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Pollution et climat: du cinéma à la démarche scientifique

En parallèle à mes activités d’écriture, je garde un oeil collé (mais pas trop) sur l’actualité et les sciences. Ce qui me permet d’observer les jeux des « controverses » qui agitent les médias face aux symptômes du réchauffement climatique.

Mentalité à tiroirs : Climat et pollution ne sont pas séparés

Les deux tiroirs

La dernière tendance dans le déni du changement climatique est arrivée: un article du The Globe and Mail dit aux écologistes de se la fermer, euh … « se concentrer sur les vrais problèmes» (la pollution, le smog, la perte des habitats naturels) au lieu du réchauffement de la planète qui est trop compliqué pour qu’on y applique une solution simple. On encourage les lecteurs soucieux de l’environnement de séparer le bon grain de l’ivraie.

Cette assertion suppose l’existence de deux tiroirs distincts: l’un appelé «climat» et l’autre «pollution», qui ne peuvent pas être ouverts en même temps. Lire la suite

Allons aux pommes!

POmme jauneUne pomme dorée, (Golden Delicious) attend qu’on la cueille!

Chemin Terre 5 minutesUn sentier qui ouvre sur l’horizon… Quand le verger est à 5 minutes de véhicule de chez nous, profitons-en!

Une sauterelle participe au festin?Une sauterelle de passage sur une Ida Red.

Coeur de PommesOn trouve des trucs poétiques laissés par des gens qui fréquentent le verger. Cependant, comme peu de gens vont ramasser ces pommes à terre (même en bon état), vous regardez des pommes gaspillées qui finiront en compost.  J’en ai sauvé quelques-unes qui finiront en compote!

Tour de tracteurLe tour en tracteur, toujours populaire auprès des petits et des grands!

Citrouilles fantômeDes citrouilles fantômes… toutes blanches! Il y avait beaucoup de gens d’origines diverses, qui apprécient  de se retrouver dans ce cadre paisible tout près de notre grande ville de Mississauga! (En passant, les élections s’en viennent, et Hazel, 89 ans, se représente pour un 12e mandat…)

Courges BizarresCes courges semblent venir d’Arcturus… pas du tout!

Ces courges d’allure extraterrestres sont produites localement. En cas de coupure de l’approvisionnement étranger ou de perte de récoltes de céréales, ces cucurbitacées, qui se conservent sans réfrigération jusqu’au printemps, peuvent assurer notre survie! En attendant, elles offrent un beau fond d’écran! (On peut m’écrire pour obtenir la version lourde.)

Hmmm, pour finir  deux belles pommes Ida Red croquantes, pour tous les visiteurs et ami-e-s de la savante folle!

2 pommes RougesÀ votre bonne santé !

Virage 54 s’en vient… avec ma couverture!

La revue Virages, qui avait récemment perdu son financement du gouvernement fédéral, va sortir son numéro 54 avec une belle illustration dont je suis l’auteure. Avec la permission de Marguerite Andersen, directrice de  Virages,  voici la couverture du numéro qui va sortir. Le montage a été réalisé par Estelle de la Chevrotière.

Virage 54 Illustration de couverture par Michele Laframboise

Ça faisait un mois que je me creusais la tête pour trouver une image et l’échéance approchait. Marguerite souhaitait « quelque chose de sauté » , une illustration très originale, moi étant une auteure de  science fiction et tout… L’inspiration est venue pendant que je révisais un manuscrit dans le train entre Ottawa et Toronto. J’ai dessiné la ville flottante au crayon à mine dans la train, puis repassant les traits à l’encre. De retour, je l’ai digitalisée, pour ajouter les couleurs.

Par honneur, Marguerite continue de verser un salaire à tous les collaborateurs de Virages. J’ai choisi de ne prendre que la moitié du cachet prévu, pour aider à couvrir les frais de fonctionnement de la revue. *

Voici l’illustration, intitulée « Francophonie universelle ».

Couverture de Virages 54

Le ciel bleu de cette vision de SF est inspiré par un titre de recueil  Grand ciel bleu par ici, de Robert Dickson, ** poète francophone de Sudbury.

Ces villes éthérées, dont la forme vu sous cet angle rappelle le trille,  sont reliées entre elles, et à leurs planètes nourricières. Cette belle vision de science fiction représente aussi la culture et les nécessaires liens qui doivent continuer de nous unir.

Grand ciel bleu par ici

Robert Dickson

* cachet

J’aurais pu faire cette illustration de façon complètement bénévole, mais ça n’aurait pas envoyé le bon message. Les écrivains et artistes ne sont pas des « rêveurs » qui  « s’amusent à écrire ou dessiner dans leurs temps libres ». Ils-elles sont des professionnels qui partagent idées, inspiration et réflexions avec le public.  Ils et elles consacrent du temps et des efforts pour réaliser leurs oeuvres,  une contribution sociale valable.

** Robert Dickson

J’ai eu la chance de la rencontrer en 2005 et 2006, dans des salons du livre en Ontario. Il était très affable, dynamique, on ne lui donnait pas son âge! C’était une belle voix qui s’est envolée le 19 mars 2007 au petit matin…

Maudite pub !

C’est en voyant pour la énième fois une pub de jeans montrant deux  jeunes femmes à moitié nues qui s’embrassent sur une plage humide (notez le sous-texte sulfureux…)  que, des fois, le sexisme dans la pub me frappe.

Surtout quand la dite publicité trône sur un panneau géant juste devant une sortie de la 132 à Longueuil, qui apparait au moment où le conducteur doit prendre une décision et changer de voie.

*

Imaginez si vous êtes au volant d’un rutilant véhicule et que soudain sous vos yeux fatigués par la longue route vous apparaît…

(Attention âmes sensibles, pudiques ou carrément cochonnes, sautez ce lien.  Vous ne manquez rien dans les deux sens!)

cette image.

Encore une autre cause méconnue de distraction au volant et d’accident… et qui montre que parler de sexisme peut conduire tout naturellement à la sécurité routière ! Si vous êtes un gars vous êtes titillé, si vous êtes une fille vous êtes dégoûtée. Dans les deux cas, vous êtes sérieusement en danger de collision.

Heureusement pour les conducteurs, ces affiches sévissent davantage dans les abris d’autobus, formant les cerveaux (et les attentes) de la prochaine génération, snif!

Du changement de l’image du jean

Jadis un symbole de libération… de révolte de la jeunesse contre les valeurs rétrogrades, le jean, créé en 1870 par Oscar_Levi_Strauss et Jacob Davis    pour les bucherons, puis, porté par les hippies, devient de plus en plus branché, de plus en plus moulant, de plus en plus con-for-ta-ble!

Et conformiste!

Les valeurs de liberté et de fougue que ce vêtement, devenu universel, portait commencent à s’amalgamer avec les valeurs matérialistes des compagnies qui les font fabriquer en Asie et au Mexique par des quasi-esclaves. Sur l’affiche, le fantasme soft-porn des esclaves qui s’offrent à vous…

C’est pour cela que la mentalité aguicheuse de pseudo-libération sexuelle  des affiches de jeans me hérisse.

Parce que pour moi, ce pantalon, particulièrement mon jean vert qui m’a suivie dans combien d’activités et de voyages depuis presque 20 ans, représente autre chose.

Le rêve, l’aventure, la poésie…

La savante folle en pleine course dans ses jeans bleus avec un billet d'autobus dans la main (je n'ai pas trouvé de photo de moi avec mes Jeans verts) !

Dites 33…

La savante folle a chaud!

33 degrés Celsius.

La température officielle dans la région de Toronto en cette fin d’août 2010. Ce matin, il fait déjà 28 à 10h30 et on annonce un smog. La température ressentie hier était de 38 degrés Celsius avec le facteur d’humidité. Les fontaines publiques étaient populaires, si on avait le courage de pédaler pour s’y rendre!

Ce qui m’inspire le poème suivant (la nouvelle de la caricature est passée à la radio hier, pour les détails voir ce site de Radio-Canada)

La canicule ayant chanté tout l’été
les industries pétrolières
se trouvèrent fort embêtées
d’attendre la première bise de l’hiver

Alors elles entonnèrent en choeur
leur berceuse habituelle

Consommez en paix
Carburez en paix
Dormez en paix

le climat ne se réchauffe pas, non, non.
Les savants se leurrent
Nos profits nous confèrent
science et vérité infuses

Consommez en paix
Carburez en paix
Dormez en paix

Nada, nada, nada
Rien de grave au Canada

Et si la Terre meurt
Ce sera de causes naturelles

G20 raisons… la suite!

G20 raisons…. de ne pas aimer le G20! (la suite)

image parlante

10. La population dé-capitalisée se sent comme des chiens derrière une clôture qui espèrent que des miettes retomberont de la table du G20.

Site du nouvel observateur

9. J’ai eu moins de temps pour me préparer cette année.

8. La profonde difficulté de nommer TOUS les groupes qui vont manifester leur existence, tant ils sont variés, colorés et nombreux-nombreuses. Les voix sont muliples, et ils sont mieux  de se regrouper pour ces événements. Il y a ceux que je connais un peu: Oxfam, Attac-Québec, Équiterre, les groupes féministes, gais (c’est pas toujours gai pour eux-elles!), écologistes*, ceux que je découvre sur internet, le CLAC … Les seules groupes qu’on ne trouve pas, ce sont les financiers…

*J’ai grandi avec le mot écologie et ne me suis jamais habituée à l’usage du mot « environnementalisme ».

7. Le milliard en coûts. Tiens, voici ce vidéo qu’une résidente de Milton, Jennifer Smith, a enregistré: If I had a Billion dollars… en modifiant les paroles d’une chanson des Barenaked Ladies. (Non, c’t’un groupe de gars.)

6.  Je n’irai pas manifester cette année. Je manifeste en idées à la place. Mais voici deux photos-souvenirs de la savante folle à Québec 2001… manifestant contre la mise en place de la ZLEA.

La savante folle manifeste avec Attac-Québec! Tous à la manif!

5.  Palabres, palabres, et pendant ce temps… Une image frappante du site d’Attac-Québec, datant de 2009. Et le plus révoltant, c’est que la droite fait  tout pour multiplier les enfants vivant dans cette misère… en décriant le planning familial.

La faim, un tueur silencieux

4. Saviez-vous que le G-20 n’a aucune existence légale? Comme le G8, le G20 est une fiction, une association informelle, sans statuts ni personnalité juridique. Leurs résolutions et décisions restent des simples recommandations, sans effet concret tant qu’une institution attitrée légale ne les applique pas.

3. …Et pourtant les décisions qui y seront prises auront un impact sur nos vies et sur nos droits concrets. Comme l’indique Danie Royer, porte-parole de la CLAC 2010 : « Cette rencontre finalisera un des plus grands détournements de fonds jamais vu, c’est-à-dire le transfert de centaines de milliards d’argent public vers les responsables de la dernière récession : banques, fonds d’investissements privés, compagnies transnationales, spéculateurs de tout acabit, etc. »

2. Le déficit démocratique, qui fait naitre un sentiment d’impuissance. Sommes-nous en démocratie, quand le gouvernement  contrôle l’information tel un Big Brother, et que les Conservateurs issus du Reform party disposent de l’immense puissance des grands médias tous alignés sur la pensée d’une certaine « droite conservatrice »?

Consommateur aveugle

Il nous reste un pouvoir: acheter les yeux ouverts…

1. Que ces rencontres ne soient pas encore réalisées par télé-conférence ou projection 3-D. Ca aurait coûté quelques millions  en technologie, mais on aurait épargné un milliard de dépenses en sécurité!

G 20 raisons…

G 20 raisons de ne pas aimer  le G20

La table est mise...
(la table est mise au Métro Toronto Center)

20. Le lac artificiel, une vitrine artificielle de 2 millions. Une photo ici.

19. Le traitement négatif et réducteur que nos médias accordent aux futurs manifestants et protestataires.* Ici, la marhe des Premières Nations contre le G20 qui s’est bien déroulée, et qui ne fera pas la une des médias, évidemment!

* Je fus protestataire lors du Sommet des Amériques dans la ville de Québec, le 21 avril 2001. Les pourparlers visaient à proposer une Zone de libre-échange des Amériques (ZLÉA). Autour de 68 000 personnes ont marché dans la joie et le calme (assuré gratuitement par le service d’ordre des syndiquats) se méritant une petite photo dans La Presse, qui a en revanche consacré quatre pleines pages de photos à la centaine de casseurs.

18. La hauteur de la barrière de sécurité, qui envoie le méta-message que les opposants politiques sont des bêtes sauvages. Une prédiction que les journaux espèrent voir se réaliser, puisque la barrière agit comme une provocation.

17. La liste des sujets importants pour Steven Harper. L’économie* passe devant tout. Après, la santé maternelle et infantile: les femmes qui meurent en couches dans le monde et leurs enfants. Une miette d’environnement (imposée par les autres chef-fes) d’État.  La taxe Robin des bois, elle aussi imposée par les autres pays (ça c’est plutôt une bonne nouvelle)

*“The private sector and governments must work together closely to ensure a durable economic recovery,” citation de John Manley.

16. La liste des sujets exclus par Steven Harper. Entre autres la culture (what?),  l’avortement*, auxquels bien des agonisantes de l’item précédent n’ont pas eu accès. Combien? aucune étude ne s’y est intéressée. On rapporte le nombre de femmes charcutées par des avortements clandestins (70 000 par an dans le monde), mais pas de celles obligées de courir le risque de mourir en couches.

* et la contraception qui éviterait bien des avortements (comme des implants à long terme), n’est pas plus disponible!

15. Le salissage des politiciens provinciaux, soupconnés d’espionnage par le chef du SCRS, Richard Fadden. Lequel, en refusant de donner des noms ou des accusations spécifiques, préfère laisser un nuage de doute planer sur la tête de personnes innocentes*. Je soupçonne une instruction cachée venant de haut plus qu’une paranoia nécessaire pour pratiquer ce travail. C’est une insulte pour les politiciens provinciaux, surtout comparée à un gouvernement fédéral entièrement sous influence… de la droite made in Alberta!
À ces assertions sans fondement, les politicien-nes concernées devraient opposer l’humour: « Bonjour, mon nom est Charest. Jean Charest. »

* Entre autre, Olivia Chow, députée de Trinity Spadina (à Toronto), puisque M. Fadden a mentionné la Chine comme puissance étrangère. C’est un coup très bas qui rappelle à la fois le régime communiste à la Big Brother et le McCarthysme.

14.  Le désert qu’est devenu le centre-ville de Toronto. Aujourd’hui vendredi, les écoles de la ville sont fermées et le transport scolaire annulé.

13. La population policière qui occupe ce même centre-ville, avec la technologie au point. Les journaux applaudissent à chaque arrestation effectuée qui justifie ainsi la dépense.

12. Le B-20, ces puissants gens d’affaires qui ont un accès privilégiés aux chefs d’États.

11. Le sommet des jeunes entrepreneurs triés sur le volet. Une entrevue radio avec l’un d’eux a donné des réponses de politicien calquées sur celles de Steven Harper sur l’aide à la santé maternelle.

Les dix premières raisons… dans l’article prochain, car il y en aurait beaucoup plus à dire!

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Les participants au G8 cette année à Muskoka

Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni, Russie

Les participants au G-20 (tiré de Wikipedia, pour ceux qui cherchent les noms des dirigeants, le site en français ne les avait pas)

Argentina Cristina Fernández de Kirchner, President of Argentina
Australia Wayne Swan, Deputy Prime Minister of Australia
Brazil Luiz Inácio Lula da Silva, President of Brazil
Canada                       Stephen Harper, Prime Minister of Canada (ai-je besoin de mettre un lien?)
China Hu Jintao, President of the People’s Republic of China
France Nicolas Sarkozy, President of France
Germany Angela Merkel, Chancellor of Germany
India Manmohan Singh, Prime Minister of India
Indonesia Susilo Bambang Yudhoyono, President of Indonesia
Italy Silvio Berlusconi, Prime Minister of Italy
Japan Naoto Kan, Prime Minister of Japan
Mexico Felipe Calderón, President of Mexico
South Korea Lee Myung-bak, President of South Korea
Russia Dmitry Medvedev, President of Russia
Saudi Arabia Abdullah bin Abdul Aziz, King of Saudi Arabia
South Africa Jacob Zuma, President of South Africa
Turkey Recep Tayyip Erdoğan, Prime Minister of Turkey
United Kingdom David Cameron, Prime Minister of the United Kingdom
United States Barack Obama, President of the United States

Nations invitées :
Colombia Álvaro Uribe Vélez, President of Colombia
Ethiopia Girma Wolde-Giorgis, President of Ethiopia
Malawi Bingu wa Mutharika, President of Malawi
Netherlands Jan Peter Balkenende, Prime Minister of the Netherlands
Nigeria Goodluck Jonathan, President of Nigeria
Spain José Luis Rodríguez Zapatero, Prime Minister of Spain
Vietnam Nguyễn Minh Triết, President of Vietnam

Une première revue littéraire blessée

La revue franco-ontarienne Virages, dont le 53e numéro devait sortir incessamment, vient d’annoncer qu’elle cesserait ses activités, faute de financement.  Les nouvelles exigences du fonds d’aide aux publications de Patrimoine Canada l’ont exclue de la manne fédérale.

Ajout du 24 juin 2010: Marguerite Andersen, la directrice de la revue (elle-même chichement rémunérée), affirme à Radio-Canada -Toronto que Virages va poursuivre ses activités mais il manque 6000 $ au budget de fonctionnement annuel.  J’ai modifié le titre pour refléter cette volonté.

À son honneur, Madame Andersen refuse catégoriquement de réduire le cachet des auteurs qui publient leurs nouvelles dans Virages. Elle évoque une réduction du nombre de publications par année, de 4 à 2 ou un.

Je reprends son message et lance un appel aux abonnements pour la seule revue francophone hors-Canada.  Les nouvelles sont multigenres, assez courtes donc la lecture n’est jamais ennuyeuse.

Quant aux revues de l’empire Québécor  et de Sélection du Reader’s Digest, qui tirent à des centaines de milliers d’exemplaires, vont continuer de recevoir leurs grasses subventions.

Je ne pose pas ici de jugement sur la qualité intellectuelle ou l’orientation politique des revues en question  (je lisais des Sélection quand j’étais petite), mais la progression des journalistes et auteurs sera d’autant plus difficile. La marche vers la publication sera très haute, et elle apparait quasiment improbable dans des revues qui n’ont aucune vocation littéraire. Sans oublier qu’il faudra plaire au roi!

Le message qui sous-tend ces changements : si tu es riche, on t’aide, si tu es pauvre, débrouille-toi! Ou, plus prosaïquement, prend tes responsabilités! Un méta-message plus insidieux est le suivant : un artiste ou écrivain qui crève de faim va déployer des trésors de ressources et d’énergie pour s’en sortir. Regardez Vincent Van Gogh. Si il ou elle réussit, c’est par sa seule force de caractère et sa persévérance, un exemple qu’on ira ensuite claironner à tous les autres qui ont eu moins de succès.

Si l’artiste se décourage, décroche et passe le reste de sa vie dans un travail au bas de l’échelle dans le secteur des services, on applaudira l’effet de sélection sociale.  Un béesseux de moins!*

On jette une poignée des graines sur l’asphalte et on leur dit: envoye, pousse!

Ça vaut pour les gens et pour les revues qui sont des véhicules de la pensée, porteurs d’idées originales, ou transmetteurs de préconceptions.

Une plante, pour se développer, a besoin d’eau, d’un bon terreau, d’un peu d’engrais ou de compost, et… de temps!

Exiger le génie instantané, un succès-minute, est irréaliste. Et ensuite renvoyer nez-à-nez les happy few du milieu artistique face aux autres qui bossent pour joindre les deux bouts, est simplement cruel.

L’année 2010 est l’année de la biodiversité.  Or, cette biodiversité devrait s’exprimer dans la société.

Entre les graines jetées sur l’asphalte et les arbres bien entretenus qui font de l’ombre, entre les artistes qui en arrachent et ceux assis au sommet, il y a de la place pour une foule de situations intermédiaires. Sans rouler sur l’or ou atteindre un succès mondial, il existe des façons variées d’être et de vivre de son art, qui ne méritent pas le mépris que lui consacre le présent gouvernement.

Je salue bien bas tous les lecteurs et lectrices de cette chronique qui en arrachent. Lâchez pas!

…et bonne St-Jean-Baptiste !

———

* (extrait de l’article de Rue Frontenac mis en ligne en février 2009) « Les données les plus récentes disponibles auprès de Patrimoine Canada démontrent que Quebecor a bénéficié d’une aide financière de 2,15 M$ depuis deux ans dans le domaine du magazine. Ces subventions ont été versées pour la création de contenu d’une quinzaine de magazines, dont

Le Lundi (173 042 $),

Écho Vedettes (254 774 $),

Dernière Heure (207 842 $),

Moi et Cie (93 353 $, uniquement en 2007-2008),

et Clin d’oeil (203 007 $).  »

Alors, qui sont les vrais assistés sociaux?

Patrimoine Canada menace la revue Solaris

Le parcours de l'écrivain avant...

Le Programme d’aide aux magazines artistiques et littéraires de Patrimoine Canada ne subventionnera que les publications qui se vendent à plus de 5000 exemplaires par année.

Cela exclut la plupart des revues culturelles… Dont Solaris, Virages et aussi Ciel Variable !

Or ce chiffre est d’autant plus injuste pour le côté francophone, que ce plafond minimum est le même que pour les revues anglophones, alors que le ratio anglo/franco est de 3 pour 1. Ce qui veut dire que, si on avait été juste, le plafond pour les francophones aurait dû être de 1250 copies. (Merci à Jean Pettigrew pour cette info).

Le parcours de l'écrivain - après

Cet article sur le site du Devoir par Jean Larose exprime très bien la situation.

http://www.ledevoir.com/culture/livres/289794/les-heritiers-du-refus

Après la disparition des émissions littéraires et les coupures à Radio-Canada, accusées d' »élitisme », ce péché, les magazines culturels à tirage modeste vont y passer. (Voir cet autre article dans le blog.)

À trop vouloir centraliser, privatiser et uniformiser la culture, on prive la prochaine génération de l’immense potentiel de créativité, celle qui permet de faire face aux problèmes et de trouver des solutions. Et c’est encore plus vrai pour ma saveur littéraire favorite, la science-fiction, qui débarre l’imagination.

Toutes saveurs confondues, la littérature, lorsque puisée au terreau de l’expérience, méditée, puis écrite avec coeur, provoque la réflexion, inspire l’action.

Comme l’écrivain  Yann Martel l’a mentionné, lui-même a publié ses premiers textes dans un petit fanzine de Vancouver géré par des bénévoles. Cette modeste publication l’a encouragé à continuer d’écrire. Il a aussi apprécié sa première subvention d’écrivain.

…1991, année où je reçus une bourse B du Conseil qui me permit d’écrire mon premier roman. J’avais 27 ans et cet argent me semblait une manne qui me tombait du ciel. Ces 18,000$ me durèrent un an et demi (au regard des impôts que j’ai versés depuis, ce fut un rendement exponentiel de l’investissement, je vous en assure )

Et de même, c’est la revue Solaris qui a publié mes nouvelles de science-fiction et une bande dessinée. C’est cette revue qui m’a motivée à écrire des nouvelles pour participer au Prix Solaris.

Avant Solaris, j’avais publié une nouvelle et un poème dans les premiers numéros (2 et 5) de la revue Ciel Variable, en 1987 !! Une autre revue menacée.  J’y ai fait la connaissance d’Hélène Monette, une jeune poétesse qui y avait publié ses premiers poèmes. Depuis, elle a fait du chemin et nous a apporté des livres audacieux plein de dynamite intellectuelle. Mais je me souviens de son poème La colonie: où est passée l’autruche?

En dix ans, je suis passée par le processus, récoltant d’abord des refus de la direction littéraire de Solaris. Mais ces refus venaient avec des commentaires éclairés, à la lumière desquels j’ai fini par améliorer mon écriture. Ces commentaires de Yves Meynard puis de Joël Champetier, avaient été rédigés de façon principalement bénévole. Solaris ne tirait pas à 5000 exemplaires par année, et les subventions complétaient les abonnements et revenus de publicité. Mais leurs conseils m’ont orientée vers la publication de mes nouvelles, puis de mes romans.

Les petits éditeurs (merci en passant à René Beaulieu qui me publia en 1999 dans son recueil Transes Lucides) sont des ressources aussi précieuses. Ils sont de patients jardiniers, cultivant des talents sans récompense autre que la satisfaction de voir poindre le fruit de leurs efforts.

Dans mon cas, cela a donné une dizaine de romans jeunesse, dont Les voyages du Jules-Verne, qui descendent directement d’une nouvelle… refusée trois fois! Et cela a apporté  une floraison de prix littéraires.

J’aimerais pouvoir vous annoncer que je suis devenue multi-millionnaire avec des hordes de lecteurs, la seule forme de succès que le gouvernement actuel respecte. Or, je suis fière d’écrire, de publier, et de donner des ateliers aux jeunes, des activités dont les résultats sont moins tangibles. Comme des plantes, ils poussent en silence.

En attendant, voici des liens:

– un  article de Caroline Monpetit dans Le Devoir.

Lettre de 27 revues et magazines culturels du Québec dans la Presse.

Embrace life

Un gars fait semblant de conduire assis dans son salon

L’organisme gouvernemental anglais Sussex Safer Roads Partnership (SSRP) a concocté cette publicité afin de promouvoir le port de la ceinture de sécurité.

Une pub émotionnelle positive, tout le contraire de celles qu’on s’est fait infliger  il y a quelques années. (Je me souviens de la fin d’une pub des années 70 contre l’alcool au volant, image explicite, paroles chantées : Mais, toi, tu est moooort dans ta voituuure…)

Cette séquence, sans pathos ni effusion de sang, est un exemple de ce que des publicistes sont capables de réaliser. Un sommet de l’art, à voir pour ceux qui comme moi n’aiment pas les pub en général.

http://www.embracethis.co.uk

L’achat local au banc des accusés

En février dernier, l’Institut économique de Montréal publiait sur son site une « note économique » de 4 pages  concernant les « dangers » de l’achat local. Ce n’est certes pas la première critique des systèmes alternatifs d’approvisionnement par des tenants du néolibéralisme.

Ce qui change, c’est qu’on attaque les habitudes d’achat local au nom de la protection de l’environnement!  Cela révèle quand même une évolution des mentalités. Après tout, même les plus ultramontains doivent admettre qu’on ne peut pas avoir une économie florissante… sans planète!

Pas d'économie sans planète!

L’étude originale d’Alison Smith, (Alison Smith et al. 2005. The Validity of Food Miles as an Indicator of Sustainable Development: Final report. AEA Technology, Harwell, UK. 117 pp.) présentait des informations et des donnés plus pointues. Cet ouvrage n’étant pas disponible au public, je ne peux que souligner les arguments de la note. *

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La note affirme que le volume de ces aliments transportés baisserait leur cout énergétique par unité à une faible part (4%) du coût total de production. On évoque donc l’économie d’échelle pour justifier le transport par cargo (porte-container) de grandes quantité d’aliments sur des milliers de kilomètre.

Un cargo aidé par un cerf-volant Sur cette photo glanée, un cargo aidé par un cerf-volant consomme moins de pétrole.

(1) On en profite pour dénigrer aussi les projets d’agriculture soutenue par la communauté (ASC), argumentant que le transport en camion d’une plus petite quantité de fruits-légumes, sur une courte distance, causerait plus de pollution.

On s’attaque aussi aux consommateurs qui utiliseraient l’auto comme moyen de transport vers l’épicerie pour… « acheter des produits locaux »! Or, les études de transports en milieu urbain montrent que les consommateurs parcourent plus de distance pour aller au méga-entrepot de grande surface (MEGS), pour aller acheter des produits exotiques. (Ce que toute personne peut vérifier en mesurant les immenses terrains de stationnement entourant les méga-magasins.)

On compare des pommes et des oranges: les grandes industries de l’agrobusiness du Chili, de l’Argentine, etc, tous de _vastes_ pays, doivent cueillir et transporter, sur de longues distances, leurs produits jusqu’aux cargos. Le moyen de transport privilégié est le camion diésel ou le train diésel. Or, la note est muette sur ce point, tout comme l’article publié dans le Readers Digest.

oranges venues d'ailleurs

C’est comme si fruits et légumes apparaissaient par magie dans des containers, prêts à être chargés au port!

La note salue – avec raison –  l’avènement du transport électrique et des innovation environnementales pour remplacer la combustion au pétrole. Pourquoi nos fermiers locaux ne l’utiliseraient pas? Il faut croire que la créativité est un monopole réservé aux grandes enterprises.

Enfin, la cerise sur le Sunday: on compare des pommes du Mexique avec nos pommes hors-saison. Nos produits locaux, par exemple les pommes hors-saison, exigeraient de l’énergie pour les réfrigérer. Conclusion rapide de la note: l’achat local pollue plus !

L’étude crie haro sur Angleterre qui chauffe ses serres au charbon. Bouh! Exploitons les paysans du sud à la place! Le mode de chauffage des serres évolue lui aussi vers des méthodes écologiques.

Qu’est-ce qui interdit de chauffer les serres avec des énergie renouvelables? Pour revenir à l’Angleterre, voici des amusantes cheminées à vent qui s’adaptent sur les toits.

Une compagnie québécoise, Frygycube, a mis au point un camion réfrigéré qui consomme une fraction de l’énergie des camions réfrigérants conventionnels. Un système conventionnel consomme environ 4000 litres de carburant fossile par année à 1.14$/litre, soit environ 5000$. De plus, l’entretien d’un système conventionnel coûte environ 2500$/année. En comparaison, le système Frygy Cube ne consomme annuellement que 800$ d’hydro-électricité propre et les coûts d’entretien sont mineurs.

Les méthodes de conservation des fruits sous vide s’améliorent d’années en année. Quant aux légumes locaux de type courges, ils ne réclament… qu’un endroit frais et sombre pour bien se conserver. Peu ou pas de coût énergétique!

(2) L’argument du coût écologique de production plus bas des fruits exotiques souffre d’un même manque de vision à long terme.

La qualité de vie des employés de ces agrobusiness (par exemple les fraises en Californie cueillie par des immigrés sous-payés) laisse à désirer. Ils travaillent à la main, de longues heures, et sont sous-payés. Évidemment, leur salaire fait baisser le cout de production. Et l’usage de pesticide à grande échelle aide à augmenter la productivité des grandes fermes du sud.

(3)

Une importante partie de la note fait intervenir les avantages de la surspécialisation géographique où chaque région du globe se spécialise dans un (et un seul?) domaine. On dit, assez sèchement, que si les tenants de l’achat local recourent à un médecin de famille, c’est grâce au commerce international qui libère du temps pour que leur concitoyens se spécialisent hors du domain agricole! Le ton dénote un subtil mépris des gens qui choisissent de cultiver la terre… à petite échelle. **

Il y a usage anormalement élevé du mot coercitif dans la note, qui me parait la véritable motivation de cette étude: les auteurs craignent des politiques restrictives. Or aucun écologiste (et même pas moi-même) ne songerait à obliger des gens à acheter local. On craint donc le gouvernement, dont l’IEDM souhaite la disparition pour laisser la cour libre aux entreprises privées.

La surspécialisation géographique est un bel idéal qui ne tient pas compte de la liberté personnelle… et des réalités actuelles du globe, du chômage, des systèmes politiques et des conditions de travail. (Heureusement, pour le secteurs plus « libéraux », Internet change la donne.)

Au Canada, les agriculteurs paysans (à distinguer des méga-fermes qui utilisent beaucoup de machineries polluantes) travaillent avec un minimum d’outils, en créant un maximum d’emplois. Et les agriculteurs bio n’utilisent pas de pesticides ni d’engrais, ce qui préserve à long terme la terre.

(4)

Pour finir, si on suit les conseils « éclairés » de cette note de l’IEM… Quand nos agriculteurs locaux auront tous déclaré faillite, les prix des denrées importées resteront-ils longtemps aussi avantageux qu’aujourd’hui?

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CONCLUSION

Loin d’encourager la liberté du marché, cette étude vise à conforter les grandes industries de l’agrobusiness, en éliminant, au nom de la protection de l’environnement, toute alternative locale. Ainsi, quelques « majors » vont centraliser leur contrôle sur la nourriture et restreindre la liberté du marché canadien.

Autrement dit:

Sentez-vous libres d’acheter

Les biens que je vous vends

au prix que je vous dicte

****** Complément d’information*** du 9 mai 2010

*J’ai mis la main sur le document!

Un résumé de l’étude est cependant disponible. L’étude ne juge en rien l’achat local, mais il suggère de diviser l’indice du nombre de milles parcourus en tenant compte de la classe de véhicule employés et de la congestion en milieu urbain, et de procéder au cas-par-cas par produits. Le nouvel indice composé est constitué par:

1- Les miles parcourus en milieu urbain par automobiles, véhicules légers et véhicules lourds. (Urban food km )

2- Les miles parcourus sur route en véhicules lourds  (HGV food km)

3- Les miles aériens (Air food km)

4- Les émissions de CO2 totales (Emissions of CO2 from the transport sector)

Les conclusions sont somme toutes très réjouissantes pour les gens attachés au développement durable et à une belle qualité de vie. Extrait:

The study of potential policies to reduce the impacts of food transport would help to examine the advantages and disadvantages of different policies, and design a suitable integrated framework to reduce the adverse impacts of food transport. Potential policies include:
♦    Sourcing food more locally where appropriate (e.g. consumer awareness,
public procurement, support for local food initiatives, strengthening UK
suppliers);
♦    Reducing car food shopping (e.g. home delivery, support for local and in-town
shops, provision of safe cycle and pedestrian access);
♦    Reducing transport impacts (cleaner vehicles, improved logistics, rail freight);
♦    Internalising the social costs of transport (to reflect the costs to society of
pollution, congestion, accidents, noise and so on in the prices paid by transport
users);
♦    Improving the wider sustainability of the food chain (e.g. ethical trading,
improved energy efficiency in the local food sector).

** Je connais personnellement des professionnels désabusés qui ont choisi la vie a la ferme. Et qui ne regrettent pas du tout leur ancienne « expertise »!

La médaille en chocolat

De plus en plus, les différences qui séparent les places de athlètes sont infimes. Jadis en secondes, puis en dixièmes de seconde, maintenant on compte les centièmes de seconde… à quand le millième?

Le dopage, c’est la grande tentation des athlètes qui ont donné beaucoup d’eux ou d’elles-mêmes pour souvent peu de reconnaissance. La loterie génétique en favorise quelques-uns. Et les matériaux hi-tech font le reste. Et malgré tout, il en manque parfois si peu pour monter sur le podium…

Avez-vous remarqué comme on oublie vite un athlète qui arrive en 2e, 3e ou 4e place (la médaille en chocolat, que j’appelle)? Dans ce conditions, et avec les nouvelles tehniques de dopage indétectables, la tentation est forte… Et quand le dieu du stade se fait pincer? L’opprobe s’abat sur ceux qui ont cédé à la tentation de tricher – ou cédé à leur entraineur!

Et les efforts des athlètes? Ou ceux qui ont un accident et ne peuvent finir? Nous en avons eu la triste expérience avec l’accident du jeune lugeur géorgien. J’espère qu’il n’y aura pas d’autre accident mortel aux Jeux.

J’entends les commentateurs depuis des semaines: le Canada devrait récolter 15 médailles, non 20, dont 5 en or…

Cette attitude de se « réserver » des médailles m’irrite, comme si cela nous était dû! Je rappelle que la majorité des  pays, avec peu de moyens, vont vivre l’idéal de participer sans gagner. Et les huit ou dix pays les plus, ahem! « développés », ceux qui peuvent comme nous trouver des millions pour l’entrainement des athlètes amateurs, se font les prognostics. (En passant, la Colombie Britannique a coupé son budget annuel des arts de 46  à… 3 millions)

Tous les athlètes ne gagneront pas, mais tout participeront. Déjà, c’est tout un travail pour être sélectionné aux Jeux…

À vous tous et toutes, athlètes dont la carrière risque parfois d’être courte, j’attribue, pour vos efforts, la médaille en chocolat noir à 65 % de cacao!

:^)

))))))))))))))

Référence olympique en science-fiction:

Les Olympiades truquées, de Joelle Wintrebert, Bifrost-Étoile vives, 1998
Un bon suspense qui montre le très lourd prix à payer pour atteindre le podium, quand le dopage est institutionnalisé!