Archives de Tag: BD

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 61

Quand le printemps s'est fait tant attendre... le jardinage se fait plus intensif

Quand le printemps s’est fait tant attendre… le jardinage devient plus intensif! C’était à peu près ma journée du 17 mai dernier, qui m’a inspirée ce gag.

Et oui, c’est bien un petit érable de Norvège que j’ai dû arracher, hélas. Il était bien enraciné!

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 60

Quand passe l'efface... surles héroines de Marvel!  texte, dessins et indignation de Michèle Laframboise

Vous êtes une héroine, compétente, pleine de caractère, cool: Disney vous efface!

J’ai vu Age of Ultron, le dernier film Avenger avec amusement, et applaudi les scènes avec Black Widow (jouée par Scarlet Johansson). Quel plaisir de voir BW sauter du Quinjet et récupérer le bouclier « oublié » par Iron Man, avec de superbes effets.

Puis j’ai lu ceci et cela: on a effacé  Black Widow de sa superbe scène en moto dans les produits dérivés! Non seulement efface: remplacée par Capitaine America aux guidons du rutilant véhicule.

Réponse d’un relationniste de Disney (traduction approx. par la savante folle): « On a un public féminin déjà conquis avec les princesses. L’acquisition de Marvel visait à augmenter notre public masculin. » Hasbro et Mattel : silence gêné.

J’ai grandi avec Disney et ses princesses qui peu à peu acquièrent de l’autonomie, mais cette dichotomie des publics vises (filles-garçons) par les jouets/figurines de Disney révèle l’influence des actionnaires à courte vue. C’est le sexisme qu’on est tellement habitué-es de voir qu’on le voit plus… Mais, là, plein des gars le voient aussi, et sont agacés par cette absence et le message que ça envoie aux jeunes. Ils sont illustrés ci-haut par ma gang des copains geeks des Otaku Ladies, incluant mon mari.

Un tweet (en fait trois que j’ai recollés)  l’a bien résumé (hashtag=#wheresNatasha )

« What really burns me re: erasing female superheroes, whether Gamora or Widow or Scarlet Witch, etc:
1) it tells girls they’re not worthy  and
2) it tells boys that girls are to be ignored & erased. B/c seriously, like there aren’t little boys out there who love Black Widow? « 

 L’effacement ne date pas d’hier

Les régimes totalitaires effacaient des portraits officiels les images des politician-nes tombés en disgrâce. Quant aux textes, vous connaissez le dicton « Les livres d’histoire sont écrits par les vainqueurs »… La femme de Mao avait subi ce traitement. Mais ce ne sont pas que les vilains communisss qui s’y sont livrés.

Dans une photo en 1939 de Lyon Mackenzie King avec la Reine Elizabeth Bowes-Lyon (la mère d’Élisabeth II), on  a effacé le roi Georges VI parce que l’impact du PM en campagne aurait été moins fort avec un autre mâle alpha sur la photo!

L’effacement des superhéroïnes de Marvel…

Les habitudes acquises persistent, même en moi. J’ai grandi dans les années 1970 avec des BD et des romans écrits à disons 99% par une seule sorte de personne originaire d’un ou deux pays (France et USA; au Québec, ça commençait…) 

L' »humain par défaut » est l’homme.  Un auteur qui met en scène un gars dans son roman ou sa BD touche à l’universel. S’il met en scène une femme, on débarque de l’universel vers le particulier. (Les écrivains qui font preuve d’empathie sont très bons. Je vous mets au défi de lire du Wally Lamb pis de pas pleurer!) 

Et si c’est en plus une auteure qui met en scène une femme/ fille/ vieillarde/ maman ourse (tiens, ça me rappelle ce comic de Predator! écrit et dessiné par deux gars), etc… alors là on oublie l’universel pour tomber dans les « histoires de filles » sans intérêt!

Enfin, pour nous consoler, voici ce qu’une artiste a créé avec les princesses Disney!

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 59

Diète médiatique: le défi d'équilibrer notre nourriture! Texte et dessins par Michèle Laframboise

Nourriture médiatique: il faut bien choisir ses aliments… et vérifier nos sources!

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 58

Nous sommes tous un peu snobs!  Texte et dessins par Michèle Laframboise

Le snobisme se répand comme une grippe à laquelle il est difficile d’échapper!

La plupart des collègues « vedettes » sont gentils et pas snobs pour deux sous (sauf des exceptions). Les plus connus, on les voit moins car ils et elles sont à la course! Un festival, un album, un contrat  n’attend pas l’autre. Et ce, sans oublier les amoureux du détail, comme Djief, l’auteur de Broadway, une superbe série d’ambiance, pleine de petits détails architecturaux bouffe-temps!

C’est aussi un rappel que le contact avec le public, malgré des anecdotes cocasses, reste notre soutien moral.

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 57

Evolution des tables!

Les tables évoluent au gré des besoins des salons… et de l’abondance d’auteurs en dédicace! J’ai commencé avec les bonnes vieilles tables carrées, pratique por les expo de BD quand vos voulez dessiner. Puis, après la table ronde et blanche, le guichet de kiosque, est venu l’atroce petite table surélevée!

Pour rendre les choses encore plus risquées, vous emballez la table de bar! Ça fait très classe, mais les jambes accrochent facilement dans le tissu noir qui entoure le pied de la table. J’ai chuté deux fois, avec tous mes livres, de ce perchoir!

Michèle avec la table risquée! Ne pas bouger... surtout ne pas bouger...

Ces tables hautes  sont donc un danger pour les artistes et la société. Je trouve déjà difficile la gestion de mes sacs en altitude.

L’auteure franco-ontarienne Marguerite Andersen, 90 ans, a réglé le problème à sa façon!

Elle a emprunté une chaise confortable à la salle voisine. Notez le perchoir repoussé en avant-plan. Je rappelle que marguerite s’occupe toujours du seul magazine littéraire francophone hors Québec, Virages.

Marguerite Andersen, 88 ans, a réglé le problème à sa façon!

CAMÉOS

Ariane Gélinas et sa petite robe noire font un caméo dans cette BD. Les malins adeptes de SF auront deviné l’auteure de SF Ursula K LeGuin en avant-dernière case, écrivaine qui est assez courte au départ.  On y voit la plante verte qui avait caché les dessinateurs de Kessé? dans un festival de Québec voici quelques années! (Mais je n’ai pas participé à ce vaillant fanzine!)

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 56

Dispute territoriale ... ça arrive dans les meilleurs salons!  Le sympathique Jean-Guy de Prologue y fait un caméo!

Les chicanes de territoire entre auteurs arrivent dans les meilleurs salons du livre! Gare aux conflits d’horaires…

Pour la première fois dans cette chronique de la table de dédicace, on fait connaissance avec  Jean-Guy qui s’occupe des horaires au stand de Prologue depuis des années. Il a été témoin de pas mal de gags. Il finit par bien nous connaître…

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 55

Le fan très occupé... Texte et dessins par Michèle Laframboise

Il y a plusieurs façons de faire savoir que vous êtes occupé… Et on notera que les fans ne sont pas les seuls à le faire!

Quelques confrères de BD apparaissent dans cette page… dont Simon Morin qui est sans doute le plus grand auteur de BD du Québec (à 6’7″ !)

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 54

Le fan qui déteste la SF - D de Michèle Laframboise avec l'aide amicale de Jeanne-A. Debats

Ce gag me tient particulièrement à cœur car il concerne ma saveur favorite de crème glacée littéraire, la SF. Et oui, pour écrire de la science -fiction, il faut être non seulement passionné-e, mais savoir expliquer la chose avec patience à notre public adoré qui associé ces mots avec toutes sortes de choses comme les gros blockbusters au cinéma.

Et oui, il y a envers les genres un petit snobisme intellectuel de la littérature « blanche » qui heureusement commence à s’estomper.

En fin d’article, j’ai placé un dessin fait très vite en 2012 pour capturer le sentiment d’émerveillement qui m’a envahie lors de mes premières lectures de science fiction. C’était la seule sorte de littérature qui ma fascinait, pendant qu’on étudiait en classe des auteurs français morts depuis longtemps. C’est longtemps après que j’ai ré-apprivoisé ces auteurs dit classiques (et découvert, glissées parmi ces grands, des écrivaines).

Il manque de nombreuses répliques, donc je vous recommande de visiter le blog de Jeanne-A. Debats, une consœur qui n’a pas froid aux yeux! Quelques répliques originent du salon du livre de Paris qui vient de se terminer.  Lors de mon passage là-bas, en 2008, on m’avait aussi servi  « Oh vous savez, je ne lis pas de fiction, c’est irréel! »

Les « calmars bavards » (talking squids) sont une récente tradition en   littérature canadienne, né d’une boutade de Margaret Atwood, qui a écrit de la bonne SF d’anticipation et post-apocalyptique, mais ne voulait pas à, une certaine époque, y être associée. Les choses ont changé depuis  et madame Atwood ne rougit plus de la chose. Un site ironique avait cependant été monté (UPDATE 2022: il n’existe plus), chapeauté par une très bonne nouvelle mettant en scène des calmars dans l’espace, Sheena 5 par Stephen Baxter.

Je termine en signalant que, pour la première fois depuis 10 ans, je ne serai pas au Salon du livre de Québec / FBDFQ, à cause d’un délai dans la production de mon 16e roman. À la place, je serai au nord de Toronto, au congrès de science fiction Ad-Astra.

Portrait de l'auteure découvrant la SF dans la bibliothèque de son père.

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 53

53 Le Fan qui dit  OK...

Voici un phénomène courant pour tous les auteurs qui doivent expliquer à leur public adoré en quoi consiste leur ouvrage. Le badaud semble suspendu à vos lèvres,  hochant la tête à chaque micro pause, ce qui vous encourage à poursuivre.

Ça m’a pris bien des salons avant de comprendre que tous ces gens qui répètent OK, OK, OK… sont tout simplement polis et pas du tout fascinés par votre oeuvre.

Et certains n’écoutent pas avec une très grande attention, ayant « décroché » mentalement et attendant la fin de votre boniment pour aller se mettre dans la file de leur vedette favorite

Chaque « boniment » demande un minimum de 3 à 5 minutes pour bien présenter votre univers à un lecteur qui n’en a jamais entendu parler. Et cet univers ne correspondent pas toujours aux goûts du lecteur: par exemple, 9 fois sur 10, on me répond « je n’aime pas la science-fiction ». Pour une séance de dédicaces d’une heure, si je parle à 10 ou 12 personnes, je peux espérer un maximum de 1 ou 2  nouveaux lecteurs.

Merci pour votre patience, chers fans fantastiques, après presque 6 mois de silence BD. La plupart des prochains gags seront des nouvelles créations 2015 comme celui-ci. Ne vous gênez pas  pour partager vos propres expériences, soit comme auteur, soit comme lecteur hantant les salons du livre!

En avant vers de nouvelles… échéances!

Les Grandeurs et misères de la table de dédicaces vont reprendre, à moins d’imprévus, dès mon retour de vacances! Voici pour mes fans fantastiques un aperçu des travaux en cours.

Pourquoi je cours...

Nouvelles de science-fiction terminées  terminées en début mars

(écrites sur le portable hérité de mon bon papa-amateur-de-SF):
– 1 en français
– 2 en anglais

Nouvelles en soumission:
– 4  soumises à des concours ou à des revues dans les deux dernières semaines. Inclue les trois terminées citées plus haut, et une traduction anglaise d’une nouvelle déjà publiée.

Nouvelles en rédaction:
– 2 en anglais. J’ai beaucoup bénéficié d’un atelier de 6 semaines donné en ligne par Dean Wesley Smith. Sa philosophie d’écriture tombait pile sur mes faiblesses. À bas la procrastination!

Publication en langue étrangère
– 1 en russe dans la revue Supernovia parue en janvier dernier.

Récits:
– 1 en français, soumis à un concours en fin février.

Romans

le 19e en planification (50 000 mots)
le 18e en rédaction, fin prévue pour le début d’avril (60 000 mots)
le 17e est en soumission (27 000 mots)
le 16e est sous impression

BD

Mon album Maîtresse des vents: pages 38,39,40,41 scannées, 42-43 en production.

Caricatures

-Celle qui illustre cette chronique, la première réalisée depuis le départ de mon père.  Notez dans l’image que le terrain sur lequel court l’artiste change souvent de nature.
-Une caricature réalisée sous le coup de l’indignation au début de 2015,  en soutien à Charlie-Hebdo

Le projet promis qui traîne

1 qui n’a pas trop avancé! une BD de 12 pages prévue pour Zidara9  mais je suis un peu en retard… Tsssk, tsssk, tsssk!

Projet BD: une belle bagarre

Comme je pars pour le Salon du livre de l’Outaouais, je prends de l’avance.

Le projet BD Maîtresse des vents avance à petits pas. Voici la page 41 encrée et scannée, puis retouchée dans Manga Studio 5. Prochaine étape, ajouter les tons de gris. Y a pas beaucoup de bagarres dans cette histoire située dans l’univers de La quête de Chaaas​, ça fait que… profitez-en!

Une belle bagarre, dans une méritocratie où les hommes portent les cheveux longs!

Pour ceux et celles qui ont lu la série, ceci est un spin off de ma série de romans SF, autour du personnage d’Adalou kha Narri. Dans cette page, on voit la mère, puis le frère et le père de la jeune fille (en plein concours de maniement de cerf-volant). La police de caractères finale n’a pas encore été choisie, je  laisse les dialogues écrits à la main.

Le crayonné en bleu qui précède. Oui, ce fut dessiné au p’tit crayon bleu!

42AdalouScan150dpi

Et dire que tout cela a commencé avec un 24-24 de 22 pages botchées… Qui ont toutes été reprises, et l’histoire re-scénarisée. La main qui dit « excusez-moi » a été changée. Y a pas de petit défis!

Vol en solitaire

Un avion passe dans un ciel lumineux auquel les sombres nuages donnent du contraste. L'avion, c'est mon père ingénieur, parti pour son dernier vol, sans instruments, sans compas, sans carte...

Photo par Michèle Laframboise

Mon père, Jacques E. Laframboise, s’est envolé à 1:40 ce samedi matin pour un vol en solitaire sans instruments, sans compas, sans carte.

Diplômé de polytechnique 1951, les avions et aéroglisseurs ont toujours été sa grande passion. Même sur son lit d’hôpital, il terminait un article sur les aérotrains, un moyen de transport qu’il a contribué à développer. 

Il savait qu’il décollait pour un vol sans retour. Sa bonne humeur va nous manquer, mais il nous a donné un bel exemple de sérénité.  S’il a été fier de me voir étudier en génie à la même École, jamais il n’a pris ombrage quand je suis devenue écrivaine et auteure de BD  à temps plein. Le bonheur (et ses petits-enfants!) comptait davantage pour lui.

Pilote accompli, mon excellent père m’a transmis son amour des sciences et de la science-fiction, que je transmets à mon tour.