Clichés du TCAF

Le Toronto Comics Arts Festival vient de se conclure et j’ai attendu de classer ces quelques photos.
Ambiance du TCAF
Ambiance du TCAF au Toronto Reference Library
Pour moi et tous ceux qui ont participé au TCAF 2007 dans un une série de petits locals encombrés ou on se pilait sur les pieds, le choix de la bibliothèque de Toronto (Toronto reference library) sur la rue Yonge constitue un changement bienvenu! Tout le monde se trouvait sur le même plancher, dans un espace aéré. Les bénévoles étaient très disponibles, beaucoup viennent du Beguiling, un comic shop très diversifié de Toronto. Tara Tallan

Tara Tallan signant joyeusement!

On voit ici Paul Roux qui découvre ma voisine de table, Tara Tallan, auteure de la saga Galaxion. On peut surtout apprécier la vastitude des lieux. Ma grande joie a été d’avoir Tara Tallan comme voisine de table. On a le même style (résolument manga, overground et accessible) et cela fait plus de 10 ans que je suivais l’évolution de son style. Et en plus, elle reste dans la région de Toronto! J’ai eu la chance d’avoir parlé à beaucoup de francophones. Et même Michel Rabagliati a fait son tour dimanche!

The General's GardenThe General’s Garden

Je lancais mon dernier ouvrage, The General’s garden, (Le jardin du général) un petit comic de 24 pages en style manga laframboisien, destiné à un jeune public. (La version francaise sort bientôt chez Fichtre).  J’ai eu un petit moment de gloire avec le site du National Post qui a publié des interviews rapides. Parmi les invités, le plus attendu était Scott McCloud, l’auteur et théoricien de la BD dont les trois livres (Understanding, Reinventing et Making Comics) ont aidé beaucoup d’artistes dans la compréhension de leur démarche. Je lui dois beaucoup, et j’avais vraiment peur de le manquer, car, croyez-le ou non, j’ai signé et signé à tour de bras! * La savante folle devenue une fan finie de Scott!

La savante folle rencontre enfin Scott McCloud, extrait d’une conversation hautement intellectuelle de ma part…

C’est souvent comme cela quand je rencontre des auteurs qui m’ont marquée. Heureusement, Scott est super gentil et très compréhensif!  Et il concilie travail-famille, car il voyage avec son épouse Ivy, qui tient un blog, et ses deux jeunes filles (une qu’on entrevoit derrière Scott). Je viens de lui acheter ZOT! sa compilation de 600 pages de ses BD autopubliées à l’époque. Comme j’avais mes signatures à continuer, je n’ai pas pu lui parler longtemps…

Puisque nous sommes dans une librairie, je ne saurais passer sous silence la présence de James Turner, mon voisin de table à la TCAF 2007, auteur de Rex Libris, bibliothécaire de choc! James Turner et son héros, Rex Libris, bibliothécaire de choc!

James Turner à sa table, avec une figurine de Rex Libris!

James est un auteur qui travaille entièrement à l’ordinateur et réalise d’intéressants effets. J’attends sa prochaine compilation avec plaisir.

Les autres belles rencontre furent avec Jim Munroe et Salgood Sam, deux que je n’avais jamais vus en personne! Leur opus s’appele Therefore Repent, une réflexion sur des croyances trop littérales de la Bible, et quel genre de monde cela nous réserverait si c’était vrai…

Matt Kindt: son livre _superspy_ m’intriguait. Je l’ai acheté.

Shannon Gerard: Sword of my mouth: dans l’univers de Therefore Repent!

Jason Marcy (« Hairy bald guy books », son nom de maison d’édition le décrit très bien aussi!) Je l’ai croisé le samedi matin, et j’ai acheté une de ses autobio.

Ma plus grosse brique : Local, une compilation de douze BD par Brian Wood et Ryan Kelly, de Oni Press, 300 pages, reliure cartonnée très dure. Encore plus lourd que la brique de 600 pages de Zot! Comment j’ai réussi à revenir chez moi  avec tout ce bagage par le transport en commun? En marchant tran-quil-le-ment au métro, puis en prenant le Go bus, aux bancs très comfortables…
L'auteure courant aux événements

L’auteure courant aux événements

*En effet, avec mon dernier livre au prix très abordable, j’avais aussi imprimé deux mini-comics (une page 8.5 par 11 pliée) pour lequel je demandais une contribution volontaire de 5 ou 10 sous… (autrement, les gens jettent les pages obtenues trop facilement!) Comme beaucoup de gens me donnaient plus, cela a aidé à rembourser le prix de ma table de vente!

Souvenirs du SLO

Le salon du livre de l’Outaouais est passé, me laissant de beaux souvenirs!

Oyez! Daniel, Michèle et Luc

J’ai eu la joie de revoir des amis et confrères hauts en couleur, soit le crieur public Daniel Richer (Oyez, oyez! en Écossais) et Luc St-Hilaire (en troubadour).

J’ai aussi revu Jean-Claude Fournier, à qui j’ai passé une BD pour son ami Francois Walthéry. Jean-Claude m’a dédicacé un exemplaire de sa dernière oeuvre, Les Chevaux du Vent, une BD très personnelle dans le cadre de l’Himalaya, lors de la colonisation par les Anglais.

Pour ma part, j’ai présenté mon dernier roman, Les Vents de Tammerlan. J’ai rencontré des lecteurs, nouveaux et habitués, et parmi eux, beaucoup de jeunes et des professeurs. Être aussi dessinatrice est un avantage: en faisant des dessins pour les jeunes lecteurs, je leur donne le temps de se familiariser avec mes livres qui sont peu publicisés en raison de leur genre, la science-fiction. Essayez de trouver une critique des Vents de Tammerlan pour voir!

Remarquez, j’ai récolté 4 nominations aux prix canadiens Aurora, (un record de nominations d’une même personne pour ces prix de science-fiction).  Les Vents… sont finalistes dans la catégories romans de langue francaise. La tombée pour les votes sera le 8 juillet prochain, et les lauréats seront annoncés au congrès mondial Anticipation 2009, à Montréal.

Pour la première fois, j’ai aussi dessiné mes personnages de la série La Quête de Chaaas. Le contact visuel est très important, et, comme beaucoup de jeunes ne peuvent acheter mes livres sur le coup, je leur laisse un bon souvenir.

Une comète verte

Une comète visible à l’oeil nu est un événement astronomique assez rare pour le souligner ici.

Ce soir, la comète verte c2007-23 Lulin sera visible sous nos latitudes, et observable à la jumelle du 23 février au 6 mars.

Il faut chercher au sud et sud-est, entre les constellations du Lion, pas loin de l’étoile brillante Spica mais, dans la constellation de la vierge. Attention: visible tard le soir!

Le site internet québécois du Club des astronomes amateurs de Boucherville présente une carte pour une heure d’observation raisonnable, 23 h  : http://www.caabm.org/Bulletins/special%20Lulin.pdf.

Infos tiré du site http://www.cidehom.com/science_at_nasa.php?_a_id=342
Au point de son orbite le plus proche de la Terre, le 24 février 2009, la comète Lulin devrait être visible à l’oeil nu. Les estimations actuelles situent son éclat maximal à une magnitude de cinq, ce qui signifie que dans des cieux particulièrement purs, (i.e. sans pollution lumineuse)  il devrait être possible de voir la comète à l’oeil nu.

La couleur verte de la comète Lulin est due aux gaz qui composent son atmosphère. Les jets fusant du noyau de la comète contiennent du cyanogène, un gaz toxique trouvé dans de nombreuses comètes, ainsi que du carbone diatomique. Ces deux substances brillent en vert lorsqu’elles sont illuminées par le rayonnement solaire par le biais d’un processus appelé « fluorescence résonnante ».

Bonne chance et à vos jumelles!

Ajout du soir:Michele cherche la Comète Lulin- il fait frrrrroid!

Aglaglagla!
Il fait moins 20  et pas moyen de la repérer! Je trouve Regulus, Saturne, Betelgeuse, Sirius… mais de comète Lulin, point!  Ou ai-je bien identifié Saturne? Jongler avec les lunettes, les jumelles et le cherche-étoiles par ce froid canadien n’est pas évident!

Il y a encore trop de pollution lumineuse à Mississauga (malgré les lampadaires « intelligents » de ma rue, ceux de la grosse artère juste à côté sont trop lumineux…)

Une solution au casse-tête arctique

La banquise arctique rétrécit comme une peau d’âne, symptômes de changements climatiques qui affectent aussi le reste du monde.

Protéger le milieu arctique et ses habitants est un casse-tête pour les gouvernements et les organisations écologistes car il y a  deux problèmes en même temps:

1- la disparition de la banquise arctique nuit aux ours polaires qui ne peuvent plus se reposer, et aux phoques qui ne peuvent plus y mettre bas. Ceci sans parler des autres espèces, dont un crustacé, le copépode (dont se nourrit la morue arctique), et une migration de saumons du Pacifique sur le territoire de la morue arctique… De plus, la banquise contrôlerait le relargage du mercure dans l’atmosphère.

Ours polaire - Wikipedia

2- le réchauffement climatique lié à l’albedo de la mer libre de glace. Les eaux libres de glace, plus sombres, absorbent davantage la lumière solaire que la glace très blanche de la banquise qui joue le rôle de miroir. Le réchauffement de ces eaux nuirait à la circulation du courant Gulf Stream.

Observations sur la banquise arctique

Ainsi, plus la banquise se réduit, plus l’océan Arctique se réchauffe rapidement. Réchauffement relatif, car cette grande masse d’eau très froide, au lieu de rester sous forme de banquise, exerce un impact sur la météo. On mentionne souvent la « masse d’air arctique » en météo.

Voici donc une proposition, réalisable avec nos moyens techniques actuels pour contrer l’effet de serre. C’est même pas de la science-fiction, et enfin, un usage utile du pétrole!

La solution au réchauffement polaire!

La solution au réchauffement polaire!

La solution la moins coûteuse possible serait d’établir un sandwich de polymère assez épais et léger pour:

– flotter sur la mer salée

– soutenir le poids d’un ours polaire (ou d’une motoneige) qui se promène dessus

– résister à la corrosion marine

– Résister à l’usure (et aux griffes!)

– Comporter des ouvertures aléatoires pour que les phoques puissent respirer en surface.

– Capables de s’ancrer les unes aux autres comme les pièces d’un casse-tête.

– biodégradable à  long terme, pour ne pas rajouter à la pollution dans la chaîne alimentaire… Le long terme étant une trentaine d’années.

À déterminer:

– la surface de banquise artificielle nécessaire pour augmenter l’albédo, pour qu’un effet climatique soit observable à moyen terme.

– le coût de production par unité de surface.

– Le nombre de sous-marins russes ou américains qui abîmeraient la banquise en y émergeant. D’où l’utilité d’un système en pièces de casse-tête, ménageant des aires libres.

– l’épaisseur de la couche d’eau d’embruns qui gèlerait par-dessus cette banquise artificielle.

Dans la BD, j’ai imaginé un sandwich de polymères avec des polystyrènes expansés récupérés. Ce n’est toutefois pas la meilleure solution car cela nuirait au milieu en se dégradant.  Un plastique emprisonnant de nombreuses bulles d’air pourrait flotter en gardant une résistance acceptable. Les parcelles pourraient se séparer pour permettre le passage des bateaux.

On pourrait laisser flotter plusieurs grands îlots, qui se rejoindraient selon les courants. Éventuellement, cette fausse banquise finirait par se désagréger, mais cela prendrait une trentaine d’années. Elle aura eu le temps de faire oeuvre utile…

Et ce serait une avenue utile pour l’industrie pétrolière, car la construction va exiger une immense volume de pétrole transformé en polymère.  Faut l’utiliser, pas le brûler!

Le jour O

Les marches blanches

O   Un moment de silence souffle sur la cité

O   Un cousin des esclaves amenés sur ce sol

O   Monte les marches blanches du Capitole

O   Dans son sang trois continents chantent

O   L’heure de la promesse accomplie sonne

O   Cris de joie et d’allégresse de la foule excitée

O   Tant d’espoirs empilés sur une personne

O   Puissions-nous l’aider à combler ces attentes

Obama

Le ghetto de…

Quand j’étais ado, j’ai pleuré à chaudes larmes en écoutant la série « Holocaust« , qui racontait à travers une famille juive la montée des exactions du pouvoir nazi.

La population allemande, qui se relevait à l’époque d’une grave crise économique, a absorbé comme une éponge les préjugés et les ragots colportés par le 3e Reich. Ce pouvoir a toléré et encouragé des pratiques de harcèlement.  Enfin, on a chassé les familles juives de leur maisons pour les forcer à habiter dans le ghetto de Varsovie. Le ghetto, était un secteur complètement fermé dont les accès, l’alimentation en eau et provisions sont contrôlés de l’extérieur.  Avant même les camps de la mort, des milliers de réfugiés juifs y sont morts de malnutrition.

Notre maison à Mississauga
Ça c’est un portrait de ma maison. Bien chauffée, de bonnes conditions de vie, le miracle quotidien de l’eau courante et de l’électricité. Plus bas, voir la même maison si on restait à Gaza…

Je ne peux pas rester silencieuse devant l’attaque contre le territoire de Gaza, déjà étouffé depuis 18 mois pour avoir commis le crime d’élire démocratiquement un gouvernement du Hamas en 2006. Que le Hamas soit hyper-religieux ou rétrograde concernant les droits des femmes, il a été élu. (Parlant de mentalité rétrograde, on a bien élu les conservateurs au Canada.)

Au lieu de respecter la volonté populaire, les autorités israéliennes ont tout fait pour la casser, allant jusqu’à fermer les frontières et couper les vivres. Après, ils s’étonnent que les Palestiniens soient en colère… et que les plus extrémistes lancent des roquettes artisanales sur les colonies juives!

Les horreurs nazies ont motivé la création de l’état d’Israël, en 1948. Sauf qu’on n’a pas consulté les arabes qui vivaient sur ces terrains. Les a-t-on seulement compensés en les chassant de leurs terres et en rasant leurs villages? La réponse est dans l’histoire. Je recommande la BD Palestine par Joe Sacco pour se faire une idée en images des conditions de vie dans la bande de Gaza. Imaginer vivre des jours en ligne sans électricité, sans eau, sans soins médicaux…

Notre maison si elle se trouvait à Gaza

Ça c’est la même maison si elle se trouvait sur la bande de Gaza. Oubliez l’hygiène, l’eau chaude, l’électricité. Je serais de mauvaise humeur aussi…
Pourquoi bombarde-t-on un million de civils affamés répartis entre quelques villages? Pour la plus ancienne des raisons: la peur. Les Arabes nous détestent, donc on peut se défendre. La BD Palestine de Sacco montre aussi le point de vue des israéliens qui vivent dans la crainte.

Ma spécialité étant la gestion de l’eau potable, je recommande ce site qui explique la distribution différentielle de l’eau entre les colonies et les Palestininens entassés à 1,5 millions dans un territoire plus petit que l’île de Montréal, à moitié désertifié, et sans aucun édifice en hauteur, ce qui fait que les gens sont vraiment plus tassés qu’à Montréal. L’industrie des colonies israéliennes en Cisjordanie est à l’origine de graves détériorations de l’état des nappes phréatiques, et de pollutions du sol.

Avec un environnement aussi démoli, avec les perspectives d’avenir bouchées, on s’étonne que les jeunes Palestiniens soient en maudit.

Le 4 novembre dernier, malgré un cessez-le-feu que le Hamas avait respecté, une attaque aérienne tue 4 palestiniens soupçonnés d’appartenir au Hamas. Ceux-ci ont répliqué par la bouche de leurs canons portables. Réaction des dirigeants israéliens: on ne va pas tolérer ces barbares qui tirent des roquettes sur notre population! (Mais vous attendiez quoi ? Que les militants du Hamas s’assoient en rond en chantant Kumbaya, ou qu’ils se promènent avec une grosse cible dessinée dans le dos en disant merci?)

Et voici notre maison si elle était dans une colonie. La peur est aussi au rendez-vous, car même si les roquettes artisanales sont plus souvent interceptées, personne ne peut avoir la certitude que sa maison sera épargnée!

Notre maison si elle était dans une colonie

Je propose une solution radicale: on garde Israël, mais on confère la pleine citoyenneté israélienne à TOUS les habitants de Gaza et des territoires occupés. La pleine citoyenneté, ca veut dire plus de barrières, les même droits et libertés, les mêmes conditions de vie avec des bonnes infrastructures pour tous.
On peut créer un nouvel état, en incluant tout le monde, avec liberté de religion et représentation proportionnelle au Parlement.

Oh oui, ça va brasser la cabane! Rien que choisir le nouveau nom du pays va garantir des mois de plaisir:

Palesraël?
Isralestine?

Pour en savoir plus:
Le site Plateforme-Palestine (les textes ont diverses provenances et certains ne ménagent pas l’État israélien, tandis que d’autres appellent à la réconciliation. )
Un site du gouvernement israélien (eux ne ménagent pas les « terroristes »)
Le site PAJU: palestiniens et juifs unis pour la paix (Aaaaah! Ça fait du bien juste de lire ce nom.)

Valérie est partie compter les étoiles

En revenant de vacances, j’ai appris avec tristesse, par internet, la disparition de Valérie Letarte, qui animait l’émission 275-Allo à la radio de Radio-Canada. Mon fils et moi écoutions régulièrement cette émission, demeurant en Ontario. Valérie était la mère d’un petit garçon, et j’espère qu’il sera bien entouré par la famille à qui je transmets mes sympathies.

Comme maman et artiste, j’ai été en mesure d’apprécier les interventions en direct de Valérie, ses réponses aux questions des jeunes, apportant un franc mélange d’humour et d’empathie. Et comme scientifique de formation, j’appréciais les invités qui répondaient aux questions parfois farfelues, parfois émouvantes des enfants. Qui sait combien de vocations ont été inspirées en l’écoutant!

J’ai rencontré Valérie lors de mes visites au salon du livre de Montréal. (Et j’ai vu le Chef aussi, mais je ne vous dis pas à quoi il ressemble, c’est un secret que j’ai juré de garder!)  Je l’avais félicitée pour son intervention délicate lors le soir de l’invasion de l’Irak en 2003.  Elle avait trouvé les paroles qui réconfortaient les jeunes qui ressentaient de la sympathie pour les enfants de ce pays. Et je suis sûre qu’elle pense aux enfants de Gaza (et d’Israel aussi) en ce moment…

Valérie m’a dit qu’elle avait alors fait appel à une invitée psychologue qui a su trouver les bons mots pour consoler sans occulter la réalité de l’invasion.  Ton bonheur à toi n’enlève pas du bonheur aux autres enfants, ni ne rajoute de la souffrance.

Plus tard, quand elle a laissé l’émission, je savais que c’était pour des raisons de santé. Elle était dans ma tranche d’âge et le départ d’une personne qui avait encore beaucoup à donner me fait un petit « crounche » dans le coeur, comme elle disait. Pour ceux qui ne la connaissent pas, voici le site ou on peut entendre sa belle voix:

le site de l’émission 275 Allo  et  pour l’entendre dans un extrait:
(une longue adresse, vérifiez si elle fonctionne)

Ca prend des qualités spéciales pour réaliser, par la voix, un contact aussi chaleureux auprès des jeunes.

Merci Valérie,

Tu es partie compter les étoiles
tu reviendras quand tu auras fini

Souhaits pour 2009

Une autre symbolique année qui commence… et non, je n’ai pas fait de liste de résolutions. Sinon de continuer à acheter aussi local et équitable que possible, et d’écrire envers et contre tout!

J’ai consacré les dernières journées de 2008 à la campagne chez mes parents, à faire des activités que j’aime: dessiner, écrire des notes, lire, faire des randonnées de ski de fond avec mon fils et mon papa à moi… Ce qui me permet de donner ensuite le meilleur de moi-même aux rencontres des familles!

À tous les visiteurs et amis du site de la Savante folle, je souhaite une année pleine de créativité, de santé et de joie!

Pour la planète, je lui souhaite de se remettre des guerres et pollutions qu’on lui a infligées, et des dirigeants et citoyens actifs capables de voir à long terme!

Et à moi, de terminer mes travaux à temps pour mes dates de tombées ce mois-ci!

Comment faire pousser une histoire

Une idée de départ, c’est comme une graine que tu mets en pot. Une nouvelle: un pot plus petit,  un roman de 500 pages, un plus gros pot. Mais attention à ne pas entreprendre un projet trop ambitieux…

Quand on voit trop grand

Il faut lui laisser du temps et l’espace pour pousser, lui fournir de l’eau (du temps d’écriture, de la planification) et de la bonne terre bien aérée pour les racines (réflexion personnelle, puiser des informations sur le sujet). Et les amis écrivains qu’on rencontre? C’est de l’engrais, et du bon!!! Rencontrer des copains-amis-collègues motive!

Donc, on pense à son idée, qui bourgeonne. On définit peu à peu son intrigue principale, ce qui se passe, et parfois la fin, sans trop de détail. À cette étape, je fais un mini-synopsis comme une bande-annonce de film. Je dessine aussi mes personnages, pour mieux les explorer. Certains auteurs de lit-gen pensent à leurs personnages très longtemps avant d’écrire leur première ligne (Yves Beauchemin, chez nous), toutefois, ce n’est le cas de tous écrivains.
Arroser patiemment son histoireArroser patiemment son histoire

En nourrissant ta plante, elle pousse et s’enracine en toi: quand tu fais les recherches, de nouvelles idées surgissent, parfois contredisent des péripéties de départ. De nouveaux personnages apparaissent, prennent de la consistance. Tu t’attaches à certains que tu croyais secondaires, qui vont prendre une meilleure définition. Ca m’est arrivé dans mon dernier roman (Les vents de Tammerlan) et cela a enrichi l’histoire!

À un moment donné, je compose une liste d’épicerie (plutôt qu’un plan rigide), de « ce qui arrive »: situation de départ, événements, rebondissements, en une phrase chacun, facile à permuter en cas de besoin.

Liste d'épicerie

La plante fait des fleurs… on sent que l’histoire s’est assez cristallisée dans la tête pour commencer à l’écrire. J’enrichis ma « liste d’épicerie ». Souvent j’ai déjà écrit la moitié du livre, le début et la scène finale. C’est le milieu qui reste moins défini. Là, je pense encore aux personnages secondaires que je veux faire découvrir, à la progression dramatique, aux thèmes, etc. Je vais insérer les scènes nécessaires au milieu et dans ce qui j’ai déjà écrit.

Il arrive un moment pénible, où on s’apercoit qu’il faut élaguer. Des branches poussent dans trop de directions, l’intrigue se perd dans un fouillis… Étape cruelle mais nécessaire: si ce n’est pas sur le premier jet écrit, on le fait plus tôt, à la liste d’épicerie. Des fois, surtout en débutant, on s’attache émotionnellement à une phrase, un paragraphe, une scène… Eh, que c’est difficile!

Il faut élaguer !Il faut élaguer !

À la fin, comme dans mon cas c’est de la SF jeunesse, je repasse sur la grammaire, j’enrichis par les quatre ou cinq « sens » les descriptions, je rajoute une réplique humoristique ou deux. Je révise les descriptions: je suis particulièrement faible pour décrire des couleurs. En plus, comme mon prochain roman porte sur une civilisation non humaine, je ne peux utiliser des mots comme terre-de-sienne, etc. Idem pour les unités de mesure, le mètre, l’heure, la minute, et les expressions « tout-à-l’heure », à bannir.

Après, on laisse la plante se reposer trois semaines ou deux mois, avant de réviser le texte. Des idées auront germé entretemps. Si la plante est en bonne santé, on voit tout de suite si ces idées « de la onzième heure » enrichissent ou non l’histoire.

Plus tard, c’est le directeur littéraire qui grogne et fait retravailler-élaguer. Même dans cet intervalle, il m’est arrivé d’avoir l’idée des détails savoureux, que j’ai pu intégrer au texte final. C’est la dernière « taille » de notre plante.

Soirée littéraire

Le 11 décembre dernier, à la galerie de l’Alliance Francaise, Mireille Messier et moi avons tour à tour parlé de nos livres et de notre cheminement d’auteure jeunesse.  J’ai répondu à la question « qu’est-ce que la science-fiction? » (réponse servie avec caricatures).

Le public s’est montré très réceptif et intéressé par ces défis.  J’ai lu un extrait de mon dernier roman, Les vents de Tammerlan, ce qui ne fut pas une mince affaire, car la science-fiction créant un univers et une société complexe, il fallait que je m’arrête pour remettre en contexte les actions des personnages (par exemple, expliquer que les Chhhatyls portent  les cendres de leurs morts sur eux, dans un petit sachet.)

L’Express de Toronto  a couvert notre soirée.

Voir le lien:
http://www.lexpress.to/archives/3344/
« Écrire pour les jeunes: plaisirs et défis », un article de Guillaume Garcia.
Il y avait aussi un bon vin et fromages (non visible sur la photo accompagnant l’article!)

Les grands de l’auto… électrique!

Avant d’accorder un beau prêt sans intérêt de plusieurs milliards aux Grands de l’Auto, je leur demanderais de fournir la liste de _tous_ les brevets de voitures électriques ou non polluantes que Ford, GM, et Chrysler ont achetés au cours des 60 dernières années.

Avec leurs rapports indiquant pourquoi ils ont gardé ces véhicules sous le boisseau, alors que cela fait au moins 40 ans*  que les médias dénoncent la pollution par les combustibles fossiles… Un indice: les pièces de ces véhicules étaient trop durables.

Un peu d’humour:

Une auto écolo

* voir ce clip de l’émission _Atome et Galaxies_ du 27 mai 1971.¸

Le poison mental des attentes

Le poids des attentes

Aujourd’hui marque un triste anniversaire qui a fait le pain et le beurre des médias. J’étais à l’école Polytechnique, et ma première session a failli être ma dernière…

Paradoxalement, l’acte de vengeance d’un individu a déclenché un coup de fouet aux ressentiments contre les progrès des femmes. Dans un grand lavage de mains collectif, les Ponce-Pilate se sont levés en masse pour accuser les femmes d' »exagérer ». Vouloir l’égalité, c’est donc exagérer…

Le combat des femmes ne se fait pas contre des hommes (pères, frères, amis…) mais plus tôt contre des habitudes mentales, contre le poids des attentes sociales placées sur les femmes. Être jeunes, belles, sexy, patientes, gentilles, serviables… Travailler, enseigner ou soigner pour des pinottes parce qu’on est si dévouées n’est-ce pas? Sans oublier d’être parfaite, sinon pas question de réclamer l’égalité!

Ces attentes, ce sexisme latent, je le vois autant chez les femmes que les hommes qui baignent dans le courant culturel consumériste nord-américain (que je symbolise par les « talons aiguilles »). Ces attentes « talons aiguilles » pèsent aussi sur les hommes (un vrai mâle s’impose, il ne demande jamais d’aide, il règle ses problème tout seul…)

Au fait, qui décide ce qui est un « vrai » homme ou une « vraie » femme? La Bible? Les politiciens? Les magazines?

Le poison mental

La vie nous égratigne tous et toutes.

Sur le coup, ça fait mal, provoque colère et ressentiment. On est en maudit et c’est normal. Puis, avec le temps, la blessure se cicatrise. On guérit. On relève d’autres défis.

Mais si on gratte sa blessure? Ah, comme l’autre nous a fait mal! On blâme nos bobos sur cet autre et cela instille le poison mental.  D’abord, la haine est un sentiment jouissif. La colère libère. Casser du sucre sur le dos des boucs émissaires, ça fait donc du bien!

Et, puisqu’on la gratte, la blessure ne cicatrise pas! « Voyez comme je souffre! » crie-t-on. Et, en effet, on souffre de plus en plus à mesure que l’infection progresse.

On valide notre ressentiment avec des faits qui confiment notre vision-tunnel, en ignorant les faits contraires.  On se regroupe avec des esprits similaires, qui se renforcissent mutuellement. On blame plus fort, on passe des heures à méditer sur l’injustice qui nous affecte. Le poison mental progresse:  on décide que l’autre est coupable de tout ce qui ne va pas dans notre vie. Que l’autre profite du pouvoir. On décide, encore une fois avec un vernis rationnel, que l’autre mérite une leçon.

Puis, comme on perçoit que la société protège l’autre, on se donne la permission d’exercer sa vengeance…

Le poison mental des attentes irréalistes nous guette tous. Moi, j’ai vécu des choses difficiles, des frustrations artistiques et professionnelles. Je suis passée à travers plusieurs étapes du poison mental, sauf la dernière. Heureusement, j’ai trouvé le moyen de remplacer le poison par un baume mental. Ça m’a pris du temps mais, comme pour le terrorisme, on ne laisse pas un frustré ou un groupe de frustrés dicter notre conduite.

Ce que le massacre à mon école, qui se reproduit dans d’autres pays, à d’autres échelles, sous des prétextes divers (perte d’une job, haine raciale…) m’a appris, c’est de ne pas blâmer les autres pour tout ce qui ne va pas dans ma vie. J’assume mes erreurs.

Ma seule « vengeance » c’est de persévérer dans mon art sans la pression du succès, de donner le meilleur de moi-même, de partager mes passions. Écrire et dessiner me donnent une grande joie.

Et cela marche très bien!