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Mon roman de science-fiction finaliste aux prix Trillium 2009

Mon roman La Quête de Chaaas retrouve parmi les 17 livres finalistes aux prestigieux prix  Trillium 2009. (Voir le  communiqué de mon éditeur Médiaspaul.)

Organisés par la Société de développement de l’industrie des médias de l’Ontario (SODIMO), ces prix récompensent l’excellence littéraire en Ontario.
Ca fait toujours un petit velours quand un roman de genre, la Science-fiction dans mon cas, se classe finaliste pour un prix de littérature générale.

La Quête de Chaaas explore avec audace l’univers d’un adolescent qui cherche à se faire une place au soleil dans une civilisation de super-jardiniers. Volé, puis laissé pour mort dans le désert glacé où se déroule la quête des cosses d’azan, Chaaas jure de faire payer le coupable. Mais une graine de hasard s’en mêle…

Des lectures publiques et le gala de remise des prix auront lieu les 15 et 16 juin prochains, à Toronto.

Comment faire pousser une histoire

Une idée de départ, c’est comme une graine que tu mets en pot. Une nouvelle: un pot plus petit,  un roman de 500 pages, un plus gros pot. Mais attention à ne pas entreprendre un projet trop ambitieux…

Quand on voit trop grand

Il faut lui laisser du temps et l’espace pour pousser, lui fournir de l’eau (du temps d’écriture, de la planification) et de la bonne terre bien aérée pour les racines (réflexion personnelle, puiser des informations sur le sujet). Et les amis écrivains qu’on rencontre? C’est de l’engrais, et du bon!!! Rencontrer des copains-amis-collègues motive!

Donc, on pense à son idée, qui bourgeonne. On définit peu à peu son intrigue principale, ce qui se passe, et parfois la fin, sans trop de détail. À cette étape, je fais un mini-synopsis comme une bande-annonce de film. Je dessine aussi mes personnages, pour mieux les explorer. Certains auteurs de lit-gen pensent à leurs personnages très longtemps avant d’écrire leur première ligne (Yves Beauchemin, chez nous), toutefois, ce n’est le cas de tous écrivains.
Arroser patiemment son histoireArroser patiemment son histoire

En nourrissant ta plante, elle pousse et s’enracine en toi: quand tu fais les recherches, de nouvelles idées surgissent, parfois contredisent des péripéties de départ. De nouveaux personnages apparaissent, prennent de la consistance. Tu t’attaches à certains que tu croyais secondaires, qui vont prendre une meilleure définition. Ca m’est arrivé dans mon dernier roman (Les vents de Tammerlan) et cela a enrichi l’histoire!

À un moment donné, je compose une liste d’épicerie (plutôt qu’un plan rigide), de « ce qui arrive »: situation de départ, événements, rebondissements, en une phrase chacun, facile à permuter en cas de besoin.

Liste d'épicerie

La plante fait des fleurs… on sent que l’histoire s’est assez cristallisée dans la tête pour commencer à l’écrire. J’enrichis ma « liste d’épicerie ». Souvent j’ai déjà écrit la moitié du livre, le début et la scène finale. C’est le milieu qui reste moins défini. Là, je pense encore aux personnages secondaires que je veux faire découvrir, à la progression dramatique, aux thèmes, etc. Je vais insérer les scènes nécessaires au milieu et dans ce qui j’ai déjà écrit.

Il arrive un moment pénible, où on s’apercoit qu’il faut élaguer. Des branches poussent dans trop de directions, l’intrigue se perd dans un fouillis… Étape cruelle mais nécessaire: si ce n’est pas sur le premier jet écrit, on le fait plus tôt, à la liste d’épicerie. Des fois, surtout en débutant, on s’attache émotionnellement à une phrase, un paragraphe, une scène… Eh, que c’est difficile!

Il faut élaguer !Il faut élaguer !

À la fin, comme dans mon cas c’est de la SF jeunesse, je repasse sur la grammaire, j’enrichis par les quatre ou cinq « sens » les descriptions, je rajoute une réplique humoristique ou deux. Je révise les descriptions: je suis particulièrement faible pour décrire des couleurs. En plus, comme mon prochain roman porte sur une civilisation non humaine, je ne peux utiliser des mots comme terre-de-sienne, etc. Idem pour les unités de mesure, le mètre, l’heure, la minute, et les expressions « tout-à-l’heure », à bannir.

Après, on laisse la plante se reposer trois semaines ou deux mois, avant de réviser le texte. Des idées auront germé entretemps. Si la plante est en bonne santé, on voit tout de suite si ces idées « de la onzième heure » enrichissent ou non l’histoire.

Plus tard, c’est le directeur littéraire qui grogne et fait retravailler-élaguer. Même dans cet intervalle, il m’est arrivé d’avoir l’idée des détails savoureux, que j’ai pu intégrer au texte final. C’est la dernière « taille » de notre plante.

Voir grand: le Salon du livre de Paris

Le salon du livre de Paris est-il trop gros?

1700 kiosques, un kilomètre de marche d’un bout à l’autre…  Le salon demande de bonnes jambes! Par chance, les couloirs très larges permettent d’y déambuler à l’aise malgré l’achalandage.

Voici une trouvaille, que le Salon de Montréal, avec ses 800 kiosques, devrait imiter: ca et là, on a aménagé des espaces clos appelés « Pauses-lecture », où des tables et des fauteuils confortables accueillent les visiteurs fatigués. On peut lire en se reposant les pattes, sous l’oeil vigilant d’un employé ou bénévole bibliophile.

Par contre, Montréal peut se passer de la fouille avec détecteurs de métaux à l’entrée (Israël étant l’invité d’honneur en 2008).

Ici une photo de ma table de dédicace.  J’ai eu un succès d’estime auprès des bibliothécaires (venus par pleins autobus de toutes les régions de France), dont peu connaissaient mon oeuvre. J’ai distribué beaucoup de feuilles d’information.  À cause du grand nombre d’éditeurs regroupés sous cette bannière, il n’y avait pas beaucoup de mes livres en stock; cependant, j’en avais apportés dans mes valises.

Ma table de dédicaces, située juste sous l'énorme enseigne triangulaire de Québec édition

Notez la position de l’énorme enseigne triangulaire de Québec Édition, suspendue par trois petites cordes…  C’est un gentil Parisien qui a pris la photo, monsieur Philippe Savouret qui avait l’oeil bien ouvert pour déceler le gag. Merci!

Pour les esprits mathématiques, rapportez la position au sol de cette enseigne si elle avait chuté d’un seul coup.

J’ai eu la chance de rencontrer des dessinateurs sympathiques: Linda Medley, (Castle Waiting, traduit par le Chateau l’Attente) est une rare auteure tout public, avec une vision à la fois rafraîchissante et ironique des contes de fées.

Linda est une jeune femme aux cheveux noirs et courts, aux yeux pétillants. Fatiguée de ne pas trouver éditeur à son goût, elle s’est lancée dans l’édition indépendante, avec tout ce que la chose comporte de risque et de gouffre financier. Finalement Fantagraphics a repris tout le premier cycle publié chez Olio Press, et la traduction française de 530 pages est sortie fin 2007.

Le Château l’Attente s’est mérité le prix du public du dernier festival d’Angoulème. L’album regroupe sous une belle couverture cartonnée la première série du Château dessinée par Linda.

Linda Medley signant à Paris 2008

On a discuté dessin, en particulier chevelure. J’ai un mal de chien à dessiner des tresses, or, beaucoup de mes personnages en portent dans ma prochaine série… Linda m’a suggéré de faire comme elle pour les tresses: s’en fabriquer une avec de la laine et suspendre au mur de son studio. Bonne idée… Un peu comme l’auteur de BD Terry Moore, je ne peux qu’admirer la patience et la persévérance de Linda, qui apprend d’ailleurs le francais et m’a fait une dédicace dans ma langue! (photo)

J’ai croisé Philippe de la Fuente au Speed booking (eh oui, j’y ai passé moi aussi!) Avec beaucoup de chance, j’ai passé assez rapidement avec ce dessinateur d’humour qui vient de sortir chez Delcourt son deuxième album de la série Humour Juif, Allez l’hébreu! Son graphisme rappelle un peu Franquin.

Quoi qu’il en soit, nous avons discuté un peu boutique et son opinion rejoint mon impression. Le marché européen est peu ouvert pour mon style réaliste, car les exigences graphiques sont si élevées que chaque page me demanderait dix jours de travail à temps plein, de la conception à la réalisation. Ce n’est pas compatible avec mes activités d’écrivaine et de mère.

Mes animations se déroulaient à l’autre bout du kilomètre de Salon… près des kiosque d’éditeurs de BD. J’ai eu un public réticent le premier jour (dès qu’ils ont entendu mon accent, les jeunes s’amusent à lancer des sacres prononcés à la francaise…)  Mais mon public a été plus réceptif le second jour, et j’ai d’ailleurs fait plusieurs dédicaces.  Voici la description sur le site du Salon de Paris, les 18 et 19 mars.

La grande taille du Salon fait que cependant, même avec la meilleure volonté du monde, on manque beaucoup de confrères-soeurs écrivains!

Je salue l’auteure  Anne Lanièce qui m’a guidée à travers les jardins du Luxembourg, le Palais Royal et a su me faire apprécier cette ville pleine d’histoire! En mars, le printemps fleurait bon, pendant que je pensais aux deux mètres de neige qui m’attendaient encore chez nous…