Archives de Catégorie: Humour

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 20

Des fans critiques...Il y a très peu de personnages de couleur dans mes  premières BD, ce qui reflète l’entourage dans lequel j’évoluais. Par réflexe, je dessinais des persos « caucasiens » (des blancs, quoi). Les choses ont changé quand j’ai étudié à l’École polytechnique, et le joyeux melting pot de races a fini par déteindre sur mes BD.

Dans La plume japonaise, sont apparues en 1995 (dans le fanzine MensuHell) les Otaku Ladies, un trio de jeunes femmes « colorées ».  En Ontario, l’immigration venue d’Afrique et d’Haïti change tranquillement le portrait de la communauté francophone. Février est devenu le mois de l’histoire des noirs, ces oubliés de la grande histoire. Lire la suite

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 18

Quand des jeunes amateurs découvrent la table de dédicace de l'auteure de BD...  Texte et dessins par Michèle Laframboise

Voici une des BD des débuts de la série, qui se déroule dans un salon des sciences et de l’invention. J’y étais présente avec des albums, dont la première version de La plume japonaise.  les échanges avec ces jeunes filles sont presque rapportés verbatim. On est en 2000, c’est ma 6e page dessinée de la série (sur du mauvais papier, hé oui…) Dire que ces enfants sont devenues des adultes aujourd’hui!!

Mes interactions avec les jeunes fans, alors que je n’étais connue que pour mes BD, témoignent d’une certaine candeurTous les auteurs peuvent reconnaître ces échanges, et les répliques qui ont souvent été entendues.

Case 4 : Je propose régulièrement que les jeunes désargentés mettent leurs ressources ensemble. et c’est rarement accepté. Ce qui révèle leur motivation réelle…

Case 5 : Oui, j’ai bien proposé qu’elles aillent demander des sous à leurs parents.

Case 6 : Le sempiternel « on va revenir »… sauf que le hall d’expo étant de petite taille, je les ai donc revues.

Case 7 : touchante naïveté dans la question

Case 8 : reviendra souvent dans la série!

Case 9: Elles sont revenues en effet  avec un album du stand Lombard.

Cette page de BD, malgré ses maladresses, revêt une grande signification, car c’est après cet événement  que m’est venue l’idée de compiler des histoires de fans qui posent des questions surréalistes ou carrément absurdes. Je n’ai pas commencé par ces jeunes, parce que d’autres souvenirs me sont revenus, que je me suis empressée de noter.

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 17

Voici un sympathique fan qui pose beaucoup de questions techniques...Deux remarques pour les amateurs. Cette BD est un autre produit précoce sur papier de mauvaise qualité, que le scanner que j’utilisais à l’époque n’a pas gâté.

Mon écriture sur ce papier « buvard « était tellement mauvaise que j’ai décidé d’acheter une police de caractère ou deux pour améliorer la présentation. La BD a été mise ne couleurs et modifiée dans Manga Studio 5, un achat que je ne regrette pas!

Cette BD est inspirée par une convention de SF à Montréal il y a quelques années où j’ai côtoyé un tas de geeks sympathiques. Je me suis toujours bien entendue avec mes confrères du Comité Micro de Poly lors de mes études. Ils m’ont inspiré de nombreux gags.

Tel celui-ci. La disquette géante vous donne une idée de cette joyeuse époque hélas révolue…

Le radeau de la Méduse...revu et corrigé pour le COMIC!

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 16

Les joies des dédicaces reprennent en 2014! Déjà, se profilent à l’horizon les salons du livre de l’Outaouais et de QuébecVoici un cas qui se produit de plus en plus lors de ces événements. À classer dans la même famille que le fan qui a eu une idée qu’il croit géniale… 

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La technologie multiplie la quantité de textes produits… mais pas leur qualité! Les hypothèses sur le succès posées par cet aspirant auteur sont un peu exagérées, mais typiques des débutants dans le milieu littéraire qui croient à la « poignée de main secrète ». (Houla, mes pauvres dir-lits! Ils et elles m’ont fait travailler et retravailler mes textes avec sévérité. ) Lire la suite

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 15

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Hé oui, un joyeux dessin en couleurs pour fêter la fin de ma saison des salons du livre!

Le dernier était le Salon du livre de Toronto, où l’auteure de BD Julie Maroh était invitée! Une excellente coloriste, qui donne dans la nuance de gris, bleu et sépia (Le bleu est une couleur chaude, Glénat). La mise en couleurs de la case deux a été inspirée par sa méthode.

Cette saison, je portais joyeusement du vert. Quant à l’électricité statique, ben, c’est vrai que ça affecte mes cheveux en hiver! (Hé oui, j’ai été interviewée par TFO, mais ça a beaucoup mieux été que sur cette caricature.  Ça faisait longtemps que j’avais été interviewée sur mes BD plutôt qu’à propos de  mes romans de science-fiction.)

Et j’en profite pour souhaiter de belles Fêtes à mes fans fidèles et parfois féroces, mais toujours fantastiques!

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Cauchemar au Salon du livre

Pour mes fidèles fans, frais d’aujourd’hui!

Le fan adepte de la conspiration

Cet épisode est arrivé au salon du livre, et prenant pitié de ce brave auteur ainsi assiégé, je suis intervenue (mais pas en me faisant passer pour une agente de l’OD, c’est la part de la fiction).

Un fan similaire est l’adepte de la conspiration extraterrestre!

Mille excuses pour la piètre qualité du rendu, dessiné et colorié ce matin sur tablette papier et photographié avec ma technologie! Pas de bon éditeur photo, donc le cadrage est un peu cru.

Les joies de la dédicace

Étant prise de court par deux manuscrits à remettre avant-hier sans faute, et dans le train vers le Salon du livre de Montréal, voici une illustration des joies de la dédicace pour beaucoup d’entre nous, auteurs contournables!

Avatar de Michèle LaframboiseSavante folle

Jiraya Salon du Livre 2012

Je suis une fan de Naruto, au cas où ca ne paraîtrait pas assez… Et Jiraya est mon perso préféré dans la série, pas juste parce que c’est un écrivain!

Voir l’article original

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 14

Voici un autre gag qui fut inspiré par une de mes expériences à un salon du livre que je ne nommerai pas! On peut excuser un peu l’artiste enthousiaste. Des fans qui, à cause de leur jeune âge, n’ont pas tout lu et réinventent la roue, ça arrive!

La fan qui veut percer dans le manga

À cette époque (voir l’année de la signature!) je détestais le manga presque autant que l’underground. J’ai par la suite rencontré  des artistes qui avaient quelque chose à dire et ont changé ma vision de ces deux genres. Ce gag vieillit un peu mal car ni les Seigneur des anneaux ni Le Hobbit n’était sorti au cinéma! Lire la suite

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 13

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Vous ne voulez pas avoir ce fan. Vraiment pas.

Il ne tourne autour de votre table que s’il croit pouvoir obtenir des retombées favorables. Il espère que son chemin croisera celui d’une vedette qui donnera une validation sociale à ses choix (non-)culturels. Lire la suite

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 12

Le fan zombie

Les observateurs noteront que ce gag a déjà été publié voici dans ce blog, pour souligner le comportement des acheteurs épuisés après avoir marché de kilomètres dans les grands Salons du livre, comme celui de Montréal avec ses 800 kiosques! Lire la suite

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 11

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Ce no 11 rend un hommage indirect à Michel Viau, qui a vaillamment dépoussiéré des pionniers (et pionnères) du 9e art au Québec et par conséquent, en a *très* long à dire sur la BD .

Mon confrère Marc Jetté a gentiment contribué à cette page.

Dans la vie, il arrive des fans extraordinaires et Marc en est un! D’abord, le texte représente réellement une critique / analyse de mon travail à l’époque. Il a rédigé et écrit sur l’original ses répliques (sauf la dernière, « je te prend un signet »), d’où l’importance de sa signature au bas du gag. Sa calligraphie était pas mal meilleure que la mienne!!!

Marc Jetté est un auteur, artiste, libraire, enseignant, lecteur, chroniqueur, commerçant, et témoin de l’ascension de la bande dessinée québécoise depuis la fin des années 1970. Je l’ai connu quand il a créé le fanzine Jean Nendur avec André Poliquin.  Le fanzine a publié 16 numéros, racontant l’histoire d’un sympathique vieillard.

Marc a aussi publié le fascicule Censure et bande dessinée américaine en 1997 aux Éditions De Roussan. Pour les intéressés, j’ai quelques exemplaires en stock, mais vous feriez mieux de vous les procurer àla libraire Studio9 de Marc ! (Studio9 fut en nomination aux Shuster Awards 2012 dans la catégorie meilleure boutique de BD au Canada).

(Je me permets de rappeler que Joe Schuster, co créateur canadien de Superman, n’a pas eu une vie facile. Les jeunes hommes avaient vendu tous les droits du personnage à DC. Après les dix ans de leur contrat, ils ont été « remerciés » (lire: coup de pied das le derrière, bon vent!) et Joe a vivoté dans la misère après.)

Marc a été un des trois confrères qui m’ont encouragée à faire de la BD à une époque où mon style de gag « Franquin » n’était vraiment pas en demande. Ce qui est moins le cas aujourd’hui, où tous les styles  trouvent leur publics surtout grâce aux plateformes de Webcomics.

On peut voir que ce gag date un peu, car il y avait déjà pas mal de  femmes auteures en 2000, et beaucoup plus aujourd’hui (mais 12% de femmes auteures recensées en 2011 en France! (Voir aussi mes liens en contre bas). Par contre, dans les années 1970, y’en avait moins.

L’important, c’est de trouver sa joie de créer, et de persévérer!

L’autre détail qui est moins réaliste aujourd’hui, ce sont les douze tasses de café… Mais certains événements les offraient gratis aux dessinateurs de BD, alors je ne m’en privais pas!

Grandeurs et misères de la table de dédicace – 10

Le Fan qui veut être gentil et vous souhaite bonne chance

Ce gag est le tout premier qui me soit venu à l’esprit, mais pas le premier que j’ai dessiné. Il figurait en première page du recueil Séances de dédicaces publié par Fichtre.
cependant. Comme déjà expliqué, mes premiers festivals de BD se tenaient dans des lieux publics, fréquentés par des gens très gentils, mais ignorants des réalités du métier.

–  C’tu toi qui fais les dessins?

– C’tu toi qui écris les textes?

– C’tu toi qui fais les deux?

C’est étonnant comment les fans répètent ces questions, dans cet ordre, avec parfois des variantes. Notez que monsieur âgé du gag de la semaine précédente déclare « Donc vous faites les deux! » ce qui est plus subtil.

L’autre lieu commun que vivent tous les écrivains, ce sont ces bonne chance! pour faire pardonner que, malgré tous les compliments déversés sur votre table de dédicace, ils n’ont pas l’intention d’acheter votre livre/album de BD/oeuvre d’art/whatever!

Moment de confidence: après plus de 20 ans de salons du livre, je suis tan-née d’entendre ces deux mots, pourtant prononcées avec la meilleure intention du monde! Si j’avais reçu 1$ pour chaque Bonne chance! qu’on m’a souhaité, je serais multi-millionnaire aujourd’hui!

Quand on me dit: « Bonne chance« , mon subconscient entend: « Quelle artiste poche, tu fais tellement pitié que c’est seulement la chance, et non tes efforts, qui va te sauver! »

Je sais que le succès dépend de notre travail et aussi de l’heureux concours de circonstances qu’on appelle la chance. (J’en ai déjà parlé dans cet autre article.) Mais le sentier mental a été creusé trop d’années à force de l’entendre, ça me hérisse encore!

Finalement, j’ai trouvé la parade pour ne pas grimacer.

Quand un-e fan me souhaite bonne chance!, je souris de toutes mes dents et réplique, « Mais j’ai déjà de la chance: j’ai VOUS! Souhaitez-moi plutôt des lecteurs, beaucoup de lecteurs! »

ET ce n’est pas un mensonge, car chacun de vous est de la chance, pour sa famille, ses proches, son milieu.

—- BONI ! —-

Pour les curieux, voici les 5 premiers gags de la série: en 2012, avec trois romans aux fourneaux, j’ai pas eu beaucoup le temps pour mettre des BD sur le net!

Une heure à la table de signature: en dessins

Une heure à la table de signature: en photos!

La journaliste qui vous offre la gloire – en couleurs

Le fan très fier de son petit neveu bédéiste!

La consoeur de classe prospère!