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Grandeurs et misères de la table de dédicace – 8

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Douce réminiscence de mes premières années de dédicace, le fan qui, hélas, est sans le sou au moment où il/elle arrive à votre table de dédicace. Enfin, sans le sou… c’est relatif!  Et dans ce cas-ci, j’ai pu observer la chose à quelques reprises, lorsque je dédicaçais en même temps qu’un auteur plus populaire. Les gens se mettaient en file avec leurs tirage de tête (un tirage limité en gros format d’une BD, qui coûte au-dessus de 150 piasses).

À la défense des amateurs passionnés, il s’en trouvait parfois dans la file qui se sont intéressés ensuite à mes albums. Ça dépend grandement de la compatibilité des publics. Par exemple, les gens qui font la file pour Walthéry (Natacha, aventure-humour) se sont montrés fort sympathiques à mon travail. (L’inverse est arrivé mais je ne donnerai pas de mauvais exemple ici!)

« Ça a l’air bon ce que tu fais, mais j’ai pus une cenne »  

Dans sa forme plus polie, ça donne: « Désolé j’ai busté mon budget ».

Pour les ami-e-s écrivain-e-s autant que bédéistes*, c’est LA réplique numéro un entendue dans les salons, et qui revient souvent dans ces Grandeurs et misères de la table de dédicace!  Il ne faut pas en vouloir à ces braves lecteurs, car

1) les temps sont durs pour l’imprimé, les maisons d’édition se multiplient comme des petits pains (idem de l’offre!)

2) … et tombent comme des mouches (pas en même temps mais pour les petites maisons c’est un roulement continu) Idem pour les librairies frappées par le commerce électronique.

3) Quant aux grandes maisons, elles fusionnent. Conséquence: les éditeurs gèrent leur maison comme une entreprise et prennent peu de risques. Certaines maisons résistent vaillamment. Quant aux bédéistes… même ceux /celles qui survivent le font avec difficulté… ou s’épuisent à la tâche, guettés par le burn-out! Pour un meilleur état de la situation, voir cette présentation par JL Mast, une impressionnante compilation!

4) Pendant ce temps, les emplois, eux, filent en Asie, pour être remplacés par du temporaire-sur-appel, ce qui laisse moins de sous dans les poches desdits lecteurs.  (En attendant les emplois de haut-savoir dans le secteur de la recherche et des services, supposés remplacer ceux perdus)

Donc, multiplication de « petites maisons »,  augmentation du nombre d’auteurs publiés, et diminution des revenus: pas étonnant que le réflexe du lecteur-consommateur soit de se rabattre sur des « valeurs sûres » dont ils ont entendu parler à la TV ou la radio.

C’est dire qu’on va l’entendre encore souvent, cette réplique! Il vaut mieux s’armer de patience et le prendre avec un grain de sel. Après tout, quand quelque chose nous passionne, on est prêt à y mettre temps, argent, énergie!

Cette page de BD  a été reprise et reformatée à partir de ma série « Séances de signatures« , qui eut un bon succès au point qu’il ne reste plus d’album en circulation. Depuis, l’éditeur a cessé ses activités tandis que je poursuis les miennes.

* Oui je sais que beaucoup détestent ce néologisme et préfèrent dire « auteur-e de bandes-dessinées », mais il faut avouer que c’est un mot qui s’écrit pareil au masculin-féminin!

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Auto stop en AT-AT

Faire du stop sur un AT-AT...

Une première d’une série sur les avantages de l’auto-stop, avec mon amie Pascale. (Les deux troopers qui essaient de monter sont nos maris.) Le AT-AT a été dessiné à la main.

Pour fêter l’été

Adalou Page12 brouillon au crayon bleu, accentué avec GIMP

L’été vient d’arriver, à 13h17 chez nous !

Voici une autre page de BD crayonnée, et rendue en tons de bleus foncés après le scan. J’ai laissé les bords de la feuille pour donner une idée du format de travail de 10 par 15 po.

Notez le trait d’encre noir dans le haut de cette page, un petit accident arrivé lors du dernier Free comic Book Day. Heureusement, un petit coup de traitement graphique avec GIMP  et rien n’y paraîtra!

Avis aux amateurs, j’ai gardé la même ligne d’horizon pour les deux premières cases. Entre les deux cases du bas de page, cette ligne monte légèrement. Idéalement, j’aurais  dû la dessiner au même niveau pour donner une impression de continuité.

 

 

Les amoureux égyptiens

Voici la chose qui m’a le plus émue quand j’ai visité le Musée du Louvres. (Non, ce n’est pas la Mona Lisa, cachée derrière une triple vitre protectrice et un mur de dos de touristes.)

Couple en Bois, Louvre

C’est une petite statue de bois, de 50-60 cm de haut, qui date de l’Ancien Empire, 6e dynastie, 2350 – 2200 av. J.-C. (Voir le site du musée du Louvres pour plus d’infos. )

« Les deux personnages sont debout, côte à côte, la femme à la droite de l’homme. Beaucoup plus petite que lui, selon les conventions de l’art égyptien, la femme se tient légèrement en retrait et enlace tendrement son époux par la taille. Il s’agit du seul couple connu sculpté dans du bois, matériau beaucoup plus fragile que la pierre et donc moins bien conservé, daté de l’Ancien Empire. Une étude détaillée de l’ensemble montre même que l’homme et la femme sont sculptés dans le même morceau de bois d’acacia avec quelques pièces rapportées, dont l’avant-bras gauche de l’homme. »

Je n’avais pas lu cela quend je l’ai vue en 1993. D’abord parce que les gens y avaient des expressions très naturelles. On ne sait pas de qui il s’agissait, car la pièce a été probablement séparée de son socle. C’est extraordinaire que le bois de cette pièce se soit conservé pendant plus de 4000 ans!

J’imagine que voila 4000 ans, ce couple, dans la vingtaine, marchait le soir sur le bord de l’eau. La femme a l’air d’avoir entendu un bruit inquiétant. Quelque chose a bougé, un froush-froush dans les roseaux!

L’homme a levé son bâton (disparu de la sculpture) et regarde vers la source du danger.  Un rongeur? Un crocodile? Un chacal?

J’ai fait le tour plusieurs fois. L’attitude de la femme qui passe son bras sur la taille de son mari est d’un tel naturel que j’ai du mal à imaginer le sculpteur qui fait poser un couple (Tiens-la comme ca, ton avance ton pied, toi regarde un peu sur le côté…)

C’est une pièce tellement émouvante, mes amoureux de bois,  que je suis retournée le lendemain au Louvres pour la revoir, et passer plus de temps avec les oeuvres d’artistes moins connus.

C’était ma minute culturelle! Et salut aux amis parisiens qui peuvent voir cette petite pièce dans la salle égyptienne…