Archives de Catégorie: BD

Grandeurs et misères de la table de dédicaces – 7

Histoire presque vraie inspirée par la rencontre d'un coloré collègue

À mes amis écrivains qui dédicacent leurs livres dans les Salons… je suis sûre que cela vous est déjà arrivé !

La saison des salons du livre et des lancements d’automne approche à grands pas. Préparez-vous psychologiquement avec la série « Séances de signatures« . Vous ne craindrez plus la table blanche!
Bon, la page blanche, par contre…

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 6

Le fan qui veut qu’on écrive/dessine son histoire! Cette situation se produit, avec plusieurs variantes, pour les écrivains et les dessinateurs lors d’événements. Cette page a été reprise de ma série « Séances de signatures« .

Le fan qui veut qu'on raconte son histoire

La multiplication des technologies permet à tous d’écrire et imprimer des textes. Plusieurs de mes confrères-soeurs se font demander de « lire » ou « revoir » un manuscrit. Ou, comme dans le cas de cette BD, de carrément écrire le texte de « leur » histoire. Or, comme mentionné ailleurs, les idées jaillissent dans la tête, mais les mettre en valeur, demande patience et persévérance.

Le métier d’écrivain ou d’auteur de BD, est fort exigeant, quelle que soit la saveur de « crème glacée littéraire » qu’on préfère.  La réalité des écrivains/bédéistes est qu’on a presque tous un travail à côté de la pratique de notre art, et en conséquence, fort peu de temps libre à consacrer à des services. Et la tendance est à la baisse comme le constate ce site: « Ça te fera de la pub » est une phrase que j,ai trop souvent entendue à mes débuts.

Ce n’est pas toujours facile de dire « non » à nos fans de façon diplomatique. Surtout si on veut rester encourageant pour un écrivain qui débute.  Et d’un autre côté, certains travaux de révision, des conférences, des ateliers rémunérés sont une base de revenus d’auteur.

Plusieurs de mes confrères auteurs de SF qui ont commencé dans les années 70-80, du temps où le marché des magazines littéraires battait son plein, me disent que les  prix n’ont pas augmenté en 30 ans. Et même, les avances payées aux auteurs par la plupart des éditeurs ont chuté (sauf pour les vedettes déjà confirmées comme valeurs sûres). Même des écrivains vétérans que je croyais hors de danger admettent que leurs droits d’auteurs ne suffisent plus à subvenir à leurs besoins. Avec la concentration des maisons d’édition, vient celle des médias, dont l’attention se réduit que 8 ou 9 « valeurs sûres ».

C’est donc avec toutes ces réalités que composent les écrivains à leurs tables de signatures, quand un fan leur demande, « Pourrais-tu/pourriez-vous…. »

Du chocolat pour se donner du courage!

(Un peu de chocolat pour bien finir cet article ! )

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Nouveau comix, les Otaku Ladies!

The comix out!

Des presses  Sunday Artist Studio, voici Otaku Ladies – Control Game, à temps pour le Toronto Fan Expo!  Je serai à la table  A-78 (avec l’auteure Liz Strange) du « artist’s alley », building sud du Metro Toronto Convention Centre.

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Sunday Artist Studio publiera des BD jeunesse et grand public.

La proximité d’un événement en milieu anglophone a motivé à publier les versions anglaises.

En plus des Otaku Ladies, voici Négociations (courte SF muette, 8 pages) qui a vu le jour dans ZIDARA9.

Couverture de Negociations

De l’idée au livre: une expérience personnelle

Qu’est-ce qui arrive quand on a une idée et qu’on ne sait quoi en faire? Un poème, une courte nouvelle, une novella, un roman, ou (gasp!) une série ? Une BD, un scénario de film? Une pièce de théâtre en trois actes?

Il faut choisir selon ses moyens, son temps libre, ses goûts. Et ses contacts!

Quand une idée pousse si vite qu’elle vous obsède, à l’exclusion de toute autre? Toutes ces questions se sont posées avec mon premier roman, inspiré par l’actualité.

La genèse d’une histoire

Signet IthurielJ’ai eu en tête, lors d’un atelier de BD en 1984, cette image d’une petite fille qui fuyait, perdue dans une foule. Qui la poursuivait? Peu à peu s’est dessinée le portrait d’une société dystopique et du projet  Ithuriel, un projet ambitieux mené en secret par une équipe de scientifiques, peut mettre fin aux guerres… et conférer à son possesseur une supériorité indéniable.

Cette idée s’est d’abord incarnée  comme une BD futuriste. Que j’ai commencé sans faire le moindre plan. Puis, comme je n’avais pas encore la capacité technique (et la patience!) de dessiner des décors sophistiqués que réclamait cette histoire, je me suis dit (avec un brin rétrospectif de naïveté) que ca ferait un bon film.

Entre 1985 et 87, sous forme de synopsis, le projet fut refusé, ou plutôt « silencé » (absence totale de réponse) par les maisons de production auxquelles il avait été soumis). J’ai poursuivi la BD jusqu’en 1988 avant d’abandonner définitivement cette forme.

Enfin, je me suis dit (avec un 2e brin rétrospectif de naïveté): que ce serait plus simple de l’écrire en roman. Quand il deviendra un best-seller, de laisser Steven Spielberg le tourner. J’ai récupéré, de peine et de misère, le texte original, qui était passé par divers systèmes d’opération incompatibles. Grace à l’héroïsme d’un confrère étudiant aveugle, qui a scanné page par page, et de mon futur mari qui a corrigé le texte ASCii obtenu,  j’ai récupéré mon texte sur un système compatible.

3e brin rétrospectif de naïveté: ce serait bien de faire lire le manuscrit par des amis.

Plusieurs ami-es l’ont lu,  et m’ont donné des conseils contradictoires ! Le conseil donné sur des sites d’aide aux écrivains débutants, de ne pas faire lire votre manuscrit par un ami ou un parent, est tout à fait adéquat. Mais quand on n’a rien d’autre…  Je recommande chaudement  les ateliers d’écriture et le tutorat par un écrivain plus expérimenté. Le roman a passé par pas moins de 16 « avatars ». Certains auteurs pros, comme Dean Wesley Smith, estiment que retravailler et gosser trop longtemps sur un texte est contre-productif.

Pendant tout ce temps, l’idée bourgeonne, et pousse dans toutes les directions. J’ai exploré chaque possibilité, écrivant de longs para-textes avec moult illustrations. Incapable de me décider, j’ai gardé une foule de scènes, ce qui a beaucoup nui lorsque la première version, une brique de 522 pages, a été soumise au prix Robert Cliche 1996!

Le livre de science-fiction est devenu, au cours des années, plus une socio-fiction tellement certaines innovations ont été dépassées. Le manuscrit a trouvé un premier éditeur intéressé, le contrat a été signé, plus tard le directeur littéraire a été congédié, le contrat est tombé à l’eau… Réécriture, soumission à d’autres éditeurs, refus, enfin, acceptation par une petite maison près de Paris.

Oui, j’ai fini par tenir le livre dans mes mains, fraîchement arrivé de France! Dans l’ensemble, le roman a été bien accueilli par la critique spécialisée en science-fiction (notamment une très belle critique de Joel Champetier dans Solaris). Toutefois, la facture du livre et son étiquette SF ont fait que les médias normaux n’ont pas relevé son existence. Le roman a connu une carrière honorable, mais discrète en dehors des milieus spécialisé.

La savante folle tenant fièrement son premier roman, Ithuriel en 2001

Entre l’idée de départ  (dont je parlais ici) et le livre terminé, il s’est écoulé 16 ans.  Ceci n’est pas précisé pour vous décourager, loin de là, car je n’ai pas travaillé à temps plein sur cet unique projet toutes ces années! J’ai publié cinq bandes dessinées ( dont une qui m’a aussi prise 12 ans à produire), j’ai fait des caricatures et des BD dans le journal étudiant Le Polyscope, écrit des nouvelles…

Et, c’est pas pour dire, mais cette histoire est revenue sur le tapis, sept ans après la faillite des éditions Naturellement. Un éditeur de l’Ontario souhaitait une histoire de SF pour sa collection jeune adulte. J’ai  réécris l’histoire en l’adaptant à un public plus jeune, déplaçant les lieux de l’action et le calendrier. Le thème principal est resté le même, mais le panorama social avait évolué, avec l’ère des Choix difficiles que nous promettent les politiciens!

Ça a donné une dimension de fiction politique à l’intrigue scientifique, le projet Ithuriel, chez les éditions David.  Quelques critiques ici et ici !

Projet Ithuriel Couverture

L’entretien des idées

Plusieurs projets d'écriture poussent en silence

Tout cela pour vous dire que que les idées poussent, et qu’on peut, je dirais même, on doit, en entretenir plusieurs à la fois. Évidemment, ça ne veut pas dire que l’auteur-e reste les bras croisés! Comme mentionné, on enrichit l’idée avec de l’engrais: des lectures sur le sujet, des discussions, l’observation des gens autour de nous, des recherches* sur internet…(voir mon caveat)

On arrose les idées en y pensant dans nos activités normales, en lavant la vaisselle, par exemple, ou lors d’une marche. Personnellement, quand je fais ma course matinale, j’écoute la radio et cela fait s’entrechoquer des idées.

Mes deux séries de science-fiction Les voyages du Jules-Verne et La quête de Chaaas ont débuté comme des courtes nouvelles (refusées!) que j’ai ensuite étoffées. Piège pour le Jules-Verne était d’abord L’incompétent, une nouvelle refusée trois fois par Solaris, mais je n’avais pas fixé mon « ton ». 

Ces premiers tomes se lisent comme une histoire complète:  

Couverture de Piège pour le Jules-Verne Chaaas - premier livre

Et La quête de Chaaas se tient sans qu’on ait besoin de lire les suites.

Le personnage de Chaaas, lui, est apparu dans le Jules-Verne no 3, Les mémoires de l’arc ! Dans ce livre, Chaaas était un adulte dans la quarantaine vigoureuse.

Couverture des Mémoires de l'Arc (Les voyages du Jules-Verne - 3)

Or, j’ai ensuite imaginé quelle aurait été son adolescence, dans cette civilisation avec laquelle les humains ne s’entendaient pas… Ce qui devait être un livre unique est devenu 5 livres. Le premier cycle de la série de Chaaas est maintenant complète avec le 5e livre, Le labyrinthe de Luurdu.

En ce moment, je travaille sur trois autres livres (dont un contrat signé pour une sortie l’an prochain.)

Les idées, elles poussent toujours…

Dessins et rencontres à Québec

Le salon du livre de Québec (SILQ) se tenait en même temps que le Festival de BD  francophone (FBDFQ). Ce fut l’occasion de revoir des ami-e-s et confrères, et de découvrir de nouveaux talents.

Une soirée d’impro : ça faisait au moins 12 ans que j’en avais pas faite!

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Aperçu de la table de l’impro-BD au FouBar le 11 avril dernier. Image

On a tous été bien reçus avec des shooters Vodka et Triple-Sec. Une première expérience de la chose pour moi, hips! La mission consistait à trouver des images pour les toilettes. Voici mon premier essai.

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Et mon deuxième, inspiré dan la bonne vieille Sf des Valérian de mon enfance! Jeune femme SF Coté messieurs Une « madame » très bien par GAG.

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Un autre dessin original. 
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fin de la soirée d’Impro BD. Gag considère son oeuvre…

P1000328 RuePlongeanteWen marchant… dans les rues de Québec, on rencontre des perspectives ouvertes!P1000329 RuePlongeanteW

et de mystérieuses ruelles 

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et un musée du chocolat sur la rue St-Jean! Eh oui, ces sculpture sont en pâte de cacao! Bien protégées par une vitre contre les gourmands.

De retour au FBDFQ. Le kiosque des autopublications, avec mes BD P1000351 mesBDW

Zviane heureuse de son Yukulele couvert de dessins (dont un des miens)

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Photo de Michèle joue du Yukulele (heureusement vous pouvez rien entendre!) prise par Zviane

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Daniel Shelton (auteur de Ben) en signature chez la Pastèque (pas le fruit)

P1000342 DomBellavanceetValerieLaroucheWLes joies du kiosque Prologue, ci-haut, Valérie et Dominique

Michèle Laframboise et ses signets pas signés!

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Au kiosque Prologue avec Valérie Larouche

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Trois auteurs de clowns vengeurs (Eve Patenaude, Guy Bergeron et Dominique Bellavance).

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Trois amies innues
un jour se mirent au Haikus
pis on aime le résultat!

S’agripper aux fleurs, éditions David.

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Louve me signe ses haîkus


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Les héros de la Boite à BD de Laval! Jean Marquis et David Therrien! Ils sont équipés pour veiller tard!

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Iris et Zviane signent leur trilogie! Ci-dessous, mes propres signatures pour la Boirte à BD.P1000364 gagWeb P1000367 JG30 dedicaceW

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Le kiosque de Zidara9, avec Rémi Paradis.

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Un autre talentueux confrère! 

Ci-dessous, Richard Forgues signe. Un collègue que je n’ai pas vu depuis 25 ans au moins… et qui a signé une histoire d’Alien fort amusante.

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Élisabeth Vonarburg en signatures. Élisabeth (avec JL Trudel et Yves Meynard) a été mon inspiration pour écrire de la SF! POur ceux qui ne la connaissent pas, je recommande sa série Tyranaël (les 5!) et Les Voyageurs malgré eux.

Bon, je promets de mettre plusse de liens la prochaine fois!

Une belle page avant la fin du monde…

Maitresse des vents, page 32, en tons de gris

Une belle page terminée donne une grande joie à l’artiste. La page 32 de Maîtresse des vents.

Les joies de la dédicace

Pour se préparer au salon de Montréal… un gag qui m’est vraiment arrivé, voila quelques années.

Le fan sans le sou...

 

(Mais c’était pas un Blueberry qu’il avait acheté!)

Nos plantes boivent-elle du café?

Nos plantes boivent du café!

Rencontre aquatique – 2

Rencontre aquatique, à paraître bientôt dans Nexuz3! Image en tons de gris

Disparaître derrière notre toile

Dédicace de Starwatcher par Moebius, 1998, Festival BD de Québec

Le 10 mars dernier, Jean Giraud (alias Moebius) est parti compter les étoiles. Son œuvre, riche et généreuse, témoigne de cet ingrédient capital d’une histoire, fut-elle fable politique sur fond galactique (L’Incal) ou cavalcade échevelée dans le désert du Mexique (Blueberry) : le sense of wonder.

Cet « émerveillement » exige un travail visuel ardu. L’auteur-e de BD doit apprendre moins à se mettre en vedette que de devenir, comme Moebius, un pont que ses lecteurs et lectrices traverseront avec joie pour visiter son univers.

La quête du sense of wonder est parsemée d’embûches.

Au début, on essaie d’imiter le trait des maîtres (Moebius, Druillet, Hermann, dans mon cas). Puis, on se met au défi de créer des univers de science-fiction plus originaux. Je sue sang et eau pour pondre chaque vaisseau, chaque élément de décor que je crois unique… souvent pour m’apercevoir que quelqu’un d’autre a fait mieux!

Chaque artiste est conscient que, dès que son dessin est tracé sur le papier, il s’envole hors de notre portée. Il sera copié, recopié, adapté, digéré… Quand Todd McFarlane a dessiné en 1988 « son » Spiderman dansant dans l’air avec de multiples fils d’araignée emmêlés, presque tous les autres dessinateurs ont repris sa façon de dessiner les fils.

Nous sommes des araignées invisibles qui filent leur toile à coups de crayon, espérant retenir nos lecteurs dans une île impossible, un planète savoureuse, un monde fantastique peuplé de personnages émouvants.


quand l’artiste a bien tissé sa toile
il y voit, parfois, briller des étoiles

xploration - tirée des Voyages du Jules-Verne, où l'influence de Moebius se fait sentir.

Cet éditorial a été publié sur le site du magazine de science-fiction Nexuz3.

L’illustration ci-dessus est de moi, du temps où je préparais ma série SF Les voyages du Jules-Verne. On peut déceler sans peine l’influence de Moebius sur mon travail…

Courses hivernales

Comment faire son jogging en hiver...

Les joies de l’hiver, quand on veut se garder en forme… Je cours 2-3 fois par semaine et en saison froide c’est un défi!

Au moins, mes voisins de rue musulmans trouvent que je suis bien couverte avec ma cagoule ninja…

Rencontre aquatique

Rencontre Aquatique

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En attendant ma prochaine BD, voici un dessin silencieux d’une rencontre sous-marine, réalisé au crayon de couleur. Dessiner un monstre aquatique a été un défi. Le plaisir a été d’orienter les rayons de lumières qui tombent sur les masses. Le rendu est pâle, mais j’ai augmenté l’intensité de la couleur après le scan du dessin.