Archives de Catégorie: Humour

Ouille!

Croquis inspiré par un mal de dos!

Bon ben… pas de pose de Pin-up pour moi non plus!

C’est une de ces journées où
1) le corps se venge de ne pas le sortir plus souvent
2) j’avais rien produit de bon.

J’ai pris une page de mon carnet d’esquisse et me suis dit, enwouèye, dessine quelque chose! Une minute ou deux, n’importe quoi, avant d’aller me coucher.

Ça a pris plus de temps le colorier et le scanner que de le dessiner.

Gare à l’iceberg de la recherche!

Quand j’écris un roman de science-fiction, la recherche est une partie essentielle de mon travail.

Trop de recherche peut nuire

Trop perfectionniste, j’ai tendance à m’y noyer!

Or, si le roman fini est encombré de longs paragraphes d’exposition, ces blocs lourds ralentissent le rythme de l’histoire — et l’intérêt du lecteur.

Beaucoup des gens qui me disent «Vous savez, je n’aime pas la science-fiction» ont plus peur de se perdre dans un dédale d’explications indigestes que de suivre des personnages attachants déchirés par des conflits intérieurs. Signalons que d’autres saveurs de la crème glacée littéraire, le roman policier ou historique, par exemple, exigent de la recherche (ou des contacts bien placés.)

Même pour la construction d’un univers de fantasy, une bonne dose de réflexion s’impose dans la gestion du surnaturel.

Aussi magique que soit ce royaume imaginaire, l’histoire doit rester ancrée dans la réalité. Combien de romans de fantasy, par exemple, démontrent un manque total de connaissances sur la biologie et les soins des chevaux? Valérie Bédard, amateure de fantasy, élève aussi des chevaux. Et elle est souvent consternée par ce que des auteurs font subir à ces pauvres bêtes…

Je me souviens avoir lu une histoire où les montures des héros galopent à bride abattue toute une journée jusque tard dans la nuit (12-15 heures), puis les malheureux canassons reprennent le même rythme dès le lendemain!

C’est comme vous demander de courir la distance de marathon (42 km) à votre meilleure vitesse (en 4-5 heures, pas en 12 heures) puis de vous faire recommencer dès le lendemain, sans que votre organisme ait eu le temps de récupérer de l’effort. J’ai couru des demi-marathons, et je sais qu’on a besoin de deux-trois jours pour récupérer! (Mercedes Lackey avait habilement contourné le problème des chevaux fatigués en créant une race de super-chevaux intelligents dans sa série des Hérald-Mage. )

Certains auteurs de SF ou de fantastique, trop fiers de leur patient labeur, parsèment leur roman de lourds blocs d’exposition sur lesquels trébuche leur lecteur! «J’ai souffert pour mon art, maintenant, c’est à votre tour! » D’heureuses interventions de mon directeur littéraire m’ont évité de commettre la même erreur.

Pour résumer, la recherche est comme un iceberg.

La partie émergée est le roman que vous lisez. Mais, quel que soit le nombre de pages, le plus grand volume du travail accompli se trouve sous la surface.

Trop de recherche ? Attention aux pointes qui affleurent à la surface et nuisent à l’approche du lecteur ! Celui-ci pourrait renoncer à mettre pied sur votre iceberg, ce qui serait bien dommage. (En ces temps de réchauffement climatique, imaginez un atoll charmant plein de palmiers, entouré de dangereux récifs de coraux!)

Pas assez de recherche pour soutenir votre iceberg? Votre histoire s’écroule sous les contradictions, les impossibilités, les erreurs logiques et les personnages minces comme du papier. Combien des sociétés féodales assemblées à la hâte ne tiendraient pas une semaine en économie normale !

«Faire ses devoirs» pour construire un monde imaginaire exige du temps mais comporte ses récompenses. Quand l’univers amoureusement construit repose sur de solides fondations, le résultat permet d’autres auteurs d’y participer! Deux exemples: La série Ténébreuse de Marion Zimmer Bradley, et de la série Honor Harrington de David Weber ont donné naissance à de nombreux enfants de papier.

La partie immergée d’un iceberg se situe autour de 90%. Pour un roman, cette partie cachée varie selon l’âge ou le niveau d’éducation scientifique des lecteurs.
Pour une histoire relativement simple qui vise des enfants, on peut diminuer la recherche, mais jamais l’éliminer! Ça fera un iceberg plus petit. Tandis que pour un pavé de science-fiction dite dure (La trilogie martienne de Kim S. Robinson) l’iceberg sera immense !

Parlant de littérature jeunesse, Hal Clement avait laissé beaucoup de ses recherches au-dessus de la ligne de flottaison… c’étaient les bon vieux jours de la science-fiction écrite, sans trop de concurrence des autres médias! J’ai quand même trouvé Needle, un roman destiné aux jeunes adultes avant que le terme adolescent n’existe, captivant.

Je vous ai dit que j’aimais la recherche ? Dans La spirale de Lar Jubal, qui vise les jeunes adultes, j’ai fini par mettre de côté… 99% de mes minutieuses recherches et calculs de physique appliquée concernant la station spatiale. Éventuellement, si jamais je publie une version adulte de ce roman de SF, je n’aurais pas à plonger trop loin !

Pour mon jeune public, j’ai coupé dans les « blocs » d’exposition et j’ai mis plus l’emphase sur les conflits entre les personnages et les scènes d’action, sans négliger les aspects visuels. Sur le plan psychologique, la course à la performance et l’épuisement au travail pour un projet qui n’en finit plus retiendra les lecteurs plus matures.

Néanmoins, j’ai quand même ajouté un schéma en début de roman.

Habitat de Lapsilis - avec le sens de la rotation

Ça aide les jeunes adultes plus « visuels » à se faire une image mentale de l’endroit où se déroule l’histoire.

Dans mon nouveau roman de SF, qui vise le groupe de « Oh, je n’aime pas la science-fiction« , il y a très peu de chiffres, mais davantage de descriptions des paysages, des conflits de loyautés, et des actions.

La planète et les aspects scientifiques se découvrent à travers leur impact sur la vie des personnages. Et je dois ménager, bien sûr, le sens de l’émerveillement (SOW en anglais) comme le suggère cette couverture du roman Les vents de Tammerlan.

Les Vents de Tammerlan

Votez et voyagez dans le temps!

Le sablier conservateurLa machine à voyager dans le temps de Harper vous enverra soixante ans dans le passé!

Ne manquez pas votre chance de vivre dans Conservatopia, une société rétrograde et superstitieuse, où les preuves scientifiques seront ignorées en faveur de «gut-feelings» et des astrologues. Oupse, je voulais dire «idéologues».

Sur une vingtaine de sujets, comme le contrôle des armes à feu, le recensement, la protection de l’environnement et du climat, les droits des femmes, des gais, les crimes et châtiments, notre pensée sera modelée par les idéologues. Des rengaines simplistes seront imprimées et répétées par la médiasphère pour susciter les émotions primaires. Les droits acquis seront lentement égrenés dans le sablier…

De même, les travailleurs sur appel désormais privés de protection apprendront à admirer les Chevaliers de la table industrielle. Cette table sera bien garnie, depuis le « bail-out » des banques et les lourdes subventions accordées aux industries pétrolières.

Bientôt, le seul vestige du filet social seront les bals de charité organisés par les grandes fortunes tout en mettant un peu de sous dans des paradis fiscaux. Et, bien sûr, l ‘ »économie » fera en sorte de renouveler la réserve de pauvres qui auront besoin de généreux donateurs. Quant aux artistes, seuls les plus populaires se hisseront au sommet, et tant pis pour les autres «élites» qui auront à survivre dans des emplois difficiles. (Mais les élites financières sont approuvées, car elles peuvent faire taire leur opposition par des poursuites légales).

Les criminels seront vus comme des mauvaises herbes qui poussent dans des quartiers défavorisés sans raison. Les Premières Nations ne verront pas beaucoup de différences entre maintenant et 1950. Elles continueront à être laissées pour compte, privées de dignité et d’eau potable, leurs communautés ravagées une fausse-note à notre prospérité.

En Conservatopia, vous pourrez voir les femmes retournées à leur juste place, en respectant les valeurs de la famille des années cinquante!

Leurs droits ne seront jamais directement attaqués, bien sûr: ils seront lentement, très lentement érodés, toute tentative de prendre leur vie en mains subtilement découragées, leurs associations privées de subvention, les jeunes filles subissant la pression de conseils debeauté et les annonces des petites culottes strings. Les femmes sont libres, mais la conciliation travail-famille deviendra un casse-tête, jusqu’à ce que le seul endroit qui leur restera sera la sécurité relative du foyer (de préférence avec une arme à feu, méfiez-vous des criminels qui courent partout!)

Comme la contraception tombera en disgrâce au profit de la course à la vertu d’abstinence, les grossesses non désirées augmenteront. Les filles et les femmes n’auront d’autre choix que d’endurer leur situation, de fuir ou de mourir (comme dans les pays du Tiers-monde).

Avec la puissance des médias monopolisés, les citoyens… non, les payeurs de taxes seront conditionnés à se méfier de leurs élus (ces fonctionnaires paresseux qui engloutissent notre argent durement gagné!), Les syndicats et groupes de défense sociale (ces artistes paresseux!). Bientôt, les plus crédules parmi nous réclameront la venue d’un dictateur bienveillant mais ferme, avec une belle coupe de cheveux.

Mais pas de moustache.

Vers un avenir glorieux et privatisé!

En votant pour la Harper’s Time Machine, vous verrez aussi un avenir glorieux! Comme la taille du gouvernement diminue et que les grandes fortunes se concentrent entre moins de mains, la porosité entre les entreprises et le dictateur bienveillant devient plus intime. La délocalisation des emplois se poursuivra. Les sans-abri éduqués deviendront un spectacle fréquent dans nos rues.

Les grandes fortunes reserreront leur emprise sur la médiasphère, affichant les nouvelles qui favorisent la croissance de leurs profits. Tous les besoins sociaux et culturels seront fournis par le secteur privé. La population devra se fier sur eux pour leurs sources d’information (la criminalité est endémique! Ayez peur, verrouillez vos portes, armez-vous, et donnez généreusement aux organismes de bienfaisance!) D’autres voix, privées de financement vont diminuer et mourir. Les citoyens auront une liberté de parole, sans réel pouvoir de changer leur condition.

Bien que cette élection s’appuie officiellement sur l’économie, je rappelle que le crime est une très bonne chose pour le PNB (Produit National Brut). La criminalité assure un cadre de vie affluent pour les chefs de gangs, mais aussi pour leurs avocats, greffiers, juges, gardiens de prison, police, coroner, journalistes, tous ca avec nos impôts! Et des travailleurs sociaux voudraient aller à la racine de ce mal si utile?

Les prisons privées pousseront comme des champignons à travers tout le pays (des jobs!), et leurs cellules seront rapidement occupées. Ce même secteur privé concevra de nouvelles façons de surveiller les citoyens. Big Brother n’espionne pas seulement votre ordinateur, il fera en sorte que les médias vous présentent des choix pré-approuvés. (Vous voulez votre voiture neuve rouge ou noire? Non, nous n’avons pas de voitures électriques, désolé madame!)

Comme les groupes sociaux et les scientifiques dissidents seront privés de subventions, le préjugérégnera incontesté. Le

s gouvernants seront au service des grandes entreprises, qui seules possèdent les ressources pour soutenir tous les Instituts-perroquets qui reflètent leurs préoccupations.

Vous vous ennuyez de l’époque soviétique? Des apparatchiks? De leur façon de réduire l’opposition au silence?

Votez pour la machine à voyager dans temps!

Bienvenue à Conservatopia!

Mashup of Conservative Party of Canada logo with Borg Insignia, Kenneth M. Kambara

BD pour les élections

Tous les partis nous sollicitent. Et quand je dis, tous les partis…

les élections

Quand les politiciens sollicitent nos votes

Le pouding Conservateur

Le Pouding Conservateur!

Pendant que notre Premier Ministre chante une chanson des Beatles en commandant ses F-35, j’ai écrit  un air plus approprié (sur l’air du célèbre  Pouding à l’arsenic, du film Astérix et Cléopâtre).

Démocraties empoisonnées

Dans un grand bol d’électeurs
Délayez du bon bitume
Faites tiédir à la casserole
Un grand verre de pétrole

Oh, je vais en mettre trois!

Quelques gouttes de cigue
Des cadeaux pour les sangsues
dépossédons l’citoyen

– Donnons-lui du poivre en grains
– Non!
– Ah, bon

Émiettez les statistiques
les sciences le CRTC
quand nos préjugés suffisent
à construire une prison

– Oh, je vais en construire cinq !

Dans un petit plat à part
baisser les pensions des arts
à la valeur d’un dé à coudre

– Et un peu de sucre en poudre
– Non!
– Ah, bon.

Diluez l’enseignement
dans du venin du privé
pour adoucir le mélange
ajouter quelques millions

– Oh, je vais en mettre un seul

Décorez de fruits confits
Un beau lac artificiel
deux milliards pour le G-20

-Et un peu de répression
-Non… euh, ouiii !!!
-Ah, je savais bien que ça serait bon…

*

Le Pouding Conservateur
nous permet ce pronostic
en mai sur les bords du fleuve
que mangeront les crocodiles?

Pouding Conservateur: l'inquiétante conclusion

(cc) Savante folle 2011.   cc= creative Commons license

Pour le contexte, voir les articles  suivants:  ici, ici et ici. Et tiens, .

Eh oui, la savante se mouille! Étant à la fois scientifique et artiste, je n’aurais jamais cru qu’un jour un Premier Ministre ferait fi des deux! Jamais non plus un PM ne m’avait traitée (avec un grand nombre de personnes formidables qui contribuent à faire du Canada un pays avancé) de parasite social.

Artiste "du dimanche" en conserve

Je m’ennuie donc de Joe Clark…. Du temps où PC voulait dire Progressiste-Conservateur!



Impro BD au Bar à mots du Salon de L’Outaouais

Starring André St-Georges!

Impro BD du 26 février avec André St-Georges et la savante folle

Les deux premières bandes se sont vraiment passées comme cela, parce qu’on a joué dans le filage pour ouvrir les petites lampes sur les tables à dessin. C’est juste qu’il n’y a pas eu la grosse étincelle, mais André a bel et bien trouvé le powerbar avant moi!

André St-Georges nous a donné, en collaboration avec Sylvain Lemay, « Pour en finir avec Novembre » chez MG, une BD qui se passe au temps de la Crise d’octobre au Québec, et qui suit un groupe de gens en périphérie de cette crise.

L’impro BD a été organisée au Bar à Mots du Salon du livre de l’Outaouais  par Éric Péladeau (qu’on aperçoit en dernière image), directeur du Studio Premières Lignes, dont le logo orne le gilet d’André.

Grandeurs et misères de la table de dédicaces -5

En attendant le Salon de l’Outaouais… Il arrive que je croise des confrères et consoeurs de classe et, parfois, la distance sociale est frappante.

La consoeur qui a du succès!

Cette histoire n’est pas arrivée telle quelle! Heurseusement, aucun de mes ami-e-s n’est affligé d’une mentalité aussi tristement matérialiste. *

Dans une récente conférence donnée lors d’un souper de l’AFAF, j’ai mentionné que construire son entreprise demande une bonne dose de créativité!

Pour certains médias, la valeur d’un artiste ou d’un écrivain est tout d’abord lié à son succès financier. Même des écrivains qui vivent très bien de leur art portent un jugement négatif sur les gens dont la productivité n’égale pas la leur. « Si tu ne réussis pas, c’est parce que tu ne t’es pas assez forcé-e! »

Pour Dean Wesley Smith (un auteur américain très prolifique qui donne des conseils originaux aux jeunes auteurs, son site vaut le détour) : si tu ne vis pas de ton écriture, c’est peut-être parce que tu ne veux PAS vraiment écrire, et que tu te trouves des excuses pour ne pas écrire, etc…  Tiens, il faudrait une grosse discussion là-dessus.

DWS est très optimiste. Selon lui, les éditeurs cherchent toujours de nouvelles voix. Donc, si tu retravailles ton texte à mort, ça « rase » ou « émousse » ta voix créatrice, personnelle, originale. Ça m’est arrivé pour Ithuriel et pour cela, que son message résonne fort chez moi. Évidemment, DWS révise pour corriger les fautes d’ortograf ou les grosses bourdes, mais après, il ne réécrit que si son éditeur le demande. Et encore, quand le contrat est signé… :^)

Cette année, il s’est donné un défi d’écrire 100 nouvelles courtes pour 2011. Oui, cent!! Il est déja rendu à huit…. entre 2500 et 6000 mots chacune. Une chance qu’il répète souvent que chaque écrivain est unique et que ce qui marche pour l’un ne va pas marcher pour l’autre!

*

* Cette rencontre est arrivée, non dans un Salon du livre, mais lors de soupers professionnels à l’École Polytechnique. Je suis tellement bien « attiffée » qu’on me prend automatiquement pour une directrice d’entreprise florissante. J’avais l’air de la madame de cette BD… C’est quand on s’aperçoit que je suis une humble travailleuse autonome que les contacts éventuels déchantent.

Grandeurs et misères de la table de dédicaces -4

C’est souvent arrivé dans un Salon que des gens bien intentionnés me disent cela… et une fois j’ai eu droit à la production complète, mais pas par ce gentil monsieur.

Le fan enthousiaste qui présente la production de son petit neveu talentueux

Malgré le thème de la BD, j’encourage au maximum les jeunes à dessiner et à réaliser leurs rêves. Mais réaliser son rêve demande des efforts… Il n’y a pas d’ascenseur…

C’est quand ces fans enthousiastes associent d’emblée mon travail à un jeu d’enfant bêtifiant que ça m’agace (surtout quand ils monopolisent de facto l’espace autour de ma table!) Essayez d’imaginer qu’un fan dise à Michel Tremblay dans un salon du livre: « Heye, tu as écrit un roman? Mon petit neveu de 8 ans en écrit aussi! »

Dans certains pays, être auteur de BD est un métier respecté (quel que soit votre revenu). Ici… Vous êtes un éternel dilettante!

Pollution et climat: du cinéma à la démarche scientifique

En parallèle à mes activités d’écriture, je garde un oeil collé (mais pas trop) sur l’actualité et les sciences. Ce qui me permet d’observer les jeux des « controverses » qui agitent les médias face aux symptômes du réchauffement climatique.

Mentalité à tiroirs : Climat et pollution ne sont pas séparés

Les deux tiroirs

La dernière tendance dans le déni du changement climatique est arrivée: un article du The Globe and Mail dit aux écologistes de se la fermer, euh … « se concentrer sur les vrais problèmes» (la pollution, le smog, la perte des habitats naturels) au lieu du réchauffement de la planète qui est trop compliqué pour qu’on y applique une solution simple. On encourage les lecteurs soucieux de l’environnement de séparer le bon grain de l’ivraie.

Cette assertion suppose l’existence de deux tiroirs distincts: l’un appelé «climat» et l’autre «pollution», qui ne peuvent pas être ouverts en même temps. Lire la suite

De la fuite dans les idées

La fuite des idées

Il arrive un moment où on sent, dans notre tête, que  l’histoire, les acteurs et l’univers qui les contient ont pris assez de consistance pour les fixer sous une forme tangible. Le nuage éthéré des possibilités infinies doit se condenser en une brique (mais pas trop épaisse!)

Comment procéder à ce passage sans douleur? Il y aura toujours  un petit nuage de regrets.

Comme j’ai expliqué dans un autre billet, je ne fais pas de plan rigide. Je dresse plutôt une liste d’épicerie. Voici celle des intrigues secondaires d’un roman en travail (ça ne donne pas les gros punchs).

Liste d'épicerie des intrigues secondaires d'un roman (elle s'allonge pendant la rédaction...)

Je dessine des nuages de relations entre les personnages, et je fais des recherches pour asseoir confortablement le monde imaginaire.

Nuages de relations pour le deuxième roman de la série Chaaas

Un monde imaginaire bien aménagé, tant en science-fiction qu’en fantasy (où intervient le surnaturel) permet non seulement à l’auteur d’y revenir, mais aussi des fans peuvent s’en emparer (c’est arrivé avec l’univers Darkover de Marion Zimmer Bradley).

CAVEAT: Recherches oui, mais…  jusqu’à un certain point !

Trop de recherche nuit à la rédaction!

Car, trop de « googlons ceci, googlons cela » au milieu de  la rédaction du premier jet coupe votre élan, vous ralentit, voire même vous paralyse. Ah, que j’aurais voulu lire ce billet de Cory Doctorov plus tôt! (La traduction française par ici! )

Quand on a travaillé et pensé et vécu avec nos histoires en arrière de la tête, les personnages grandissent et finissent par devenir presque des amis pour l’écrivaine.

Après les affres de la planification, c’est une très belle étape dans la création d’un roman. Dans mon cas, je m’amuse à faire plein de croquis qui montrent un peu la vie des personnages « en dehors » du cadre des romans. Ici, une scène de bain tiré de l’univers de Chaaas.

Le Bassin - croquis (et non, cette scène n'est pas décrite dans un de mes romans!)

Par contre, ça fait brancher l’histoire dans toutes sortes de directions. Et comme ça arrive pendant que j’écris, ça allonge le manuscrit! Il faut garder les rênes sur les idées, et les noter!

Étant donné que l’éditeur publie un livre avec un format déterminé, il y a généralement une limite de pages à respecter. Il faut se résoudre à conserver une ou deux fils directeurs, abandonner des idées et des développements pleins de promesses… sans garantie que tous ces autres enfants de notre imagination verront le jour!

Elaguer le superflu... ne se fait pas sans grincement de dents!

Toronto habillée en livres et en poésie

Promenade

Pendant le Salon du livre, j’ai logé dans une auberge jeunesse de Toronto. En descendant l’escalier pour aller déjeuner, j’ai noté ce cadre qui illustre très bien l’esprit des auberges, avec des fantômes des voyageurs du passé qui regardent ceux du présent.

Cadre du HI Toronto

Ca m’a permis de marcher un peu dans la ville-reine, et d’y trouver dans ces habitations une image de livres rangés dans une bibliothèque.

Un rang de belles (et inaccessibles) beautés

En marchant dans Toronto, on voit d’étranges choses… ici, ces travaux d’étudiants de l’université Ryerson. Ils ont construit ces chaussures en papier. Notez la force des structures tubulaires.

Des chaussures de papier parfaitement fonctionnelles, oui môssieur!

Le Eaton center qui semble faire concurrence au quartier Shibuya  de Tokyo avec ses affiches mouvantes, étourdissantes à regarder,

La Cite la Nuit (non, ce n'est pas le Eaton Center, on est passé trop vite

En revenant sur l’avenue Front, ce magasin discret… qui porte un logo si familier!

La revue Solaris se porte bien, on dirait! :^)

Des murales, plus belles les unes que les autres.

Murale magnifique sur Church en montant vers le nord

Un petit mot devant la même murale.

Citation zen, le scripteur a dessiné les mains trouées en dessous

Le salon du livre

L’événement se tenait au Salon Blaum et Appel, un grand local de la bibliothèque de Toronto, sur Yonge. Ca fait plus intime que le centre de congrès, et le Exhibition Place de l’an dernier.

J’y allais avec deux beaux projets de manuscrits en poche, dont un soumis! (Oui, je sais, il ne faut jamais bondir sur un éditeur avec un manuscrit lors d’un événement. L’exception est… sauf si ca fait un an qu’il attend après! )

Pourquoi je vais dans les salons du livre...

Ma table était bien placée, près de l’entrée du Salon, mais son seul défaut : elle était un peu petite pour y faire tenir tous les livres… et c’est facile de tomber. Le dangers de la vie d’auteure… Voici une photo prise entre deux assauts par mes hordes de fans féroces! Notez le beau présentoir qui met les oeuvres en valeur.

Savante folle à sa table noire au stand Prologue

Mon Salon du livre de Toronto a été illuminé par de belles rencontres, et pas seulement à la creperie Crepes à gogo* et au restaurant Au Pain quotidien (que je recommande chaudement).

* Personnel francophone.

Lysette Brochu, accompagnée de Maurice, son fidèle chevalier servant (depuis longtemps!)

Maurice et Lysette Brochu

aussi vus: Daniel Marchildon, Marguerite Andersen, Mireille Messier…

Les Potes

Pierre Léon, un pote! (C’est Monique, sa tendre épouse qui a pris la photo)

J-C Larocque et Denis Sauve, auteurs d'une bio d'Étienne Brûlé

j’ai croisé les historiens Jean-Claude Larocque et Denis Sauvé, auteurs d’une bio d’Étienne Brûlé.

Des lecteurs enthousiastes

Même si on ne le remporte pas, le Prix de l’Alliance française de Toronto a un gros avantage, il est jugé par des jeunes  étudiants de plusieurs écoles francophones. C’est ainsi que j’ai eu la visite de jeunes qui ont découvert et aimé la série Chaaas à travers ce concours ! (Je n’ai pas mis la photo car ils sont jeunes).

Et la Plume Japonaise a été très en demande. Mes livres les plus populaires ont ensuite été les « paquets cadeaux » des Voyages du Jules-Verne (tous partis) la Quête de Chaaas 1 et 2, puis Piège pour le Jules-Verne. Cette fois, Prologue avait apporté une grosse caisse de livres.

Vendredi soir, je conjugue un souper de femmes d’affaires (AFAF-Toronto, animé par Nathalie, une sympathique membre du groupe les Chiclettes) et la soirée de la poésie. Comment? Les événements se tenaient dans deux salles voisines du Novotel!

Souper de l'AFAF-Toronto : NathalieFortin des Chiclettes et deux convives

J ‘ai assisté à des récitations de Robert Paquette, qui nous a servi des chants poétiques, Éric Charlebois, Tina Charlebois, Michele Matteau, Marc Lemyre et Lise…

Herménégilde Chiasson et Alain Doom

Herménégilde Chiasson (un visiteur de Moncton)… avec Alain Doom, qui peut nous réciter beaucoup de poésie de mémmopire.

D’ailleurs ce fut une discussion amusante avec Éric: lui préfère lire ses poèmes plutot que les réciter, pour préserver son émotion. J’aurais bien pensé le contraire mais cela dépend des gens.

Une brochette de poètes franco-ontariens

Éric Charlebois, Tina Charlebois, Michele Matteau, Melchior Mbonimpa à la soirée de poésie.

Et après…

Je pense à toutes ces personnes vibrantes, créatives, productives, extraordinaires… dont beaucoup vivent d’un travail lié à la culture. Notre Roi, euh, Premier Ministre Harper, voudrait bien les voir transformés en mendiants (pur mieux leur botter le derrière). Car, pour tous les écrivain-e-s, les revenus proviennent d’organismes culturels, de contrats avec les ministères, de visites dans les écoles et les bibliothèques…

Or, en « coupant dans le gras! » comme le dit Ford (pas le Modèle T, le nouveau maire de Toronto), en réduisant les budgets des écoles et des organismes cultures, on coupe ce qui permet aux artistes de se produire, de partager leurs idées.

Dans mon humble cas, 90 % de mes revenus proviennent de contrats avec des organismes subventionnés, ou sont de nature publique:  les visites dans les écoles, parfois parrainées par l’AAOF, les contrats de textes-illustrations avec des organismes culturels, le Droit de prêt public (dans la mire des pseudo-conservateurs), le droit de reproduction (menacé par la loi C-32)… La partie « privée » sont mes droits d’auteure qui dépendent de la popularité (lire: vente) des livres. En l’absence de campagne de publicité aggressive, et malgré mes prix et distinction littéraires, ces droits restent modestes.

Aux Salons du livre, les auteurs s’épaulent, s’encouragent et goûtent le précieux nectar des compliments de leurs lecteurs!

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 3

Pendant un salon du livre, les auteurs rêvent…

La gloire frappe enfin à la porte de l'auteure

Cette anecdote est vraiment arrivée, mais c’était avec une journaliste de la radio et non de la TV.  J’avais fait connaissance avec Moebius peu avant, et j’ai mis son nom dans le gag.

La gloâââre est une chose fort capricieuse qui n’a aucun rapport avec la somme des efforts déployés. Je l’observe à tous les salons du livre, méditant devant les files de fans des vedettes…

Un auteur peut se casser la tête et rédiger une oeuvre profonde, y mettant tout son coeur, et des milliers de corrections, et personne ne remarquera. (Ce fut le cas de Pianissimo qui est passé complètement dans le beurre à sa sortie en 1997.) Puis, le ou la même peut pondre un travail sur commande, ou dans un autre domaine qui exige moins d’efforts, un oeuvre « pop-corn » mais qui touchera un public qui à ce moment-là recherchait du pop-corn divertissant.

Les médias s’en mêlent, et par un effet boule de neige, attirent d’autres médias… Et là, arrive un curieux effet pervers: une fois le statut de best-seller atteint, personne n’ose critiquer l’auteur de pop-corn désormais célèbre.

Si vous élevez la voix, les chiens de garde de la vedette vont examiner à la loupe votre pertinence sociale. Si vos oeuvres ne sont pas aussi populaires, l’affaire est claire:  jalousie d’artiste raté! Le darwinisme social veut que si vous ne faites pas fortune, c’est sans doute que votre travail n’a pas de valeur!

Et en ces temps de loi  C-32 qui dévalorise le travail des artistes en consacrant le darwinisme social de survie des plus riches, on n’est pas sorti du bois! Pour la version sérieuse officielle sanctifiée, c’est ici.

La BD représente le rêve éveillé de bien des auteurs: un média qui ferait connaître notre travail à un large public…  Ceci dit, je compatis avec les journalistes qui doivent attirer des lecteurs ou garder les cotes d’écoute,  et qui n’ont que peu de latitude pour parler de parfaits inconnus.