Les flocons de neige n’avaient pas le droit de briller au soleil comme de la poussière de fée, tombant oh, si doucement! qu’on aurait cru que Hardwood Street et ses boutiques de mode haut de gamme avaient été téléportées à l’intérieur d’un globe de verre. Ils flottaient en décrivant des huit paresseux, chacun minuscule et unique. Un spectacle qui aurait été parfait il y a un an…
Cerise Joseph abaissa d’un doigt le bord de son masque en tissu rose et violet, cousu par les mains habiles de sa mère des mois plus tôt. En offrant son visage aux délicats flocons, la jeune femme tenta de se rappeler les temps plus heureux.
Quand elle espérait au lieu de se morfondre.
Ces jours-ci, un étau de culpabilité lui tordait les entrailles à chaque fois qu’elle pensait à l’appartement vide de sa mère. Elle était venue arroser les violettes et le pot d’herbe à chats, et laisser une portion de croquettes pour la chatte d’Espagne allongée sur le rebord de la fenêtre du deuxième étage.
Cerise replaça son masque. Personne ne l’avait vue et sa portion de trottoir était vide, mais elle ne voulait pas baisser la garde avec un virus en constante mutation qui changeait de face comme on changeait de paire de gants. Les vaccins récemment mis au point n’avaient pas encore ralenti la progression de la pandémie.
Elle avait renoncé au rouge à lèvres brillant qui complimentait sa peau brune. À quoi bon se maquiller, avec le visage caché sous un carré de tissu? En plus, le rouge à lèvres laissait l’intérieur du masque de coton des taches qui ressemblaient trop à du sang…
Cerise repoussa la tuque tricotée si-serré-qu’elle-étouffait-ses-cheveux pour mieux voir le ciel, sillonné de lignes électriques et de lampadaires. D’où provenaient ces flocons, elle n’en avait aucune idée. Autour d’elle, les bruits de la circulation et l’odeur du gaz d’échappement semblaient amoindris, étouffés par la neige.
Bien sûr, le confinement forcé par la pandémie de Covid-19 avait abaissé la densité de voitures en centre-ville, mais il y avait encore des exceptions. Ou des personnes qui, se croyant exceptionnelles, avaient défié les règles de confinement.
Elle se mordit les lèvres alors que la colère montait en elle. Pour se distraire de ces idées sombres, elle releva la tête en arrière, pour déceler quel généreux nuages libéraient cette neige.
Le premier avril au matin, j’apprenais qu’une de mes collègues a été emportée par un cancer, la veille. Par les médias sociaux, et je me compte chanceuse de ne pas voir passer cette perte une semaine plus tard.
Nancy Kilpatrick écrivait de l’horreur vampirique, que je lis peu, mais je suivais sa lettre mensuelle. Elle y avait toujours de bonnes anecdotes historiques sur la signification des dates. J’ai goûté à sa plume, sa voix littéraire avec le premier roman des Trônes de sang (de l’horreur très « adulte », z’êtes prévenus!) lu en anglais sous le titre Revenge of the Vampir King. Je l’avais rencontrée en salon, et j’avais communiqué avec elle pendant la Covid, quand elle avait déménagé à Montréal. (Un hiver, elle avait du trouble avec son frigidaire, le chauffage, problèmes familiers…)
Nancy Kilpatrick, photo provenant de son site WordPress, crédits inconnus.
Donc voici deux jours, pouf! Plus de Nancy.
Sa plume s’est envolée.
Plus d’occasion de la voir aux salons. Ce n’était pas la plus âgée de mes consœurs-frères, mais ça me fait un petit pincement au cœur. Comme autrice de SF et parfois d’horreur, je garde une conscience aigue du temps qui passe. Impossible d’ignorer la grande horloge qui fait tic-tac, tic-tac.
Nancy n’a pas pipé mot sur sa santé, mais elle a cessé d’envoyer sa lettre mensuelle en juin 2024. Dans sa dernière lettre aux fans, elle écrivait : For a variety of reasons, I will not be sending a Newsletter out monthly. I will send a more irregular Newsletter out when I have anything new to say or to promote something that you might find of interest. On peut retrouver ses lettres mensuelles archivées sur Mailchimp ici.
Quand j’étais plus jeune, je croyais, un peu naïvement, que les écrivains d’horreur n’avaient pas d’empathie. Eh bien je me gourais. On peut mesurer l’humanité et la maturité de Nancy Kilpatrick en lisant son blog, où dans le dernier article de 2020, elle partage la douleur de perdre une grande amie.
Au moins, Nancy Kilpatrick laisse bien des histoires derrière elle… Voir le catalogue de ses livres traduits en français chez ALIRE
Je partage ma tristesse avec vous mes fans et collègues, pour rappeler que vous comptez à mes yeux. Je ne vous prends par pour acquis, même si je ne vous parle pas tous les jours. J’apprécie et lis vos courriels (vous n’êtes pas des milliers, donc je peux me le permettre!) et je suis toujours contente de vous voir en personne aux événements où je me déplace.
Merci d’être encore ici. Si cet article vous touche, je suggère une action tout-de-suite-là, en sa mémoire : téléphonez à une personne que vous n’avez pas vue depuis longtemps. Ou envoyez-lui un courriel, comme une fleur.
Rose du désert, (David) est finaliste au prix AAOF de littérature jeunesse 2024 !
Voici les trois livres finalistes, et des auteures que je lis avec joie! Je recommande chaudement « Pas de chevaux dans ma maison » par Mireille Messier et illustré par Anna Bron. Comme dessinatrice, j’adore les chevaux, et les toiles impressionnantes de Rosa Bonheur, et je l’ai acheté… pour moi!
Être finaliste à un prix littéraire me dit que je n’écris pas dans le… désert!
Le dévoilement aura lieu en fin octobre à Ottawa. Pour plus d’information voir ici:
Le Salon du livre de Toronto persiste et signe! Son thème est Lettre à la Terre, qui sera conjugué par des auteurs, poètes et slameurs. Sur l’affiche, j’ai ajouté un slogan pour souligner le 30e anniversaire du Salon.
Je n’oublierai pas la gentillesse de Christine Dumitriu-van-Saanen, géologue de formation, qui m’a trouvé à la dernière semaine une petite place dans la programmation du Salon, qui avait alors lieu au grand centre de congrès sur Front st. en 2004. C’était le tout premier pour moi.
Le Salon du livre de Toronto est collé sur celui de l’Outaouais sur le calendrier. Donc, peu de temps pour célébrer la joie de retrouver des ami-es auteurs que je n’avais pas vus depuis longtemps. Je suis dans les boîtes jusqu’au cou…
Où et quand?
QUAND: Vendredi 3 mars au dimanche 5 mars, .
OÙ: à l’Université de l’Ontario Français (UOF) au 9, Lower Jarvis, Toronto.
HEURES: de 9 h à 21h30 vendredi et samedi, et 9h30 à 16h le dimanche
La salle de présentation des livres ouvre dès 9h (9h30 dimanche), et vous pourrez m’y rencontrer. Maintenant que j’ai plus de 50 livres à mon active (en comptant les BD, les romans, les publications…), ça vaut la peine de trouver des lecteurs pour eux en les regroupant sur une table généreuse!
Entre deux Salons, je cours et je m’enfarge les doigts dans les courriels ! (Pexel / Crédits: Olga Shestakova)
Entre deux Salons du livre, celui de Toronto en personne qui fut un beau cadeau, car j’y rencontrais mes auteur-es favorites, et des collègues que je n’avais pas vu depuis si longtemps! Nancy Vickers, Marguerite Andersen, Claudette Gravel, Janine Messadié, Paul Savoie, Gabriel Osson, Aristote Kavungu, Melchior m’Bonimpa…
Beaucoup de livres à lire, car ce sont nous les écrivains qui achetons le plus dans les Salons! Et on a eu de la belle visite de Robin Doucet, du directeur du Salon du livre de Rimouski, qui tient un Salon bien dynamique.
Robin Doucet, à droite, du directeur du Salon du livre de Rimouski.
Et le prochain Salon du livre de Sudbury, une géographie si spéciale, un endroit qui m’a tellement manqué depuis la dernière fois! J’aime beaucoup le Nord de l’Ontario et ses forêts de fiers conifères. La route vers Sudbury le gouffre de la Rivière aux Français. C’est pour moi un rite de passage que de m’y arrêter et de visiter le petit pont piétonnier.
Tout cela pour dire que la technologie me rattrape, et que toutes ces photos du Salon de Toronto n’ont pas encore été téléchargées et nommées! Et là, je les cherche, elles sont quelques part sur mon disque dur…. Bon, je viens d’en retrouver!
Il y a d’autres photos, mais je demande la permission des personnes concernées et je ne les ai pas obtenues encore.
Ma table au tout début du Salon. Avec une belle offre de livres variés!
Le Salon de Toronto a repris en personne dans les locaux de l’Université francaise de Toronto. Il va de soi que l’Ukraine injustement attaquée fut à l’honneur. Plusieurs d’entre nous portions du bleu et jaune pour souligner notre appui. Le salon très coloré avait d’Aileurs choisi comme présidente d’honneur une écrivaine d’origine ukrainienne, Anastasia Baczynskyj, présidente de UNF Toronto Rare Book Collection, qui a raconté comment elle a sauvé des livres anciens d’un sous-sol pour leur redonner une seconde vie.
En se déplaçant, le Salon comptait moins d’exposants, mais ma compagnie Échofictions y était, offrant pas moins de 40 titres, mes romans publiés sauf ceux chez David, mes livres courts chez Échofictions, mes BD… Aussi, un plus petit salon
Ce fut un plaisir de rencontrer des lecteurs en personne. La programmation n’imposait pas de choix entre deux conférences, et cela permettait aux visiteurs de se promener entre les exposants. L’université francophone de l’Ontario est très, très bien équipée et moderne.
Un merci tout particulier aux personnes qui se sont déplacées au Salon du livre de Toronto qui se tenait les 19 et 20 mars dernier. Ça faisait deux ans que je n’avais pu saluer mes lecteurs et lectrices, et placoter un peu avec les adultes et les jeunes. J’ai pu donner un court atelier sur la crème glacée littéraire.
Andréa Haddad a joué d’un bizarre instrument pour les danses appelées des bourrées (des « danses carrés » de Bourgogne) elle invite les jeunes à connaître davantage les instruments traditionnels, de l’accordéon aux cuillères en passant par l’épinette des Vosges et la vielle à roue de France. Njacko Backo s’est fait initier à la musique par les anciens de son village du Cameroun. Il invite les jeunes à découvrir la batterie (toum et kak), le kalimba (piano à pouce) et une harpe africaine appelée zaa koua.
Makhena Rankin-Guérin, danseuse de cerceau, passionnée par sa culture à la fois crie, algonquine et mohawk et par la danse ancestrale, présente la danse du cerceau. (Ma photo n’est pas terrible).
Samedi soir, le spectacle de Natacha Kanapé Fontaine nous a fait entendre une voix et une musique bien dépaysante, d’union avec la nature. Je pense que la rencontre de l’art et des lettres, à cette petite échelle, a fait du bien au moral!
Un autre beau moment, c’est un petit mot de gratitude envers Marguerite Andersen, qui à 97 ans est notre doyenne des écrivains franco-ontariens. Je me souviens d’une présentation sur l’écriture d’une nouvelle, qui était pour moi une montagne escarpée infranchissable, et que ses explications ont transformée en douce colline! J’ai écrit beaucoup plus par la suite.
Dimanche, lancement de la semaine de la francophonie. Michèle qui a l’air d’avaler le micro en lisant un extrait de Monarque des glaces, mais il fallait que je me tienne proche pour que le son porte! Photo prise par le bon mari Gilles GagnonDimanche, hommage à Marguerite Andersen. Janine Messadié, lauréate du prix Alain-Thomas, lisant un extrait pour Marguerite Andersen (à gauche), notre talentueuse doyenne de la littérature franco-ontarienne à 97 ans. Dimanche le 20 mars. Photo de Gilles.
Dimanche: Marguerite Andersen et la toujours colorées et distinguée Claudette Gravel, que j’ai découverte comme animatrice radio avant de savoir qu’elle écrivait aussi! Photo prise par Nancy Vickers, que je remercie! Chacune son tour: Nancy Vickers qui nous offre un témoignage bouleversant. J’en suis encore retournée. Photo prise par Claudette Gravel.
La Savante folle près d’une peinture spéciale que les auteurs ont signée, pour un pays dont on connaît la position géographique… et le courage! Il faut croire que mes couleurs étaient de circonstance!
Des petits achats
Un auteur, ça ne fait que que signer, ça achète aussi!
Nancy Vickers, Capharnaum, parce que le titre me rappelle mes vente de garage… C’est aussi une amie et on garde le contact.
Gabriel Osson, Le jour se lèvera, récit historique en Haiti, un événement auquel il a assisté, enfant.
Michel Jean, Kukom, la vie d’une jeune femme en communaté innue
Janine Messadié, Lettre à Tahar Ben Jelloun
Véronique Sylvain, Premier Quart, poèmes
Il y a eu d’autres photos mais je n’ai pas toutes les permissions, et ça prend du temps pour les y mettre. Pardonnez-moi chers ami-e-s de la plume! C’est l’éternel dilemme, lire ou écrire.
Je reprends ce dessin dans la mauvaise saison, mais il rend bien le sentiment.
Je ne sais pas ce qui arrive, mais voilà que la fin février et le début mars ont déclenché un feu roulant de bonnes nouvelles pour mes créations (mais pas, hélas, pour les Ukrainiens, et aussi le peuple russe qu’on garde dans nos pensées).
Le secret de Paloma est finaliste au Prix Alain Thomas du Salon du livre de Toronto. Le salon se tient en présentiel les 19 et 20 mars 2022. (Le prix est l’ancien Prix Christine Dumetriu Van-Saanen, mais on a perdu Alain, ce dévoué travailleur, en 2020.)
Je viens de publier un livre chez Échofictions, Safe Harbor. Pour en savoir plus!
Avertissement à mes fans, ce N’est PAS de la SF ! Mais une ‘éco-fiction’ avec à la base un problème écologique et humain, située dans un village côtier. Et qui raconte une belle amitié entre deux femmes qui ont chacune perdu un être cher. Dédicacé à ma mère, Thérèse Laframboise née Lorrain, qui a grandi au bord du fleuve et aime beaucoup les ports de pêche.
Et, tout frais de la veille, une deuxième nouvelle de SF acceptée chez Analog ! Le contrat est en route…
(Bon, là il manque les bonbonnes d’air pis mon ordi, mais c’est à peu près l’idée)
Ceux et celles qui font de la plongée sous-marine (où qui ont, comme moi, regardé les documentaires du capitaine Cousteau quand ils étaient jeunes) savent qu’avant de remonter en surface, il faut faire des arrêts obligatoires pour permettre aux molécules d’azote de quitter les tissus dans lesquels elles s’étaient réfugiées en haute pression, pour retourner dans l’air expiré.
Sinon, l’azote peut décider de revirer en gaz pendant qu’il loge encore dans nos veines et nos cellules, et ‘c’est pas beau tout de suite’. Les accidents de décompression sont aussi dangereux que leur inverse, l’ivresse des profondeurs (la narcose de l’azote) qui se développe sournoisement quand on reste trop longtemps à 100 pieds de profondeur.
Plonger en eau profonde
Pour moi, écrire, c’est comme plonger en eau profonde.
Sauf que mes paliers de décompression sont en sens inverse ! Ça me prend du temps pour atteindre le niveau de concentration pour pénétrer dans une histoire. Des paliers de ‘compression’ ou de concentration….
Mon premier palier prend environ 45 minutes à une heure. je repasse sur ce que j.ai écrit la veille pour me remettre en tête l’histoire et son atmosphère, je vérifie des notions, des lieux, etc… Si j’écris 100 mots, c’est normal.
Au deuxième palier, qui me prend une heure, j’entre dans l’histoire, et je fais du 300-400 mots à l’heure.
Au troisième palier, tout devient magique: mes doigts épousent le clavier et les idées se transmutent en mots sans que j’ai à m’arrêter. J’ai l’impression que l’histoire s’écrit toute seule, et j’approche de 600-800 mots à l’heure.
Si je ne suis pas interrompue, j’atteins mon quatrième palier de concentration: l’histoire déboule comme une avalanche dans ma tête, les doigts et les mots roulent comme des billes. C’est le paradis. Je défonce les 1000 mots à l’heure. Souvent, c’est le soir que j’atteins ce palier, quand j’ai une tombée qui se rapproche.
MAIS… je descends rarement à ce 4e palier.
Ah, si mes paliers étaient aussi simples ! (Photo de Francesco Ungaro sur Pexels.com )
Les interruptions!
Par contre, pour remonter en surface, pas besoin de paliers.
Dès que mon mari enthousiaste vient me parler d’un truc qu’il a vu sur internet ou entendu à la radio, pouf! remontée immédiate. Si l’interruption dure moins d’une ou deux minutes, et que je n’ai pas à répondre à des questions, je peux replonger et traverser mes paliers de ‘concentration’ assez rapidement.
Hélas, c’est rarement le cas.
Surtout qu’une autre condition favorise mon retour rapide en profondeur: l’assurance que je ne serai PAS à nouveau dérangée dans les prochaines minutes !
Donc, il s’est passé 5 ou 10 minutes qui ont mangé ma concentration. Et, quand l’interruption achève, je dois replonger et refaire mes paliers. Et, souvent, à peine replongée, évidemment, c’est déjà l’heure du souper…
Confession
J’ai écrit cet article à partir d’un autre mésaventure littéraire: je taponnais joyeusement sur une super-histoire de science fiction qui se déroule en Antarctique, pom-pom-pom… quand d’un coup, un détail scientifique erroné me saute aux yeux. Ciel! Ai-je bien calculé la position du soleil sous l’horizon lors de la nuit polaire australe?
Remonte en surface, ouvre Internet, vérifie l’info, se laisse dériver sur les sites de Wikipédia, puis le site de la station Scott-Amundsen, s’amuse à regarder la web cam (il fait froid ici mais pas autant que là-bas) bref… Je perds du temps et intérieurement ça m’agace.
Et puis, voilà que je me torture: devrais-je changer ce paragraphe explicatif pour le placer plus près du début? Mais j’écris tricoté tellement serré que déplacer un paragraphe ou un mot exige de réécrire plusieurs autres. Et aussi, je reste en surface à jongler avec ces paragraphes!
Finalement, je suis allée prendre une marche pour me dégager les idées, en me disant qu’ici, c’est plus chaud qu’au pôle sud…
Pour les touristes en visite sur ma page, j’ai été auteure de bande dessinée avant de devenir écrivaine de science-fiction. Ici, je veux crééer en dessin ma série la quête de Chaaas. Je ne délaisse pas la BD, mais l’écriture et la publication de ma compagnie Échofictions ont mangé beaucoup de temps! Voici donc un dessin d’études d’un projet que je suis entrain d’encrer. (La route des honneurs.)
Ce qui change, c’est ma volonté de foncer dans cette histoire même si les décors qui étaient ma bête noire, me prennent du temps!
Un beau merci à tous ceux-celles qui m’ont souhaité une bonne fête et m’ont donné des nouvelles!
J’aime avoir ma fête en été car c’est la saison des petits fruits. Notre jardin produit une quantité de framboises, après une profusion de baies de Saskatoon. J’ai réalisé un premier exploit culinaire avec un gâteau au chocolat et framboises du jardin, lequel a été bien « observé » (principe d’incertitude de Heisenberg : l’observation affecte l’objet observé) par le mari ! La photo ici.
Un gâteau bien observé…
J’écris beaucoup aussi, j’ai dépassé les 200 000 mots en juin. J’ai deux nouvelles de SF publiées en magazine cet été, dans Galaxies et bientôt, oui, Asimov’s! Et une nouvelle dans une anthologie Blaze Ward presents #5 en impression sur demande.
J’ai commencé un nouveau roman. Pour les soumissions de nouvelles, j’ai ralenti un peu. Je devrais trouver une journée dans la semaine pour m’en occuper.
Galaxies 72, Genres et SF
La revue Galaxies 72 porte sur le thème Genre et sexe en SF, un numéro dirigé par Lucie Selakovitch-Chenu. J’y participe avec ma nouvelle Comment éteindre le soleil, qui se déroule dans mon premier univers de SF. La petite Armelle Clécy découvre le prix de la différence sur Mars, où elle vit avec ses deux mères… biologiques. C’est une histoire que j’ai réalisée en BD lors d’un 24 heures de BD voici quelques années.
Pierre Gévard présente ainsi cette publication :
En cette période où les autrices de SF – mais pas qu’elles – se rebiffent à juste titre contre un ordre social dominé par les hommes et dans lequel les comportements inappropriés – disons le mot : le harcèlement sexuel – font partie de ce que beaucoup considèrent comme l’ordre naturel des choses, Galaxies propose un dossier qui parle de l’évolution des genres en science-fiction, du traitement de la sexualité et des perspectives ouvertes par les écrivain.es qui s’emparent de ce thème.
Allez voir le sommaire ici. Et découvrez mes formidables voisin-es de sommaire : Sara Doke, Joëlle Wintrebert, Jean-Michel Calvez, moi-même, la bégum Rokeya, Adriana Lorusso, Shweta Taneja, Jeanne-A Debats.
Mes publications sont souvent de la SF, mais il m’arrive de toucher aux mystères. L’anthologie Crime and… de Blaze Ward Presents 5 contient une histoire pleine d’action mettant en scène Lady Byrd. Pour ceux qui ne connaissent pas la série, Lady Byrd est une ornithologue distinguée qui parcourt le monde à la découverte de l’oiseau rare. En période de Covid ses déplacements sont limités. Généralement, elle résoud des énigmes et aide des âmes en peine au passage.
Cette publication, Crime and Songbirds, était la deuxième aventure de Lady Byrd, et une exception. Ça peut vous rappeler des épisodes de Murder She Wrote. Je n’en ferai pas souvent, car je ne souhaite pas que mon héroïne devienne une sorte de Miss Fletcher qui découvre un cadavre par épisode… Il y a une raison pour laquelle les séries policières mettent en vedette des policiers (duh!), ou alors peu de livres avec un détective amateur-e, car notre sympathique amateur-e deviendrait assez vite blasé-e à la découverte de son 50e cadavre dans le garde-robe!
Pour vous procurer l’anthologie, voir cette page. Les auteurs (dont moi) sont payés au prorata des ventes! Eh oui, une nouvelle réalité du monde de l’édition indépendante: les auteur-es s’entraident!
Un hasard violet?
Pur hasard que les couvertures de ces publications soient à dominante violette, une de mes couleurs favorites. (Et les gant de cuisine sur la photo en haut! ) Maintenant, reste à voir si la couverture du numéro d’Asimov’s de Septembre-octobre va avoir une dominante violette…
Réponse le 17 août prochain lors de la sortie du magazine en kiosque!
MICHÈLE (se réveillant) : GILLES, GILLES! J’ai rêvé que les Canadiens avaient gagné!
GILLES : mgngngngn…
GILLES (ouvrant un oeil): c’est vrai, on n’a pas regardé la partie hier.
(Le mari se lève et va d’un pas alourdi vérifier sur Internet.)
GILLES (trouve vite l’info, son ordi reste toujours ouvert de nuit): Ah ben coudon! Ils ont éliminé les Golden Knights. C’était pas arrivé depuis 1993 !
MICHÈLE: Pis le 24 juin en plusse! Ça fait une belle St-Jean!
Même s’ils restent en banlieue de Toronto et encouragent les Maple Leafs, ils aiment bien le CH.
(MICHÈLE se précipite sur son ordi et tape avec entrain et ferveur, même si en temps normal le sport professionnel la laisse de marbre)
MICHÈLE (tape fiévreusement): Yé! Les Canadiens de Montréal ont éliminé les Golden Knights de Las Vegas!
MICHÈLE (tapant approximativement le chant des partisans): Nanana-naa, nanana-naa, hey-heeey, Good-b
*Son d’une ampoule électrique qui s’allume dans une tête*
(MICHÈLE se rappelle qu’elle a plein d’ami-es écrivain-es qui restent à Las Vegas et qui commentent son fil FB.)
Un beau moment du Salon du livre de Toronto avec une chorale fièrement francophone!
Comme je l’ai dit dans ma lettre de nouvelles (pour vous y abonner), la fin de cette année a été mouvementée en Ontario francophone. On a eu, à nouveau, la preuve que le pouvoir corrompt ceux qui s’y agrippent fiévreusement!
La savante folle n’a pas eu beaucoup de temps libre, puisqu’elle a terminé plusieurs nouvelles et deux romans qui attendent d’être envoyés à leur premier lecteur/trice. Pour les BD (Maîtresse des vents et Grandeurs et Misères…), c’est un peu plus long de satisfaire les conditions de soumission des éditeurs qui veulent voir le matériel sous des formats particuliers transformer mes 200 pages en PDF, ou écrire le scénario détaillé…
Ci-dessus, mon journal d’écriture avec décompte des mots pour le 5 décembre dernier. J’ai terminé le premier jet d’un roman en anglais de 117 000 mots. Je repasse sur les fôtes et je l’envoie au premier lecteur. Mes deux romans récemment terminés en français réclament aussi des soins post-écriture!
Vous connaissez ce gag célèbre du gars qui paint tout le plancher… pour se retrouver pris dans un coin, entouré de peinture fraîchement appliquée?
Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais il n’y a pas une histoire où je ne commets pas cette gaffe… Même quand j’avais un plan établi! Et ce quel que soit le genre!
La dernière fois, j’ai tellement hésité que j’ai manqué la tombée d’un concours. Il s’agissait d’un truc de fantasy historique qui fonctionnait parfaitement… tant que je n’avais pas remarqué une erreur de 5 ans dans les dates!
Ciel! Que faire?
C’était vraiment casse-tête: ou bien je changeais la date et l’âge du perso principal, et l’intrigue tombait à plat. Ou je conservais l’erreur factuelle en choisissant arbitrairement l’année, et ça faisait une super-histoire. (Le récit étant en soumission, je n’en parle pas davantage).
J’aurais dû faire plus de recherches. L’erreur m’aurait sauté en pleine face et ça aurait donné une autre histoire.
Je prépare avec joie une série de mystères historiques à la suite de Domus Justice, et dans ceux-ci, je me rends compte que — moi qui adore l’époque antique — j’avais pris des libertés avec les plans de la Domus (maison) en question. D’ailleurs ce n’est pas clair à cette époque où étaient situées les toilettes, hum!
Donc dans les histoires subséquentes, après sérieuse re-étude des plans, j’ai vu que j’ai mal placé l’autel des Lares, dans un coin du jardin arrière. Ciel que faire?
Dans ce cas précis, j’ai pris la décision de ne rien changer à mon texte concernant cet emplacement… et de faire plus attention la prochaine fois!
Dans du récit historique il faut « faire ses devoirs » ! Mais attention de ne pas étirer indéfiniment ce temps de recherche…
S’emberlificoter dans ses pistes!
Je patauge aussi dans l’écriture d’un roman policier (techniquement, un mystère) et j’ai vu que j’ai envoyé mon héroïne timide deux fois au même endroit. Ça me permettait d’intercaler une superbe séquence au centre du roman… Et de faire avancer l’enquête car elle découvre un détail spécial.
Mais, ce que mon héroïne sait déjà en revenant à cet endroit pour la deuxième fois casse un peu la progression de la tension. En plus, j’ai tendance à multiplier les oppositions quand une seule ferait l’affaire. Bref, en ai-je trop mis, diluant le danger? Ah, la, la… Je ne suis pas sortie du bois!
Dans un roman policier/polar/suspense où tous les détails doivent converger vers une résolution forte, me peindre dans un coin (alors que j’avais fait un plan, je le rappelle!) relève de la catastrophe.
Je me suis emberlificotée dans mes pistes, en rajoutant du motif (en veux-tu, en v’la!) pour être certaine que l’assassin avait une assez forte raison pour passer à l’acte!
Je n’ai pas résolu ce problème, aussi je travaille sur une autre création tout en laissant mon subconscient créatif chercher la solution.
Et vous?
Quand vous êtes-vous peint dans un coin? Un plan vous a-t-il aidé-e?
Parlant de pistes… gluantes, je prépare un recueil de nouvelles policières mettant en scène des… escargots ! Le jardin est un endroit fort dangereux!