Les joies de l’hiver, quand on veut se garder en forme… Je cours 2-3 fois par semaine et en saison froide c’est un défi!
Au moins, mes voisins de rue musulmans trouvent que je suis bien couverte avec ma cagoule ninja…
Les joies de l’hiver, quand on veut se garder en forme… Je cours 2-3 fois par semaine et en saison froide c’est un défi!
Au moins, mes voisins de rue musulmans trouvent que je suis bien couverte avec ma cagoule ninja…
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Tagué bande dessinée, BD autobiographique, caricature, Humour, jogging, ninja, sport, Webcomic
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En attendant ma prochaine BD, voici un dessin silencieux d’une rencontre sous-marine, réalisé au crayon de couleur. Dessiner un monstre aquatique a été un défi. Le plaisir a été d’orienter les rayons de lumières qui tombent sur les masses. Le rendu est pâle, mais j’ai augmenté l’intensité de la couleur après le scan du dessin.
Publié dans Art, BD, Comics, Science-fiction
Tagué arts, Croquis, dessin, Science-fiction
Bon ben… pas de pose de Pin-up pour moi non plus!
C’est une de ces journées où
1) le corps se venge de ne pas le sortir plus souvent
2) j’avais rien produit de bon.
J’ai pris une page de mon carnet d’esquisse et me suis dit, enwouèye, dessine quelque chose! Une minute ou deux, n’importe quoi, avant d’aller me coucher.
Ça a pris plus de temps le colorier et le scanner que de le dessiner.
Quand j’écris un roman de science-fiction, la recherche est une partie essentielle de mon travail.
Trop perfectionniste, j’ai tendance à m’y noyer!
Or, si le roman fini est encombré de longs paragraphes d’exposition, ces blocs lourds ralentissent le rythme de l’histoire — et l’intérêt du lecteur.
Beaucoup des gens qui me disent «Vous savez, je n’aime pas la science-fiction» ont plus peur de se perdre dans un dédale d’explications indigestes que de suivre des personnages attachants déchirés par des conflits intérieurs. Signalons que d’autres saveurs de la crème glacée littéraire, le roman policier ou historique, par exemple, exigent de la recherche (ou des contacts bien placés.)
Même pour la construction d’un univers de fantasy, une bonne dose de réflexion s’impose dans la gestion du surnaturel.
Aussi magique que soit ce royaume imaginaire, l’histoire doit rester ancrée dans la réalité. Combien de romans de fantasy, par exemple, démontrent un manque total de connaissances sur la biologie et les soins des chevaux? Valérie Bédard, amateure de fantasy, élève aussi des chevaux. Et elle est souvent consternée par ce que des auteurs font subir à ces pauvres bêtes…
Je me souviens avoir lu une histoire où les montures des héros galopent à bride abattue toute une journée jusque tard dans la nuit (12-15 heures), puis les malheureux canassons reprennent le même rythme dès le lendemain!
C’est comme vous demander de courir la distance de marathon (42 km) à votre meilleure vitesse (en 4-5 heures, pas en 12 heures) puis de vous faire recommencer dès le lendemain, sans que votre organisme ait eu le temps de récupérer de l’effort. J’ai couru des demi-marathons, et je sais qu’on a besoin de deux-trois jours pour récupérer! (Mercedes Lackey avait habilement contourné le problème des chevaux fatigués en créant une race de super-chevaux intelligents dans sa série des Hérald-Mage. )
Certains auteurs de SF ou de fantastique, trop fiers de leur patient labeur, parsèment leur roman de lourds blocs d’exposition sur lesquels trébuche leur lecteur! «J’ai souffert pour mon art, maintenant, c’est à votre tour! » D’heureuses interventions de mon directeur littéraire m’ont évité de commettre la même erreur.
Pour résumer, la recherche est comme un iceberg.
La partie émergée est le roman que vous lisez. Mais, quel que soit le nombre de pages, le plus grand volume du travail accompli se trouve sous la surface.
Trop de recherche ? Attention aux pointes qui affleurent à la surface et nuisent à l’approche du lecteur ! Celui-ci pourrait renoncer à mettre pied sur votre iceberg, ce qui serait bien dommage. (En ces temps de réchauffement climatique, imaginez un atoll charmant plein de palmiers, entouré de dangereux récifs de coraux!)
Pas assez de recherche pour soutenir votre iceberg? Votre histoire s’écroule sous les contradictions, les impossibilités, les erreurs logiques et les personnages minces comme du papier. Combien des sociétés féodales assemblées à la hâte ne tiendraient pas une semaine en économie normale !
«Faire ses devoirs» pour construire un monde imaginaire exige du temps mais comporte ses récompenses. Quand l’univers amoureusement construit repose sur de solides fondations, le résultat permet d’autres auteurs d’y participer! Deux exemples: La série Ténébreuse de Marion Zimmer Bradley, et de la série Honor Harrington de David Weber ont donné naissance à de nombreux enfants de papier.
La partie immergée d’un iceberg se situe autour de 90%. Pour un roman, cette partie cachée varie selon l’âge ou le niveau d’éducation scientifique des lecteurs.
Pour une histoire relativement simple qui vise des enfants, on peut diminuer la recherche, mais jamais l’éliminer! Ça fera un iceberg plus petit. Tandis que pour un pavé de science-fiction dite dure (La trilogie martienne de Kim S. Robinson) l’iceberg sera immense !
Parlant de littérature jeunesse, Hal Clement avait laissé beaucoup de ses recherches au-dessus de la ligne de flottaison… c’étaient les bon vieux jours de la science-fiction écrite, sans trop de concurrence des autres médias! J’ai quand même trouvé Needle, un roman destiné aux jeunes adultes avant que le terme adolescent n’existe, captivant.
Je vous ai dit que j’aimais la recherche ? Dans La spirale de Lar Jubal, qui vise les jeunes adultes, j’ai fini par mettre de côté… 99% de mes minutieuses recherches et calculs de physique appliquée concernant la station spatiale. Éventuellement, si jamais je publie une version adulte de ce roman de SF, je n’aurais pas à plonger trop loin !
Pour mon jeune public, j’ai coupé dans les « blocs » d’exposition et j’ai mis plus l’emphase sur les conflits entre les personnages et les scènes d’action, sans négliger les aspects visuels. Sur le plan psychologique, la course à la performance et l’épuisement au travail pour un projet qui n’en finit plus retiendra les lecteurs plus matures.
Néanmoins, j’ai quand même ajouté un schéma en début de roman.
Ça aide les jeunes adultes plus « visuels » à se faire une image mentale de l’endroit où se déroule l’histoire.
Dans mon nouveau roman de SF, qui vise le groupe de « Oh, je n’aime pas la science-fiction« , il y a très peu de chiffres, mais davantage de descriptions des paysages, des conflits de loyautés, et des actions.
La planète et les aspects scientifiques se découvrent à travers leur impact sur la vie des personnages. Et je dois ménager, bien sûr, le sens de l’émerveillement (SOW en anglais) comme le suggère cette couverture du roman Les vents de Tammerlan.
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Tagué Écriture, Conseil d'écriture, Construction d'univers, Humour, littérature, paragraphes, Recherche, Roman, roman jeunesse, Science-fiction
Bientôt sur vos écrans… euh, pages.

Mon prochain roman, Mica, fille de Transyl, sortira au Canada en février prochain!
Hé oui, c’est un roman officiellement jeune adulte, officieusement vos âges à vous, publié chez Vents d’Ouest (Gatineau). Non seulement ce livre a une fantastique couverture dessinée par Laurine Spehner, mais en plus, il a l’honneur d’ouvrir la nouvelle collection « Nébuleuses » chez Vents d’Ouest. C’est bel et bien de la SF, mais dans un registre différent de mes séries précédentes (Les voyages du Jules-Verne et La quête de Chaaas).
Il sera lancé au prochain Salon de l’Outaouais, et j’en dédicacerai sans doute au prochain Congrès Boréal à Québec.
Parlant de La quête de Chaaas, le cinquième tome (titre de travail: Le labyrinthe de Koudriss) est en fin de rédaction… et complétera le cycle entrepris chez Médiaspaul.

En plus de fournir des BD pour le prochains Nexuz3, je mitonne un autre roman, que j’espère terminer bientôt pour un troisième éditeur… mais motus!
Maintenant, j’ai une nouvelle fantastique, Le tapis d’Halimi, qui est au sommaire du prochain numéro de Brins d’éternité. Ca faisait justement une éternité que j’avais publié Petite musique de nuit dans le numéro 5. La revue a depuis acquis une allure soignée et professionnelle.
Pour finir cette prospective, quelque chose de très, très bien sera annoncé ce printemps, dans le domaine de la science-fiction… et re-motus!
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Du Salon de Montréal, voici (enfin!) mes photos de belles rencontres!
Ambiance du Salon.
Éric Péladeau, bédéiste de l’Outaouais
Le même, fidèle au poste, au kiosque du RECF!
Francine Grimaldi et son sourire ont fait une escale à ma table!
Pierre Lavigne (courageux éditeur), Jonathan Reynolds (centre), Mathieu Fortin (à droite) et une fan fantastique non identifiée!
Correction: La fan fantastique est Valérie Larouche, une future auteure chez Porte-Bonheur!
Midam signant l’album pour mon fils
Détail
Midam et la savante folle qui est aussi devenue une fan de Kid Paddle!
Yves Rodier derrière le masque de El Spectro!
Yves Rodier sans le masque. Derrière lui, son scénariste, Frédéric Antoine.
Zviane signant son album Apnée
Benoit Godbout et l’ACP. Il est aussi co-créateur de Blaise le Blasé, une série humoristique qui me fait toujours rire!
Lysette Brochu, accueillante comme une oasis.
Jean-Louis Grosmaire, la patience du jardinier des mots!
Marguerite Andersen, haute en couleurs!
La savante folle avec Norbert Spehner! On doit beaucoup à Norbert, fondateur de Requiem (l’ancêtre de la revue Solaris) et compilateur-auteur extraordinaire!
Joel Champetier, courageux directeur de la revue de science-fiction Solaris.
Enfin rencontrée: Claudine Trottier, l’art de se simplifier la vie! Voir son blog dans ma liste ci-contre.
Julie Martel, Francine Pelletier

Oubliez les vampires cutes de Twilight! Voici un trio maléfique d’auteurs fantastiques de la pleine lune : Dominic Bellavance, Michel J Lévesque, Jonathan Reynolds.
Je suis jalooooOOOOooooOOOouse!
Yvan Ducharme et Éric Gauthier. Éric a créé L’Échafaudage, un système d’organisation pour aider l’auteure brouillonne que je suis. Je le recommande chaudement.
Auteurs ALIBIS: Sébastien Aubry, Geneviève Blouin et un peu dans l’ombre, Richard Tremblay, mon ami Goodreads, qui publie son premier texte professionnel!
Le crâne scintillant d’Yves Meynard, Josée Lepire (gagnante du prix Solaris 2011) et l’envoûtante Ariane Gélinas, co-éditrice de Brins d’Éternité.
Yves Meynard, un auteur qui m’a poussée à me dépasser! (et je suis encore loin de l’accoter côté écriture!)
Soeur Marie-Paul Ross, qui n’a pas peur de parler de sujets tabous!
Eh, Michel, tu me passe ta file de fans féroces?
Jocelyn Jalette, un auteur qui fait oeuvre d’éducation sociale du jeune public.
Enfin, la savante folle à sa table… prête à recevoir ses fans fantastiques!
Si je n’ai pas le temps de retourner sur ce blog pour mettre les photos du Salon de Toronto, Joyeuses Fêtes à vous tous!
Publié dans Écriture, Événement, BD
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Avant de filer au Salon du livre de Toronto, voici une page qui m’a donné bien du fil à retordre! Lisez la suite de cette Bd dans le prochain Destination Nexuz3!
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Voici la page 15 de mon projet en cours, crayonnée sur une planche de format Comics.
Je teste mon nouveau scanner Brother MFC -J6510 à jet d’encre. Quel plaisir de pouvoir scanner mon format de travail, le A3 (11×17 po)! Avec notre ancienne Scanjet qui scannait en format légal, je scannais en sections séparées, et devais reconstituer les pages, un travail long qui me décourageait parfois. Et je surveillais les magasins, pataugeant dans une mer de scanners en format A4.
Les couleurs qu’on voit sont un peu accentuées, car, dans la vraie vie, ces crayonnés très pâles vont disparaître sous le trait d’encre, snif! J’affectione les p’tits crayons bleus et verts.*
J’ai scanné à 200 dpi car ca prend bien de la mémoire! Néanmoins, ça me laisse un souvenir de ces brouillons. Tous les artistes savent que parfois, un trait d’encre malheureux peut déformer le dessin. Ou, dans mon cas, un coup de stylo accidentel lors d’un événement public… Heureusement, l’informatique vient à notre secours!
Ci-bas, le premier brouillon, dessiné dans GIMP avec ma tablette graphique Intuos 4. Avec les répliques ajoutées dans une couche distincte. On peut noter que j’ai fait des modifications dans les deux cases du centre, qui sont devenues deux cases allongées, suggérant le passage du temps.
Ici on notera que des répliques ont été modifiées aussi. Le perfectionnisme me guette, mais c’est aussi l’instinct. Je voulais mettre les arrières- plans en vedettte. Le décor intérieur de la maison des parents de l’héroïne était bien loin dans mes préoccupations car, si j’avais dessiné la maison en page 5, je n’avais pas encore dessiné le plan de plancher!
La maison en question (page 5):
Ce qui fut fait entre le premier et le deuxième brouillon.
Ce serait une question intéressante à discuter, de savoir à quel point le matériel disponible nous influence dans la création. Comme l’illustre la BD autobiographique en fin d’article…
Je me souviens des mauvais stylos billes baveux et des feuilles blanches que j’ai employés pour faire ma première BD en 1975. Voyant ce désastre constellé de pâtés d’encre coagulée, Jacques Hurtubise m’avait suggéré de travailler à l’encre de Chine sur des feuilles plus grandes.**
Conseil que j’ai scrupuleusement suivi par la suite, menant à des expérimentations plus ou moins malheureuses avec une série de plumes techniques et de petits pots d’encre… Je suis depuis quelques années, accro aux porte-mines.
* J’utilise les mines 0.7 mm car je casse trop facilement les mines « non photo blue » de 0.5 mm. Attention, les mines decouleur sont fragiles! Cependant, les porte-mines vendus avec les mines de couleur sont mal concus et les mines cassaient à l’intérieur. J’ai donc utilisé un Steadler 0.7mm, qui ne casse pas les mines.
** J’ai rencontré l’auteur du Sombre vilain lors d’un festival de BD de l’université de Montréal
Lettre adressée aux députés conservateurs
Bonjour,
Vous êtes des pères et des mères de famille.
Vous faites buriner vos objets de valeur et aimez pouvoir retracer vos bijoux volés. Vous admettez l’importance des cours de conduite automobile et du contrôle de l’alcool au volant. Quand vous renouvelez vos immatriculations de véhicule, vous ne vous sentez pas considéré comme un criminel.
Quand votre médecin personnel vous avertit que vous consommez trop de gras, vous l’écoutez. Vous ne remettez pas sa science en question (1) parce que vous préférez consommer un sac de chips. Quand un jouet dangereux menace la santé des enfants, vous intervenez.
Sauf si ce jouet est une arme à feu : de la simple carabine au fusil semi-automatique de sniper, subitement, vous restez les bras croisés.
Contre les faits établis et vérifiés, contre les criminalistes et les policiers, vous évoquez un «désir de liberté », ou un « sentiment d’être traité comme un criminel ». Bref, tout comme pour le formulaire long du recensement et les peines de prison durcies, à la science, à la raison et aux faits, vous opposez un « feeling ».
Ce « feeling » a été construit de toutes pièces par la propagande des vendeurs d’armes. Aidés par des associations américaines, ils souhaitent protéger les milliards de dollars de la vente annuelle d’armes, d’étuis et de munitions au Canada. Ils font appel aux mêmes ressorts usés, de liberté mêlée de paranoïa et de haine de l’autre, en flattant l’orgueil du vigilante qui dort en nous. (2)
Si au moins votre gouvernement proposait une alternative… mais non. Rien. Aucune limite à l’acquisition d’armes par un individu. Comme une tablette de chocolat. Pas même le burinage obligatoire des armes. Ou un GPS intégré sur les armes. À croire que vous attendez un super-héros.
Je n’ai pas espoir de vous faire changer d’idée, ou vous empêcher de commettre cet autodafé. Il est clair que vous avez vu la Lumière et que la seule raison ne vous fera pas, au minimum, conserver sur le registre les armes d’assaut semi-automatiques, telles que celle utilisée pour le massacre à mon école en décembre 1989 et plusieurs autres actes similaires de vengeance, exercée par un « law-abiding citizen » frustré ou déprimé ou confus…
Dans sa vision religieuse du Bien contre le Mal, votre gouvernement va faciliter la vie aux criminels qui pourront ainsi voler les armes aux proprios légitimes, ou acheter des armes et munitions pour en faire un trafic, impossible à retracer. (Oupse! Scusez, on m’a volé mon arme! ) De plus, il va forcer (je dis bien: forcer) des gens autrement très gentils à s’armer pour se défendre… et à tirer avant de poser des questions.
Conjuguées avec vos peines de prisons durcies et vos coupures de soutien social, l’effacement du registre va faire éclore une « petite » criminalité, celle contre laquelle vous sortirez vos gros canons de lutte au crime.
« Petite » criminalité, car elle sera le fait de pauvres types découragés et de jeunes filles privées d’avenir. Leurs accès de violence ou d’autodestruction fera la joie des amateurs de faits divers, faisant rouler notre coûteux système de justice et tous ceux qu’il enrichit. Des armes facile à acheter partout, des prisons bien remplies, des hôpitaux très occupés avec les victimes des traumatismes compléteront cette florissante économie.
Et la grande criminalité, la cupidité organisée profondément incrustée dans nos institutions et la finance? Votre silence est éloquent.
Vous avez donc bouclé la boucle, effacé d’un trait de plume des centaines d’heures de bénévolat que des milliers de citoyens, tout aussi respectueux de loi et d’ordre que vous, ont fait depuis le 6 décembre 1989 (mon 11 septembre à moi), pour tenter de limiter les dégâts.
Mais peut-être que vous recherchez sans vous l’avouer une certaine frénésie, le bruit et la fureur des armes, et le spectacle du crime né de la misère (3). Tant que les étincelles retombent loin de vous.
****
(1) Il serait utile de discuter de la limite de la science que vous acceptez dans votre vie quotidienne vs celle que votre idéologie rejette.
(2) Et en maintenant la confusion entre une « interdiction » de posséder des armes et un contrôle. Aucun chasseur de ma famille ne se sent mal en allant renouveler son immatriculation de voiture, ou enregistrer son arme.
(3) Le cauchemar décrit dans The Hunger Games parait terriblement proche.
Publié dans Événement, Science, Société
Tagué 6 décembre 1989, criminalité, lutte au crime, Parti conservateur, Registre des armes à feu
(une courte histoire du marché)
1
Mon père est le troc
ma mère la propriété privée
je suis leur enfant aveugle
ma main invisible
tisse la toile
où se débattent les forts
où s’engluent les faibles
je suis ma propre loi
au-dessus des lois
celle de la jungle
où offre et demande
copulent en toute liberté
Je suis le marché
dans mes veines
circulent l’or l’argent
la myrrhe et l’encens
rivière de désirs en Bourse
dévalant la pente du plus offrant
je couronne des rois éphémères
qui crashent le lendemain
TSX 300
Standard&Poor’s 500
New-York Toronto
Amsterdam Tokyo Londres
J’aime la panique
qui secoue les planchers
quand les moutons de Panurge
galopent vers leur liberté 55
vendent tous en même temps
et se jettent du haut de la falaise
mardi noir de 1929
effondrement de la bulle technique
mercredi des Cendres
Je suis l’entonnoir
de la frénésie boursière
le trou noir de la compétition
le gouffre des bonnes intentions
la glaise des fusions d’entreprises
toujours plus grosses
mariage d’actifs
béni par le Ministre
ferment de richesses
toujours plus concentrées
le capitalisme est mort
vive le monopolisme!
2
Je me souviens
des aventuriers
flottes marchandes lancées
sur les océans du globe
forêts tropicales brûlées
forêts nordiques rasées
fières tribus décimées
traite des fourrures
commerce de diamants
trafic d’esclaves
colonies africaines exsangues
bues jusqu’à la dernière goutte
Je suis le marché
de l’or noir
derricks vampires buvant
le sang épais de la Terre
répandu dans les océans
par les mastodontes flottants
cent Exxon Valdez trébuchant
sur les récifs du nord brisé
cent mille goélands maculés
titubant sur les plages souillées
toujours affamé
je mordrai à bonne dents
dans la chair juteuse de la planète
jusqu’à son noyau liquide
de fer-nickel
que j’aspirerai
avec une longue paille
3
Je suis la ronde joyeuse
des soldes à ne pas manquer
Halloween Noël Boxing Day Pâques
fêtes des mères des pères
des secrétaires alouette
départ de vacances
retour à l’école
entrepôts géants aux soldes calculés
pour écraser les petits commerces
regarde la guerre des prix
mon épicier est devenu
caissier au Mega Mart
Je suis le bidouilleur
des hypothèques branlantes
des taux accordéons
des monnaies volatiles
des maisons perdues
des faillites ordonnées
des familles enchaînées
à leurs cartes de crédit
c’est comme le Titanic
les riches en canot de sauvetage
les pauvres noyés
dans leurs dettes
Je suis le fournisseur
des prisons privées
pleines des corps tombés
entre les mailles du filet
jeté sans conviction
par les gouvernants
castrés endettés en diète
leur déficit ceinturé
par les promoteurs
réfugiés dans leurs quartiers murés
avec garde prétorienne à la clef
Je suis la call-girl
assouvissant les désirs
de la cupidité organisée
trônant au sommet de la pyramide
sans voir sous leur pieds
les enfants des ruelles
vendeurs de drogues
et trotteuses de minuit
fuyant les escadrons de la mort
je parle par la bouche
de vos fusils
Je suis le marché
import-export
du made in China
des self-made men
qui ne sentent pas
les odeurs décrépites
des usines abandonnées
délocalisées déménagées
près des taudis où s’empilent
travailleurs et rats
je suis le Free Trade
bâti sur l’esclavage
et les servitudes héritées
des coupeurs de cannes
celui des zones franches
maquiladoras
mangeuses d’ouvrières
usées jusqu’à la corde
par les journées de quinze heures
leurs poches vides
leur estomac creux
et consommées elles aussi
comme les huit cents roses
écrasées à Ciudad Juarez
je suis le marché
des guerres civiles
en mon nom tombent
les démocraties
vous êtes libérés
proclame le Titan
en installant un tyran
sur le trône criant
sentez-vous bien libres
d’acheter mes biens
au prix que je vous dicte
sinon
(points de suspension)
Je suis la course
au champignon nucléaire
pour faire peur au voisin
lui voler sa place
sur l’échiquier
aux armes citoyens
je suis la course aux munitions
pour mieux trucider son prochain
Je suis la course à l’espace
vite vite trouvons un autre monde
à vider de ses ressources
4
Je suis le marché
de la bonne conscience
de la charité bien ordonnée
qui commence par soi-même
fondations à gogo
dames patronnesses
rois du pétrole anoblis
nababs au bras de starlettes
brillant de tous leurs feux
dans les bals de bienfaisance
écoutez ces évadés fiscaux
chanter la main sur le cœur
we are the world
we are the people
leur main droite distribue
au compte-goutte
la manne aux indigents
leur main gauche
dissout leurs économies
spécule sur leurs rentes
cache leur magot au Bahamas
détruit leurs syndicats
car il faut toujours se garder
une provision de pauvres
à qui faire la charité
Je suis le marché
des preachers
qui vendent l’éternité à rabais
sous une tente rayée
blanche et rouge
qui condamnent les péchés de chair
qui pardonnent les péchés véniels
moyennant espèces sonnantes
celui des born-again Christians
qui ont oublié le Christ
mais pas le cash
praise the Lord !
vous irez tous au paradis fiscal
Je suis le marché des médias
dont le regard de Big Brother
vous fascine
les feuilles à scandale
qui attisent la haine
envers
ces pelés
ces galeux
ces pouilleux dépouillés
qui tendent la main
mais que fait la police
barrez vos portes
et surtout n’oubliez pas
de donner généreusement
aux dames patronnesses
Je suis le Léviathan
de l’agrobusiness
qui brevette la nature
clone et copie
au nom de la liberté
imposant ses semences
génétiquement merveilleuses
aux familles besogneuses
arrosées de pesticides
5
je suis le marché aveugle
et pourtant j’entends
gémissements de l’ouvrière
sous les coups du contremaître
pleurs étouffés de la fillette
aux doigts saignants
cris des marcheurs
qui défient les gaz
ricanement sec des mitraillettes
dernier soupir
du syndicaliste assassiné
en mon nom encore
tout comme ont disparu
Chico Mendes
Iqbal Masih
Digna Ochoa y Plácido
et tant d’autres
je suis le marché
des volontés qui s’affrontent
de dispute en dispute
ma main devient plus visible
voyez la laine tondue sur votre dos
qu’on vous revend au prix fort
voyez les haillons des ouvrières
des enfants-soldats des parias
voyez sur la grande Toile
ces fils d’araignée qui lient
les humbles tisserandes
à vos robes griffées
je suis le reflet de vos désirs
la somme infinie
de vos gestes
de vos courages
des vos marches
de vos Porto Alegre
de vos imaginations débarrées
pour construire à neuf
des milliards de voix
murmurent tout bas
otro mundo es posible
6
je suis le marché
aux yeux grand ouverts
et je vois
brillant à l’horizon
un étrange New Deal
achat partage
de bon voisinage
pays solidaires
prospérité équitable
maisons vertes
fleurissant partout
abus domptés
nature guérie
la Terre apaisée
la peur vaincue
l’indifférence en fuite
la dignité revenue
étrange
je ne savais pas
que j’avais une âme
et huit milliards de corps
7
Nous sommes le marché
humanité présente et future
force créatrice de l’univers
espace de libertés multiples
lieu d’échanges
odeurs mêlées
épices et fruits
tissus chatoyants
tournoyant aux quatre vents
feux sans artifices
les enfants du village global
courent sautent rient et chantent
sous l’œil joyeux des parents
discussions passionnées
toutes langues confondues
*
Nous sommes le marché
et désormais
nous marchons
ensemble
*
Une version de ce poème a été récitée en public à la Nouvelle-Scène d’Ottawa le 30 septembre 2010, lors du lancement du recueil Haiti je t’aime. la présente version à été remaniée pour l’événement spécial « Occupons Wall Street«
Pour les curieux, voici la version anglaise ici.
Publié dans Événement, Société
Tagué littérature, Marché, Occupons Wall Street, Poésie, Toronto
J’ai passé la journée de samedi au Mississauga Bookfest, où on fêtait le 20 anniversaire de la bibliothèque centrale.
J’y ai rencontré:
1) un robot de la sympathique équipe Theory 6 fabriqué par des étudiants de la Rick Hansen Secondary School (quelle aubaine pour une auteure de SF!)
À noter que c’est la machine roulante le robot, pas la mascotte à droite!! Ces étudiants passionnés donnent aussi des ateliers de robotique pour les jeunes les samedis.
Défilé du robot, on peut voir le gars qui surveille le mouvement à partir de son Apple…
2) notre mairesse Hazel (90 ans) qui a fait son tour
On voit l’hôtel de ville de Mississauga derrière. Ici, une photo plus rapprochée de « Hurricane Hazel ».
3) et plein d’auteurs locaux sympathiques: écrivains, historiens, poètes… On devait être installés dehors, mais il ventait à détrousser des boeufs, ça fait qu’on a monté les tables à l’intérieur.
Les librairies locales comme Image Collections qui avaient aussi leurs tables de vente. On voit Todd (cheveux longs) et son père qui placent la table. Plus loin, on a un créateur de Celtic Shaman.
Je devrais dire, table de démo, car je n’ai pas vendu un seul album, sauf mes mini-comics à 25 cennes et plus. Le public, à cause du mauvais temps, n’était pas nombreux, car les autres auteurs n’ont pas beaucoup mieux fait.
Par contre, étant la seule francophone du lot, j’ai eu une chouette entrevue avec un journaliste du Métropolitain qui passait par là!
Puis, le soir… retour au Image collections, où le défi 24-24 était déjà commencé depuis midi!
Vers 18h, je m’installe donc « pour une petite heure » près d’eux, en me disant que mon mari pourrait venir me chercher si je tombe de fatigue.
Puis, l’inspiration aidant, j’ai trouvé une histoire qui correspond au thème « Species Change » et qui se passe dans l’univers de Chaaas. À dix heures, j’ai dit à mon mari: je passe la nuit! Et là, ça a roulé avec mes fidèles crayons bleus!
Les dessinateurs à sept heures du matin.Tiffany s’est donné à fond, notez les superbes pages couleurs qu’elle a produites!
Bien sûr, cette fois, je n’ai pas tenté de finir complètement une BD encrée et tout, comme l’an passé. Surout que pour moi, c’était plutôt un 24-18, pour dix-huit heures! Voici une page réalisée au crayon bleu. On peut voir un découpage grossier en-dessous.
J’ai scénarisé mon histoire, puis réalisé un crayonné assez poussé sur 22 pages, qui sera facile à encrer le temps venu. Todd a pris une photo des pages produites par chaque participant à la fin.
Les auteurs triomphants: Savante folle, Paul et Carolyn (Tiff a du partir plus tôt car elle travaillait ce matin!!!) Paul est un pur amateur qui n’avait jamais fait de BD de sa vie. Carolyn est une artiste visuelle accomplie qui non plus n’avait pas fait de BD.
Tiff est une jeune fille bourrée de talents, et on peut voir une part de son oeuvre dans mon compte rendu du 24-24 de l’an dernier. Pour voir le 24-24 de 2009, tenu au même endroit, et rigoler un bon coup, c’est ici!
On peut aussi y voir Todd, qui organise le défi. Il nous a encore fait jouer des musiques et des extraits bizarroides de TV pour nous tenir éveillés!
Publié dans Art, Événement, BD, Comics
Tagué 24-24, BD, Comics, défi 24 pages en 24 heures, Image Collections Comic Shop, littérature, Manga, Mississauga, Science-fiction
…Ma série SF Les voyages du Jules-Verne, adaptée en version BD sur Webcomic Nation!
Voici l’en-tête, produite avec deux illustrations tirées de mes archives. Le décor provient de mon mini album Ruego, et l’autre est un essai couleur du personnage d’Armelle Clécy, l’anti-héroïne et narratrice de cette histoire.
Ce qui m’aide beaucoup, c’est ma tablette Intuos 4 que j’ai enfin configurée comme un crayon à mine. Et en plus, elle me permet de tracer de belle lignes droites, hourra pour la perspective!
Mon confrère Pascal Colpron (voir son Webcomic sur mes liens à droite) travaille depuis des années avec une tablette et ses dessins ont gardé un trait naturel. Cependant, mes premiers essais ont été plutôt mal contrôlés.
Pour changer, voici le brouillon, qui n’a pas pris trop de temps. Il faut dire que j’ai scénarisé la première partie de la saga.