colette (idem) en costume de Tyranaël

Kerkovius Refuse de collaborer Alain Bergeron (congrès Boréal spécial 20 ans de Chicoutimi), avec la savante folle ( à gauche)

Blaauw sourit innocent rareGilles Gagnon, mon mari et amateur de SF (photo prise lors d’un party quelconque)

Joyeuse ambiance à la Soutenable Légèreté, un bistrot de LierreLa gang du Congrès Boréal 1997 à Montréal… (trouvez l’intrus!)

Soyouz CollectifLa gang du Congrès Boréal Spécial 20 ans 1999 à Chicoutimi

Trois Parleux DikkiksLes Shingouz, empruntés aux Valérian et Laureline, de Mézières

Les Wookies, le Predator, une couple d’autres vedettes qui ont aussi fait un subtil caméo…

Les éditions Bragelonne pour avoir publié cette oeuvre

ET…

*

dans le rôle du Harfang

Un GROS

Merci

à

*

L’Opéra de Sydney qui a si bien joué ce rôle de composition!
(Photo par Cat Sparks; la présence de Peter Watts est un total hasard)

AVANT

Opera House, par Cat Sparks (avec Peter Watts devant)

APRÈS

Harfang Gonflé à bloc avec la matière étrange

Où prenez-vous vos idées?

Le puits à idées des auteurs!

S’il y a une question que les auteurs se font poser lors des événements publics, c’est bien celle-là. Mais où prenez-vous vos idées?

Et beaucoup de gens qui rêvent d’écrire à leur tour des histoires se creusent la tête pour trouver ce mystérieux puits à idées. Ils ont parfois l’impression que les auteur-e-s forment un club sélect qui garde bien cachée la poule aux oeufs d’or de l’inspiration!

Où l'auteure va à la pêche aux idées

Cette croyance en rejoint d’ailleurs une autre: que les auteurs qui dédicacent leur livre à un Salon sont riche$ ! Ou s’ils ne le sont pas, c’est qu’ils ont une mauvaise source d’idées (ce qui n’a aucun rapport, hasard et modes sont des ingrédients capricieux qui font et défont les célébrités). On est aussi convaincu qu’une fois l’idée pêchée, le livre  s’écrie tout seul! D’ailleurs beaucoup se demandent, angoissés, Va-t-on me voler mon idée?)

Or, c’est tout le contraire. Les idées sont comme des graines de pissenlit, pffffou!

Les idées sont des graines de pissenlit!

Elles s’envolent à demi-formées, et les mains malhabiles des écrivains en herbe tentent vainement de les capturer. Et quand ils en tiennent une , ils s’aperçoivent qu’il y a encore loin de la graine à l’arbre, de l’idée au livre publié !

Parlant d’idée, ceci est déjà arrivé: un fan trouve son idée tellement géniale qu’il veut que… l’écrivain la rédige et fasse le gros du travail à sa place! Donc l’idée, c’est tout petit au début. Il ne faut pas tout de suite « tirer  » dessus pour faire pousser plus vite un suspense de 600 pages!

Puiser un ouvrage fini

Qui est cet auteur?

Dans l’exemple du puits, Les nuages de Phoenix fut mon premier livre publié.  Pourtant, l’idée a mis beaucoup de temps à germer.

Ça a commencé par une simple image: une petite fille qui regarde les nuages. Enfant, c’était mon activité favorite. J’aimais beaucoup la météorologie (et j’ai par la suite suivi des cours de climatologie quand j’ai fait mes études de géographie).

Des relations se sont nouées, des lieux se sont définis: Phoenix est une planète au ciel vert. Pourquoi le ciel est-il vert?  Ah, question de taille moyenne des particules, et cela a entraîné d’autres questions, d’autres pistes d’exploration.

Couverture du roman Les Nuages de Phoenix

Puis, dans ce milieu spécial, je découvre que la petite fille, Blanche, est handicapée des jambes suite à un accident et porte un exosquelette qui lui permet de courir jusqu’à 80 km/h (et ça fait bien rire les jeunes quand je le mentionne). De nouveaux personnages apparaissent, la petite fille a une famille; une soeur aînée qui est en amour, un père préoccupé par les usines d’oxygène, etc… ces personnages grandissent et finissent par devenir presque des amis pour l’écrivaine. C’est une très belle étape dans la création d’un roman. J’y reviendrai.

Ce livre a pris entre six mois et un an de croissance discrète avant  que je me mette à la rédaction. Puis après, ce fut la réécriture sous les conseils de mon directeur littéraire. Un an et demi de croissance.

J’ai abordé dans un autre texte les défis de comment faire pousser une histoire. Une histoire, une idée, c’est une toute petite graine qu’on met en pot, et qu’on peut oublier, pour un temps. Mais l’idée pousse en silence… Et on peut semer plusieurs idées qui poussent en même temps. Certaines mûrissent plus vite que d’autres…

L’arbre de l’inspiration doit être nourri, de trois façons. On puise d’abord dans notre expérience de vie, qui nous aide à ressentir ce que les personnages ressentent; puis dans nos lectures, tous les genres de lecture: pour le plaisir, pour la recherche, pour explorer des façons de raconter qu’on ne connaît pas…. et bien sur, on se sert de notre imagination, qui fait des liens n’importe comment.

Beaucoup de ces liens se révèlent abscons , mais certains s’avèrent féconds.

Il faut nourrir notre inspiration

On ne peut pas vivre dans une tour d’ivoire en se disant que les idées viendront toutes seules. Il faut nourrir notre plante, avec de l’engrais, de l’eau, des soins : les trois sources d’inspiration interagissent entre elles.  Et les soins  incluent plus tard l’élagage, quand l’histoire devient trop touffue…

Affaire à suivre…

Deux parutions pour ma fête

Un monarque se pose sur une marguerite

En ce jour de fête, je fête aussi la parution sur papier de ma nouvelle de SF « Monarque des glaces » dans la revue Solaris.

La photo me rappelle Marguerite Andersen, la directrice de la revue Virages, qui s’occupe de tout le travail de production, malgré les subventions récemment coupées.  (Pour manifester votre appui à la revue Virages, aller sur le site.)

Marguerite est aussi  l’auteure du livre le figuier sur le toit que je lis avec plaisir,  contenant un témoignage précieux de quelqu’un ayant vécu la période de l’Allemagne lors de la montée du nazisme. Les Allemands n’étaient pas un bloc monolithique, il y avait une pluralité d’opinions, de partis politiques… jusqu’à l’élection de Hitler en 1933. Un  compte-rendu de lecture se trouve ici, en attendant mon propre compte-rendu sur Goodreads.

Tout cela pour annoncer qu’une autre de mes nouvelles, « Château de neige », plus courte et moins « science-fictionneuse », paraitra dans Virages.

Une première revue littéraire blessée

La revue franco-ontarienne Virages, dont le 53e numéro devait sortir incessamment, vient d’annoncer qu’elle cesserait ses activités, faute de financement.  Les nouvelles exigences du fonds d’aide aux publications de Patrimoine Canada l’ont exclue de la manne fédérale.

Ajout du 24 juin 2010: Marguerite Andersen, la directrice de la revue (elle-même chichement rémunérée), affirme à Radio-Canada -Toronto que Virages va poursuivre ses activités mais il manque 6000 $ au budget de fonctionnement annuel.  J’ai modifié le titre pour refléter cette volonté.

À son honneur, Madame Andersen refuse catégoriquement de réduire le cachet des auteurs qui publient leurs nouvelles dans Virages. Elle évoque une réduction du nombre de publications par année, de 4 à 2 ou un.

Je reprends son message et lance un appel aux abonnements pour la seule revue francophone hors-Canada.  Les nouvelles sont multigenres, assez courtes donc la lecture n’est jamais ennuyeuse.

Quant aux revues de l’empire Québécor  et de Sélection du Reader’s Digest, qui tirent à des centaines de milliers d’exemplaires, vont continuer de recevoir leurs grasses subventions.

Je ne pose pas ici de jugement sur la qualité intellectuelle ou l’orientation politique des revues en question  (je lisais des Sélection quand j’étais petite), mais la progression des journalistes et auteurs sera d’autant plus difficile. La marche vers la publication sera très haute, et elle apparait quasiment improbable dans des revues qui n’ont aucune vocation littéraire. Sans oublier qu’il faudra plaire au roi!

Le message qui sous-tend ces changements : si tu es riche, on t’aide, si tu es pauvre, débrouille-toi! Ou, plus prosaïquement, prend tes responsabilités! Un méta-message plus insidieux est le suivant : un artiste ou écrivain qui crève de faim va déployer des trésors de ressources et d’énergie pour s’en sortir. Regardez Vincent Van Gogh. Si il ou elle réussit, c’est par sa seule force de caractère et sa persévérance, un exemple qu’on ira ensuite claironner à tous les autres qui ont eu moins de succès.

Si l’artiste se décourage, décroche et passe le reste de sa vie dans un travail au bas de l’échelle dans le secteur des services, on applaudira l’effet de sélection sociale.  Un béesseux de moins!*

On jette une poignée des graines sur l’asphalte et on leur dit: envoye, pousse!

Ça vaut pour les gens et pour les revues qui sont des véhicules de la pensée, porteurs d’idées originales, ou transmetteurs de préconceptions.

Une plante, pour se développer, a besoin d’eau, d’un bon terreau, d’un peu d’engrais ou de compost, et… de temps!

Exiger le génie instantané, un succès-minute, est irréaliste. Et ensuite renvoyer nez-à-nez les happy few du milieu artistique face aux autres qui bossent pour joindre les deux bouts, est simplement cruel.

L’année 2010 est l’année de la biodiversité.  Or, cette biodiversité devrait s’exprimer dans la société.

Entre les graines jetées sur l’asphalte et les arbres bien entretenus qui font de l’ombre, entre les artistes qui en arrachent et ceux assis au sommet, il y a de la place pour une foule de situations intermédiaires. Sans rouler sur l’or ou atteindre un succès mondial, il existe des façons variées d’être et de vivre de son art, qui ne méritent pas le mépris que lui consacre le présent gouvernement.

Je salue bien bas tous les lecteurs et lectrices de cette chronique qui en arrachent. Lâchez pas!

…et bonne St-Jean-Baptiste !

———

* (extrait de l’article de Rue Frontenac mis en ligne en février 2009) « Les données les plus récentes disponibles auprès de Patrimoine Canada démontrent que Quebecor a bénéficié d’une aide financière de 2,15 M$ depuis deux ans dans le domaine du magazine. Ces subventions ont été versées pour la création de contenu d’une quinzaine de magazines, dont

Le Lundi (173 042 $),

Écho Vedettes (254 774 $),

Dernière Heure (207 842 $),

Moi et Cie (93 353 $, uniquement en 2007-2008),

et Clin d’oeil (203 007 $).  »

Alors, qui sont les vrais assistés sociaux?

Patrimoine Canada menace la revue Solaris

Le parcours de l'écrivain avant...

Le Programme d’aide aux magazines artistiques et littéraires de Patrimoine Canada ne subventionnera que les publications qui se vendent à plus de 5000 exemplaires par année.

Cela exclut la plupart des revues culturelles… Dont Solaris, Virages et aussi Ciel Variable !

Or ce chiffre est d’autant plus injuste pour le côté francophone, que ce plafond minimum est le même que pour les revues anglophones, alors que le ratio anglo/franco est de 3 pour 1. Ce qui veut dire que, si on avait été juste, le plafond pour les francophones aurait dû être de 1250 copies. (Merci à Jean Pettigrew pour cette info).

Le parcours de l'écrivain - après

Cet article sur le site du Devoir par Jean Larose exprime très bien la situation.

http://www.ledevoir.com/culture/livres/289794/les-heritiers-du-refus

Après la disparition des émissions littéraires et les coupures à Radio-Canada, accusées d' »élitisme », ce péché, les magazines culturels à tirage modeste vont y passer. (Voir cet autre article dans le blog.)

À trop vouloir centraliser, privatiser et uniformiser la culture, on prive la prochaine génération de l’immense potentiel de créativité, celle qui permet de faire face aux problèmes et de trouver des solutions. Et c’est encore plus vrai pour ma saveur littéraire favorite, la science-fiction, qui débarre l’imagination.

Toutes saveurs confondues, la littérature, lorsque puisée au terreau de l’expérience, méditée, puis écrite avec coeur, provoque la réflexion, inspire l’action.

Comme l’écrivain  Yann Martel l’a mentionné, lui-même a publié ses premiers textes dans un petit fanzine de Vancouver géré par des bénévoles. Cette modeste publication l’a encouragé à continuer d’écrire. Il a aussi apprécié sa première subvention d’écrivain.

…1991, année où je reçus une bourse B du Conseil qui me permit d’écrire mon premier roman. J’avais 27 ans et cet argent me semblait une manne qui me tombait du ciel. Ces 18,000$ me durèrent un an et demi (au regard des impôts que j’ai versés depuis, ce fut un rendement exponentiel de l’investissement, je vous en assure )

Et de même, c’est la revue Solaris qui a publié mes nouvelles de science-fiction et une bande dessinée. C’est cette revue qui m’a motivée à écrire des nouvelles pour participer au Prix Solaris.

Avant Solaris, j’avais publié une nouvelle et un poème dans les premiers numéros (2 et 5) de la revue Ciel Variable, en 1987 !! Une autre revue menacée.  J’y ai fait la connaissance d’Hélène Monette, une jeune poétesse qui y avait publié ses premiers poèmes. Depuis, elle a fait du chemin et nous a apporté des livres audacieux plein de dynamite intellectuelle. Mais je me souviens de son poème La colonie: où est passée l’autruche?

En dix ans, je suis passée par le processus, récoltant d’abord des refus de la direction littéraire de Solaris. Mais ces refus venaient avec des commentaires éclairés, à la lumière desquels j’ai fini par améliorer mon écriture. Ces commentaires de Yves Meynard puis de Joël Champetier, avaient été rédigés de façon principalement bénévole. Solaris ne tirait pas à 5000 exemplaires par année, et les subventions complétaient les abonnements et revenus de publicité. Mais leurs conseils m’ont orientée vers la publication de mes nouvelles, puis de mes romans.

Les petits éditeurs (merci en passant à René Beaulieu qui me publia en 1999 dans son recueil Transes Lucides) sont des ressources aussi précieuses. Ils sont de patients jardiniers, cultivant des talents sans récompense autre que la satisfaction de voir poindre le fruit de leurs efforts.

Dans mon cas, cela a donné une dizaine de romans jeunesse, dont Les voyages du Jules-Verne, qui descendent directement d’une nouvelle… refusée trois fois! Et cela a apporté  une floraison de prix littéraires.

J’aimerais pouvoir vous annoncer que je suis devenue multi-millionnaire avec des hordes de lecteurs, la seule forme de succès que le gouvernement actuel respecte. Or, je suis fière d’écrire, de publier, et de donner des ateliers aux jeunes, des activités dont les résultats sont moins tangibles. Comme des plantes, ils poussent en silence.

En attendant, voici des liens:

– un  article de Caroline Monpetit dans Le Devoir.

Lettre de 27 revues et magazines culturels du Québec dans la Presse.

Images de Saskatoon

P1060589RiviereRochesPont Le bord rocheux de la rivière Saskatchewan.

Pour la tournée Lire à tous vents, j’ai eu la joie de découvrir la Saskatchewan, particulièrement Saskatoon et Prince-Albert. J’ai peu de photos de Prince-Albert sous la neige, mais j’y ai reçu un acceuil chaleureux de la part du personnel enseignant et des élèves.

La rivière Saskatchewan divise en deux la ville de Saskatoon, fondée  en 1882.

Le bord de la riviere Saskatchewan Réflexion de la rivière  en automne

Saskatoon vient du nom des baies rouges qui y poussaient. Sept ponts ont été construits pour la traverser. On en voit un au loin sur la photo. Lors de mon arrivée, j’ai eu la chance de visiter le musée Mendel qui comporte un beau mini-jardin botanique, et une galerie d’art (photos).

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J’ai été impressionnée par les peintures de James Henderson réalisées entre 1914 et 1930.

Henderson a peint les Indiens de la région, et a été surnommé Celui qui peint les vieux hommes (Wicite Owapi Wicasa: the man who paints the old men).

Galerie Mendel - portraits Portraits de chefs, d’anciens et de paysages de la galerie. Ces visages sont empreints de dignité.

Et, comme pour une rare fois j’avais tout mon temps, j’ai dessiné quelques visages. Le musée offre des petits sièges pliants pour les artistes ou étudiants. Voici un de mes efforts.

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(Devinez lequel sur la murale du musée montrée au lien précédent…)

J’ai visité 6 écoles dans trois conseils scolaires différents. Quelques photos des visites en classe:

P1060592 MicheleNarutoHKelseyWeb Un dessin en 30 secondes à l’école Henry Kelsey, Saskatoon

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Technologie salvatrice ! Le tableau intelligent permet de garder les dessins et les explication en mémoire! (école Holy Cross, de Prince-Albert)

Séance impromptue de signatures après la présentations Séance impromptue de signatures à l’École Sister O’Brien (Ann Gordon O’Brien, une femme qui se dévoua longtemps pour la cause des familles et pour l’éducation en Saskatchewan.  )

Les responsables de la tournée nous ont montré de très beaux édifices, comme l’hotel Bessborough.  Bessborough

En plus du musée Mendel, j’ai découvert de bons restaurants, et je n’ai jamais si bien mangé dans une tournée! J’ai goûté de nouveaux plats. Les liens donnent sur des recettes approximatives.

La salade de poires et de fromage bleu, aspergée de vinaigrette aux baies de Saskatoon est délicieuse, bien équilibrée. Aussi: à mon hôtel Sheraton (plus modeste, mais en face du « Bess »), le restaurant servait une lasagne au Ricotta et à la courge « Buttercup ». Le dessert, une tarte aux baies de Saskatoon (un gout entre les fraises et les cerises de terre).

Les restaurants valent le coup d’oeil, tel ce jardin intérieur aménagé dans un hôtel.  Jardin Interieur

Moi, écrire de la S-F?

Le reniement de l'auteure de SF

Le reniement de l'auteure de SF

inspiré par un commentaire de Margaret Atwood, qui assure que ses romans ne sont PAS de la science-fiction.

La science-fiction à l’école

En cette première journée du congrès Anticipation, se tenait un atelier spécial sur l’enseignement des sciences et la SF.

Animé par Julie Czerneda, auteure de mérite, biologiste de formation ayant longtemps enseigné les sciences, l’atelier se déroulait dans les deux langues. Il est malheureux que les professeurs du Québec étant en vacances, fort peu ont assisté à cet atelier.

Julie Czerneda et Michèle, lors de l’atelier

Julie Czerneda et Michèle, lors de l'atelier

Éric Gauthier a donné une présentation sur ses expériences avec les élèves au secondaire. J’ai présenté mon atelier sur la crème glacée littéraire destinée au primaire ou secondaire, et le sympathique Phillippe Colin nous a enrôlé pour jouer des sketches tirés de contes de science-fiction, qu’il montre au primaire. Francine Pelletier et Christian, l’époux de Danielle Martinigol, se sont prêtés à cette expérience.  On comprend que les petits en redemandent!

Les volontaires pour le sketch

Les volontaires pour le sketch: Christian et Francine, reprenant Robbie le robot, d’Isaac Asimov. Costumes fourni par l’animateur!

Ingénieux Philippe Colin

Ingénieux Philippe Colin!

Quelques notes

Julie Czerneda utilise la SF, une ressource mal connue, pour présenter la démarche scientifique aux jeunes et pour développer leur imagination. Entourés de publicités revêtant les atours de la science, il faut que les élèves voient la science comme quelque chose qui les aide à comprendre l’univers qui les entoure.

« Que la science soit pour les jeunes tout aussi importante que la marque de  rouge à lèvres que les vedettes préfèrent. »

Julie constate la pauvreté des bibliothèques scolaire en livres de SF accessibles: des ouvrages plus courts, des nouvelles. Le projet « About SF » recense des livres accessible pour les jeunes adultes. Un exercice en classe est de rédiger un texte sur les conséquences d’une technologie.

Pour Jean Pettigrew, éditeur de la maison Alire, la SF est la seule littérature qui pousse les idées à leur maximum.  Pour lui, la SF est tournée vers l’univers, l’extérieur, vers une réflexion sur l’avenir de l’humanité, tandis que la littérature mimétique est davantage tournée vers l’intérieur (triangle amoureux, etc.)

George Henri Cloutier, enseignant au CEGEP retraité, a fait l’expérience de faire lire un livre de SF, _Shambleau_ à ses élèves.  Cependant, les filles avaient du mal à s’identifier à la SF de cette époque (avec le sexisme ambiant) que reflète la série de nouvelles signées par Catherine L. Moore. En offrant un choix de genres aux jeunes (polar, SF ou classique), les proportions restent les mêmes. Plus de garçons choisissent la SF, les filles du classique… Il est bon de ne pas imposer un livre de SF, car cela amoindrit la mesure de liberté, de révolte et d’évasion que la SF a été pour toute une génération.

Julie mentionne que la SF procure des aventures agréables, et passé la puberté des lecteurs, on peut aborder des sujets plus lourds de conséquences, comme la destruction du monde, etc. (Un panel ultérieur aborde la facon d’écrire de la SF « pour les jeunes », et les problèmes de représentation de violence ou sexualité explicite..)

Danielle Martinigol rencontre souvent des profs aiment ses livres, mais détestent la SF. Le terme science-fiction rebute les enseignant-e-s.  Elle souligne que les jeunes en France lisent de la SF jusqu’à 14-15 ans, mais que la pression élevée d’étude pour le « bac » au lycée fait que les lectures en-dehors des « classiques » diminuent. Si les jeunes redécouvrent les genres, ce sera au niveau universitaire…

Jean-Louis Trudel présente sa mallette à thème scientifique, une initiative de bibliothécaires, contenant de livres de fiction et non fiction pour faire découvrir les sciences. Chaque mallette exploite un thème: écologie, astronomie, physique, génétique…

Un participant pose la question, pourquoi une telle connotation négative de la SF? Parce que les professeurs employaient souvent des textes de SF pour illustrer des erreurs ou des abus de la science (exemple, Soleil vert), ce qui peut rebuter des jeunes.

Bref, le premier contact des jeunes avec la science-fiction doit être piloté avec finesse.

J’ai donné une agréable entrevue à Anne-Sophie Blondin, des Années lumière à Radio-Canada.  J’y explique que la SF est une saveur moins bien connue de la crème glacée littéraire…

Poésie magnétique

Finalement la Quête de Chaaas n’a pas remporté le prix Trillium, demeurant finaliste, mais j’ai rencontré de nouvelles et merveilleuses personnes. Et gagné un bel ensemble de poésie magnétique!

Certains prix littéraire sont centrés sur les gagnants en oubliant les autres dès l’annonce des vainqueurs. Ce n’est pas le cas des prix Trillium, organisés par la SODIMO (Société de développement des médias de l’Ontario). Les organisateurs ont tout fait pour que les finalistes se sentent respectés et considérés comme des membres actifs de la société (au lieu du cliché dorénavant célèbre de l' »Artiste du dimanche en conserveArtiste du dimanche« .

Ma mère, qui s’est tapée plus de cinq heures de train depuis Montréal, pour assister aux lectures, a été enchantée de son expérience.
Ma mère, moi-même et Daniel Marchildon, un des finalistes "adultes"

Ma mère, moi-même et Daniel Marchildon, un des finalistes « adultes », auteur de L’eau de vie.

Michèle avec Mireille MessierMichèle avec Mireille Messier, auteure jeunesse, un peu après les lectures publiques du 15 juin.

Par hasard, nous portons deux pendentifs réalisés par des artistes locaux. Le mien (qui ressemble à une planète), a été fabriqué par Kimber Lee, de Mississauga.

Tous les finalistes ont reçu, une petite boite de mots magnétiques tirées des 17 livre en lice.
Magnetic poetry, from the 17 books in the Trillium shortlistPoésie magnétique. Quel plaisir de lire « Chaaas » sur mon frigidaire! Les autres belles phrases étranges sont de mon mari.

Et le jeudi suivant… je reçois ceci:

Lettre de félicitations de mon député provincialLettre de félicitations de mon député provincial de Mississauga-Streetsville, Bob Delaney, très officielle. (Si vous savez que son chat s’appelle Obi-Wan, vous comprendrez qu’il n’est pas étranger à la SF populaire. Si, si, il se promène parfois avec!)

Devant, on voit la petite boite de poésie magnétique toute enrubannée.

Comme auteure dont l’oeuvre subit souvent le silence des médias (titre d’un célèbre livre de Colette Beauchamp), ces témoignages d’appréciation me font chaud au coeur, tous politiciens qu’ils soient!

J’ai écrit une lettre de remerciement à la Sodimo, dont voici un extrait.

« Comme auteure de science-fiction, ma responsabilité sociale est de voir loin, de penser en avant, vers les défis qui nous attendent alors que nous devrons faire face aux conséquences de nos choix présents. Présenter aux jeunes les saveurs de la crème glacée littéraire pour les encourager la lire, à apprendre et à persévérer, constitue une tâche motivante. «