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Les beaux Salons (Dieppe)

Une vue de la rivière Petitcodiac, avec des nuages tourmentés au-dessus.

La Savante folle revient de son beau salon du livre de Dieppe, du 23 au 26 octobre. Là, je signais pour mon éditeur, mais j’avais consigné quelques livres à la librairie acadienne.

Merci à la belle équipe, Morgane Bonamy, Audrey et aux bénévoles dévoués dont Camille, Karine, Stephane, Oscar qui nous conduisaient aux écoles pour donner les ateliers.

Un Salon animé

Je n’ai pas beaucoup de photos du salon mais de beaux souvenirs des classes dans les écoles francophones que j’ai visitées. Ci-dessous, ma table à la librairie acadienne.

La librairie Acadienne m’a fait une belle table, et aura en boutique mes livres pour la vente!

J’ai aussi donné un atelier surplace, la crème glacée littéraire, qui est tout sauf ennuyeux. C’est ma façon d’encourager les jeunes à lire.

Priska Poirier est charmante et a pris une bonne photo de moi quand je tenais son livre. J’avais la bonne couleur d’ongles pour aller avec la couverture!

J’ai un roman historique de Sonia Alain que j’ai hâte de commencer! Oui j’écris de la SF, mais je lis énormément de livres historiques!

Ici, une photo avec Sonia à gauche, et Maryse qui est une femmes d’affaires bien outillée, et conjointe de Martial Grisé. (Mon amie poétesse Lélia Young et moi avons d’ailleurs acheté deux beaux carnets de notes à leur kiosque!)

J’ai rencontré aussi une professeure impliquée dans une organisation venant en aide aux gens sur le spectre de l’autisme, qui a apprécié mon roman Rose du désert.

Et par hasard, une ancienne scoute! Car j’avais visité les Castors de Dieppe en 2007. Tous ces petites sont des adultes aujourd’hui, auxquel-les je souhaite le meilleur!

J’ai eu la joie de relever le défi de dessin en direct avec Réal Godbout, sur thème imposé! Je fais raremen cet exercice, mais Réal est un pro et moi aussi, ça fait qu’on s’est bien débrouillés, avec une grenouille sur une citrouille zombie!

Le spectacle de la fin a réuni de belles voix pour chanter des airs d’animés en japonais. C’était très motivant.

Une jeune chanteuse en cosplay. Derrière elle, une illustration de Manga
Une jeune chanteuse en cosplay, lors de la cloture du Salon du Livre.

(Dans les mauvaises nouvelles, le Otaku Lounge de Montréal vient de fermer ses portes, C’était vraiment un bel espace pour lire et apprendre à dessiner. )

À la fin, avant de nous reconduire à l’aéroport, Oscar nous a fait passer dans les beaux endroits de Dieppe au bord de la Petitcodiac, (alias la rivière Chocolat dont les marées sont impressionnantes ) et nous a montré les monuments consacré au Grand Dérabngement (la déportations des Acadiens) de 1755.

Je voulais tellement voir cette rivière de près! Ça comble mon petit coeur d’amoureuse de la nature. Et, de la nature, il y en a! Quand on séjourne dans une ville pour un Salon, ça fait du bien de regarder autour, de humer l’air, de marcher dans la ville.

Un estomac bien rempli

J’ai découvert le restaurant Chez Archibald, que je recommande chaudement. Ambiance tranquille, et il y avait un dessert passe-partout de pouding au riz qui terminait bien mes journées! En face de notre hôtel (merci à Morgane pour les bonnes chambres), il y avait aussi une patisserie où on pouvait manger une soupe maison. Et pour me dépanner au Salon, il y avait moyen d’acheter pour 10$ deux pizzas (en fait, une petite pizza et un pain à l’ail rond) lesquels se mangent très bien le lendemain!

Un carnet bien rempli

Ce que j’aime faire dans un Salon, c’est, quand j’ai une belle conversation avec le public, de faire signer la personne dans mon « cahier d’honneur » (mon calepin d’écrivaine). Mes notes de travail sont au crayon à mine, donc je donne un stylo de couleur à mes fans pour signer et laisser un petit mot!

C’est aussi ce que j’ai fait à Rimouski et Toronto!

Ces petits mots me font de beaux souvenirs ensuite!

un beau calepin (Pexels.com)
Un beau calepin qui attend des signatures… (Photo de Monstera Production sur Pexels.com) Je ne photographie pas mes carnets, alors imaginez votre signature dedans!

Une pluie bienfaisante

pluie de contrats!

Trois contrats en deux semaines pour des publications, petites et grandes.

Un roman historique, une novella de SF traduite et une nouvelle policière historique, les trois à paraître en 2026. Je ne compte pas deux autres contrats signés cet été plus tôt pour des textes de SF courts.

D’où la reprise de ce gag, en fin d’été. Ce qui a changé, c’est que tous ces contrats n’arrivent plus sous forme papier…

Kayak sur la rivière Sauble Falls

Cet été, j’ai délaissé mon sous-sol frais pour monter au nord de l’Ontario avec le bon mari. Le contact avec la nature nous fait un bien immense. Et nous sommes retourné à Sauble Beach un charmant petit établissement sympa qui offre des chambres avec kitchenettes, et un usage à volonté de leurs kayaks, canots, planches, bicyclettes… et la plage, qui s’appelle désormais Saugeen Beach pour marquer l’appartenance de cette plage aux Premières Nations.

Michèle dans son élément !
la savante folle en kayak, photo prise l’an dernier

La rivière au petit matin est un endroit idéal pour observer les habitants ailés. Il n’y a pas de chalets mur à mur et une partie des rives ont été laissées tranquilles, colonisées par les pins rouges et les cèdres.

miroir parfait de l'eau
Au matin, la rivière est un miroir parfait!

Les grosses accumulations de plantes euthrophisantes notées l’an dernier ont été nettoyées, ce qui rend la navigation agréable pour tous. Et la Savante folle a finalement acquis des jumelles 8×42 de bonne qualité, ce qui facilite l’identification!

Les suspects habituels:

cormoran grincheux
Ce cormoran me snobe !

Les cormorans foncés, faciles à effaroucher.
les bernaches, Brenta canadensis, elles sont partout!
les canards mallard et leurs nichées qui ont la priorité !

la famille de canards passe
coin, coin, coin, laissez-nous passer!


les merles d’Amérique
les quiscales (anciens mainates bronzés)
les geais bleus bien criards aussi

les goéland à bec cerclé qui sont partout, partout! Ils n’ont as peur des humains mais il ne faut faut pas trop s’approcher pour la photo…

goéland irrité

Les goélands argentés, plus gros et moins grégaires, se tenaient plus en amont de la rivière.

Les sternes communes (Sterne pierregarin est le nom officiel) aux ailes pointues et au vol plein de vivacité. Pas de photo, hélas. Mais cette belle histoire, car l’espèce n’est pas si commune et est en déclin autour des grands Lacs.

Les découvertes:

Les martins-pêcheurs. Cet oiseau est fort peu discret. Il s’envole en chialant très fort quand une kayakeuse innocente passe trop près. Mon mari les confondait avec des geais bleus à cause des couleurs similaires. Mais quand on a vu la grosse tête ébouriffée d’un martin-pêcheur, impossible de les confondre. Le vol, aussi, est agité avec les ailes qui battent fort. Ils traversent souvent la rivière pour se poser sur une branche en hauteur, en attendant que ces fatiguants d’humains s’en aillent!

Le bruant chanteur : aaah, ce petit oiseau si discret et difficile à apercevoir quand il chante, bien caché par les feuilles des arbres… Le matin, il sautille au sol, en quête de graines. C’est un rare moment.

L’urubu (Turkey vulture) se perche sur des branches d’arbre en hauteur.

Le pir…, le pyg…, enfin, l’aigle à tête blanche qui est le symbole de l’ « Ontario du sud » survole parfois la rivière. Impossible de le manquer avec son envergure. Je déteste, j’exècre le nouveau nom de Pigargue à tête blanche (genre Haliaeetus) même si je comprends les raisons du changement de nomenclature.

Le Balbuzard pêcheur (osprey) Pendant mon séjour, un joyeux trio (groupe familial?) fréquentait la rivière. Les jeunes criaient beaucoup mais je n’ai pas pu repérer leur nid dans les conifères touffus. C’est spectaculaire de voir la méthode de pêche car le balbuzard repère les poissons de haut. Alors, quand la rivière est bien lisse au petit matin, sans la moindre vaguelette, il plonge!

La grande aigrette qui, toute blanche, se penche sur l’onde pour y ravir une petite proie. En pagayant près des bords, je vois beaucoup de petite poissons.

Grande aigrette, photo de 2024
Grande aigrette, photo de 2024

Le grand héron qui partage ce même territoire et lui, si mon kayak passe trop près, s’envole avec un air profondément ennuyé de se faire déranger! Mes photos sont hélas mauvaises.

Les bestioles!

La loutre se montre le bout du museau en faisant ses rondes d’inspection des bords de l’eau, de bon matin.

Des tortues peintes (painted turtles) grimpées sur des arbres morts pour se chauffer la coquille!

Et une grosse tortue serpentine (snapping turtle) se coule lentement contre les algues du fond de l’eau, avec sa longue queue hérissée de petites pointes.

Et des chaussures!

Les visiteurs qui vont voir ou se tremper aux chutes y perdent souvent des sandales. Donc voici une photo de l’arbre à gougounes, que des vacanciers laissent en hommage quand d’aventure ils ou elles en trouvent une qui flotte… ce qui m’est arrivé.

L'arbre à gougounes, en amont des chutes de Sauble Falls!
L’arbre à gougounes, en amont des chutes de Sauble Falls!

Des vacances reposantes

Ce séjour a aussi été l’occasion de rencontrer de bonnes personnes qui reviennent à cet endroit année après année. Kayak, nage, promenade, bicyclette et… lecture !

Car la ville de Sauble Beach compte beaucoup de ce que j’appelle des « bibliothèques sauvages » où on prend et laisse un livre! Évidemment, on y trouve beaucoup de bestsellers de Nora Roberts et James Patterson (pour ma part j’ai un faible pour les Jack Reacher de Lee Child), mais des perles s’y cachent. C’est ainsi que j’ai mis la main l’an dernier sur une biographie de Michelle Obama qui se lit très bien malgré ces temps difficiles.

J’aime beaucoup aussi rêvasser en regardent les chalets au bord de la rivière… l’un d’eux a un petit kiosque perché bien haut qui me semble un endroit idéal pour écrire! Ah, le luxe, pour moi qui travaille depuis notre sous-sol !

Un beau petit pergola pour écrire
Un endroit de rêve pour écrire!

Un beau trio!

Ce mois d’avril, trois nouvelles de ma plume (je devrais dire, mon clavier) sont sorties en magazines de SF francophones!

Couverture de Solaris 236

Virée Boréale, Solaris 236

Hé oui, une fois n’est pas coutume, Laframboise qui fait dans l’horreur fantastique! Quel dommage pour cette belle couvertue d’un ascenseur spatial!

Brins éternité

La concierge, l’alpha et la cigale (2025) dans Brins d’éternité 64

Rions un peu, cette nouvelle est inspirée par une sympathique âme de la SF francophone, « matante » Valérie! Et là, y a du vaisseau spatial et une concierge spéciale!

Couverture Galaxies 90
hommage à Olaf Stapledon

Gentrification (2025) Galaxies 90 

Cette nouvelle aborde la gentrification et la violence envers les pauvres sous un angle fantastique. Une vieille artiste s’acharne sur une dernière toile, sachant son immeuble condamné pour faire place à des condos de luxe… Hommage à Cindy Milstein, activiste contre la gentrification abusive.

Et oui, je suis sensible à cette couverture de SF car une de mes nouvelles (La cousine Entropie) a été comparée à l’écriture de Olav Stapledon. Snif. (Le numéro est encore officiellement en précommande.)

Une aventure de l’intrépide Lady Byrd!

Image (c) Canva.com

Équipée de son guide Sibley, de son chapeau d’exploratrice et de ses fidèles jumelles, Amanda Byrd poursuit les volatiles les plus insaisissables, aidant parfois une âme en peine. Pour la première fois, l’intrépide observatrice doit amener sa turbulente petite-nièce en excursion, en ce jour si tranquille de SuperBowl… elle qui préfère de loin voir un Superb Owl!

Humour et humanisme pour les amateurs d’ornithologie!


Le jour du “Superb Owl”

Une aventure de l’intrépide Lady Byrd!

Notre guide pointa du doigt en silence une des foisonnantes branches d’épinette couvertes de neige. Je n’eus pas longtemps à chercher pour découvrir le résident, son plumage crème moucheté de caramel se confondant avec le décor, et sa face un grand cœur pale marqué par les deux billes sombres de ses yeux. Cet oiseau nocturne faisait de son mieux pour éviter la violente lumière du jour.

C’était rare de voir une chouette rayée de si près, par un après-midi de février : elle se perchait à une douzaine de pieds du chemin que notre groupe d’amateurs suivait. Sa taille, environ 22 pouces de la tête à l’empennage de sa queue, faisait que je pouvais me dispenser de mes Bushnell 8×42 pour le regarder. Il me semblait que je pourrais étendre le bras pour caresser le duvet sur sa tête ronde.

Non pas que je me permette un geste aussi impoli devant ma petite nièce! Mais la première petite-fille de ma sœur n’éprouvait pas la même retenue. Elle porta ses mitaines rouges en coupe devant sa bouche, ses yeux bruns brillant de malice.

— Hou, hooou! fit-elle.

Un œil sombre comme un abysse cligna sous une paupière crème. La chouette pivota sa tête comme une tour de tank pour investiguer la source du bruit.

La plupart des chouettes et hiboux avaient des iris colorés d’un vif orange ou doré autour de pupilles rondes. La chouette rayée avait des yeux d’obsidienne, du verre noir, les iris invisibles.

Cet oiseau nocturne ne bénéficiait pas d’yeux fendus comme ceux des chats pour minimiser la lumière entrante, aussi protégeait-il ses rétines sensibles en baissant les paupières.

Ses paupières duveteuse à demi-fermées lui donnaient un air de sagesse débonnaire ou d’ennui fatigué. Certains oiseaux comme le grand hibou montrent de superbes projections qui ressemblent à des oreilles pointues, mais ce ne sont en réalité que des plumes. Celles de la chouette barrée sont aplaties contre sa tête.

 Le mouvement de la chouette excita davantage la petite Mona.

— On dirait une boule de crème glacée au caramel avec des noix!

Je frissonnai.

On peut toujours compter sur les enfants pour parler de crème glacée en plein hiver, songeai-je.

Les couleurs de cet oiseau me rappelaient plutôt ce pull de laine trop grand qu’une de mes tantes adorées avait tricoté pour moi (elle avait oublié que les années d’adolescence étaient aussi des années de croissance.) Ce pull avait été blanc cassé avec des motifs brun clair, complètement à l’opposé des couleurs festives favorisées lors des années 1960. 

Je l’avais porté pour un temps, pour faire plaisir à ma tante, et comme camouflage pour observer les oiseaux. Éventuellement, les mites le découvrirent. Ma mère défit la laine et se tricota un foulards chaud avec.

Des décennies plus tard, je portais ce même foulard pour mes excursions d’hiver; ses teintes peu agressives faisaient moins peur aux oiseaux.

J’aspirai l’air frisquet à travers le foulard. Les basses températures m’empêchaient de sentir pleinement l’odeur des pins et la neige fraîchement tombée, mais la vieille laine était imprégnée de la patience de ma mère. Je portais aussi un sac à dos plus lourd avec une bouteille thermos et une collation.

Au moins, c’était une formidable activité d’aller compter les oiseaux un dimanche de « Superb Owl », comme nous l’appelions. L’habitude de sortir voir les oiseaux en ce dimanche particulier avait été lancée dans les années 1990 par une passionnée d’ornithologie et depuis, beaucoup d’amoureux des oiseaux avaient découvert à quel point ce dimanche était calme, tant dans les bois que les parcs urbains. Les foules de promeneurs se tarissaient en ce jour.

En ce moment, mon neveu, de même que la moitié de la population des États-Unis, se vautrait sur son divan en regardant des joueurs de football aussi colorés que des oiseaux qui se disputaient une incroyable somme d’argent. Même les commerciaux coûtaient jusqu’à plusieurs millions de dollars.

Ce qui veut dire que, le jour du SuperBowl, notre petit groupe d’amateurs avait à lui seul tout ce grand parc situé près d’Albany, NY, et ses multitudes d’oiseaux, incluant nos discrètes, superbes chouettes.

— Hou, hooou!

Du moins, si un de nous arrêtait d’effrayer les oiseaux avec son enthousiasme débordant.

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Salon du livre de Montréal

Tous les mois de novembre ramènent la Savante folle au Salon de Montréal.

Voici, en une image, mon horaire de signatures: je vais être collée sur la scène de Radio-Canada au REFC (en rouge), et sur l’entrée au kiosque Solaris (en violet) !

Plan du salon de Montréal
Stand 228 Regroupement des éditeurs franco-canadiens (REFC)
Jeudi : 15h à 16h
Vendredi : 18h à 19h
Samedi  : 16h à 17h

Stand 600, Solaris
VENDREDI :19h30 à 20h30
DIMANCHE  : 13h à 14h

Les livres que je signe:

Les revues Solaris dans lesquels j’ai publié un texte. Nouvelles

Rose du désert, (Pris AAOF 2024) suit une héroïne qui voit tout en noir! Il faut dire que son déficit d’attention et les défis cognitifs de son « cerveau capricieux » ne l’aident pas beaucoup à se faire des amis… à découvrir pour la voix narrative d’une adolescente « aro-ace« .

Le secret de Paloma (Prix Trillium 2023), présente une colonie qui survit tant bien que mal. Alouette vient de perdre sa meilleure amie, et cherche à comprendre ce qui a pu pousser Paloma à s’enfoncer dans le désert.

Il devrait rester aussi des Projet Ithuriel (2012), roman d’anticipation sociale dans une ville dévastée par l’ère des « choix difficiles », où tout est privatisé…

Pour en savoir plus

Les périls de l’écriture de hard-SF…

Dans la série les joies de l’écriture de hard-SF… mon article en anglais dans le blog d’Analog.

J’y explique l’inspiration pour ma nouvelle « Living on the Trap » (Analog Nov-Dec. 2023) qui se passe sur un monde isolé, inspiré du système Trappist A. Il y a chez nous des villages éloignés et difficiles d’accès où la pauvreté subsiste par manque de travail (quand le principal employeur a quitté les lieux), de soutien social, de nourriture fraîche, d’eau potable… Sauf qu’il arrive parfois qu’un phénomène naturel attire des visiteurs, ce qui rapporte des sous à l’économie régionale.

Mais les touristes vont se promener dans le parc ou admirer la merveille naturelle, se prendre en selfie au sommet d’une montagne, puis retourner, souvent sans établir de contact significatif avec les habitants. Je réfléchis sur nos façons de voyager en aimant plus les belles vieilles pierres, les églises, les cimetières, les parcs, les lieux spéciaux, les restaurants que les gens. (Et bravo à vous qui prenez le temps de mieux connaître vos hôtes!)

Living on the Trap transmet le point de vue d’une jeune fille de 10-11 ans qui habite un abri avec sa famille. L’endroit est peu agréable, situé dans la zone nocturne d’une planète en orbite verrouillée, mais assez près de la bande crépusculaire pour que les rayons du soleil stationnaire rasent le sol. La chaîne de montagnes voisines comportent des sommets illuminés qui attirent les aventuriers…

Les périls de la hard-SF

Et j’y aborde les périls d’écrire de la hard-SF!

Ma caricature illustre quelques problèmes de l’écriture en général. Et en science-fiction, on peut passer bien du temps à vérifier la plausibilité scientifique de nos mondes… et y laisser quand même quelques erreurs!

Aussi, les descriptions des technologies et des phénomènes doivent couler comme un ruisseau vers une résolution satisfaisante. À éviter, les gros blocs d’exposition qui ralentissent (ou arrêtent!) la progression. Ça peut être par exemple, cette belle scène au chapitre 4 à laquelle vous vous êtes attachée!

À noter que « SF dure » ne veut pas pour autant dire dépourvue de compassion. Ma nouvelle le démontre, j’espère, de façon convaincante.

Je préfère ma SF bien dure et croquante, comme du chocolat!

D’ailleurs, j’aime bien cette formule que l’éditeur a composé à partir de mes renseignements :

Living in Ontario, Michèle Laframboise has kept the curiosity of a child and a thirst for knowledge, coffee and compassion. She creates hard and crunchy SF stories, mixing science, emotion and humor.

Je compte la réutiliser !

Aller ici pour lire l’article en anglais.

Ursula à la plume

Ursula K. LeGuin m’a beaucoup encouragée, par son blog que je visitais régulièrement. Ce dessin d’elle date de 2006, quand je l’ai rencontrée; elle partageait son expérience d’autrice. Elle l’a même signé!

Arwen Curry, qui a créé le documentaire Worlds of Ursula K. LeGuin, nous offre ces courts vidéos, The Journey That Matters. Ce sont des petits moments d’inspiration tirés d’entretiens avec la grande autrice elle-même. Dans celui-ci, Ursula parle de son écriture, et Pard, son chat, y fait une apparition!

Voici le lien, quatre minutes de calme que je souhaite à mes collègues de la plume et du clavier!

Retour de la SF aux prix Trillium

Les prix Trillium sont administrés par Ontario Creates / Ontario Créatif. Cette fois-ci, c’est mon dernier roman de science fiction jeunesse chez David, Le secret de Paloma, qui s’est distingué!

La dernière fois, c’était en 2013 pour Mica, fille de Transyl, un roman de SF à saveur nocturne, publié par Vents d’Ouest. Feu mon éditeur, Michel Lavoie, invité à la cérémonie, avait voyagé depuis Gatineau. Il était tellement fier, même si le roman de science fiction est resté finaliste (tout comme en 2009 pour La quête de Chaaas, qui fut finaliste à d’autres prix littéraires).

Il y a eu auparavant des romans de SF remarquables présents aux Prix Trillium, comme Terre des Autres (Alire), par Sylvie Bérard.

Ça fait toujours plaisir de savoir que la constance de la jardinière, la persévérance est soulignée. L’art de raconter des histories s’améliore sans cesse quand on n’arrête pas d’écrire.

Les petites vites:

Les publications se poursuivent!

Kuiper Pancake, dans Analog Science Fiction & Fact

Couverture du

Lecture complice, dans Solaris 226.

Ma récolte de 2022

Grosse année de publications, avec une première BD publiée depuis plus de 10 ans, des nouvelles dans Asimov’s et Analog, et des recueils de nouvelles pas piquées des vers! J’ai passé aussi beaucoup de temps auprès de ma mère qui va mieux, donc un petit retard pour les nouvelles de la Savante folle!

Nouvelles

Essential Maintenance (2022) Neo-Opsis 33

Moby Dick’s Doors – in Space Opera Digest 2022 Have Ship, Will Travel, SRP, edited by Tracy Cooper-Posey

I’ll be Moon for Christmas, Asimov’s vol 46 #11-12

Rare Earths Pineapple, Analog July-Aug 2022

Sales Pitch, OnSpec 119

Le coucou de Gutenberg (2022)  Géante Rouge 30 

Novella-Novelette

Screaming Fire, Asimov’s vol 46 #7-8

October’s Feast, Asimov’s vol 46 #1-2

Albums de BD

Mistress of the Winds, Echofictions

Maîtresse des vents, Echofictions

Recueils de nouvelles

5 Hard and Crunchy SF Tales, Echofictions

5 Hard and Hopeful SF Tales, Echofictions

5 Histoires de SF dystopique, Echofictions

5 Histoires de SF dure et croquante, Echofictions

5 Histoires de SF douce et fondante, Echofictions

5 Cases from the GGPD Files, Echofictions

Romans indépendants (PAS de la SF, attention!)

Safe Harbor (romance)

Kon Tikki (romance, série Safe Harbor)

Voila, voila…

Invitation à l’action!

Vous pouvez me mettre ne nomination pour les prix Auroras, vous avez jusqu’à demain minuit le 22 avril – Jour de la Terre – pour choisir vos oeuvres préférées.

https://www.csffa.ca/members-home/nomination/

Et ma levée de fonds Kickstarter a besoin de vous!

Sinon, vous aurez de la lecture… Et faites une petite action pour le Jour de la Terre, comme ici cette manifestation pour protéger la ceinture verte de Toronto!

De l’influence méconnue de la musique de fond sur l’inspiration créatrice

Une aventure de Michèle l’écrivaine enthousiaste!

MICHÈLE est bien énervée ce soir, car elle a une tombée littéraire qui approche et son carrosse va se transformer en citrouille à minuit pile. Or, ses doigts s’emmêlent au clavier, elle avance, recule, efface, reprend sont texte, se rendant bien compte que son nombre de mots à la minute est en chute libre.  

Qu’à cela ne tienne, il existe une solution : recourir à sa douce moitié.

MICHÈLE : Giiiilles!

GILLES (occupé à détruire un royaume ennemi qui explose en mille couleurs sur l’écran incurvé de son ordi) : mmmh?

MICHÈLE : Il faut que je finisse cette nouvelle ce soir, pis je bloque! Ça s’passe à l’époque Romaine, t’aurais pas la musique de Gladiator par hasard?

GILLES sauve sa game et manipule avec habileté et doigté l’application qui gère nos systèmes de son. Il a un abonnement à un célèbre serveur de zizique (Spotify pour ne pas le nommer) qui ne nous a pas fait faux-bond depuis des lustres.

Bientôt, les premiers accords d’orchestre du célèbre film de 2000 flottent comme une bannière marquée SPQR dans le vent chaud du sud de l’Italie. Inspirée, MICHÈLE se remet à l’ouvrage, non sans imaginer le sculpturesque Russell Crowe dans le rôle titre.

Bref, elle écrit, écrit à la vitesse d’un écrivain « pulp » des années 40… Lesquels, les pôvres, tapaient  sur une machine à écrire même pas électrique, même pas de correcteur blanc, snif.

L’intrigue déploie ses ailes d’aigle romain par-dessus le paysage, la musique passe aux scènes d’arène de sable clair et les Ave Cesear, morituri te salutant, et les muscles bien huilés qui brillent au soleil… Les dangers s’accumulent pour son personnage, les péripéties déboulent comme la grosse roche sphérique de la caverne piégée dans le premier Indiana Jones.

Bref, MICHÈLE est en feu!

MICHÈLE : yessss!

D’un coup, les buccins impériaux de l’arène romaine où son héros se bat à coups de glaive s’effacent sous une rafale de notes de synthétiseur!

Des basses tonitruantes font trembler les fondations de la petite maison dans la banlieue où vit notre vaine écrivaine qui s’aperçoit que son gladiateur a quitté l’arène pour se ramasser ben strappé aux commandes d’un F-18 qui file à mach 2 dans un ciel céruléen (hein que c’est beau le vocabulaire!) En plus, son casque a morphé pis il ressemble étrangement à Tom Cruise…

MICHÈLE (qui tape frénétiquement control Z, control Z…): Gilles! T’as mis la musique de de Top Gun !

MICHÈLE : Kessé qui arrive à mon ambiance de Rome antique?

GILLES (qui vient de descendre avec son système de speaker portatif et son téléphone qui contrôle tout, tout, tout, à distance): Ah, c’est Hans Zimmer, le compositeur, il a fait les musiques des deux films.

Et GILLES de zigonner sur son téléphone mince comme une carte de crédit.

Subitement, une musique de pirate transforme le F-18 en Blue Pearl et son gladiateur-pilote en pirate abondamment barbu avec plein de colifichets qui pendent de cette masse capillaire.

MICHÈLE : Groogne!

GILLES (air innocent) : Ah ouiii, tiens, tu sais que Hans Zimmer a aussi composé la musique de Pirates des Caraïbes et de plus de cent autres films?

MICHÈLE sent la moutarde lui monter au nez. Elle lance un regard glaçant au mari qui regrette soudain d’avoir fini le pot de 2 L de Coaticook Special Edition au sirop d’érable voici dix minutes.

GILLES (qui sent la Coaticook Special Edition se retourner dans son estomac): vouiii, vi, je vais t’arranger ça ma tite-Michèle-en-chocolat-smouick!

Et reviennent les buccins et les tambours, et l’arène full sable trop blanc pour être du vrai. C’est pas parce que MICHÈLE écrit de la science fiction qu’elle ne peut pas se vautrer dans le drame historique de temps à autre.

MICHÈLE se dépêche de terminer sa nouvelle avant la tombée en se disant mais un peu tard qu’on ne l’y reprendrait plus. Enfin, elle met le point (poing?) final à ce texte, révise son orthograF, et sauve son document.

L’Internet a vraiment simplifié le processus de soumission, se dit-elle en pesant sur SEND.

MICHÈLE (levant les bras en l’air, triomphante dans l’arène de l’écriture): Technologie salvatrice!

MICHÈLE (se lève, s’étire, cric, crac, et se dirige vers la cuisine): Bon, je vais enfin pouvoir me récompenser avec une généreuse portion de Coaticook Special Edition au sirop d’érable que je conservais au congélateur pour cette occasion…

GILLES (très bas) : oupse.

GILLES se déguise en courant d’air et se précipite au dépanneur en espérant qu’il reste encore des pots du Special Edition

FIN

I’ll be Moon for Christmas !

« I’ll Be Moon for Christmas », une nouvelle de science fiction dure-à-croquer-mais-avec-du-cœur, vient de sortir dans le ASIMOV’s des fêtes, le numéro de novembre-décembre. C’est ma 4e nouvelle dans ce magazine de science-fiction, et oui ça donne envie de fredonner la mélodie de cette impérissable chanson.

Couverture du Asimov's de novembre-décembre 2022
Ne cherchez pas mon nom sur la couverture, mais je suis bel et bien dedans! En compagnie d’auteurs comme K.K. Rusch et Ray Nadler, dont j’ai pu apprécier les histoires dans d’autres numéros!

Pour un avant-goût, le site publie un extrait de ma nouvelle. Bonne lecture!