Archives de Catégorie: Humour

Une pomme pour Halloween

Michele et Pascale au laboratoire avec une grosse pomme
Un bon souvenir tiré de mon album Technologie Salvatrice!

Les BD figurent parmi les bons souvenirs de mes études à l’École Polytechnique. Ce gag avec la pomme est un de mes favoris. Pomme reprise pour la couverture de Technologie Salvatrice 2 (1996, Zone Convective). Ce n’est presque plus de la SF tant les biotechnologies évoluent vite! Qui aurait cru en 1996 qu’on serait capable d’imprimer de la nourriture avec des imprimantes 3D?

Je portais ce sarreau pendant l’Halloween, au grand plaisir des enfants. Mais la Savante folle (Moua-hahahaha!) distribuait plus de chocolat que de fruits!

Allez voter!

J’ai voté en avance. Pourquoi? Lire la raison plus bas.

Le fan qui brigue vos suffrages...
Ce gag des tables de dédicace date un peu mais reste d’une cruciale actualité!

J’ai répondu récemment à un éditorialiste du Devoir, Jean-François Lisée (dont j’apprécie normalement l’esprit vif) qui conspuait cette fois les gens qui ont voté en avance! Sous cette image d’un vote, le vôtre j’espère, voici mon coup de tête.

(Photo de Element5 Digital sur Pexels.com)

Rester dans son cocon, c’est prendre position

On ne peut plus rester « neutre » dans son cocon face aux luttes pour conserver une planète habitable, une société où il fait bon vivre pour tout le monde.

Se proclamer « au-dessus de la mêlée », c’est prendre le parti de rester mêlé-e dans sa tête et ses actions.

C’est aussi, accessoirement, accepter la main-mise des spéculateurs et des oligarques sur notre démocratie. J’ai lu et écrit suffisamment de dystopies comme autrice de SF pour avoir une bonne idée du prix à payer quand on se retire de la « mêlée ».

Donc, encore une fois, allez voter, même en conspuant notre système uninominal à un tour. La représentation proportionelle compensée offriraitune meilleure fidélité aux voeux de la population.

Plus que de glisser un bulletin dans une urne, choisissez un champ de préférences pour vous impliquer. Même un tout petit service, une présence à une assemblée, un mot gentil, planter des fleurs, modifier vos habitudes, réduire les médias sociaux toxiques, fera avancer la cause du bien commun.

Et un dernier gag pour la route?

Quand les politiciens sollicitent nos votes,
Un autre gag sur le vote qui date de 2011, du temps de Harper (d’où la dernière réplique).

Infos utiles

Pour trouver votre lieu de vote, voir le site d’Élections Canada

Pas encore certain ou certaine de vos affiliations? Consultez la boussole électorale de Radio-Canada.

Une aventure de l’intrépide Lady Byrd!

Image (c) Canva.com

Équipée de son guide Sibley, de son chapeau d’exploratrice et de ses fidèles jumelles, Amanda Byrd poursuit les volatiles les plus insaisissables, aidant parfois une âme en peine. Pour la première fois, l’intrépide observatrice doit amener sa turbulente petite-nièce en excursion, en ce jour si tranquille de SuperBowl… elle qui préfère de loin voir un Superb Owl!

Humour et humanisme pour les amateurs d’ornithologie!


Le jour du “Superb Owl”

Une aventure de l’intrépide Lady Byrd!

Notre guide pointa du doigt en silence une des foisonnantes branches d’épinette couvertes de neige. Je n’eus pas longtemps à chercher pour découvrir le résident, son plumage crème moucheté de caramel se confondant avec le décor, et sa face un grand cœur pale marqué par les deux billes sombres de ses yeux. Cet oiseau nocturne faisait de son mieux pour éviter la violente lumière du jour.

C’était rare de voir une chouette rayée de si près, par un après-midi de février : elle se perchait à une douzaine de pieds du chemin que notre groupe d’amateurs suivait. Sa taille, environ 22 pouces de la tête à l’empennage de sa queue, faisait que je pouvais me dispenser de mes Bushnell 8×42 pour le regarder. Il me semblait que je pourrais étendre le bras pour caresser le duvet sur sa tête ronde.

Non pas que je me permette un geste aussi impoli devant ma petite nièce! Mais la première petite-fille de ma sœur n’éprouvait pas la même retenue. Elle porta ses mitaines rouges en coupe devant sa bouche, ses yeux bruns brillant de malice.

— Hou, hooou! fit-elle.

Un œil sombre comme un abysse cligna sous une paupière crème. La chouette pivota sa tête comme une tour de tank pour investiguer la source du bruit.

La plupart des chouettes et hiboux avaient des iris colorés d’un vif orange ou doré autour de pupilles rondes. La chouette rayée avait des yeux d’obsidienne, du verre noir, les iris invisibles.

Cet oiseau nocturne ne bénéficiait pas d’yeux fendus comme ceux des chats pour minimiser la lumière entrante, aussi protégeait-il ses rétines sensibles en baissant les paupières.

Ses paupières duveteuse à demi-fermées lui donnaient un air de sagesse débonnaire ou d’ennui fatigué. Certains oiseaux comme le grand hibou montrent de superbes projections qui ressemblent à des oreilles pointues, mais ce ne sont en réalité que des plumes. Celles de la chouette barrée sont aplaties contre sa tête.

 Le mouvement de la chouette excita davantage la petite Mona.

— On dirait une boule de crème glacée au caramel avec des noix!

Je frissonnai.

On peut toujours compter sur les enfants pour parler de crème glacée en plein hiver, songeai-je.

Les couleurs de cet oiseau me rappelaient plutôt ce pull de laine trop grand qu’une de mes tantes adorées avait tricoté pour moi (elle avait oublié que les années d’adolescence étaient aussi des années de croissance.) Ce pull avait été blanc cassé avec des motifs brun clair, complètement à l’opposé des couleurs festives favorisées lors des années 1960. 

Je l’avais porté pour un temps, pour faire plaisir à ma tante, et comme camouflage pour observer les oiseaux. Éventuellement, les mites le découvrirent. Ma mère défit la laine et se tricota un foulards chaud avec.

Des décennies plus tard, je portais ce même foulard pour mes excursions d’hiver; ses teintes peu agressives faisaient moins peur aux oiseaux.

J’aspirai l’air frisquet à travers le foulard. Les basses températures m’empêchaient de sentir pleinement l’odeur des pins et la neige fraîchement tombée, mais la vieille laine était imprégnée de la patience de ma mère. Je portais aussi un sac à dos plus lourd avec une bouteille thermos et une collation.

Au moins, c’était une formidable activité d’aller compter les oiseaux un dimanche de « Superb Owl », comme nous l’appelions. L’habitude de sortir voir les oiseaux en ce dimanche particulier avait été lancée dans les années 1990 par une passionnée d’ornithologie et depuis, beaucoup d’amoureux des oiseaux avaient découvert à quel point ce dimanche était calme, tant dans les bois que les parcs urbains. Les foules de promeneurs se tarissaient en ce jour.

En ce moment, mon neveu, de même que la moitié de la population des États-Unis, se vautrait sur son divan en regardant des joueurs de football aussi colorés que des oiseaux qui se disputaient une incroyable somme d’argent. Même les commerciaux coûtaient jusqu’à plusieurs millions de dollars.

Ce qui veut dire que, le jour du SuperBowl, notre petit groupe d’amateurs avait à lui seul tout ce grand parc situé près d’Albany, NY, et ses multitudes d’oiseaux, incluant nos discrètes, superbes chouettes.

— Hou, hooou!

Du moins, si un de nous arrêtait d’effrayer les oiseaux avec son enthousiasme débordant.

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À la poursuite de l’Éclipse (2)

La suite des aventures de notre vaine écrivaine et de son patient mari! Au moment où nous avions laissé notre sympathique couple, des nuages venaient de cacher l’azur du ciel, et donc de menacer la vue d’un phénomène aussi céleste que rare.

Les nuages gris dans le ciel Photo de Chris F sur Pexels.com.

MICHÈLE, le nez en l’air, plisse les yeux comme pour faire fuir les nuages, mais peine perdue, le firmament reste indifférent à ses ondes mentales.
MICHÈLE (le nez en l’air) : Grogn! Tous ces nuages vont gâcher notre observation!

GILLES : On ne verra peut-être pas l’éclipse après tout…

MICHÈLE se sent un peu coupable d’avoir insisté pour que le bon mari prenne une journée de congé ce 8 avril. Enfin, notre écrivaine enthousiaste se secoue et décide de faire contre mauvaise fortune bon coeur. Il y a une raison pour laquelle elle a choisi le jardin botanique de Burlington (Royal Botanical Gardens).

MICHÈLE (tapotant l’épaule du bon mari): : Bon ben, faut voir le bon côté des choses: on a un superbe parc pour se promener et observer les oiseaux en attendant l’heure H. Et puis, même avec les nuages, on va bien s’en apercevoir quand il va faire noir!

Ainsi fut fait. Main dans la main, notre couple de scientifiques amateurs sillonnent les sentiers. Ce 8 avril, une flopée d’oiseaux célébraient le printemps avec leur ramage, tandis que les feuilles encore occupées à bourgeonner nous laissaient voir leur plumage. Plusieurs mésanges poussaient même l’audace à se poser sur les mains tendues des touristes (car bien des Ontariens avaient eu la même idée. )

Le parc compte des marais que l’on traverse à pied sec sur des passages surélevés, et un petit pont qui enjambe un bout de lac plein de cygnes.

Notre couple croise :

1- des naturalistes installés pour prendre des photos des animaux du parc, surtout les oiseaux pour évaluer les réactions.

2- Une famille hamish tout de noir vêtue en train de pique-niquer. On les croirait sortis du XIXe siècle, les femmes en robe longue et bonnet, les hommes en barbe et bretelles (mais équipés des lunettes d’éclipse, quand même, ah, la modernité!)

3- Deux bonhommes d’un certain âge en pick-up peinte F*ck Trudeau! qui se débarquaient un canot pour pêcher au milieu du lac.

4- Un monsieur et son épouse qui avaient chacun un super-canon (Cannon) pour prendre des photos de l’éclipse, ce qui fit regretter à GILLES de n’avoir que son téléphone. Le monsieur nos a laissé gentiment soupeser son appareil, incroyablement léger!

5- une dame plus âgée elle aussi équipée d’un bon appareil, qui photographiait des cygnes (les plus gros oiseaux flottant sur le lac, même les bernaches en ont peur!)

6- Des cygnes, des goélands, des bernaches, de pics, des mésanges, geai bleus, bruants… des oiseaux en veux-tu, en v’là! MICHÈLE se considère particulièrement gâté par ces chants d’oiseaux qui accompagnent leur marche.

Après avoir marché des kilomètres, et collationné sur un banc d’amoureux près des marais, MICHÈLE et GILLES reviennent sur leurs pas vers le petit pont où ils ont repéré des bancs bien orientés. MICHÈLE consulte sa montre.

MICHÈLE (levant le nez vers les nuages): ah maudine, l’éclipse est en cours pis on voit rien!

GILLES (observateur) étonnant car on ne voit pas de diminution de lumière ambiante.

Arrivés au petit pont, la famille amish est encore là, les cygnes aussi. Un cygne trompette, c’est gros en titi, même les bernaches ont l’air de moineau rachitiques à côté! Sur leur plumage d’un jaune moutarde douteux, on distingue des plaques orange vif avec des numéro de bingo B-23. C’est que le parc a aménagé des lacunes pour protéger l’espèce. D’autres oiseaux en profitent aussi, telle une sterne arctique, un oiseaux que je n’avais jamais observé auparavant, en pleine migration.

GILLES et MICHÈLE re-croisent le couple de retraités super-bien équipé côté caméra; ce ne sont plus des objectifs, mais des canons… La dame d’un âge certain, elle aussi suuuper bien équipée demande de partager leur banc. Factoïde intéressant : c’est une charmante bénévole qui a assisté à l’éclosion des cygnes qui pataugent allègrement devant nous.

Alors que GILLES, passionné de photographie, échange avec le couple (parce que le bon mari est moins à jour avec son équipement), MICHÈLE remarque que… les nuages s’éclaircissent!

Vite-vite, elle chausse les lunettes. Et observe cette belle orange entamée malgré le voile de nuages!

Photo de Lucas Pezeta sur Pexels.com (pas chez nous, mais le nuage est réaliste!)

Vite, vite, nous mettons nos lunettes! GILLES se dit qu’il aurait dû apporter son appareil photo, car le téléphone n’est pas terrible pour capture la totalité.

Chose surprenante, il faut attendre qu’il reste un tout petit bout de soleil avant que le soir illusoire ne tombe. Et, les animaux? Eh bien ça ne les a pas énervés du tout! Ce sont les humains qui se sont mis à crier de joie dans l’obscurité.

MICHÈLE (les yeux brillants) : Aaaah, la totalité! On est gâté, je vois Jupiter, là…

En effet, au-dessus de nos amoureux, le ciel assombri s’est piqueté d’étoiles (et d’une couple de planètes que MICHÈLE a vite fait de repérer) tandis que sur le pourtour, régnait un coucher de soleil à 360 degrés.

GILLES: je suis content d’avoir pris congé, finalement…

GILLES et MICHÈLE se donnent un bis furtif.

(Smouck)

Un troupeau de petits nuages galopait dans le ciel, mais aucun pour cacher le couple Lune-Soleil. La sublime bague de diamant que Michèle a observé direct avec ses jumelles… avec les petites protubérances rouges-violettes sur le pourtour!

MICHÈLE: snif!

(Crédit: Deposit Photos/Jim Cumming), parce qu’on n’était pas du tout équipés!

Bref, notre couple a bien profité du parc, et observé l’éclipse pendant une grosse minute et demie. Un moment de bonheur astronomique que MICHÈLE gardera longtemps en mémoire!

Dessin de MICHÈLE fait dans son calepin au crayons de couleur, de mémoire, au retour de cette remarquable expédition. Les rayonnements étaient impressionnants, même si elle s’attendait à de plus grosses protubérances!

À la poursuite de l’Éclipse!

Le 8 avril 2024 au petit matin… Michèle l’astronome enthousiaste, bondit !

MICHÈLE: Gilles, Gilles!

GILLES : Gne gne gne…

MICHÈLE (surexcitée): c’est le grand jour! L’éclipse! L’éclipse!

GILLES (qui est quand même au courant depuis un bon moment): Mais c’est juste cet après-midi…

MICHÈLE (Les bras croisés, incrédule devant la placidité de sa douce moitié): Gilles, tous les hôtels et les places publiques sont bookées depuis une semaine su’le chemin de la totalité*!

MICHÈLE poursuit son explication en finissant de lacer ses chaussures de course.

MICHÈLE: Donc si on arrive au petit parc public que j’ai judicieusement repéré près de Hamilton en après-midi, il ne restera plus de place!

EXPLICATION: MICHÈLE et GILLES ont de la chance de résider dans la grande région de Toronto, laquelle n’est pas tout à fait sur le chemin de la totalité. Par contre, à trente minutes de leur domicile, un petit parc sympa leur offrira un petite minute et demie de totalité.

MICHÈLE: Pas question de s’entasser à Niagara Falls, où il y a déjà un million de personnes qui rendent pour voir la lune occulter le soleil pendant un beau trois minutes. Si on arrive le matin on va être assez à l’avance.

GILLES se lève enfin : ouille! Mes pauvres jambes!

EXPLICATION: MICHÈLE traîne GILLES tous les samedis à une course à pieds, et si le bon mari achève la course, ses muscles sont rancuniers!

Pendant que GILLES finit de déjeuner, MICHÈLE remplit la petite hybride familiale avec tout ce dont ils pourraient avoir besoin: couverture pour pique-nique, sandwiches, boissons, jumelles (pour les oiseaux, pas pour l’astre du jour!) parapluie (on a annoncé 30% de risque, on ne sait jamais…) chaise pliantes, napkins…

MICHÈLE (un peu distraite): ai-je oublié quelque chose?

GILLES arrive avec une enveloppe brune (pas celle des politiciens véreux, une enveloppe d’expédition d’une célèbre compagnie dont MICHÈLE a enrichi le propriétaire) : Les lunettes d’observation?

MICHÈLE: ah, tiens, oui…

MICHÈLE avait bien sûr pris soin de tester lesdites lunettes ISO 12312-2 achetées à prix d’or à une compagnie recommandée par les sites d’astronomie sérieux.

En suivant scru-pu-leu-se-ment les étapes
A- essayer de regarder une chambre à travers: noir total. Si vous distinguez un meuble, attention!
B- Regarder par une fenêtre au-dehors par ciel bleu. Noir total.
C- Va dehors et enfile les lunettes dos au soleil: Noir total.
D- se retourne et cherche le soleil. Tiens, une petite orange perdue dans une immensité noire…

Conclusion, les lunettes d’observation fonctionnent et MICHÈLE ne s’est pas faite avoir par une sinistre contrefaçon!

BREF, en avant dans la petite Ford C-Max hybride vers une nouvelle aventure!

***

Après avoir trouvé un stationnement épatant pour y garer la petite hybride, MICHÈLE et GILLES trimballent les chaises, pique-nique, jumelles, etc… dans le grand jardin botanique de Hamilton. On est encore le matin et il y a peu de visiteurs. En plus, les oiseaux chantent car c’est aussi le printemps, ce qui met notre auteure de fort bonne humeur.

MICHÈLE: Ça regarde bien, Gilles! On va être aux premières loges ici!

Juste à ce moment, un nuage tout floconneux se pointe dans le ciel.

MICHÈLE : Grogne! Ouste!

GILLES (en train de choisir un banc adéquat) : bah, c’est juste un petit nuage de rien du tout.

Les deux s’installent pour lire. Hélas, très vite, le nuage est suivi de plusieurs autres qui s’empilent en une masse aussi grise qu’opaque…

MICHÈLE (levant les yeux du Asimov’s qu’elle lisait): Coudonc, où est le soleil?

(À SUIVRE…)


* Totalité : c’est là qu’on va voir la lune recouvrir complètement le soleil, puis y va faire noir.

Les périls de l’écriture de hard-SF…

Dans la série les joies de l’écriture de hard-SF… mon article en anglais dans le blog d’Analog.

J’y explique l’inspiration pour ma nouvelle « Living on the Trap » (Analog Nov-Dec. 2023) qui se passe sur un monde isolé, inspiré du système Trappist A. Il y a chez nous des villages éloignés et difficiles d’accès où la pauvreté subsiste par manque de travail (quand le principal employeur a quitté les lieux), de soutien social, de nourriture fraîche, d’eau potable… Sauf qu’il arrive parfois qu’un phénomène naturel attire des visiteurs, ce qui rapporte des sous à l’économie régionale.

Mais les touristes vont se promener dans le parc ou admirer la merveille naturelle, se prendre en selfie au sommet d’une montagne, puis retourner, souvent sans établir de contact significatif avec les habitants. Je réfléchis sur nos façons de voyager en aimant plus les belles vieilles pierres, les églises, les cimetières, les parcs, les lieux spéciaux, les restaurants que les gens. (Et bravo à vous qui prenez le temps de mieux connaître vos hôtes!)

Living on the Trap transmet le point de vue d’une jeune fille de 10-11 ans qui habite un abri avec sa famille. L’endroit est peu agréable, situé dans la zone nocturne d’une planète en orbite verrouillée, mais assez près de la bande crépusculaire pour que les rayons du soleil stationnaire rasent le sol. La chaîne de montagnes voisines comportent des sommets illuminés qui attirent les aventuriers…

Les périls de la hard-SF

Et j’y aborde les périls d’écrire de la hard-SF!

Ma caricature illustre quelques problèmes de l’écriture en général. Et en science-fiction, on peut passer bien du temps à vérifier la plausibilité scientifique de nos mondes… et y laisser quand même quelques erreurs!

Aussi, les descriptions des technologies et des phénomènes doivent couler comme un ruisseau vers une résolution satisfaisante. À éviter, les gros blocs d’exposition qui ralentissent (ou arrêtent!) la progression. Ça peut être par exemple, cette belle scène au chapitre 4 à laquelle vous vous êtes attachée!

À noter que « SF dure » ne veut pas pour autant dire dépourvue de compassion. Ma nouvelle le démontre, j’espère, de façon convaincante.

Je préfère ma SF bien dure et croquante, comme du chocolat!

D’ailleurs, j’aime bien cette formule que l’éditeur a composé à partir de mes renseignements :

Living in Ontario, Michèle Laframboise has kept the curiosity of a child and a thirst for knowledge, coffee and compassion. She creates hard and crunchy SF stories, mixing science, emotion and humor.

Je compte la réutiliser !

Aller ici pour lire l’article en anglais.

Le Deadline du vendredi 13

Une aventure hivernale de Michèle l’écrivaine enthousiaste

Ce jeudi 12 janvier, MICHÈLE apprenait avec stupeur l’existence d’un prix de BD

a) dont elle ignorait tout,

b) auquel, joie, elle est é-li-gi-ble.

c) car il faut dire que ça faisait environ 12 ans qu’elle n’a pas sorti d’album de BD

Or, tiens, justement elle vient de sortir la version anglaise de Maîtresse des vents. Donc, le temps de réunir toutes les affaires, de refaire son CV de dessinatrice, de relire les catégories… et faire ses autres jobs, on est rendu jeudi soir. Et là, le site de formulaire se révolte : notre auteure tente en vain de loader ses fichiers PDF, sa bio ne passe pas!!

Re-fait l’opération, re-tente le formulaire, en plus avec le lien pour payer, aye-aye-aye!

Heureusement, elle contacte le gentil organisateur qui conseille de fermer et rouvrir le site. MICHÈLE applique le conseil, toujours rien, et un rien de panique commence à frémir au fond de son estomac. Enfin, elle décide de laisser faire Chrome et se se pitcher dans Edge (électroniquement parlant bien sûr).

Et là, enfin, enfin! Le formulaire charge, et notre autrice reçoit par courriel sa confirmation.

Ne reste qu’à envoyer les exemplaires physiques de la BD. Or, pour trois livres dans deux catégories, ça fait 6 livres, et c’est beaucoup pour sa petite maison d’édition. Heureusement, les organisateurs ont fait une fleur aux petits éditeurs en leur permettant un livre par catégorie, du moment qu’ils ont un fichier PDF à fournir. Et MICHÈLE, justement, en a un, sauf qu’un PDF de bande dessinée, c’est lourd en si-vous-plaît!

73 joyeux megs plus tard, MICHÈLE a emballé deux livres et pesé son paquet. Son Kanuk de 1985 su’le dos et sa tuque 99 sur la tête, elle part vers le bureau de poste, empruntant le véhicule aventureux (et parfois invisible dans un stationnement).

Une belle neige tombe et l’asphatte est une patinoire, mais rien n’arrête notre écrivaine au volant de sa Ford C Max hybride! Deux kilomètres plus loin, elle se stationne devant la Pharmacie qui abrite le bureau de poste.

Résistant à toutes les tentations chocolatées qui s’entassent sur les étagères de métal blanc à l’approche de la St-Valentin (laquelle sera dans un petit mois), MICHÈLE, paquet sous le bras, fonce au fond de la grosse pharmacie.

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De l’influence méconnue de la musique de fond sur l’inspiration créatrice

Une aventure de Michèle l’écrivaine enthousiaste!

MICHÈLE est bien énervée ce soir, car elle a une tombée littéraire qui approche et son carrosse va se transformer en citrouille à minuit pile. Or, ses doigts s’emmêlent au clavier, elle avance, recule, efface, reprend sont texte, se rendant bien compte que son nombre de mots à la minute est en chute libre.  

Qu’à cela ne tienne, il existe une solution : recourir à sa douce moitié.

MICHÈLE : Giiiilles!

GILLES (occupé à détruire un royaume ennemi qui explose en mille couleurs sur l’écran incurvé de son ordi) : mmmh?

MICHÈLE : Il faut que je finisse cette nouvelle ce soir, pis je bloque! Ça s’passe à l’époque Romaine, t’aurais pas la musique de Gladiator par hasard?

GILLES sauve sa game et manipule avec habileté et doigté l’application qui gère nos systèmes de son. Il a un abonnement à un célèbre serveur de zizique (Spotify pour ne pas le nommer) qui ne nous a pas fait faux-bond depuis des lustres.

Bientôt, les premiers accords d’orchestre du célèbre film de 2000 flottent comme une bannière marquée SPQR dans le vent chaud du sud de l’Italie. Inspirée, MICHÈLE se remet à l’ouvrage, non sans imaginer le sculpturesque Russell Crowe dans le rôle titre.

Bref, elle écrit, écrit à la vitesse d’un écrivain « pulp » des années 40… Lesquels, les pôvres, tapaient  sur une machine à écrire même pas électrique, même pas de correcteur blanc, snif.

L’intrigue déploie ses ailes d’aigle romain par-dessus le paysage, la musique passe aux scènes d’arène de sable clair et les Ave Cesear, morituri te salutant, et les muscles bien huilés qui brillent au soleil… Les dangers s’accumulent pour son personnage, les péripéties déboulent comme la grosse roche sphérique de la caverne piégée dans le premier Indiana Jones.

Bref, MICHÈLE est en feu!

MICHÈLE : yessss!

D’un coup, les buccins impériaux de l’arène romaine où son héros se bat à coups de glaive s’effacent sous une rafale de notes de synthétiseur!

Des basses tonitruantes font trembler les fondations de la petite maison dans la banlieue où vit notre vaine écrivaine qui s’aperçoit que son gladiateur a quitté l’arène pour se ramasser ben strappé aux commandes d’un F-18 qui file à mach 2 dans un ciel céruléen (hein que c’est beau le vocabulaire!) En plus, son casque a morphé pis il ressemble étrangement à Tom Cruise…

MICHÈLE (qui tape frénétiquement control Z, control Z…): Gilles! T’as mis la musique de de Top Gun !

MICHÈLE : Kessé qui arrive à mon ambiance de Rome antique?

GILLES (qui vient de descendre avec son système de speaker portatif et son téléphone qui contrôle tout, tout, tout, à distance): Ah, c’est Hans Zimmer, le compositeur, il a fait les musiques des deux films.

Et GILLES de zigonner sur son téléphone mince comme une carte de crédit.

Subitement, une musique de pirate transforme le F-18 en Blue Pearl et son gladiateur-pilote en pirate abondamment barbu avec plein de colifichets qui pendent de cette masse capillaire.

MICHÈLE : Groogne!

GILLES (air innocent) : Ah ouiii, tiens, tu sais que Hans Zimmer a aussi composé la musique de Pirates des Caraïbes et de plus de cent autres films?

MICHÈLE sent la moutarde lui monter au nez. Elle lance un regard glaçant au mari qui regrette soudain d’avoir fini le pot de 2 L de Coaticook Special Edition au sirop d’érable voici dix minutes.

GILLES (qui sent la Coaticook Special Edition se retourner dans son estomac): vouiii, vi, je vais t’arranger ça ma tite-Michèle-en-chocolat-smouick!

Et reviennent les buccins et les tambours, et l’arène full sable trop blanc pour être du vrai. C’est pas parce que MICHÈLE écrit de la science fiction qu’elle ne peut pas se vautrer dans le drame historique de temps à autre.

MICHÈLE se dépêche de terminer sa nouvelle avant la tombée en se disant mais un peu tard qu’on ne l’y reprendrait plus. Enfin, elle met le point (poing?) final à ce texte, révise son orthograF, et sauve son document.

L’Internet a vraiment simplifié le processus de soumission, se dit-elle en pesant sur SEND.

MICHÈLE (levant les bras en l’air, triomphante dans l’arène de l’écriture): Technologie salvatrice!

MICHÈLE (se lève, s’étire, cric, crac, et se dirige vers la cuisine): Bon, je vais enfin pouvoir me récompenser avec une généreuse portion de Coaticook Special Edition au sirop d’érable que je conservais au congélateur pour cette occasion…

GILLES (très bas) : oupse.

GILLES se déguise en courant d’air et se précipite au dépanneur en espérant qu’il reste encore des pots du Special Edition

FIN

Le travail, c’est la santé…

Michèle détruisant allègrement les vielles planches du patio avec une pioche
Michèle la destructrice!

Comme écrivaine, je ne fais pas souvent du travail très physique.

Démolir un patio en bois vermoulu (devenu dangereux avec le temps) a réveillé la bûcheronne en moi. Scie, pioche, marteau, pied-de-biche, clous qui revolent, planches décollées révélant des dessous poussiéreux envahis par un réseau de racines de grimpants, des petits déchets (tiens, le crayon tombé entre les planches voici sept ans!) et des os de petites bêtes (avec touffes de poils) qui y résidaient.

J’ai fait très attention de ne pas bousculer, pour s’assurer que les lapins avaient fui les lieux ! J’ai fait presque tout le travail, avec un peu d’aide du mari et du fiston vers la fin. Tout comme j’ai pris soins de travailler avec des gros gants pour minimiser le risque de rencontre d’un clou rouillé!

La pioche utile

Le résultat: Sous le patio se trouvait un vieux coffret pleine de pièces d’or, un dallage de pierres plates un peu croche mais qui a son charme. On verra plus tard ce qu’on fera avec.

Oh! des dalles!

Mais, ouille, demain je vais être « rackée »… Heureusement que je m’entraîne à la course!

Un demi, siouplait!

Michèle courant sur des trottoirs flissants
Les trottoirs glissants…

Ça faisait trois ans que je n’avais pas couru 21.1 kilomètres… eh bien, ce fut chose virtuelle faite ce lundi, jour férié en Ontario (congé de la famille). Merci!

Et c’était pour le Hypothermic Half , en course virtuelle. Je m’y étais inscrite en retard, mais j’avais jusqu’à la fin du mois de février pour le courir. Hélas, le mauvais temps m’a fait repousser de deux jours. J’avais prévu courir dans mon quartier samedi, mais une grosse tempête de neige peu déblayée, puis les sautes d’humeur de la météo qui passe du très froid au fondant (et la ville qui n’avait pas déblayé ma rue) m’ont convaincue de repousser cette échéance.

De ma fenêtre, je regardais avec inquiétude ma rue couverte de « corduroys » de glace et de sloche, pire encore pour mes souliers de course. Parce que courir avec les pieds mouillés, ça passe en été, mais pas en base de 0 degrés!

Enfin, lundi à 10h30 AM par moins 2 C, jugeant que le soleil aurait dégagé ma route, j’en file mon beau ensemble de course vert et me lance. Après avoir prévenu mes hommes qui sont retournés jouer à l’ordi. J’ai aussi lancé que ça me prendre au moins deux heures quarante-cinq.

Les deux premiers kilomètres ont été une adaptation, et de fréquents changements de cap car oh, horreur, le dégagement des trottoirs variait selon les voisins, de parfaite sec à patinoire irrégulière, à patinoire invisible (zzzoup!) et à grosse flaque d’eau (glace exposée au soleil juste à côté de la patinoire invisible).

Les accidents arrivent toujours aux gens pressés! Michèle Laframboise glissant sur un trottoir mouillé
Un danger réel en toute saison!

Au cours de l’heure suivante, je choisis une grande artère où les trottoirs bénéficiaient de la munificence municipale pour le dégagement. Hélas, les deux bandes de neige glacées et noircies sur chaque côté, elles, ont bien apprécié le soleil, et transformé ma piste de course en peau de zèbre, les filets d’eau et plages sèches s’alternant. Ce qui me force à sauter souvent, ou à contourner, où bien à –ô horreur– courir DANS LA RUE à contre sens.

Tiens, justement, alors que je cours sur une surface parfaite, profitant de l’absence de complète de circulation, voilà-t-y pas un autobus qui apparaît sur l’horizon, suivant l’horaire de jour férié. Il est encore à 1 km, mais il roule, promettant un face-à-parebrise douloureux!

Les petits objets qui semblent tomber de mes mains sont des masques jetés par des passants…

En été, un petit bond de côté suffirait à me mettre en sécurité sur le trottoir. Hélas, un long saucisson de neige dégueu de trois pieds de hauteur empêche cette habile manœuvre. Je me mets donc à courir plus vite, vite! Je ne sauterai dans la masse amorphe de neige noire et mouillée qu’en cas de dernier recours!

Enfin, j’atteins le coin libre d’encombrement bien avant l’autobus, qui avait quand même avancé de 500 m. Je me promets ensuite de rester dans les petites rues résidentielles pleines de glace en cours de fonte, de sloche et de mares.

Au 10e kilomètre, mes genoux, qui étaient habitués à mes courses de 5 km, se sont aperçus qu’on (on=le cerveau fumant de Michèle) leur en demandait un peu trop et on protesté avec diplomatie. C’est à dire, avec un peu de tiraillement du muscle au-dessus de la rotule.

Puis, au 12e kilomètre, un besoin naturel me force à re passer par la maison, où je m’aperçois que ce n’était pas clair pour le mari qui se préparait a faire des crêpes pour le dîner. Oupse! Il m’en reste encore neuf à tirer! Bref, je perds au moins 5 minutes car, comme dans les vraies courses, on n’arrête pas le temps.

Enfin. Au moment de repasser le seuil, oh, re-horreur, je vois que ma fidèle Garmin, elle, a décidé que 5 minutes c’était trop, ou bien j’ai dû peser sur un piton que j’aurais pas dû). Bref, à 12.39 km. Tant pis, je repars immédiatement une nouvelle course enregistrée.

Mes jambes me suivent sans trop de problème jusqu’au kilomètres 15 (en fait, le 3e kilomètre du deuxième segment) où je décide de profiter du grrrrrrrand stationnement du centre d’achats vide à cause du jour férié. Seul le dépanneur 24 h est ouvert.

Douleur dans le gros stationnement vide!

Et là, les jambes suivent, mais les cuisses se joignent aux genoux pour ralentir. Je tente quand même de forcer l’allure, mon petit cœur m’envoie une couple de discrets poutoums. Et comme tous les contes et la sagesse populaire disent qu’il faut toujours écouter son cœur, ben je ralentis, et alterne un peu de marche -course.

Là je me sens assez bien pour retenter la grande artère si bien déneigée. Mais, oh, voila un autobus qui se profile à l’horizon… vite, demi-tour dans les petites rues! La vigilance s’impose, car même sur les petites rues, des véhicules surgissent! Heureusement que je n’écoute pas ma musique trop forte…

Dans toutes mes longues courses, ce sont les deux derniers kilomètres qui sont les plus durs. Sur les 42 km d’un marathon, j’avais souffert. Eh bien les 2 derniers kilomètres du demi-marathon, ce fut moins souffrant, mais j’avais vraiment hâte de finir!

Mon temps, pour les curieux: calculé avec mes deux parcours pour un total de 21.40 km en 2h41, et ramené par règle des trois à 2h39 pour 21.1 km. Assez bas dans ma tranche d’âges, surtout en tenant compte du terrain peu amical. Mais c’est ça le Hypothermic Half!

Et qu’est-ce que je reçois par la poste au lendemain de la dite course?

Ma médaille et mon numéro de dossard!

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La médaille du Hypothermic Half. Et ce petit Yéti se déplace!
La médaille du Hypothermic Half. Et ce petit Yéti se déplace!

TL;DR: 2h39min pour 21.1 km, sur un terrain peu amical. La vigilance s’imposait!

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Ho-Ho-Ho!

Le Père Noël apporte des vaccins contre la covid-19
Cette année, le Père Noël s’est bien équipé!

Encore prise dans un vortex temporel! (Les joies de la recherche)

La savante folle, témoin du temps compressé!

Je l’ai encore fait!

Je fais des recherches pour un roman de SF en préparation (je garde les détails sous embargo pour l’instant) et, naviguant d’un site fascinant à l’autre, puis à l’autre, je me suis aperçue que mon après-midi d’écriture était tombé dans le terrier du lapin pressé, celui dans le conte Alice au Pays des Merveilles! Ou dans un vortex temporel, dans lequel le temps s’était comprimé, passant trop vite!

Je ne sais pas si ma formation scientifique aggrave cet exploit. Je suis titulaire d’une maîtrise en géographie physique, et tant d’aspects de la macro-écologie retiennent mon attention!

De plus, les préoccupations quotidiennes pénètrent mon mode Sérieuse Écrivaine. Depuis la surutilisation de plastiques à usage unique qui apparaissent dans les endroits les plus reculés ou au fond des océans, aux déchets générés par mes propres stylos jetables (merci Pentel et ses plumes rechargeables!), au prochain décompte des oiseaux du Great Backyard Bird Count, et la promotion de mon court livre réconfortant Valentin Sous Zéro

Donc, tous ces petits morceaux s’accumulent comme un processus d’agrégation de planète, diluant ma concentration.

Et quand je lève la tête, il est déjà 16h00…

L’iceberg

Comme je l’ai mentionné dans un autre article, la plupart de mes notes de recherches ne se retrouveront jamais dans le roman que vous lirez l’an prochain. Certains détails, si je ne peux pas les placer dans le roman, apparaîtront, fortement résumés, dans une ou deux nouvelles qui explorent le même univers.

Ce que je ne ferai PAS, c’est d’intégrer toutes ces friandises minutieusement rassemblées dans le roman lui-même, sous la forme d’un lourd bloc expositoire (info dump ), ou à travers une explication assez longue d’un personnage secondaire qui sera tué dans le chapitre suivant (grrrr!)

Il faut voir la recherche comme la partie cachée d’un iceberg. Ce qui flotte au-dessus sera le livre sur lequel le-la lectrice prend pied. Si vous tentiez de tirer une plus grande masse de l’iceberg au-dessus du niveau de l’eau, comme je l’ai fait dans mes premiers livres (heureusement Daniel Sernine, mon éditeur de l’époque, l’a repéré!), vous vous retrouveriez avec un ensemble de détails indigestes qui alourdissent l’histoire- récit.

Oui, j’étais l’une de ceux et celles très capables de partager tous ces détails mignons!

Oui, il est tellement tentant de faire s’arrêter vos personnages sur une crête et de décrire le paysage merveilleux qui se déroule devant eux, dans des détails atroces, sur deux ou quatre pages! La lecture sera plus agréable avec une description plus courte et percutante, comme celle-ci, tirée d’un projet en cours:

Les dunes formaient un grand bassin de sable cerné par les flancs crevassés de montagnes en perpétuelle dispute. Celles-ci, âpres et dures comme la vie, se tordaient pour s’élever plus haut, toujours plus haut, une dispute géologique commencée des éons plus tôt.

La plus grande partie de votre iceberg doit demeurer sous l’eau!

La solution n’est pas la dilution!

Effectuer une recherche efficace, sans diluer son attention, c’est le Graal de tous!.

Une solution pour mieux gérer son temps est de faire la recherche après avoir atteint un son objectif de mots pour la journée. C’est la méthode de l’auteure Kristine Kathryn Rusch pour limiter son temps passé en recherche. Elle parvient également à faire ses recherches avant d’écrire le roman, alors qu’elle termine le livre précédent.

Ce n’est pas la méthode de son mari, Dean Wesley Smith, qui fait ses recherches pendant qu’il écrit, parce que des informations sympas vont influencer son récit. Je sais que ça m’est arrivé de changer le cours d’une nouvelle pendant la recherche.

Une solution évidente est de limiter le temps passé sur les plateformes sociales. Ou bien retirez-vous complètement des médias sociaux pendant la période de production intense, comme Julie E. Czerneda. Remède de cheval!

Personnellement, j’utilise une minuterie. Parfois, le temps ne suffit pas et j’ajoute une minute, deux… Pas tout à fait au point, ma méthode!

Ou j’utilise cette expérience comme carburant léger pour écrire un article de blog.

Des sources utiles

Je recommande ce bouquin de mon confrère Dominique Bellavance Comment écrire plus: 50 conseils d’auteur pour maximiser vos séances d’écriture, qui présence de façon très joyeuse les défis de productivité. Il contient quelques conseils sur les facons d’éviter les distractions!

J’utilise beaucoup aussi (en anglais, hélas!) le livre de Kristine Kathryn Rusch, The Pursuit of Perfection, qui déboulonne l’obsession de perfection. En gros: le désir de perfection peut vous faire « staller » indéfiniment et couler. Ce problème mériterait à lui seul son article de blog!