**Avertissement**: article hyper-court de promotion !
Tous les mois de novembre ramènent la Savante folle au Salon de Montréal.
Voici, en une image, mon horaire de signatures: je vais être collée sur la scène de Radio-Canada au REFC (en rouge), et sur l’entrée au kiosque Solaris (en violet) !
Les livres que je signe:
Les revues Solaris dans lesquels j’ai publié un texte. Nouvelles
Rose du désert, (Pris AAOF 2024) suit une héroïne qui voit tout en noir! Il faut dire que son déficit d’attention et les défis cognitifs de son « cerveau capricieux » ne l’aident pas beaucoup à se faire des amis… à découvrir pour la voix narrative d’une adolescente « aro-ace« .
Le secret de Paloma (Prix Trillium 2023), présente une colonie qui survit tant bien que mal. Alouette vient de perdre sa meilleure amie, et cherche à comprendre ce qui a pu pousser Paloma à s’enfoncer dans le désert.
Il devrait rester aussi des Projet Ithuriel (2012), roman d’anticipation sociale dans une ville dévastée par l’ère des « choix difficiles », où tout est privatisé…
Je sais que les USA sont en pleine élection, mais ici, la Savante folle a appris que sa proposition de Reconversion d’édifices abandonnés en logements écologiques a été acceptée à 71,3 % au dernier congrès du Parti Vert du Canada, et s’intègre dans le programme officiel.
C’est une démanche entreprise depuis juillet 2023, et qui a été fort exigeante, surtout que cette année et a été occupée par les ennuis de santé, et le décès, de ma belle maman. La recherche de documents d’appui, puiser dans mon ancienne spécialité, expliquer en session zoom les avantages, répondre aux objections, amender le libellé… a pris beaucoup d’énergie.
Pas étonnant que beaucoup d’entre nous trouvent que la démocratie c’est trop dur… et manifester avec une pancarte, plus simple! L’exercice démocratique s’est fait avec le concours d’une plate-forme qui facilite les prises de décisions: We Decide.
La proposition concerne de nombreuses usines et centres commerciaux laissés à l’abandon au cœur des villes, pendant que la crise du logement empire. Pour en savoir plus, aller ici: les liens vers le documents d’appuis sont aussi donnés.
Ouf, c’est l’automne, un Salon n’attend pas l’autre. Après les deux prix reçus au Congrès Boréal en septembre, je courais au Salon Steampunk de la Capitale (dont je préparais l’article) avec une ambiance électrisante. Je retourne à Ottawa pour la Can*Con, la convention canadienne de SF, où j’aurai une table de vente pour Échofictions.
Et à peine revenue du Salon Steampunk, en voici un autre beau prix qui arrive!
Un beau vendredi
L’AAOF et le Salon du livre Afro-Canadien à Ottawa m’ont fait une belle surprise. En effet, j’ai eu la joie d’être lauréate du prix de littérature jeunesse de l’AAOF pour Rose du désert, une histoire dans laquelle j’ai mis beaucoup de temps et de réflexion, qui aborde la neurodiversité, l’entraide, et le pardon.
Je suis reconnaissante aux éditions David, car le travail de révision littéraire s’active à rendre plus accessible l’histoire qui a longtemps bouillonné dans la tête de l’auteure!
Le Prix de littérature jeunesse AAOF est financé par l’entremise du Fonds Françoise-et-Yvan-Lepage (AAOF) de la Fondation franco-ontarienne, à qui je dois ma gratitude. (J’ai rencontré Françoise Lepage et garde un beau souvenir d’elle.
Un extrait des commentaires des membres du jury (que je remercie aussi) :
Fougueuse, Rose affronte les nombreux défis qui s’enchaînent, découvrant ainsi ses forces et celles de sa communauté où chaque individu est appelé à jouer un rôle. L’autrice réussit magistralement à présenter la voix de Rose, un personnage authentique, à la fois fort et vulnérable. Sa plume habile nous offre un récit captivant, débordant d’imagination.
L’héroïne est une narratrice avec une voix teintée de pessimiste et d’ironie. Pour les curieux-ses, voici la page du livre Rose du désert au REFC. (Une portion du montant du prix doit être consacrée à la promotion du livre.)
Mon entrevue au lendemain du prix, à Échelle humaine, Ici Radio-Canada.
Les amies finalistes
Parfois les prix effacent les finalistes de la mémoire des gens, ou les médias les oublient, alors j’en profite pour vous encourager à découvrir Mireille Messier (Pas de chevaux dans la maison, biographie de Rosa Bonheur illustrée par Anna Bron, éditions Orca) et Claudia Lahaie (Les voies du Slam, éditions David, qui suit trois ados aux parcours différents mais unis par l’amour du slam).
Par les temps qui galopent (hihi!) il faut prendre la parole et s’exprimer sur les joies de la lecture. Les auteurs ne sont pas en concurrence, mais en « coopétition », car on s’entraide pour se faire connaître.
Je lis de tout et le partage sur mes blogs et dans mes lettres. Personne ne peut, bien entendu, lire tous les livres qui se publient, mais je fais rayonner autant que je le peux les livres que j’ai aimé, afin que leurs pages réchauffent les coeurs qui en ont le plus besoin.
Avant de poursuivre, un mot pour préciser que la capitale de ce titre est… Aylmer, jadis pressentie comme capitale dans les années 1800 en tant que grand centre urbain.
On a eu droit à une bière artisanale Steampunk, la Kraken, et un recueil de nouvelles sur le thème du Salon, 20 000 lieues par les chemins d’eau. (J’ai malheureusement manqué la tombée mais je me reprendrai.) C’est un festival très vivant et dynamique.
Et avec une bière édition spéciale Steampunk, brassée localement à Montebello, la Kraken!
J’ai répondu à l’invitation des organisateurs, dont Dominique Dufour, président de SteampunkPQ, qui a organisé mes conférences sur le thème du chocolat.
En passant, il y avait un sympathique chocolatier présent de Montebello. Inutile de dire que je me suis procurée des tablettes de dégustation!
Et du chocolat
Merci à la boutique Chocomotive de Montebello, présente avec d’excellents chocolats à déguster. J’explique souvent que la science-fiction, c’est du chocolat. Voir ici et ici. Ça m’a inspirée puisqu’une de leurs offres réunit des chocolats noir, blanc, au lait, et Ruby (une nouvelle espèce!)
En effet, il y a une grande liberté dans l’agencement du sucre et du cacao pour obtenir du chocolat noir (plus de cacao), blanc (plus de beurre de cacao), au lait, et même une nouvelle espère, le chocolat Ruby, qui est rose, obtenu à partir de fèves de cacao naturellement fruitées. Ce n’est donc pas un chocolat aux fraises!
Eh bien, il y a de la science-fiction très dure comme celle-ci où les idées et les concepts se disputent la vedette, et aussi, de la SF moins pointue mais tout autant intéressante quand on ajoute dans notre recette un peu de sucre et de saveurs. On a de la romance SF, des policiers du futur, des comédies de SF. L’humour, l’aventure et des personnages attachants aident à faire passer les idées!
Les cageux, héros méconnus
Mes moments favoris: découvrir des trucs historiques dont j’ignorais tout. Comme l’histoire méconnue des « Cageux », des bûcherons hardis qui naviguaient sur la rivière des Outaouais et le St-Laurent, pour convoyer d’immenses plateformes faites de planches et s autres) Le célèbre Jos Montferrand (1802-1864) a non seulement été bûcheron, mais aussi maître de cage, dirigeant un contingent de rameurs.
Car ce qu’on appelle des cages n’ont rien à voir avec des prisons! C’étaient d’immense radeaux faits du bois coupé et équarri qu’on envoyait en Angleterre, avec des billots et des troncs que qualité moindre qui soutenaient les autres, et eux étaient revendus à Québec. Le radeau pouvait mesurer jusqu’à 500 m de long, et les raftmen manipulaient des rames longues comme ma cour arrière pour le diriger!
logo de la Maison des Cageux
Isabelle Regout et Alexandre Pampalon ont présenté des photos étonnantes, car j’ignorais tout des raftmen (à part la chanson), et n’avais vu que les fameux billots libres qui flottaient sur l’eau. Ils ont emporté en démonstration un morceau de cage flottante, fonctionnelle! Il va sans dire que c’était une opération remplie de danger, et un radeau pouvait se désagréger sous la force des courants et des rapides. Pour en savoir, plus, voir la maison des Cageux, à Lanoraie.
Signer avec des amis
Joelle Rivard, Claude Bolduc et moi signions nos livres pour les Six Brumes. Je dois beaucoup à Joe Rivard qui m’a donné des lifts, car Aylmer n’est pas le centre-ville de Gatineau, avec les trains de banlieue!
Et merveille, des FANS déjà abonnés à ma lettre mensuelle m’ont trouvée aux galeries d’Aylmer, et sont repartis avec mes recueils de nouvelles!
Et la richesse visuelle
Sans compter toutes les personnes qui par leurs atours ont fait de cet événement une réussite.
Un fier gentleman ! Deux ladies qui portent bien leur toilettes à thème marin! La belle mécanique, plaisir des yeux!
J’ai rencontré le sympathique Pascal Aubut, alias Honza Harmonicus, auteur et conteur steampunk; et Atomic Kitty Studio, à qui j’ai acheté un sac artisanal, et de sympathiques pirates qui savaient amuser les enfants.
Batailler avec des épées
Non mais que serait un festi Steampunk sans démonstration de combat ?
Nos escrimeurs s’activent avec des épées en fer (gauche) et en polymère (droite). Chose surprenante, elles ont le même poids (j’ai vérifié).
La savante folle a manqué les duels d’ombrelles, mais elle a gentiment profité de l’occasion pour une introduction à l’épée. Ayant jadis fait deux sessions d’escrime classique (sabre) au Cepsum, je pensais à l’avance: ouille, mes pauvres genoux!
Heureusement, les techniques du combat de type médiéval épargnent mes genoux. C’est fou tous les trucs contre-intuitifs, comme se servir du pommeau et la garde pour dévier les attaques. C’était tout en lenteur par prudence, avec des épées en plastique, lourdes. Et oui, le mythe des épées lourdes du Moyen-âge en prend un coup aussi.
La savante folle s’est bien amusée. Le gros plaisir du Steampunk, en plus d’acheter des accessoires et des livres, c’est de se faire prendre en photo !
Le Congrès Boréal qui se tenait au Cégep Bois de Boulogne, rassemble les amateurs et auteurs de SF francophones. Depuis dix ans, les Prix Aurora-Boréal y sont décernés (séparés des prix anglophones Aurora.) Avant le Congrès, des votes de mise en nomination pour les Prix Boréal sont comptabilisés des œuvres publiées/diffusées en 2023, et le vote final a eu lieu en fin de semaine. Dinaliste dans deux catégories, je n’avais pas beaucoup d’attentes mais… Surprise!
Ma BD Ruego et le blogue de la Savante folle (ici!) ont été récompensés.
Un grand merci à mes hordes de fans fantastiques qui m’ont décerné le prix Aurora-Boréal 2024 de la meilleure BD, avec Ruego (2023, Echofictions).
Ruego provient d’une nouvelle de Jean-Louis Trude, paru dans Solaris en 1999 (sous le titre Passions étouffées sous la pierre cendreuse), et adaptée par moi-même, avec un peu d’aide graphique de Salvador Dallaire, en 2003 dans le fanzine Zine-Zag 14 et 15; en 2007 en anglais pour un lancement à Windsor; en 2014, une édition limitée en français. Enfin, en 2023, une édition enrichie par une section de croquis et un historique, est publiée par Échofictions.
Mon blogue de la Savante folle est arrivé ex-aequo avec une formidable collègue, Mariane Cayer et son blogue Les lectures de Prospéryne! Le blogue de Prospéryne existe depuis longtemps, et ce n’est pas rien de recenser régulièrement les romans de genre! On a besoin de ces personnes qui prennent le temps de lire et de commenter, car le nombre étourdissant de publications, face à notre temps libre et aux prix des livres, nous empêchent de tout lire.
D’ailleurs, il y avait, seulement en SFF francophone, une pléthore de romans éligibles (dont Rose du désert, David 2023) aux Prix Aurora-Boréal. Je me souviens du temps où on pouvait lire tout ce qui se publiait au Québec en un an. *
Ce fut un moment particulièrement émouvant, car c’est la première fois que je remporte un prix Boréal. En plus du témoignage d’appréciation par mes pair-es, j’y ai gagné de superbes plaques artistiques préparées avec amour par notre grande dame de la SF, Élisabeth Vonarburg. C’est un service que l’écrivaine de Saguenay nous rend chaque année (et non, ce n’est pas de l’IA mais des productions d’artistes 3D).
Mes plaques de prix Boréal, aimablement préparées par Élisabeth Vonarburg. L’insecte est particulièrement impressionnant.
* Avec quelques best-sellers en prime. Le cheval d’orgueil, chronique paysanne très dure de Pierre-Jakez Hélias publiée en France en 1975, avait trôné au sommet du palmarès de La Presse pendant deux ans! Avant Le cheval d’Orgueil, il y avait eu d’autres succès, dont Papillon de Henri Charrières, et Le Parrain de Mario Puzo, les deux sortis en 1969.
Rose du désert, (David) est finaliste au prix AAOF de littérature jeunesse 2024 !
Voici les trois livres finalistes, et des auteures que je lis avec joie! Je recommande chaudement « Pas de chevaux dans ma maison » par Mireille Messier et illustré par Anna Bron. Comme dessinatrice, j’adore les chevaux, et les toiles impressionnantes de Rosa Bonheur, et je l’ai acheté… pour moi!
Être finaliste à un prix littéraire me dit que je n’écris pas dans le… désert!
Le dévoilement aura lieu en fin octobre à Ottawa. Pour plus d’information voir ici:
La WWC, qui se tenait au Delta de Calgary du 16 au 18 août dernier, m’a permis de recharger les batteries créatives, et de dire coucou à mes collègues de la plume. Pour les curieux, l’horaire est encore disponible ici
Ma récolte de livres (incluant aussi Scintillation 5) Il en manque quelques-uns dont un de Premee Mohamed, The Butcher in the Forest. et l’antho Carpe Noctem (vendu avec les petits dés. Il doit bien se trouver quelque part… :^) Robert Runte, une autorité sur la SF canadienne; Graeme Cameron (qui en plus de faire un bye-bye, publie Polar Borealis à ses frais), Allan Weiss (auteur du recueil Making Rounds) et une courageuse fan-auteure inconnue.Michele et Susan Forrest (lancement de Undaunted) 15 août à CalgaryJuste pour le fun, l’auteur principal de Undaunted, Dave Sweet, était arrivé équipé!L’éditeur de Undaunted, Mark Leslie, qui se dépatouille depuis des années avec sa maison indépendante Stark Reflections (avec Gilles, Michèle la savante folle, et Susan Forrest co-auteure de Undaunted)Avec Brenda Carre, rencontrée en 2016 au Anthology Workshop à Lincoln City. Brenda portait une belle veste différente chaque jour de la convention!Avec Lyn Worthen, qui écrit des thrillers et de la dark fantasy. Guy Immega, auteur de Super Mother Earth, qui aime la hard-SF! J’ai acheté son livre aussi.
La Slush, c’est bon…
Graeme Cameron, Susan Forrest, Michael Martinek, Ella Beaumont. Manquant: Rob J. Sawyer (arrivé plus tard). Reader: Kevin Weir.
Le panel le plus utile si vous débutez en écriture, c’est celui appelé « Slush fiction ». Le terme slush provient du grand volume de soumissions que les premiers lecteurs-trices doivent se taper pour en sélectionner une infime partie. J’ai participé au premier mais il s’y trouvaient des auteurs et anthologistes à l’oeil perçant!
Alors les lecteurices expérimenté-es décèlent très vite les tics, les erreurs ou les clichés. Je suis aussi reconnaissante à Rhonda Parrish, Adria Laycraft, Shirlee Smith, Ella Beaumont, Greame Cameron.
Mon exemple favori d’écueil, revenu deux ou trois fois en deux sessions:
– NE débutez PAS une histoire avec un personnage qui se réveille (dans une chambre blanche, encore pire!)
– ÉVITER: le personnage qui regarde, observe trop… ça attire l’attention sur le fait qu’il-elle ne fait rien ou attend!
– Il faut savoir très vite QUI raconte, ou QUI on suit, et le problème à résoudre doit arriver aussi vite.
Les oubliés… tannés d’être tassés sur la bande!
Trop souvent un auteur introduit un-e personnage secondaire handicapé dans une histoire, surtout pour cocher la case handicap. MAIS le traitement montre que souvent les auteurs n’ont pas la moindre idée de ce que c’est que vivre l’expérience. (Je plaide coupable ici au moins une fois, par contre, dans Les nuages de Phoenix, Blanche est l’héroïne.)
Mon panel préféré, We are the heroes, not the sidekicks: Building worlds and stories in SFF that centre disabled protagonists avec Cait Gordon, l’auteure de ce livre, Cait Gordon and Iris and the Crew tear Through Spaceet les collègues: Arlene Marks, Madona Sakoff, Rick Overwater, Fiona McTaggart. Je connais moins les autre participants, mais je retiens que peu de personnes marginalisées à cause d’un handicap se reconnaissent dans la fiction.
Et c’est tout aussi enrageant quand la personne qui nous ressemble est juste un sidekick. Ou encore, on « guérit » le handicap de la personne et là, yahooo, tout est beau! Ou bien, le héros sauve une personne qui fait pitié mais, ô surprise de loterie! il s’avère être le « whizkid » talentueux qui va sauver la colonie!
J’ai beaucoup appris, et apprécié cette vision inclusive, pas du tout réductrice des personnes qui ont juste de besoins particuliers d’assistance technique et d’aménagement. Dans l’univers de Cait Gordon, tout est accessible et personne ne se considère « disabled ».
À noter que ça rejoint le piège que vivent bien des athlètes des jeux para-lympiques: pitié ou inspiration.
En cadeau à la fin
Il restait beaucoup de livres de SF à la p’tite librairie sauvage… J’ai donné des livres pour les bénévoles. En fin de convention, avant notre souper d’au-revoir, tout le monde est content.
Et après un excellent souper avec des collègues qui retournaient le lendemain. Le lendemain, Gilles et moi nous sommes permis une belle promenade dans les parcs de Calgary. Je ne manquais pas de lecture!
Le très beau Heritage Park.
NOTE de fin: je suis hyper-lente pour écrire les compte-rendus de conventions de SF. Dire que dans deux semaines, c’est le Congrès Boréal…
Le week-end du congé civique a été fertile en activité sportives: la Savante folle s’est livrée à de la course à pied (12.5 km dimanche), a fait des trajets en bicyclette (12 km lundi) et de la natation : plus d’une heure de nage lundi dans une piscine publique (illustrée en 5 minutes sur Clip-Studio, record de vitesse).
En fait, plus que ça en comptant les trois jours: 17 km de course à pied, 16 km de bicyclette… J’ai fait un petit effort ne pensant aux JO de Paris, et aux athlètes et leurs familles.
Et je dis BRAVO à tous ceux-celles qui ont atteint les 4e et 5e places!
et les 6e, 7e, … que la chance ait été ou non avec vous! *
Non, vous n’êtes pas au pied du podium, snif, snif c’est donc triste!
Oui, les médias ne voient que l’or, l’or, l’or, au point que les médaillés de bronze ou d’argent sont relégués dans l’ombre.
Oui, parfois on passe à un cheveu d’une victoire, à une chute imprévue d’une médaille.
Vous avez travaillé dur, subissant dans certains cas des pressions mentales insoupçonnées, et l’imprévisible s’est produit.
Vous avez travaillé dur et fait bien plus de sacrifices que la Savante folle qui se considère comme athlète de bas niveau! C’est un exploit extraordinaire que de se rendre aux Jeux Olympiques, peu importe la distance au podium, ou la position. Bravo !
J’ai écris cet article voici plusieurs années, et c’est encore de mise. Pour vous, j’offrirais une médaille en chocolat!
Quelques photos pour faire rêver. Des oiseaux, des couchers de soleil, des promenades en kayak au petit matin… Tout pour nous faire désirer un monde plus convivial, plus harmonieux.
La savante folle en kayak sur la rivière!
Au petit matin, un miroir presque parfait… un symétrie étourdissante.
J’y ai vu des animaux comme ces tortues peintes qui se réchauffent sur une vieille branche. Se promener en kayak avec des jumelles pour observer les oiseaux, et un téléphone pour prendre les photos est risqué!
Reflet presque miroir d’une aigrette blanche à l’affût, au petit matin.
Du blanc au noir, un cormoran qui se sèche au soleil. Le cormoran plonge beaucoup et souvent, nageant une bonne distance sous l’eau, pour réapparaître plus loin.
La dure réalité des plantes envahissantes qui causent l’eutrophisation des lacs (et des rivières), font mourir les plantes indigènes par manque de lumière. Les engrais phosphorés participent aussi au phénomène. Les joyeux vacanciers en bateau doivent d’ailleurs bien nettoyer (et sécher!) leur embarcation avant et après utilisation pour contrer la propagation de la moule zébrée.
Et que serait une destination touristique sans sa plage de sable doux, animée par des épaves de bois sec aux allures fantastiques?
Un promeneur solitaire! En fait, il y avait deux espèces de goéland, ceux à bec cerclé, les plus courants, et le goéland argenté, plus gros.
Je recommande chaudement le Kit Wat Marina au bord de la rivière Sauble Falls (cette photo vient du site de l’hébergement)! On avait la chambre en bas en face du pot de fleurs. Et on peut utiliser les canots, kayaks et paddle boards (avec veste de sécurité) toute la journée! Le bon mari a beaucoup aimé cet endroit, près de l’eau, et lui aussi a pris plein de photos!
Coucher de soleil capturé depuis mon kayak sur la rivière, avec un petit clin d’œil du soleil qui se retire pour la nuit. Et la savante folle va en faire autant….
Les pluies intermittentes ont accéléré le mûrissement de nos buissons de framboises. La savante folle doit délaisser l’écriture de ses romans de SF pour cueillir ces perles carmin!
Croyez-le ou non, j’ai récolté neuf pots de framboises congelées cette année.
Nourrir l’humanité?
Bien sûr que non, pas avec mon tout petit jardin!
Mais avec ces neuf contenants de margarine pleins de framboises, imaginez ce qu’on paierait à l’épicerie en hiver. C’est ma petite contribution à la résilience de notre maisonnée. Vive l’agriculture urbaine, si modeste soit-elle!
Quand je cueille n’importe quoi, des pommes en automne, des fraises, des baies de Saskatoon, des bleuets… l’auteure de science-fiction en moi songe à la générosité de la nature, et à la fragilité de notre société. Difficile de faire autrement avec l’état de la politique et du monde. J’ai écrit des dystopies sociales, dont ce roman chez David qui donne froid dans le dos avec ses prévisions.
Mais je préfère me projeter dans un ailleurs très lointain, et imaginer des sociétés différentes, plus utopiques, comme les Jardiniers de La quête de Chaaas.
Dystopie quand tu nous tiens…
J’aime bien les films de SF dystopique comme les Mad Max à l’époque, très excitants, mais oh, que je suis consciente de la difficulté de reconstruire quand les gens se méfient les uns des autres, quand la nourriture et l’eau manquent. (Et je me demande où ils trouvent toute cette essence pour faire rouler leurs gros chars dans le désert!)
Pour produire une dystopie, on divise les gens pour mieux régner.
On détricote la cohésion sociale avec les médias contrôlés par une dizaine de super-riches qui s’auto- proclament « esprits libres »;
on monte des groupes les uns contre les autres;
on attise la haine comme un feu de camp, et on ne manque pas de bûches à brûler.
On tire des mots-boulets de canon comme woke (être réveillé.e c’est le mal!), parasites, fauteurs de trouble;
tout en retirant le maximum d’autonomie aux citoyens, réduits à des porte-monnaies.
Cueillir, un acte de contemplation
Cueillir sa nourriture avec lenteur, sans crainte, me semble une des bases du bonheur. Cueillir est un acte de contemplation. Cueillir cultive la patience, tellement aux antipodes du feu d’artifices d’excitation, ce bruit qui étouffe la pensée.
Je me pique les doigts beaucoup en allant attraper sous les feuilles, des fruits qui mûrissent en silence. L’effort particulier de cueillir des petits fruits me rapproche des paysannes qui font ces mêmes gestes dans des conditions beaucoup plus difficiles. Le dos, les genoux, les cuisses se barrent. Le cou fatigue car je me penche en un U inversé pour repérer les framboises prêtes.
Il faut savoir ne pas tirer trop fort. Être zen. Mettre juste assez de force pour détacher le fruit à point. S’il résiste, il faut patienter un peu. En ce moment au 3 juillet, les framboises mûrissent presque à vue d’oeil. On dirait que du Rubus idaeus sait quand un animal a dégarni ses branches, et les fruits restants se mettent à rougir plus vite.
Ces généreux buissons, une fois dégarnis, jaunissent et, leur devoir accompli, meurent, pendant que les nouvelles poussent s’étirent vers le ciel.
Les mots à cueillir
Dans la vie d’écriture et de création, je n’attends pas la muse, mais les résultats se font parfois attendre! Je jette des histoires à la mer et quelques unes surnagent, trouvent leur place sur un cargo ou un paquebot qui passe.
Je travaille ce printemps et cet été sur deux histoires, pour des publics différents. Et parfois je tombe en panne. Une intrigue manque de conflit, pour l’autre, l’information est difficile à trouver.
Alors quand je coince, rien de tel que cet acte si concret, si doux, de cueillir des petits fruits en attendant de cueillir des mots.
La suite des aventures de notre vaine écrivaine et de son patient mari! Au moment où nous avions laissé notre sympathique couple, des nuages venaient de cacher l’azur du ciel, et donc de menacer la vue d’un phénomène aussi céleste que rare.
Les nuages gris dans le ciel Photo de Chris F sur Pexels.com.
MICHÈLE, le nez en l’air, plisse les yeux comme pour faire fuir les nuages, mais peine perdue, le firmament reste indifférent à ses ondes mentales. MICHÈLE (le nez en l’air) : Grogn! Tous ces nuages vont gâcher notre observation!
GILLES : On ne verra peut-être pas l’éclipse après tout…
MICHÈLE se sent un peu coupable d’avoir insisté pour que le bon mari prenne une journée de congé ce 8 avril. Enfin, notre écrivaine enthousiaste se secoue et décide de faire contre mauvaise fortune bon coeur. Il y a une raison pour laquelle elle a choisi le jardin botanique de Burlington (Royal Botanical Gardens).
MICHÈLE (tapotant l’épaule du bon mari): : Bon ben, faut voir le bon côté des choses: on a un superbe parc pour se promener et observer les oiseaux en attendant l’heure H. Et puis, même avec les nuages, on va bien s’en apercevoir quand il va faire noir!
Ainsi fut fait. Main dans la main, notre couple de scientifiques amateurs sillonnent les sentiers. Ce 8 avril, une flopée d’oiseaux célébraient le printemps avec leur ramage, tandis que les feuilles encore occupées à bourgeonner nous laissaient voir leur plumage. Plusieurs mésanges poussaient même l’audace à se poser sur les mains tendues des touristes (car bien des Ontariens avaient eu la même idée. )
Le parc compte des marais que l’on traverse à pied sec sur des passages surélevés, et un petit pont qui enjambe un bout de lac plein de cygnes.
Notre couple croise :
1- des naturalistes installés pour prendre des photos des animaux du parc, surtout les oiseaux pour évaluer les réactions.
2- Une famille hamish tout de noir vêtue en train de pique-niquer. On les croirait sortis du XIXe siècle, les femmes en robe longue et bonnet, les hommes en barbe et bretelles (mais équipés des lunettes d’éclipse, quand même, ah, la modernité!)
3- Deux bonhommes d’un certain âge en pick-up peinte F*ck Trudeau! qui se débarquaient un canot pour pêcher au milieu du lac.
4- Un monsieur et son épouse qui avaient chacun un super-canon (Cannon) pour prendre des photos de l’éclipse, ce qui fit regretter à GILLES de n’avoir que son téléphone. Le monsieur nos a laissé gentiment soupeser son appareil, incroyablement léger!
5- une dame plus âgée elle aussi équipée d’un bon appareil, qui photographiait des cygnes (les plus gros oiseaux flottant sur le lac, même les bernaches en ont peur!)
6- Des cygnes, des goélands, des bernaches, de pics, des mésanges, geai bleus, bruants… des oiseaux en veux-tu, en v’là! MICHÈLE se considère particulièrement gâté par ces chants d’oiseaux qui accompagnent leur marche.
Après avoir marché des kilomètres, et collationné sur un banc d’amoureux près des marais, MICHÈLE et GILLES reviennent sur leurs pas vers le petit pont où ils ont repéré des bancs bien orientés. MICHÈLE consulte sa montre.
MICHÈLE (levant le nez vers les nuages): ah maudine, l’éclipse est en cours pis on voit rien!
GILLES (observateur) étonnant car on ne voit pas de diminution de lumière ambiante.
Arrivés au petit pont, la famille amish est encore là, les cygnes aussi. Un cygne trompette, c’est gros en titi, même les bernaches ont l’air de moineau rachitiques à côté! Sur leur plumage d’un jaune moutarde douteux, on distingue des plaques orange vif avec des numéro de bingo B-23. C’est que le parc a aménagé des lacunes pour protéger l’espèce. D’autres oiseaux en profitent aussi, telle une sterne arctique, un oiseaux que je n’avais jamais observé auparavant, en pleine migration.
GILLES et MICHÈLE re-croisent le couple de retraités super-bien équipé côté caméra; ce ne sont plus des objectifs, mais des canons… La dame d’un âge certain, elle aussi suuuper bien équipée demande de partager leur banc. Factoïde intéressant : c’est une charmante bénévole qui a assisté à l’éclosion des cygnes qui pataugent allègrement devant nous.
Alors que GILLES, passionné de photographie, échange avec le couple (parce que le bon mari est moins à jour avec son équipement), MICHÈLE remarque que… les nuages s’éclaircissent!
Vite-vite, elle chausse les lunettes. Et observe cette belle orange entamée malgré le voile de nuages!
Photo de Lucas Pezeta sur Pexels.com (pas chez nous, mais le nuage est réaliste!)
Vite, vite, nous mettons nos lunettes! GILLES se dit qu’il aurait dû apporter son appareil photo, car le téléphone n’est pas terrible pour capture la totalité.
Chose surprenante, il faut attendre qu’il reste un tout petit bout de soleil avant que le soir illusoire ne tombe. Et, les animaux? Eh bien ça ne les a pas énervés du tout! Ce sont les humains qui se sont mis à crier de joie dans l’obscurité.
MICHÈLE (les yeux brillants) : Aaaah, la totalité! On est gâté, je vois Jupiter, là…
En effet, au-dessus de nos amoureux, le ciel assombri s’est piqueté d’étoiles (et d’une couple de planètes que MICHÈLE a vite fait de repérer) tandis que sur le pourtour, régnait un coucher de soleil à 360 degrés.
GILLES: je suis content d’avoir pris congé, finalement…
GILLES et MICHÈLE se donnent un bis furtif.
(Smouck)
Un troupeau de petits nuages galopait dans le ciel, mais aucun pour cacher le couple Lune-Soleil. La sublime bague de diamant que Michèle a observé direct avec ses jumelles… avec les petites protubérances rouges-violettes sur le pourtour!
MICHÈLE: snif!
(Crédit: Deposit Photos/Jim Cumming), parce qu’on n’était pas du tout équipés!
Bref, notre couple a bien profité du parc, et observé l’éclipse pendant une grosse minute et demie. Un moment de bonheur astronomique que MICHÈLE gardera longtemps en mémoire!
Dessin de MICHÈLE fait dans son calepin au crayons de couleur, de mémoire, au retour de cette remarquable expédition. Les rayonnements étaient impressionnants, même si elle s’attendait à de plus grosses protubérances!
Le 8 avril 2024 au petit matin… Michèle l’astronome enthousiaste, bondit !
MICHÈLE: Gilles, Gilles!
GILLES : Gne gne gne…
MICHÈLE (surexcitée): c’est le grand jour! L’éclipse! L’éclipse!
GILLES (qui est quand même au courant depuis un bon moment): Mais c’est juste cet après-midi…
MICHÈLE (Les bras croisés, incrédule devant la placidité de sa douce moitié): Gilles, tous les hôtels et les places publiques sont bookées depuis une semaine su’le chemin de la totalité*!
MICHÈLE poursuit son explication en finissant de lacer ses chaussures de course.
MICHÈLE: Donc si on arrive au petit parc public que j’ai judicieusement repéré près de Hamilton en après-midi, il ne restera plus de place!
EXPLICATION: MICHÈLE et GILLES ont de la chance de résider dans la grande région de Toronto, laquelle n’est pas tout à fait sur le chemin de la totalité. Par contre, à trente minutes de leur domicile, un petit parc sympa leur offrira un petite minute et demie de totalité.
MICHÈLE: Pas question de s’entasser à Niagara Falls, où il y a déjà un million de personnes qui rendent pour voir la lune occulter le soleil pendant un beau trois minutes. Si on arrive le matin on va être assez à l’avance.
GILLES se lève enfin : ouille! Mes pauvres jambes!
EXPLICATION: MICHÈLE traîne GILLES tous les samedis à une course à pieds, et si le bon mari achève la course, ses muscles sont rancuniers!
Pendant que GILLES finit de déjeuner, MICHÈLE remplit la petite hybride familiale avec tout ce dont ils pourraient avoir besoin: couverture pour pique-nique, sandwiches, boissons, jumelles (pour les oiseaux, pas pour l’astre du jour!) parapluie (on a annoncé 30% de risque, on ne sait jamais…) chaise pliantes, napkins…
MICHÈLE (un peu distraite): ai-je oublié quelque chose?
GILLES arrive avec une enveloppe brune (pas celle des politiciens véreux, une enveloppe d’expédition d’une célèbre compagnie dont MICHÈLE a enrichi le propriétaire) : Les lunettes d’observation?
MICHÈLE: ah, tiens, oui…
MICHÈLE avait bien sûr pris soin de tester lesdites lunettes ISO 12312-2 achetées à prix d’or à une compagnie recommandée par les sites d’astronomie sérieux.
En suivant scru-pu-leu-se-ment les étapes A- essayer de regarder une chambre à travers: noir total. Si vous distinguez un meuble, attention! B- Regarder par une fenêtre au-dehors par ciel bleu. Noir total. C- Va dehors et enfile les lunettes dos au soleil: Noir total. D- se retourne et cherche le soleil. Tiens, une petite orange perdue dans une immensité noire…
Conclusion, les lunettes d’observation fonctionnent et MICHÈLE ne s’est pas faite avoir par une sinistre contrefaçon!
BREF, en avant dans la petite Ford C-Max hybride vers une nouvelle aventure!
***
Après avoir trouvé un stationnement épatant pour y garer la petite hybride, MICHÈLE et GILLES trimballent les chaises, pique-nique, jumelles, etc… dans le grand jardin botanique de Hamilton. On est encore le matin et il y a peu de visiteurs. En plus, les oiseaux chantent car c’est aussi le printemps, ce qui met notre auteure de fort bonne humeur.
MICHÈLE: Ça regarde bien, Gilles! On va être aux premières loges ici!
Juste à ce moment, un nuage tout floconneux se pointe dans le ciel.
MICHÈLE : Grogne! Ouste!
GILLES (en train de choisir un banc adéquat) : bah, c’est juste un petit nuage de rien du tout.
Les deux s’installent pour lire. Hélas, très vite, le nuage est suivi de plusieurs autres qui s’empilent en une masse aussi grise qu’opaque…
MICHÈLE (levant les yeux du Asimov’s qu’elle lisait): Coudonc, où est le soleil?
(À SUIVRE…)
* Totalité : c’est là qu’on va voir la lune recouvrir complètement le soleil, puis y va faire noir.