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Vol en solitaire

Un avion passe dans un ciel lumineux auquel les sombres nuages donnent du contraste. L'avion, c'est mon père ingénieur, parti pour son dernier vol, sans instruments, sans compas, sans carte...

Photo par Michèle Laframboise

Mon père, Jacques E. Laframboise, s’est envolé à 1:40 ce samedi matin pour un vol en solitaire sans instruments, sans compas, sans carte.

Diplômé de polytechnique 1951, les avions et aéroglisseurs ont toujours été sa grande passion. Même sur son lit d’hôpital, il terminait un article sur les aérotrains, un moyen de transport qu’il a contribué à développer. 

Il savait qu’il décollait pour un vol sans retour. Sa bonne humeur va nous manquer, mais il nous a donné un bel exemple de sérénité.  S’il a été fier de me voir étudier en génie à la même École, jamais il n’a pris ombrage quand je suis devenue écrivaine et auteure de BD  à temps plein. Le bonheur (et ses petits-enfants!) comptait davantage pour lui.

Pilote accompli, mon excellent père m’a transmis son amour des sciences et de la science-fiction, que je transmets à mon tour.

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 51

Le grand décompte des Grandeurs et misères de la table de dédicace! par Michèle Laframboise, écrivaine et auteure de BD de l'Ontario

Le grrrrrrand décompte des 12 phrase les plus stu... surréalistes que les auteurs entendent lors d'événements littéraires. Pas toujours drôle et aux antipodes du prix Nobel qui vient d'être décerné en littérature, mais ça fait du bien d'en rire!

Pour fêter un an de publications des Grandeurs et misères de la table de dédicaces, voici le grrrrrrand décompte des 12 phrases les plus stu… surréalistes que les auteurs entendent lors d’événements littéraires. Pas toujours drôle et situées aux antipodes du prix Nobel qui vient d’être décerné en littérature, mais ça fait du bien d’en rire!

Une première publication de ce gag a fait la couverture du fanzine MensuHell no 49. Quelques questions ont rapport avec la BD, mais les écrivain(e)s s’y retrouveront facilement.  D’autres questions spécifiques pour mes collègues de la plume et du clavier se retrouvent dans les autres gags. Sentez-vous libres d’en suggérer des inédits!

On y reconnaîtra des personnages des auteurs mentionnés. Oui c’est bien notre Céline nationale au numéro 4, et je peux garantir que son mari ne dira jamais la numéro un (parce qu’il sait ce qu’il veut).  Et on notera que les films des Wachowski m’ont beaucoup touchée…

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 49

La table mal située, une autre joie séances de signatures!

Tous les auteur-es vont trouver qu’ils ou elles sont mal placés… L’organisation de l’espace est un art délicat pour les organisateurs des salons du livre! Il faut s’entendre avec les grandes maisons et les distributeurs, comme Prologue qui diffuse mes livres au Canada.

Ce gag porte le numéro 49. Il a été modifié et retravaillé. On pourrait cependant augmenter le nombre d’années depuis que je suis une dessinatrice de la « relève »…

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 48

Le fan prévisible  dans toue sa splendeur! un comic par Michèle Laframboise

Un nouvel essai en tons de gris. À force de faire les événements, on finit par connaître toutes les répliques par coeur! Ma préférée est l’avant-dernière: changer le nombre de kiosques selon la taille de l’événement: salon de Montréal 800+, salon de Québec, 500+, salon de Paris… 1700+ kiosques  en 2008!

(En passant, je déteste quand des fans tiennent une BD d’une seule main!)

Hiatus estival

Savante folle en vacances, il manque mes jumelles et mon guide Sibley !

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 41

Les bébittes nous tiennent compagnie dans les événements estivaux!  Un gag par Michèle Laframboise

Un spécial estival… En souvenir de certains événements où j’ai eu plus de bibittes à ma table que de lecteurs!

À noter que le mots bibitte compte 4 variances orthographiques: bébite, bébitte, bibitte, bibite. Le petit Robert indique bibitte, le Larousse accepte pour sa part bibitte ou bibite. J’avais toujours écrit bébitte…

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 33

 

Le fan qui sort de prison

Le 33e gag, inspiré d’une rencontre réelle lors d’un événement de BD en 2000. (« T’sé, ma vie ferait toute une BD« … est une citation réelle. Pour la petite histoire ce monsieur s’était bien réinserti et ne ressemble pas au personnage!) Avec une pensée pour la réinsertion sociale des ex-détenu-es qui rencontre beaucoup d’obstacles. Et une pensée aussi pour les travailleurs-travailleuses de rue qui les aident.

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Grandeurs et misères de la table de dédicace – 21

Le fan qui essaie de cruiser  (séduire) l'auteure - par Michèle Laframboise

À mes fans, mais spécialement à tous ceux et celles qui se sentent marginalisés par cette fête devenue trop commerciale. Amitiés et affection!

Pour la petite histoire, mon mari possède en effet un beau T shirt « Staff » du festival BD de Québec, où il m’a accompagnée en 1998, lors du lancement de Pianissimo. Lire la suite

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 20

Des fans critiques...Il y a très peu de personnages de couleur dans mes  premières BD, ce qui reflète l’entourage dans lequel j’évoluais. Par réflexe, je dessinais des persos « caucasiens » (des blancs, quoi). Les choses ont changé quand j’ai étudié à l’École polytechnique, et le joyeux melting pot de races a fini par déteindre sur mes BD.

Dans La plume japonaise, sont apparues en 1995 (dans le fanzine MensuHell) les Otaku Ladies, un trio de jeunes femmes « colorées ».  En Ontario, l’immigration venue d’Afrique et d’Haïti change tranquillement le portrait de la communauté francophone. Février est devenu le mois de l’histoire des noirs, ces oubliés de la grande histoire. Lire la suite

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 19

Le fan chauvin... une espèce en voie de disparition, heureusement!

Par chance, aujourd’hui, ce genre de comportement ne se voit (presque) plus. Mes lecteurs et fans fidèles explosent en variété et sont toujours encourageants.  Mais quand j’ai commencé en BD, Iris, Zviane, et plusieurs autres n’étaient pas nées et c’était pas encore évident. 

Ce fan atypique m’a été inspiré par un malaise diffus.Les remarques sur les rideaux de dentelles et le goût de l’aventure ont vraiment été proférées sur internet par un confrère.

La bédéiste invisible

Le travail des dessinatrices n’est jamais ouvertement dénigré. Il est plus souvent… ignoré. Aucun expert ne va s’écrier à l’emporte-pièce  « les filles savent pas dessiner! » mais ils contourneront un travail qu’ils jugent « inférieur »…

Il y a malaise pour la visibilité. Cet article de la critique BD Heidi MacDonald publié sur le site the Beat (comics culture) exprime bien ce malaise. Lire la suite

Une tourterelle courageuse…

Une tourterelle triste posée sur une branche, derrière la maison

Verglas et pannes  nous rappellent la fragilité des plus démunis de notre civilisation. En parlant à des amis privés d’électricité dans ma ville, je réalise qu’il en faudrait très peu pour devenir, nous aussi, démunis…  

Hier, en déglaçant mon entrée, j’ai appris la bonne nouvelle  au sujet de  Claude Robinson, un dessinateur dont le travail avait été plagié par les grands de ce monde. Son travail, et le nôtre, n’est pas fini pour autant.

Cette tourterelle  triste s’est perchée sur une branche glacée, derrière la maison, et cherchait bravement sa pitance en cassant la glace sur les branches. 

Les corruptions incrustées dans le système sont aussi difficiles à éradiquer que de la glace durcie.  Dopage dans les sports, contrats juteux au municipal, système judiciaire à deux poids et deux mesures… Ça prendra du temps et des efforts pour casser la glace, mais c’est une tâche nécessaire !

*

À toutes et tous, je souhaite un Noël de partage

et une année pleine de travaux et de créativité!

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 8

Image

Douce réminiscence de mes premières années de dédicace, le fan qui, hélas, est sans le sou au moment où il/elle arrive à votre table de dédicace. Enfin, sans le sou… c’est relatif!  Et dans ce cas-ci, j’ai pu observer la chose à quelques reprises, lorsque je dédicaçais en même temps qu’un auteur plus populaire. Les gens se mettaient en file avec leurs tirage de tête (un tirage limité en gros format d’une BD, qui coûte au-dessus de 150 piasses).

À la défense des amateurs passionnés, il s’en trouvait parfois dans la file qui se sont intéressés ensuite à mes albums. Ça dépend grandement de la compatibilité des publics. Par exemple, les gens qui font la file pour Walthéry (Natacha, aventure-humour) se sont montrés fort sympathiques à mon travail. (L’inverse est arrivé mais je ne donnerai pas de mauvais exemple ici!)

« Ça a l’air bon ce que tu fais, mais j’ai pus une cenne »  

Dans sa forme plus polie, ça donne: « Désolé j’ai busté mon budget ».

Pour les ami-e-s écrivain-e-s autant que bédéistes*, c’est LA réplique numéro un entendue dans les salons, et qui revient souvent dans ces Grandeurs et misères de la table de dédicace!  Il ne faut pas en vouloir à ces braves lecteurs, car

1) les temps sont durs pour l’imprimé, les maisons d’édition se multiplient comme des petits pains (idem de l’offre!)

2) … et tombent comme des mouches (pas en même temps mais pour les petites maisons c’est un roulement continu) Idem pour les librairies frappées par le commerce électronique.

3) Quant aux grandes maisons, elles fusionnent. Conséquence: les éditeurs gèrent leur maison comme une entreprise et prennent peu de risques. Certaines maisons résistent vaillamment. Quant aux bédéistes… même ceux /celles qui survivent le font avec difficulté… ou s’épuisent à la tâche, guettés par le burn-out! Pour un meilleur état de la situation, voir cette présentation par JL Mast, une impressionnante compilation!

4) Pendant ce temps, les emplois, eux, filent en Asie, pour être remplacés par du temporaire-sur-appel, ce qui laisse moins de sous dans les poches desdits lecteurs.  (En attendant les emplois de haut-savoir dans le secteur de la recherche et des services, supposés remplacer ceux perdus)

Donc, multiplication de « petites maisons »,  augmentation du nombre d’auteurs publiés, et diminution des revenus: pas étonnant que le réflexe du lecteur-consommateur soit de se rabattre sur des « valeurs sûres » dont ils ont entendu parler à la TV ou la radio.

C’est dire qu’on va l’entendre encore souvent, cette réplique! Il vaut mieux s’armer de patience et le prendre avec un grain de sel. Après tout, quand quelque chose nous passionne, on est prêt à y mettre temps, argent, énergie!

Cette page de BD  a été reprise et reformatée à partir de ma série « Séances de signatures« , qui eut un bon succès au point qu’il ne reste plus d’album en circulation. Depuis, l’éditeur a cessé ses activités tandis que je poursuis les miennes.

* Oui je sais que beaucoup détestent ce néologisme et préfèrent dire « auteur-e de bandes-dessinées », mais il faut avouer que c’est un mot qui s’écrit pareil au masculin-féminin!