Sites d’aide :
Mon seul commentaire:
Heille, la Terre, c’est la grotte de Ben Laden qu’il fallait secouer!
Sites d’aide :
Mon seul commentaire:
Heille, la Terre, c’est la grotte de Ben Laden qu’il fallait secouer!
Un écrivain écrit, mais il lui faut aussi se « nourrir ». Alors je lis. Beaucoup.
Comme je lis vite, pour rester plus longtemps avec les fragments d’univers qui naissent de ces pages, je lis en parallèle une douzaine de livres.
J’en commence un, puis au milieu j’en ouvre un autre, il y a celui que j’emporte en déplacemement, la brique que je laisse près du lit…
Donc voici mes livres du moment :
(1)
Tout le monde vous aime, monsieur Salim! Jean-Louis Grosmaire, 112 sur 150 p.
Le jeune Hassan, qui a trempé dans un trafic de drogue, doit pour se racheter tenir compagnie à un vieillard amer, monsieur Salim, qui, se remémore son pays natal, le Maroc. Salim fut un enfant trouvé, adopté par un couple d’Européens, ramené à Paris, où il a vécu et ravaillé, avant d’être, comme tant d’autres, parqué dans ces résidences de personnes âgées. Peu à peu, les deux s’apprivoisent. Monsieur Salim découvre que même à son âge, il peut apporter aux autres. Hassan prend conscience de l’importance des liens familiaux et renoue avec ses parents, eux aussi originaires du Maroc.
« J’ai été adopté bébé, et pépé, voilà que je suis à nouveau adopté! »
J’ai interrompu la lecture non parce que le livre était ennuyeux, mais parce que les descriptions des villes et des habitants au rythme de vie lent y sont magnifiques. Ce n’est pas un livre pour écrit pour en tourner les pages à toute vitesse, mais pour goûter et savourer longuement. Il faut prendre le temps de lire ce parcours de la mémoire, ce livre vivant.
JLG a longtemps séjourné dans ces pays, et il en a distillé la grâce dans ce livre. Il a voulu partager son émerveillement avec nous, et parfois, les conversations entre Hassan et Salim servent à démontrer un point, comme le traitement des vieux en Europe par rapport dans ces pays de l’Afrique du nord, et à s’envoler verbalement vers les villes du Maroc.
En conséquence, et ‘est le seul défaut du roman, ces échanges sonnent moins naturel (et je l’ai dit à l’auteur). Certaines informations arrivent aussi très très tard dans le roman, comme la description physique de Salim par Hassan, et ce que Hassan a fait apès sa retraite qui auraient pu nous être donné plus tôt.
Mais le voyage en vaut la peine! La page 75 est un des bijoux descriptifs.
« Un dattier offre son panache en floraison verte au milieu de la vallée brûlée. Les palmes jouent ombres et lumières sur loasis. Le vent torsade es colonnes de sables, les engloutit, les élève dans le ciel rougeâtre. Le vent grenaille le visage, fouette les épineux, assèche les flancs montagneux, brûle les villages de pierre. »
(2)
Polynésia, les mystères du temps, Jean-Pierre Bonnefoy, 729 pages sur 770 pages (incluant trois lexiques). Livre reçu lors du dernier salon de Toronto. Publié une première fois sous le titre L’odyssée d’un rêve.
L’auteur réside en Polynésie, à bord de son voilier Toa Marana. Pourquoi je le dis… parce que le livre réunit trois époques (1000 ans BC, notre époque, et le LIe siècle!) Le personnage de notre époque qui narre au je est un monsieur habitant les iles et voguant à bord de son voilier le Toa Marana (guerrier de la Lune).
On suit aussi la migration pleine de dangers d’un groupe conduit par le chef Ta’aroa, à bord de la pirogue Ta Marana (si,si!). Et on suit l’enquête d’un homme du futur vivant dans un essaim de vaisseau-lumière qui abrite l’humanité, Angkor (comme L’AngKor Vat, ce temple) un agent aux capacité intellectuelles hors du commun, (un Johnny Mnemonic sans les implants) qui cherche des informations sur la Polynésie et les modes de transports. Et qui ressemble aussi physiquement à l’auteur… que j’ai rencontré en personne l’an dernier. (Pas nécessairement un défaut pour un premier roman.)
La partie SF est beaucoup plus laborieuse, l’auteur décrit des environnements futuristes que des lecteurs aguerris auront lu au moins 100 fois. Les moyens de transport entre vaisseaux sont instantanés, abolissant les années-lumière. En voulant nous communiquer sa vision, de longues digressions philosophiques sur le rêves alourdissent le roman.
Ce qui relie les époques? Le rêve, et c’est la faiblesse qui transforme ce roman de SF en science-fantasy. Le monsieur du voilier s’endort et pouf! il se retrouve sur l’ancien Toa Marana (qui veut dire guerrier de la lune). Le monsieur du futur, plus tard, s’endort et pouf! Il s’y retrouve aussi, tout comme une amie. Et vers la fin, les iA du nouveau vaisseau vont reproduire un milieu marin semblable pour permettre à Angkor (qui a subi une confusion, il se prend pour Taaroa!) de refaire lui aussi un voyage en grande pirogue… La, c’était juste un peu trop pour moi.
C’est la partie « ancienne » qui m’a le plus emballlée. Les qualités de l’écriture ressortent ici: d’époustouflantes descriptions du milieu des atolls, de la navigation, des levers de soleil sur la mer, des vagues… des îles, avec beaucoup de vocabulaire Mao’hi. Moana: l’océan… Ca n’a l’air de rien, mais il y a dans ces pages au moins quarante descrptions de bateau qui fend les vagues, de l’eau qui clapote dans les atolls (les Motu)… et aucune de ces descriptions ne se répète!
La poésie du langage et l’amour manifeste de l’auteur pour ce milieu et ce fier peuple polynésien, le portrait anthropologique des habitants des iles, tout cela vaut le détour. J’ai relu (si,si!) toute la partie « ancienne » de l’odyssée de Ta’aroa et de sa grande pirogue pleine de personnages attachants.
Mais l’histoire matinée de rêve et d’utopie, et certains éléments m’ont paru factices, trop appuyés: la compagne du monsieur en voilier (l’auteur!) s’appelle Alpha. Pas Georgette ou Stella. Et les noms des personnages du LIe siècle, aie-aie-aie! AngKor passe bien, mais pas PlovDiv, Didja, LeEr…
La parcelle LIe siècle prend néanmoins de l’intérêt, comme à la page 450, quand deux gars surveillés par les autorités se passent un message codé par une ruse digne des Mentats de Dune, de Herbert.
L’auteur est scientifique, spécialiste en interprétation d’images et intelligence artificielle (qui tiennent une place importante dans l’histoire.) C’est un effort qui mérite d’être souligné, et comme j’ai recu ce livre gratuitement, je vais m’arranger pour verser à cet anthopologue passionné son droit d’auteur lors d’un prochain Salon…
(3)
Le quart de millimètre, de Zviane, 320 sur 338 pages. (Bon autant dire que je l’ai fini!)
Une BD réalisée rapidement, par planches autobiographiques, d’une musicienne, compositrice et dessinatrice qui cherche sa vocation. Et qui a trouvé dans la BD un succès d’estime grandissant. Je suis une fan.
Et si vous ne connaissez rien aux harmonies et contre point, pas de problème: Zviae explique en images des concepts abtrus. La seule BD avec partition musicales incluses!
(4)
THE HOLY BIBLE page 384 sur 2200 p. Par un collectif d’auteurs anonymes.
Quel grandiose ouvrage de fantasy! Du souffle! De l’action! Passion! Fruit défendu! Jalousie! Stupre ! Sodome! Gomorrhe! Promesses de politiciens! Promesse de Messie! Massacres sur commande !
Me voici chez Samuel, après être passée chez Abraham, Joseph, Moise et Josué sans oublier la Genèse. (Pour un traité de génocide appliqué, voir Josué.) Samuel, élevé par le grand prêtre Éli, doit trouver un roi parce que le peuple en demande un. Affaire à suivre… Ciel, que va-t-il se passer?
Je lis une version en anglais, annotée, avec plein de cartes et de schémas, car c’est une version pour étudiants avancés ou séminaristes. En tout cas, si je trouve une Arche d’Alliance dans une vente de garage, je sais à quoi cela ressemble!
Je la relis d’un bord à l’autre, pour me plonger dans l’esprit d’un personnage de mon prochain roman adulte. Je reviendrai plus tard avec une critique, que j’espère constructive pour ce collectif d’auteurs.
(5)
L’Eldnade, tome 1, Ardahel le Santerrian de Luc St-Hilaire. 280 pages et plein de cartes à la fin.
Parce que la fantasy « conte de fée » c’est pas mon truc, mais quand c’est un confrère sympathique… Comme le départ de l’histoire ne m’emballait pas, j’ai résolu la méthode 1p-1p pour passer au travers. Une chose à ne jamais faire: présenter 17 personnages d’un compagnie en un (long) paragraphe, surtout quand chacun individuellement ne revient que beaucoup plus loin dans le récit…
L’histoire est une quête typique, le jeune Ardahel est l’élu, un peu orgueilleux mais que l’aventure et des rencontres vont mouler et former. On fait beaucoup de présentation de personnages tous beaux et nobles et fins au début. Ca décolle à peu près à la moitié du livre et l’intrigue, rendue en page 250, devient assez prenante. De belles inventions, une ou deux ruses subtiles du héros méritent un coup de chapeau.
Une grande qualité: la description attentionnée des paysages et des habitants des contrées étranges que la compagnie traverse. L’auteur se donne la peine de faire des comparaisons très imagées pour qu’on se figure l’aspect du paysage.
Un bon back-story à la Tolkien, avec des Races grandes, moyennes et petites, plus ou moins anciennes, plus ou moins puissantes.
(6)
Legacies , Alison Sinclair, page 120 sur 450
Une agréable rencontre lors du congres Anticipation. J’ai pris un excellent repas d’adieu au resto la Popessa avec Mario, Claude Pelletier et Alison Sinclair, une auteure de SF venue de Victoria, demeurant à Montréal. Je lui ai acheté son space-opéra, et j’ai découvert une nouvelle voix.
(6) prime
Suprématie, par Laurent McAllister. page 2 sur 660 pages
Ca bouge dans cette Galaxie!
(7)
Mais que lit Stephen Harper? par Yann Martel. p. 145 sur 258
Un court aperçu par Martel de livres qui sont tous intéressants, porteur d’une facette de l’humanité. Je ne les lirai jamais tous, mais la sensibilité de Martel affleure en surface, et son appréciation du métier d’écrivain (et sa dépréciation dans notre société).
L’élément déclencheur? Un moment d’appréciation des artistes pour les 50 ans du CAC, dans la chambre des Communes. Le PM (qui aime tant les artistes!) y assistait, sans montrer le moindre intérêt. Il était ailleurs dans sa tête… Yann Martel a décidé de lui envoyer deux livres par mois, pour lui prouver que les écrivains, les conteurs d’histoires apportent des moments de quiétude dans notre vie mouvementées.
Grosso modo j’en avais lu deux sur la gang, et bien d’autres.
(8)
Maelstrom, de Peter Watts, chapitre deux sur une vingtaine (sur internet).
Je connaissais Watts par ses nouvelles en francais. Le 8 décembre dernier, l’auteur de SF fait arrêter par le Homeland security, puis malmené (pour faire un euphémisme poli) par ces agents qui cherchent avant tout des terroristes ) peu avant la frontière alors qu’il retournait au Canada. Son blog ici. Je suis allée voir son site et contribué à sa défense légale. Et j’ai jeté un coup d’oeil sur son roman, Maelstrom. Mon oeil est resté collé.
Watts a écrit une trilogie: Starfish, Maelstrom, Behemoth.
Maelstrom, c’est un choc comme quand j’ai découvert pour la première fois Elisabeth Bear. Ayoye! Pardon, pardon, pardon, je l’ai pas trouvé plus tôt!
Ja-lou-se, je suis!
Une écriture accroche-coeur, riche, qui sert le propos, quinze idées-images nouvelles par paragraphe (au moins). Un univers cruel, mais aux personnages attachants. Une fin du monde non pas annoncée, mais enclenchée par ceux qui essaient de le sauver. Des déplacement de population, des humains modifiés pour vivre en profondeur sous marine, des biotes, des robot, des catastrophes…
Je prend mon temps parce que je veux déguster ce livre, et ses autres romans.
Watts possède une formation en biologie marine, et cela parait. Son motto: « In love with the moment. Scared shitless of the future ». Bref, un pessimiste qui aime les chats…
(9)
The Algal Bowl, par David W. Schindler et John R Vallentine, p. 42 aur 334.
Pour suivre notre spécialiste en bio marine, voici un peu de bio lacustre, spécialité de feu mon oncle Robert Lagueux, limnologue.
L’intrigue repose sur le « bol d’algues » qui envahit nos lacs, un meurtre silencieux, dont seules les éclosions d’algues, les cyanobactéries, nous avertissent! Les auteurs nous expliquent, les facteur de l’euthrophisation des lacs, dont le facteur humain.
C’est un livres très académique et très pointu, dans mon domaine d’études. Avec des cartes, des données, des mesures, des statistiques. L’étude de cas de deux lacs de Madison (Monona et Mendota) illustre l’impact du défrichages et de la culture avec engrais sur la faune et la flore du lac. L’étude de l’évolution du lac Winnipeg, qui recrache des mousses toxiques de cyanbactérie sur ses rives…
Résumé de l’intrigue: on relache de la chnoute, beaucoup de chnoute (matière fécale, engrais azoté, donc matière organique) dans un lac. La chnoute, pour se décomposer, absorbe l’oxygène dissous dans l’eau. Que les poissons, eux, n’ont plus à leur disposition, donc ils meurent, couic. D’autres organismes prennent leur place et modifient les écosystèmes aquatiques.
Et c’est publié par les presses de l’université de Calgary. Des Albertains écologistes sérieux, ca existe!
(10)
Cultural Anthropology , a problem-based approach , Richard H Robbins, p. 191 sur 250. (deuxième édition, 1997)
Un livre de classe sur les questions de transmission d’habitudes culturelles. Une approche originale, en comparant notre société urbanisée avec des peuplades aux traditions différentes, et beaucoup d’histoire!
J’ai été éclairée par le chapitre sur les religions, résumé par la question: « Why do people believe different things, and why are they so that their view of the world is correct and other views are wrong? » (p.63)
La construction culturelle de la réalité., ou comment on prend des habitudes mentales, et qu’on reste avec notre clan confortable. Le cours qui résume le livre ici
11)
Petit cours d’autodéfense intellectuelle, par Normand Baillargeon. 338 sur 338 pages.
Nous n’avons que peu de pouvoir, comme individu. Et le peu d’information qu’on recoit nous vient des autorité religieurses et des médias bien concentrés dans les mains de grandes fortunes… et de politiciens intéressés.
Le petit Cours… est un bijou qui prend un par un les barreaux de la prison mentale qu’on se construit et les scie proprement. Croyances irrationnelles, concentration des médias, propagande, statistiques bricolées pour faire peur, tous les outils pour affiner le jugement critique y figurent. En prime; le kit de détection de poutine de Carl Sagan!
————————
Voila, je crois que je les ai tous.
J’ai encore deux romans de Alire à lire (Francine Pelletier, Héloise coté (enfin de la fantasy sans magie!) et un Karl Schoeder.
Et quatre romans jeunesse en cours de ponte…
Tagué Anthropologie, critique, Lecture, Livre, Roman, Science-fiction
J’ai gossé pas mal pour ce résultat! Cadeau offert par mon mari adoré!
La page de Pascal Colpron, qui utilise une plus petite tablette, ici
Tous mes meilleurs voeux aux lecteurs et lectrices de ce blogue!
Je vous souhaite une nouvelle année pleine de santé, de créativité et de projets emballants!
(mais pas trop d’emballage quand même)
Pour le monde et notre planète, je souhaite une grande biodiversité biologique… et sociale!
J’arrive du salon de Toronto.
Comme au Salon de Montréal, j’ai observé le flot d’écoliers et d’adolescents défiler devant ma table sans un regard pour mes romans. Même le sceau métallisé « Finaliste des GG » (finaliste aux prix littéraires du gouverneur général) apposé sur les Vents de Tammerlan ne suscite chez eux qu’indifférence. Ceux à qui j’adresse la parole vont regarder poliment la couverture, parfois le 4e de couverture, puis s’en aller acheter le dernier succès d’India Desjardins ou de Bryan Perro. Les exposants font d’ailleurs le gros de leurs ventes le jeudi et le vendredi, jour de visite des écoles.
J’ai écrit dans un autre billet qu’il faut comprendre les goûts des jeunes. Ils recherchent une histoire proche d’eux, de leur réalité. Parfois tellement proche que l’écriture est « dumbed down« , le vocabulaire pauvre, hypersimplifié, calqué sur le texto des tchats… Et cela, je ne peux ni ne veux le faire. Lire la suite
Entendu aujourd’hui à la radio: la designer Diane Bisson expose à la galerie Commissaire son projet d’assiettes comestibles.
(Extrait du site de l’université de Montréal)
C’est la vue de poubelles remplies d’assiettes jetables qui a donné à Diane Bisson l’idée de produire de la vaisselle comestible qui fasse partie intégrante du repas. «L’idée de se servir d’un aliment comme support d’un repas n’est pas nouvelle en soi, qu’on pense à la miche de pain vidée ou à la feuille incurvée qui servent de récipients, souligne-t-elle.
Dans mon roman jeunesse Piège pour le Jules-Verne, publié en 2002, les membres d’équipage mangeaient dans des assiettes-desserts à consistance de stirofoam.
Extrait (se déroulant dans la cantine en apesanteur du vaisseau)
Les mets étaient servis dans des assiettes aux bords repliés pour éviter que la nourriture ne s’envole. Je leur trouvais une consistance fibreuse.
L’espace au centre de la pièce n’était pas gaspillé : des plantes aromatiques en pot flottaient librement autour d’un globe lumineux, traînant de longues chevelures feuillues. Un homme maigre en tablier vert sortit de la cuisine. Manipulant une longue perche terminée par un crochet, il attrapa un pot.
— C’est Sylva Zhou, notre chef cuistot. On a intérêt à l’avoir de notre côté, dit Amber avec un clin d’œil.
Le cuisinier nous salua brièvement. Tout en mâchonnant un steak d’algues, je posai la question qui me chicotait.
— Dites, lieutenant Amber…
— Pas de lieutenant avec moi! coupa-t-il, la bouche pleine. Hors service, c’est Éric.
Je saisis que ce séduisant Apollon savourait aussi ma compagnie.
— Le Commandant… est-il toujours… comme ça?
— Oui, et encore, aujourd’hui, Anton est dans un de ses bons jours. Heureusement, le Cactus nous protège de l’orage.
— Le cactus?
— Le Commandant-en-second Marilina-Josepthe Alfonso, Mari-Jo pour les intimes, le Cactus pour les autres, dit-il avant de croquer son assiette vide.
Après une hésitation, je mordis le bord de la mienne : exquis! un goût de meringue doucement sucrée…
Je voulus croquer ma cuiller : mes dents rencontrèrent un honnête plastique. Quand Amber cessa de rire, il m’expliqua que les ustensiles étaient fondus après chaque usage, puis remoulés.
(Piège pour le Jules-Verne, p. 27-28 )
Je ne suis pas l’unique auteur de SF qui a abordé le sujet. Ayant une sainte horreur du gaspillage, ça fait longtemps que je me promène dans les foodcourts avec mon assiette de camping, ma tasse écologique et mes ustensiles réutilisables.
C’est donc avec soulagement que je prends connaissance de cette avancée technologique!
Publié dans Curiosités, Science
Tagué Écriture, Humour, Michèle Laframboise, roman jeunesse, Science-fiction
“14”
–
–
14 petites chambres
Ce soir sont restées vides
Quatorze livres sont demeurés ouverts
Leurs pages encore blanches arrachées par le vent d’hiver
_
Quatorze filles
Jeunes, vaillantes, capables
Sont tombées au nom d’une guerre
Qu’aucune femme ne souhaitait
–
Quatorze êtres humaines,
Fauchées quelques minutes
Après que j’aie poussé la porte glacée
Sinon ma chambre elle aussi serait restée vide
_
Quatorze rêves
Ne se réaliseront pas ici
Lettres d’amour inachevées
Permettez-moi, amies inconnues, d’y répondre.
–
Écrit le 7 décembre 1989 au matin
Ca fait 40 ans qu’on parle de « pollution« , d’écologie puis d’environnement.
Les changements climatiques sont devenus un débat commode et les plumes s’enflamment. « Grande messe écologiste », « catastrophisme », propagande », campagne de peur »… les mots choisis par certains commentateurs sont indicatifs non pas d’une position sereine sur le sujet, mais d’un désir de se laver les mains de l’état de la planète et de passer « à autre chose ».
La position sceptique ou « négationniste » sur le climat est largement subventionnée par des grandes entreprises qui préfèrent rester les bras croisés. L’argument comme celui des taches solaires (pigé sur un site sceptique) n’est pas valide pour expliquer les variations (le soleil existe depuis 5 milliards d’années!), pas plus que celui de l’alignement des planètes, de l’atmosphère martienne, etc. Mais ces arguments servent quand des entreprises et leurs porte-paroles subventionnés veulent se dédouaner des impacts d’un perturbation du climat qu’il est de plus en plus difficile de nier…
C’est une raison commode de se laver les mains des problèmes climatiques et de refuser de participer à l’effort pour rendre la planète habitable, préserver sa biodiversité non seulement biologique, mais sociale.
Or, PERSONNE, ni David Suzuki ni Al Gore, ni moi-même, ne DÉSIRE un réchauffement climatique. Personne ne prie le Seigneur Jésus à chaque jour pour que la planète se dégrade davantage, avec les milieux naturels et habités qui y sont liés.
Je ne VEUX pas de réchauffement climatique. Comme les grandes entreprises pétrolières qui ont une peur bleue de payer leur part des pots cassés ou de mettre en marché des autos électriques avant l’épuisement du pétrole, j’aimerais bien rester les bras croisés.
Sauf que ma formation en environnement m’en empêche. J’ai participé à une discussion sur les ressources pétrolières à l’été 2009 (lors du Congrès Anticipation 2009 à Montréal), avec des gens convaincus qu’il reste deux siècles de pétrole… Alors je prend deux heures de mon temps, non payé, pour rectifier quelques détails.
1) « Climat et environnement sont indépendants »
Environnement et climat sont – hélas- très liés. Le rayonnement renvoyé par un champ n’est pas le même que celui rendu par une forêt.
Un petit exemple proche de nous. Rien qu’en marchant dans Toronto, par une journée de canicule, on passe à travers une série de micro-climats qui ont un impact direct sur les plantes et les arbres qui essaient d’y survivre. Quand on passe des beaux quartiers ombragés de grands arbres aux édifices à condos, puis au béton du centre-ville, la température au sol augmente sensiblement. Et qui demeure dans les beaux quartiers avec des arbres?
2) « Pas besoin de rien faire, la technologie résout tout… »
Captage de carbone? Fort bien! J’approuve! Ça fait au moins 40 ans que les pétrolières savent qu’elles polluent! Voir ce clip de l’émission Atome et Galaxie (1970, pollution par le mercure) Si ces entreprises, avec les cerveaux et les Instituts qu’elles paient, s’en étaient préoccupées, ça fait longtemps que les émissions “polluantes” (on ne parlait pas encore de gaz à effet de serre) auraient été réduites, et que les techniques de piégeage du carbone auraient été mises au point.
Et voila que les mêmes entreprises qui refuseraient tout impôt « vert », toutes taxe sur le carbone, celles qui accusent les « groupes écolos » de profiter de subventions, tendent leur sébile aux gouvernements…
L’imagination ne se trouve pas qu’en territoire industriel. Je propose moi aussi des solutions technologiques pour limiter les dégâts, comme une « couverture polaire » pour augmenter l’albédo* des pôles et préserver le courant du Gulf Stream.
Les plus fortunés s’achètent une image « verte », évoquant des progrès technologiques. Et quand ces technologies ne suffiront plus, quand les milieux de vie seront irrémédiablement déréglés, gageons que ces fortunés se construiront une arche comme dans le film 2012…
3) « Les changements climatiques n’ont rien à voir avec l’action de l’homme »
Vous rappelez-vous de la balançoire à bascule qui a bercé (littéralement) notre enfance? Il s’agit d’une planche posée sur un socle, avec des poignées aux bouts. Quand vous êtes assis au bout de la planche, vous exercez un plus grand moment de forces, votre poids a une grande importance. Et si vous êtes plus lourd que votre compagnon de jeu, vous vous placez plus vers le centre.
La Terre est une grosse balançoire.
Elle oscille doucement, entre le chaud, le froid, le sec, l’humide… La planète subit ses propres changements, à la fois subtils et impressionnants.
Quand l’espèce humaine qui y a évolué à partir de quelques cellules, sautillait près du centre de gravité de la balançoire, elle ne causait qu’une pression minime sur le milieu naturel et sa diversité biologique.
Depuis un siècle et demi, notre espèce exerce une plus grande pression par la pollution, la destruction des habitats naturels et surpopulation. Nous sommes assis plus près des « bouts » de la balançoire: nos actions accentuent les oscillations de la planète.
Et qui va en payer le prix ultime?
Les plus pauvres, les moins informés, les moins éduqués, le paient déjà, parqués dans des bidonvilles ou des camp de réfugiés. Incapable d’agir sur leur milieu.
Réchauffement climatique ou pas, la richesse matérielle continue de se concentrer entre quelques mains. Les plus fortunés vont conserver leur train de vie, peu importe l’état de la planète. Ils accaparent déjà les meilleurs milieux, et en interdisent l’accès aux moins privilégiés…
*
Un exemple concret de l’accaparement des beaux milieux. À Dorval, un entrepreneur prospère s’est fait construire un superbe chateau de pierre blanche sur le bord de l’eau… avec des lions en marbre qui gardent l’entrée, des grilles en fer forgé, bref, un très bel édifice de 3-4 millions de $.
Par la suite, le ou les mêmes proprios ont fait adopter deux règlements pour contrer les curieux qui allaient admirer le lac – et son superbe château, déjà protégé par une haute haie de cèdres – par la rue (une fin de rue ouverte sur l’eau, il n’en reste plus beaucoup). Interdiction de stationner d’abord, puis, interdiction de circuler en voiture si vous n’êtes pas un résident. Les promeneurs peuvent encore y aller à pied, mais pour combien de temps?
*
Ne nous inquiétons pas pour la Terre. La planète va survivre… avec ou sans notre société. Comme un canot qui tangue un peu fort, la balançoire surchargée aux extrémités éjectera les humains par-dessus bord, avec une bonne partie de la biodiversité. Pour repartir à zéro. C’est arrivé avant.
Si on souhaite une planète habitable pour tous, on ne peut plus se contenter de se laver les mains du problème, en évacuant l’eau sale après… Pas de planète, pas d’économie!
4) Restons-nous les bras croisés?
On ne peut plus nier que d’importantes perturbations affectent la surface de la planète. Pour ne donner que quelques exemples:
Tagué biodiversité, climat, Environnement, pollution, Terre
Ambiance du salon.
Lysette Brochu et son dessinateur Éric Péladeau lors d’ un lancement collectif des éditions du Vermillon.
Yann Martel, à qui j’ai prêté ma BD « séances de signatures » le temps d’aller à la caisse acheter son livre « Mais que lit donc Stephen Harper? »
Élisabeth Vonarburg et René Walling (le vaillant organisateur du congrès Anticipation). Photo à venir.
René a lancé sa petite maison d’édition de livres de qualité, Nanopress, qui publie des auteurs de SF et fantastique moins « commerciaux » (voir Blood out of a Stone par Élisabeth Vonarburg)
Élisabeth Vonarburg et Yves Meynard
Pendant que tout près, Jean-Louis Trudel signait mon exemplaire de _Suprématie_ écrit par Laurent McAllister.
Héloise Coté signant les EXilés chez Alire.
Héloise est une auteure à découvrir. J’ai acheté son bouquin parce qu’elle m’a ju-ré que c’était de la fantasy sans une once de magie.
Affaire à suivre…
Michèle lit un extrait de l’axe de Koudriss pour le lecturothon de Québec-Wallonie Bruxelles. Lien vidéo
En attendant, voici une photo prise de moi au kiosque du RECF, avec mon livre jeunesse Le potager d’Ysandre. 50 % science-fiction et 50 % fantasy… Oupse, je montre aussi mon livre finaliste aux prix du Gouverneur Général, Les vents de Tammerlan…
Je peux dire qu’être finaliste du prix littéraire jeunesse (textes) du GG n’impressionne pas du tout les jeunes qui courent beaucoup plus les sagas de fantasy, les histoires de coeur avec des vampires « mignons » ou des récits frisant l’autobiographie qui flattent le nombril.
(Nota bene: je comprends parfaitement les adolescent-e-s qui ont besoin, à une étape de leur vie pleine d’incertitudes et d’appréhensions, de se « reconnaitre » dans leurs lectures, de s’identifier à un héros ou une héroine proche de leur quotidien. Mais je n’ai pas emprunté avec mes livres cette voie de la « proximité maximale » pour les rejoindre. )
Francine Allard a été ma bonne marraine-fée pour ma première journée de Salon.
Mira Falardeau, auteure et historienne émérite de BD, avec son coauteur Robert Aird, lance Histoire de la caricature au Québec.
Éric Thériault lancait son album Veena aux 400 Coups, collection Rotor. (photo à venir)
Aussi croisés: Yannick Villedieu et Normand Baillargeon, auteurs de Heureux sans Dieu. Normand Baillargeon a publié récemment chez Lux le Petit cours d’autodéfense intellectuelle, que je recommande chaudement!
À sa table de dédicace, voici Frédéric Durand, qui a l’air d’un poète tourmenté. Fans des beaux vampires pâles et cutes, précipitez-vous!
Et, écho du passé, Francois Lévesque vient de gagner, avec Matshi l’esprit du lac, chez Médiaspaul, le prix Cécile-Gagnon pour un premier roman jeunesse! Ca me rappelle de bons souvenirs… Bravo à François, qui dessine lui aussi sur ses signets en attendant sa juste part du public!
Publié dans Événement
Tagué Livre, Montréal, Prix littéraire, roman jeunesse, Science-fiction
En attendant l’annonce des résultats pour les prix du Gouverneur Général, voici des belles images de framboises bien mûres… prise de mon jardin en novembre!
Ces framboisiers sont très résistants au froid; ils produisent leurs fruits entre août et… décembre!
Publié dans Curiosités
Nappe de brume matinale de Pénétang… Ça a valu la peine d’arrêter sur le bord de la route!
Murale sur des silos au port de Pénétanguishene.
Je reviens d’une tournée à Pénétang et Barrie, ayant visité deux écoles de la commission scolaire publique francophone.
Ce fut un défi stimulant de présenter mon univers de science-fiction à des élèves aussi jeunes que la première année, jusqu’aux préadolescents de la 8e!
Et les élèves de St-Joseph de Pénétang ont apprécié la présentation sur la crème glacée littéraire. Ils me l’ont bien rendu. Un élève de 8e a particulièrement bien reproduit la couverture de La quête de Chaaas!
Plonger dans un lac de brume!
Merci encore au Conseil scolaire pour son accueil et à Brigitte pour l’organisation de mon séjour!
Publié dans Événement
Tagué Michèle Laframboise, Ontario, Pénétanguishene, Science-fiction, Tournée
Le bord rocheux de la rivière Saskatchewan.
Pour la tournée Lire à tous vents, j’ai eu la joie de découvrir la Saskatchewan, particulièrement Saskatoon et Prince-Albert. J’ai peu de photos de Prince-Albert sous la neige, mais j’y ai reçu un acceuil chaleureux de la part du personnel enseignant et des élèves.
La rivière Saskatchewan divise en deux la ville de Saskatoon, fondée en 1882.
Réflexion de la rivière en automne
Saskatoon vient du nom des baies rouges qui y poussaient. Sept ponts ont été construits pour la traverser. On en voit un au loin sur la photo. Lors de mon arrivée, j’ai eu la chance de visiter le musée Mendel qui comporte un beau mini-jardin botanique, et une galerie d’art (photos).
J’ai été impressionnée par les peintures de James Henderson réalisées entre 1914 et 1930.
Henderson a peint les Indiens de la région, et a été surnommé Celui qui peint les vieux hommes (Wicite Owapi Wicasa: the man who paints the old men).
Portraits de chefs, d’anciens et de paysages de la galerie. Ces visages sont empreints de dignité.
Et, comme pour une rare fois j’avais tout mon temps, j’ai dessiné quelques visages. Le musée offre des petits sièges pliants pour les artistes ou étudiants. Voici un de mes efforts.

(Devinez lequel sur la murale du musée montrée au lien précédent…)
J’ai visité 6 écoles dans trois conseils scolaires différents. Quelques photos des visites en classe:
Un dessin en 30 secondes à l’école Henry Kelsey, Saskatoon

Technologie salvatrice ! Le tableau intelligent permet de garder les dessins et les explication en mémoire! (école Holy Cross, de Prince-Albert)
Séance impromptue de signatures à l’École Sister O’Brien (Ann Gordon O’Brien, une femme qui se dévoua longtemps pour la cause des familles et pour l’éducation en Saskatchewan. )
Les responsables de la tournée nous ont montré de très beaux édifices, comme l’hotel Bessborough. 
En plus du musée Mendel, j’ai découvert de bons restaurants, et je n’ai jamais si bien mangé dans une tournée! J’ai goûté de nouveaux plats. Les liens donnent sur des recettes approximatives.
La salade de poires et de fromage bleu, aspergée de vinaigrette aux baies de Saskatoon est délicieuse, bien équilibrée. Aussi: à mon hôtel Sheraton (plus modeste, mais en face du « Bess »), le restaurant servait une lasagne au Ricotta et à la courge « Buttercup ». Le dessert, une tarte aux baies de Saskatoon (un gout entre les fraises et les cerises de terre).
Les restaurants valent le coup d’oeil, tel ce jardin intérieur aménagé dans un hôtel. 
Publié dans Événement
Tagué Animations jeunesse, arts, écoles francophones, Lire à Tous Vents, littérature, photos, roman jeunesse, Saskatchewan, Saskatoon, Science-fiction