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Grandeurs et misères de la table de dédicaces – 73

..Les degrés de déception professionnelle

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Les déceptions sont inévitables. Aussi bien s’y préparer.

Le premier degré de l’échelle des déceptions professionnelle est classique, impersonnel: une réponse à une demande de bourse.

Le 2e degré de déception est plus intense,  si on soupçonne (à tort ou à raison) de la malhonnêteté dans le choix.

Le 3e degré, c’est quand le projet pour lequel notre soumission est refusée émane de gens ou d’artistes qu’on connaît et qui nous connaissent. Là, ça fait mal!

Le 4e degré, c’est quand vous apprenez par les médias que le super-projet-top-visibilité organisé par des confrères qui ne retournent pas vos appels/courriels ira de l’avant… sans vous. Ici, c’est le mur du silence qui prépare le choc final.

Le 4e degré tel que décrit est arrivé assez tôt dans ma carrière naissante. L’impact a été dévastateur. Le doute est entré dans ma vie d’artiste. Je n’ai jamais retrouvé la même confiance en mon art, mes capacités. Je suis devenue invisible. 

Ça a pris des dizaines d’années et une nouvelle génération d’auteur-e-s pour que j’arrive à me débarrasser de mon complexe de l’imposteur. Dessiner cette BD et me mettre à nu a été très difficile.

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Suggestions our bien gérer votre déception professionnelle:

NE PAS répondre ou réagir avant de laisser passer 24 heures.

NE PAS nommer en public l’organisme, exprimer sa colère en public, partager sur les médias sociaux son statut de victime. Accuser l’organisme de discrimination ajoute de nombreux problèmes : ceux qui se sentent visés nieront de toute façon (sans oublier le potentiel trollique élevé dès qu’on mentionne la chose). Et si le choix était parfaitement innocent, vous nuisez à l’organisme.

A FAIRE : tout défoulement en privé qui fait du bien. Un exercice physique la course, du jardinage, grimper dans les rideaux… permet d’évacuer le trop plein d’énergie. Après, détente: lire un bon roman, chocolat et crème glacée.

ET: travailler sur le prochain projet!

Le seul moyen constructif que j’ai trouvé pour ma plus récente déception cette semaine, c’est de scénariser cette BD. Le lendemain, au lieu de me morfondre, j’ai écrit deux nouvelles de science fiction complètes. L’un a été écrite en 20 minutes et envoyée en soumission dans la demi-heure suivante.

Grandeurs et misères de la table de dédicaces – 71

Inspiration capricieuse!

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Quand je prends trop de temps pour me préparer… l’inspiration file! Mais que cela ne vous arrête pas : la création demande de la discipline!

Grandeurs et misères de la table de dédicaces – 68

Les joies de la signature d'un contrat...

Rassurez-vous, mes copies sont plus propres dans la vraie vie. Je viens de signer le contrat pour mon 17e roman, avec une maison du Québec. Sortie en 2016, d’ici là, motus!

Quant aux écueils mentionnés par les serpents, il y en a beaucoup plus. Attention aux cessions de droits et aux conditions désavantageuses pour les auteurs! On peut obtenir un contrat-type auprès de l’UNEQ et (anglais) à la Canadian Writer’s Union offre des ressources. Un site d’agents littéraires donne ici un aperçu des pièges à éviter. Sinon, la SNAC offfre ce petit document pour se dépatouiller.

Un contrat est une affaire sérieuse, chaque clause doit être minutieusement examinée. Chaque contrat diffère selon la maison d’édition. Et n’oublions pas les droits électroniques!  Souvent, les auteurs font affaire avec des avocats spécialisés en propriété intellectuelle (IP en anglais).

Ce gag est un autre hommage au dessinateur André Franquin (1924-1997) créateur de la mouette rieuse, qu’on ne retrouve pas dans ma région, mais en Europe et dans l’est du Canada.

Les fins connaisseurs auront décelé une tentation de détruire ces précieux contrats avec un puissant jet d’eau… mais mon excellent mari n’aurait jamais commis une telle maladresse avec le boyau d’arrosage! (Dans le premier brouillon, il portait un gros pot.) Dans les BD, il porte toujours un gilet de  Marillion, un groupe qu’il aime beaucoup, mais le T-shirt est usé jusqu’aux fils! Et oui, j’aime travailler dans le jardin quand le temps le permet.

Et, au fait, ce contrat?

La réception du contrat signé... dans la ville -lumière!

Grandeurs et misères de la table de dédicaces – 67

Cette minute a 61 secondes...

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Il y a une seconde de trop… le 30 juin 2015 !

C’est le  Service International de la Rotation terrestre (quel nom science-fictif!) basé à l’observatoire de Paris, qui l’a décidé.

Avec l’avènement des horloges atomiques ultra précises,  le temps astronomique (la rotation de la terre, aussi appelé temps universel) ne suit pas toujours le temps atomique. La terre n’est pas une horloge parfaite et sa rotation n’est pas invariable : des phénomènes tels que les effet de marée,  des tremblements de terre changent sa rotation.

L'heure telle que lue le 30 juin 2012

Cette heure a 3601 secondes Lire la suite

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 66

On poursuit sur la lancée des hyperboles... avec un peu de physique théorique! Texte et dessins par Michèle Laframboise

Merci à Pascal Colpron (l’éternité), Robin Dumont (les cheveux) et André Lavoie (il fait moins mille) pour les propositions! Et j’ai emprunté le petit extraterrestre visiteur du fanzine Le Bob.

La matière qui tombe dans un trou noir va se trouver considérablement chauffée, elle émet un fort rayonnement X.  Dans l’image de la PT Cruiser dans l’espace se trouve une binaire X similaire à Cygnus X1, une étoile binaire dont le compagnon est un trou noir.

La température moyenne de l’espace est de 3 Kelvin. L’image du rayonnement fossile est au centre de la BD.  C’est évidemment la NASA qu’il faut remercier…

Nos observations du rayonnement diffus de l’univers,se raffinent avec la portée des télescopes spatiaux.

Le scénario de l’expansion de l’Univers depuis le Big Bang jusqu’à nos jours Le scénario de l’expansion de l’Univers depuis le Big Bang jusqu’à nos jours. NASA .

Pour les notions de physiques avancées (sans mes quelques exagérations sur la forme de l’univers) voir le livre The Universe in a Nutshell par Stephen Hawking. Un rayonnement de trou noir en évaporation porte son nom.

Trous noirs supermassif (yé qu’on aime ça en parler!)

Trous noirs stellaire (plus petit)

Une liste des télescopes spatiaux.

Ne nous inquiétons pas pour le Big Crunch, on a le temps de voir venir… si ça se produit!

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 64

En mathématique, une hyperbole est une courbe obtenue en coupant un double cône avec un plan (parallèle à l’axe du cône).  Les courbes ne se rencontrent pas.

Dans la vie, une hyperbole est une expression exagérée qu’on utilise pour exprimer notre désarroi, fatigue, impatience…  (« figure de style qui consiste à créer une exagération et permet d’exprimer un sentiment extrême, de manière à frapper les esprits » selon le Wiki).

Quand nos paroles dépassent notre pensée...  Art et textes par Michèle Laframboise
Remerciements à Pascal Colpron (« répéter mille fois… ») et plein de copains et copines qui ont répondu à mon appel à l’aide en ligne pour trouver des expressions exagérées!

Sandra et Émilie vont lancer le numéro 4 de la revue Planches le 6 juillet prochain.

En effet, Ozamu Tezuka a dessiné plus de 170 000 pages de BD! De quoi nous rendre jaloux, ou nous inspirer à poursuivre notre passion…

Et oui, la grosse vague tire son inspiration d’une célèbre estampe japonaise!

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 61

Quand le printemps s'est fait tant attendre... le jardinage se fait plus intensif

Quand le printemps s’est fait tant attendre… le jardinage devient plus intensif! C’était à peu près ma journée du 17 mai dernier, qui m’a inspirée ce gag.

Et oui, c’est bien un petit érable de Norvège que j’ai dû arracher, hélas. Il était bien enraciné!

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 60

Quand passe l'efface... surles héroines de Marvel!  texte, dessins et indignation de Michèle Laframboise

Vous êtes une héroine, compétente, pleine de caractère, cool: Disney vous efface!

J’ai vu Age of Ultron, le dernier film Avenger avec amusement, et applaudi les scènes avec Black Widow (jouée par Scarlet Johansson). Quel plaisir de voir BW sauter du Quinjet et récupérer le bouclier « oublié » par Iron Man, avec de superbes effets.

Puis j’ai lu ceci et cela: on a effacé  Black Widow de sa superbe scène en moto dans les produits dérivés! Non seulement efface: remplacée par Capitaine America aux guidons du rutilant véhicule.

Réponse d’un relationniste de Disney (traduction approx. par la savante folle): « On a un public féminin déjà conquis avec les princesses. L’acquisition de Marvel visait à augmenter notre public masculin. » Hasbro et Mattel : silence gêné.

J’ai grandi avec Disney et ses princesses qui peu à peu acquièrent de l’autonomie, mais cette dichotomie des publics vises (filles-garçons) par les jouets/figurines de Disney révèle l’influence des actionnaires à courte vue. C’est le sexisme qu’on est tellement habitué-es de voir qu’on le voit plus… Mais, là, plein des gars le voient aussi, et sont agacés par cette absence et le message que ça envoie aux jeunes. Ils sont illustrés ci-haut par ma gang des copains geeks des Otaku Ladies, incluant mon mari.

Un tweet (en fait trois que j’ai recollés)  l’a bien résumé (hashtag=#wheresNatasha )

« What really burns me re: erasing female superheroes, whether Gamora or Widow or Scarlet Witch, etc:
1) it tells girls they’re not worthy  and
2) it tells boys that girls are to be ignored & erased. B/c seriously, like there aren’t little boys out there who love Black Widow? « 

 L’effacement ne date pas d’hier

Les régimes totalitaires effacaient des portraits officiels les images des politician-nes tombés en disgrâce. Quant aux textes, vous connaissez le dicton « Les livres d’histoire sont écrits par les vainqueurs »… La femme de Mao avait subi ce traitement. Mais ce ne sont pas que les vilains communisss qui s’y sont livrés.

Dans une photo en 1939 de Lyon Mackenzie King avec la Reine Elizabeth Bowes-Lyon (la mère d’Élisabeth II), on  a effacé le roi Georges VI parce que l’impact du PM en campagne aurait été moins fort avec un autre mâle alpha sur la photo!

L’effacement des superhéroïnes de Marvel…

Les habitudes acquises persistent, même en moi. J’ai grandi dans les années 1970 avec des BD et des romans écrits à disons 99% par une seule sorte de personne originaire d’un ou deux pays (France et USA; au Québec, ça commençait…) 

L' »humain par défaut » est l’homme.  Un auteur qui met en scène un gars dans son roman ou sa BD touche à l’universel. S’il met en scène une femme, on débarque de l’universel vers le particulier. (Les écrivains qui font preuve d’empathie sont très bons. Je vous mets au défi de lire du Wally Lamb pis de pas pleurer!) 

Et si c’est en plus une auteure qui met en scène une femme/ fille/ vieillarde/ maman ourse (tiens, ça me rappelle ce comic de Predator! écrit et dessiné par deux gars), etc… alors là on oublie l’universel pour tomber dans les « histoires de filles » sans intérêt!

Enfin, pour nous consoler, voici ce qu’une artiste a créé avec les princesses Disney!

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 59

Diète médiatique: le défi d'équilibrer notre nourriture! Texte et dessins par Michèle Laframboise

Nourriture médiatique: il faut bien choisir ses aliments… et vérifier nos sources!

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 56

Dispute territoriale ... ça arrive dans les meilleurs salons!  Le sympathique Jean-Guy de Prologue y fait un caméo!

Les chicanes de territoire entre auteurs arrivent dans les meilleurs salons du livre! Gare aux conflits d’horaires…

Pour la première fois dans cette chronique de la table de dédicace, on fait connaissance avec  Jean-Guy qui s’occupe des horaires au stand de Prologue depuis des années. Il a été témoin de pas mal de gags. Il finit par bien nous connaître…

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 55

Le fan très occupé... Texte et dessins par Michèle Laframboise

Il y a plusieurs façons de faire savoir que vous êtes occupé… Et on notera que les fans ne sont pas les seuls à le faire!

Quelques confrères de BD apparaissent dans cette page… dont Simon Morin qui est sans doute le plus grand auteur de BD du Québec (à 6’7″ !)

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 54

Le fan qui déteste la SF - D de Michèle Laframboise avec l'aide amicale de Jeanne-A. Debats

Ce gag me tient particulièrement à cœur car il concerne ma saveur favorite de crème glacée littéraire, la SF. Et oui, pour écrire de la science -fiction, il faut être non seulement passionné-e, mais savoir expliquer la chose avec patience à notre public adoré qui associé ces mots avec toutes sortes de choses comme les gros blockbusters au cinéma.

Et oui, il y a envers les genres un petit snobisme intellectuel de la littérature « blanche » qui heureusement commence à s’estomper.

En fin d’article, j’ai placé un dessin fait très vite en 2012 pour capturer le sentiment d’émerveillement qui m’a envahie lors de mes premières lectures de science fiction. C’était la seule sorte de littérature qui ma fascinait, pendant qu’on étudiait en classe des auteurs français morts depuis longtemps. C’est longtemps après que j’ai ré-apprivoisé ces auteurs dit classiques (et découvert, glissées parmi ces grands, des écrivaines).

Il manque de nombreuses répliques, donc je vous recommande de visiter le blog de Jeanne-A. Debats, une consœur qui n’a pas froid aux yeux! Quelques répliques originent du salon du livre de Paris qui vient de se terminer.  Lors de mon passage là-bas, en 2008, on m’avait aussi servi  « Oh vous savez, je ne lis pas de fiction, c’est irréel! »

Les « calmars bavards » (talking squids) sont une récente tradition en   littérature canadienne, né d’une boutade de Margaret Atwood, qui a écrit de la bonne SF d’anticipation et post-apocalyptique, mais ne voulait pas à, une certaine époque, y être associée. Les choses ont changé depuis  et madame Atwood ne rougit plus de la chose. Un site ironique avait cependant été monté (UPDATE 2022: il n’existe plus), chapeauté par une très bonne nouvelle mettant en scène des calmars dans l’espace, Sheena 5 par Stephen Baxter.

Je termine en signalant que, pour la première fois depuis 10 ans, je ne serai pas au Salon du livre de Québec / FBDFQ, à cause d’un délai dans la production de mon 16e roman. À la place, je serai au nord de Toronto, au congrès de science fiction Ad-Astra.

Portrait de l'auteure découvrant la SF dans la bibliothèque de son père.