Archives de Catégorie: Société

Une affichette utile

A useful remainder

Après avoir subi nombre de pertes de temps et d’énergie à répondre à tous ces vendeurs à la porte, je me suis tannée. Quand on travaille à la maison, la tranquillité n’est pas un luxe!

J’ai dessiné l’affiche que vous voyez et l’ai posée à côté de la porte d’entrée. Depuis, pas un vendeur ne s’est présenté, et je peux écrire en paix.

Maintenant, il ne reste qu’à trouver un bon système pour gérer les appels importuns de telemarketers, de sondeurs, d’entreprises charitables…

Notons que c’est pendant que je dessinais cette affiche que j’ai recu un appel: une personne du CAC m’a annoncée que mon roman était finaliste aux prix du gouverneur général… Donc j’aime bien cette affiche!

Haïti qui n’en finit plus de souffrir

Sites d’aide :

Croix-rouge canadienne

Médecins sans Frontières

Vision mondiale

Radio-Canada

Mon seul commentaire:

Heille, la Terre, c’est la grotte de Ben Laden qu’il fallait secouer!

Les jeunes lisent, oui, mais…

J’arrive du salon de Toronto.

Comme au Salon de Montréal, j’ai observé le flot d’écoliers et d’adolescents défiler devant ma table sans un regard pour mes romans. Même le sceau métallisé « Finaliste des GG » (finaliste aux prix littéraires du gouverneur général) apposé sur les Vents de Tammerlan ne suscite chez eux qu’indifférence. Ceux à qui j’adresse la parole vont regarder poliment la couverture, parfois le 4e de couverture, puis s’en aller acheter le dernier succès d’India Desjardins ou de Bryan Perro. Les exposants font d’ailleurs le gros de leurs ventes le jeudi et le vendredi, jour de visite des écoles.

J’ai écrit dans un autre billet qu’il faut comprendre les goûts des jeunes. Ils recherchent une histoire proche d’eux, de leur réalité. Parfois tellement proche que  l’écriture est « dumbed down« , le vocabulaire pauvre, hypersimplifié, calqué sur le texto des tchats… Et cela, je ne peux ni ne veux le faire. Lire la suite

Poème

“14”

14 petites chambres

Ce soir sont restées vides

Quatorze livres sont demeurés ouverts

Leurs pages encore blanches arrachées par le vent d’hiver
_

Quatorze filles

Jeunes, vaillantes, capables

Sont tombées au nom d’une guerre

Qu’aucune femme ne souhaitait


Quatorze êtres humaines,

Fauchées quelques minutes

Après que j’aie poussé la porte glacée

Sinon ma chambre elle aussi serait restée vide

_
Quatorze rêves

Ne se réaliseront pas ici

Lettres d’amour inachevées

Permettez-moi, amies inconnues, d’y répondre.

Écrit le 7 décembre 1989 au matin

La Terre est une balançoire

Terre Ca fait 40 ans qu’on parle de « pollution« , d’écologie puis d’environnement.

Les changements climatiques sont devenus un débat commode et les plumes s’enflamment. « Grande messe écologiste »,  « catastrophisme », propagande », campagne de peur »… les mots choisis par certains commentateurs sont indicatifs non pas d’une position sereine sur le sujet, mais d’un désir de se laver les mains de l’état de la planète et de passer « à autre chose ».

La position sceptique ou « négationniste » sur le climat est largement subventionnée par des grandes entreprises qui préfèrent rester les bras croisés. L’argument comme celui des taches solaires (pigé sur un site sceptique) n’est pas valide pour expliquer les variations (le soleil existe depuis 5 milliards d’années!), pas plus que celui de l’alignement des planètes, de l’atmosphère martienne, etc. Mais ces arguments servent quand des entreprises et leurs porte-paroles subventionnés veulent se dédouaner des impacts d’un perturbation du climat qu’il est de plus en plus difficile de nier…

C’est une raison commode de se laver les mains des problèmes climatiques et de refuser de participer à l’effort pour rendre la planète habitable, préserver sa biodiversité non seulement biologique, mais sociale.

Or, PERSONNE, ni David Suzuki ni Al Gore, ni moi-même, ne DÉSIRE un réchauffement climatique. Personne ne prie le Seigneur Jésus à chaque jour pour que la planète se dégrade davantage, avec les milieux naturels et habités qui y sont liés.

Je ne VEUX pas de réchauffement climatique. Comme les grandes entreprises pétrolières qui ont une peur bleue de payer leur part des pots cassés ou de mettre en marché des autos électriques avant l’épuisement du pétrole, j’aimerais bien rester les bras croisés.

Sauf que ma formation en environnement m’en empêche. J’ai participé à une discussion sur les ressources pétrolières à l’été 2009 (lors du Congrès Anticipation 2009 à Montréal), avec des gens convaincus qu’il reste deux siècles de pétrole…  Alors je prend deux heures de mon temps, non payé, pour rectifier quelques détails.

Terre1) « Climat et environnement sont indépendants »

Environnement et climat sont – hélas- très liés. Le rayonnement renvoyé par un champ n’est pas le même que celui rendu par une forêt.

Un petit exemple proche de nous. Rien qu’en marchant dans Toronto, par une journée de canicule, on passe à travers une série de micro-climats qui ont un impact direct sur les plantes et les arbres qui essaient d’y survivre. Quand on passe des beaux quartiers ombragés de grands arbres aux édifices à condos, puis au béton du centre-ville, la température au sol augmente sensiblement. Et qui demeure dans les beaux quartiers avec des arbres?

Terre 2) « Pas besoin de rien faire, la technologie résout tout… »

Captage de carbone? Fort bien! J’approuve! Ça fait au moins 40 ans que les pétrolières savent qu’elles polluent! Voir ce clip de l’émission Atome et Galaxie (1970, pollution par le mercure) Si ces entreprises, avec les cerveaux et les Instituts qu’elles paient, s’en étaient préoccupées, ça fait longtemps que les émissions “polluantes” (on ne parlait pas encore de gaz à effet de serre) auraient été réduites, et que les techniques de piégeage du carbone auraient été mises au point.

Et voila que les mêmes entreprises qui refuseraient tout impôt « vert », toutes taxe sur le carbone, celles qui accusent les « groupes écolos » de profiter de subventions, tendent leur sébile aux gouvernements…

L’imagination ne se trouve pas qu’en territoire industriel. Je propose moi aussi des solutions technologiques pour limiter les dégâts, comme une « couverture polaire » pour augmenter l’albédo* des pôles et préserver le courant du Gulf Stream.

Les plus fortunés s’achètent une image « verte », évoquant des progrès technologiques. Et quand ces technologies ne suffiront plus, quand les milieux de vie seront irrémédiablement déréglés, gageons que ces fortunés se construiront une arche comme dans le film 2012…

Terre 3) « Les changements climatiques n’ont rien à voir avec l’action de l’homme  »

Vous rappelez-vous de la balançoire à bascule qui a bercé (littéralement) notre enfance? Il s’agit d’une planche posée sur un socle, avec des poignées aux bouts. Quand vous êtes assis au bout de la planche, vous exercez un plus grand moment de forces, votre poids a une grande importance. Et si vous êtes plus lourd que votre compagnon de jeu, vous vous placez plus vers le centre.

La  Terre est une grosse balançoire.

Elle oscille doucement, entre le chaud, le froid, le sec, l’humide… La planète subit ses propres changements, à la fois subtils et impressionnants.

Quand l’espèce humaine qui y a évolué à partir de quelques cellules,  sautillait près du centre de gravité de la balançoire, elle ne causait qu’une pression minime sur le milieu naturel et sa diversité biologique.

Depuis un siècle et demi, notre espèce exerce une plus grande pression par la pollution, la destruction des habitats naturels et surpopulation. Nous sommes assis plus près des « bouts » de la balançoire: nos actions accentuent les oscillations de la planète.

Et qui va en payer le prix ultime?

Les plus pauvres, les moins informés, les moins éduqués, le paient déjà, parqués dans des bidonvilles ou des camp de réfugiés.  Incapable d’agir sur leur milieu.

Réchauffement climatique ou pas, la richesse matérielle continue de se concentrer entre quelques mains. Les plus fortunés vont conserver leur train de vie, peu importe l’état de la planète. Ils accaparent déjà les meilleurs milieux, et en interdisent l’accès aux moins privilégiés…

*

Un exemple concret de l’accaparement des beaux milieux. À Dorval, un entrepreneur prospère s’est fait construire un superbe chateau de pierre blanche sur le bord de l’eau… avec des lions en marbre qui gardent l’entrée, des grilles en fer forgé, bref, un très bel édifice de 3-4 millions de $.

Par la suite, le ou les mêmes proprios ont fait adopter deux règlements pour contrer les curieux  qui allaient admirer le lac – et son superbe château, déjà protégé par une haute haie de cèdres – par la rue (une fin de rue ouverte sur l’eau, il n’en reste plus beaucoup).  Interdiction de stationner d’abord, puis, interdiction de circuler en voiture si vous n’êtes pas un résident. Les promeneurs peuvent encore y aller à pied, mais pour combien de temps?

*

Ne nous inquiétons pas pour la Terre. La planète va survivre… avec ou sans notre société. Comme un canot qui tangue un peu fort, la balançoire surchargée aux extrémités éjectera les humains par-dessus bord, avec une bonne partie de la biodiversité. Pour repartir à zéro. C’est arrivé avant.

Si on souhaite une planète habitable pour tous, on ne peut plus se contenter de se laver les mains du problème, en évacuant l’eau sale après… Pas de planète, pas d’économie!

Terre 4) Restons-nous les bras croisés?

On ne peut plus nier que d’importantes perturbations affectent la surface de la planète. Pour ne donner que quelques exemples:

  • Les terres humides disparaissent à un rythme effréné pour y implanter des banlieues (à Laval, Québec, il ne reste que 8% des terre humides d’origine) .
  • Noel 2004 a apporté un vilain cadeau aux populations de  l’Indonésie, des côtes du Sri Lanka et du sud de l’Inde, frappé par un Tsunami, les conséquences empirées par l’éradication des mangroves, ces plantes pleines de racines aériennes qui brisent les vagues, mais empêchent l’accès aux belles plages.
  • Le désert gagne du terrain au Sahara.
  • Dans le grand Nord du Canada, (sans parler des trous béants des sables bitumineux, qui requièrent une grande quantité d’eau), le pergélisol fond. Ça ne nous concerne pas, dans les ville du sud. Mais pour le milieu nordique, c’est une mauvaise nouvelle. Pour les autochtones qui avaient construits leurs villages sur pilotis enfoncés dans le pergélisol, c’est une mauvaise nouvelle.
  • En Afrique, des entreprises minières ont déplacé des populations qui vivaient de l’agriculture pour y puiser les minerais, et les relocalisent dans un autre milieu. Les populations déplacées y subissent la pollution des déchets miniers, et les enfants, tentés par le profit facile, fouillent ces déchets a la recherche de diamants…
  • On assassine encore des paysans qui s’opposent à la destruction de la forêt amazonienne.
  • Les conséquences sur la biodiversité et sur la qualité de l’eau, de l’air et des sols sont préoccupantes.  Cependant, ceux qui possèdent les moyens d’y remédier ne le feront que si forcés par les gouvernements ou par leurs clients.
  • Des camps de réfugiés,  climatiques ou politiques, il en pousse partout…

Comme une entreprise privée…

Vous embauchez deux employés dans votre entreprise. Au bout d’un temps X, il est clair que l’un d’eux fournit moins d’heures de travail que l’autre, n’est pas toujours disponible pour des heures supplémentaires, ne participe aux activités sociales de l’entreprise, etc.

En bon patron, vous approchez cet employé peu performant. Au cours de la conversation qui suit, vous apprenez que: cet employé a un enfant atteint du syndrome de Down, qui demande beaucoup de soins et de présence parentale. Cet employé ne peut donc donner plus de temps à votre entreprise.

QUE FAITES-VOUS?

A- Vous congédiez cet employé peu rentable (ce qui est le plus souvent observé). C’est la solution logique si les candidats soutiennent que le gouvernement doit se gérer _exactement_ comme une entreprise privée… Et puis, on prone l’individualisme après tout!

B- Pour faire bonne figure, vous ne congédiez pas cet employé immédiatement, mais vous vous arrangez, en modifiant les tâches, pour que l’employé ait tant de difficulté à concilier travail-famille qu’il démissionne de lui-même. Vous pensez ue c’est au gouvernement d’offrir plus de soutien aux familles avec enfant handicapé, etc. Mais alors, il faut reconnaitre du coup que le gouvernement n’a PAS les mêmes objectifs qu’une entreprise privée.

C- Vous gardez cet employé en faisant des aménagements, sans RIEN demander au gouvernement en retour. Et les profits baissent un peu. Ça c’est aussi un choix conséquent, puisque le gouvernement, s’il se gère comme une entreprise privée, n’aidera pas le familles. Pas rentable, cela.

J’écoutais les candidats à la direction de l’ADQ débattre à la radio, et tous  mentionnent que le gouvernement doit se gérer comme une entreprise privée…  Ce qui m’a donné l’idée du cas de conscience ci-haut. Lesquels des candidats choisira la solution A, la B, ou la C ?

Je ne crois pas que la comparaison à l’entreprise privée  doive être poussée aussi loin, ni que Gilles Taillon, Éric Caire et Christian Lévesque soient assez bêtes pour recourir eux-mêmes à la solution A ou B.

Il faut admettre que les objectifs d’un gouvernement et ceux d’une entreprise NE sont PAS les mêmes.  Le gouvernement doit protéger, avec une gestion aussi efficace que possible, la vie et le bien-être des citoyens. Et, en plus, un gouvernement doit protéger le bien commun, par exemple l’eau potable, la biodiversité… Pour conserver un milieu de vie accueillant. L’entreprise privée, elle, ne va pas toujours réparer les pots cassés, considérés comme des externalités.

Une solution D serait de prendre la solution C, et d’y ajouter une aide appropriée d’un gouvernement.

Dans une société conviviale, on peut encourager les qualités « capitalistes » d’individualité, de liberté, de responsabilité et de débrouillardise*, mais dosées avec la solidarité et la compassion. Il existe plus qu’un modèle unique de réussite sociale… et même le modèle de réussite matérielle est soutenu par le travail-fantôme ,  le travail invisible de millions de personnes.

* Telles que décrites dans l’autobiographie de Margaret Thatcher, Path to Power. Le mot « Thrift » veut dire  sens de l’économie (j’ai tendance à préférer « débrouillardise »).

Les conservateurs veulent-ils conserver Radio-Canada?

Le 25 mars, en raison d’un manque à gagner de 171 M $, Radio-Canada a annoncé qu’elle allait devoir vendre des actifs et sabrer 10 % de ses effectifs, soit 805 postes, dont non moins de la moitié dans les services français.

RadioCanadaLogoPremiereChaine
Demeurant en Ontario, j’écoute beaucoup Radio-Canada, la première chaine.

Il y a chez nous d’autres stations de radio francophones régionales (comme Windsor) qui sont menacées. Je suis une fan de l’Heure des comptes (merci Jean Racine!), de Vous êtes ici, de Macadam Tribu et d’autres émissions qui sont condamnées, sans doute parce qu’elles nous donnent une information trop utile. Les sujets qu’elles abordent me touchent, me permettent de connaître les conséquences sociales de nos choix.

Le gouvernement « conservateur » a puisé des milliards dans ses poches profondes pour maintenir en vie les constructeurs de voitures pétrolivores, mais ils ont coupé dans le budget, pourtant modeste (1), de Radio-Canada. Ce même gouvernement a refusé de venir en aide à Radio-Canada, à qui une avance de fonds sur ses crédits parlementaires ou la possibilité d’emprunter aurait suffit.

Les « conservateurs » veulent-ils conserver ce phare culturel qu’est Radio-Canada, ou préfèrent-ils le laisser s’amoindrir et s’éteindre à petit feu, laissant les Canadiens aux prises avec les sirènes du showbizz privé? Ces entreprises privées, elles aussi, pigent allègrement dans nos poches par des chemins détournés… (2)

À trop vouloir centraliser, privatiser et uniformiser, on se prive de l’immense potentiel de créativité qui permet de faire face aux difficultés et de trouver des solutions aussi équitables qu’audacieuses.

Plusieurs artistes, journalistes et citoyens inquiets ont déjà créé le site SOS Radio-Canada, qui expose l’absurdité de ces choix. J’appuie toute solution créative pour retrouver mes choix d’émissions favorites ou leur équivalent sur la Toile.

Artiste du dimanche en conserve
Autoportrait de l’artiste « du dimanche » en conserve

Notes

(1)
À 40 $ par Canadien, Radio-Canada offrirait un bon rendement sur l’investissement. À seulement 0,09 $ par jour par personne, la radiodiffusion publique canadienne ne se classerait que 15ième parmi 18 pays industrialisés. Elle se classerait loin derrière la Suisse (154 $), la Grande-Bretagne (124 $) et la France (80 $)…

(2)
…Par de généreux crédits d’impôts!

Le jour O

Les marches blanches

O   Un moment de silence souffle sur la cité

O   Un cousin des esclaves amenés sur ce sol

O   Monte les marches blanches du Capitole

O   Dans son sang trois continents chantent

O   L’heure de la promesse accomplie sonne

O   Cris de joie et d’allégresse de la foule excitée

O   Tant d’espoirs empilés sur une personne

O   Puissions-nous l’aider à combler ces attentes

Obama

Le ghetto de…

Quand j’étais ado, j’ai pleuré à chaudes larmes en écoutant la série « Holocaust« , qui racontait à travers une famille juive la montée des exactions du pouvoir nazi.

La population allemande, qui se relevait à l’époque d’une grave crise économique, a absorbé comme une éponge les préjugés et les ragots colportés par le 3e Reich. Ce pouvoir a toléré et encouragé des pratiques de harcèlement.  Enfin, on a chassé les familles juives de leur maisons pour les forcer à habiter dans le ghetto de Varsovie. Le ghetto, était un secteur complètement fermé dont les accès, l’alimentation en eau et provisions sont contrôlés de l’extérieur.  Avant même les camps de la mort, des milliers de réfugiés juifs y sont morts de malnutrition.

Notre maison à Mississauga
Ça c’est un portrait de ma maison. Bien chauffée, de bonnes conditions de vie, le miracle quotidien de l’eau courante et de l’électricité. Plus bas, voir la même maison si on restait à Gaza…

Je ne peux pas rester silencieuse devant l’attaque contre le territoire de Gaza, déjà étouffé depuis 18 mois pour avoir commis le crime d’élire démocratiquement un gouvernement du Hamas en 2006. Que le Hamas soit hyper-religieux ou rétrograde concernant les droits des femmes, il a été élu. (Parlant de mentalité rétrograde, on a bien élu les conservateurs au Canada.)

Au lieu de respecter la volonté populaire, les autorités israéliennes ont tout fait pour la casser, allant jusqu’à fermer les frontières et couper les vivres. Après, ils s’étonnent que les Palestiniens soient en colère… et que les plus extrémistes lancent des roquettes artisanales sur les colonies juives!

Les horreurs nazies ont motivé la création de l’état d’Israël, en 1948. Sauf qu’on n’a pas consulté les arabes qui vivaient sur ces terrains. Les a-t-on seulement compensés en les chassant de leurs terres et en rasant leurs villages? La réponse est dans l’histoire. Je recommande la BD Palestine par Joe Sacco pour se faire une idée en images des conditions de vie dans la bande de Gaza. Imaginer vivre des jours en ligne sans électricité, sans eau, sans soins médicaux…

Notre maison si elle se trouvait à Gaza

Ça c’est la même maison si elle se trouvait sur la bande de Gaza. Oubliez l’hygiène, l’eau chaude, l’électricité. Je serais de mauvaise humeur aussi…
Pourquoi bombarde-t-on un million de civils affamés répartis entre quelques villages? Pour la plus ancienne des raisons: la peur. Les Arabes nous détestent, donc on peut se défendre. La BD Palestine de Sacco montre aussi le point de vue des israéliens qui vivent dans la crainte.

Ma spécialité étant la gestion de l’eau potable, je recommande ce site qui explique la distribution différentielle de l’eau entre les colonies et les Palestininens entassés à 1,5 millions dans un territoire plus petit que l’île de Montréal, à moitié désertifié, et sans aucun édifice en hauteur, ce qui fait que les gens sont vraiment plus tassés qu’à Montréal. L’industrie des colonies israéliennes en Cisjordanie est à l’origine de graves détériorations de l’état des nappes phréatiques, et de pollutions du sol.

Avec un environnement aussi démoli, avec les perspectives d’avenir bouchées, on s’étonne que les jeunes Palestiniens soient en maudit.

Le 4 novembre dernier, malgré un cessez-le-feu que le Hamas avait respecté, une attaque aérienne tue 4 palestiniens soupçonnés d’appartenir au Hamas. Ceux-ci ont répliqué par la bouche de leurs canons portables. Réaction des dirigeants israéliens: on ne va pas tolérer ces barbares qui tirent des roquettes sur notre population! (Mais vous attendiez quoi ? Que les militants du Hamas s’assoient en rond en chantant Kumbaya, ou qu’ils se promènent avec une grosse cible dessinée dans le dos en disant merci?)

Et voici notre maison si elle était dans une colonie. La peur est aussi au rendez-vous, car même si les roquettes artisanales sont plus souvent interceptées, personne ne peut avoir la certitude que sa maison sera épargnée!

Notre maison si elle était dans une colonie

Je propose une solution radicale: on garde Israël, mais on confère la pleine citoyenneté israélienne à TOUS les habitants de Gaza et des territoires occupés. La pleine citoyenneté, ca veut dire plus de barrières, les même droits et libertés, les mêmes conditions de vie avec des bonnes infrastructures pour tous.
On peut créer un nouvel état, en incluant tout le monde, avec liberté de religion et représentation proportionnelle au Parlement.

Oh oui, ça va brasser la cabane! Rien que choisir le nouveau nom du pays va garantir des mois de plaisir:

Palesraël?
Isralestine?

Pour en savoir plus:
Le site Plateforme-Palestine (les textes ont diverses provenances et certains ne ménagent pas l’État israélien, tandis que d’autres appellent à la réconciliation. )
Un site du gouvernement israélien (eux ne ménagent pas les « terroristes »)
Le site PAJU: palestiniens et juifs unis pour la paix (Aaaaah! Ça fait du bien juste de lire ce nom.)

Valérie est partie compter les étoiles

En revenant de vacances, j’ai appris avec tristesse, par internet, la disparition de Valérie Letarte, qui animait l’émission 275-Allo à la radio de Radio-Canada. Mon fils et moi écoutions régulièrement cette émission, demeurant en Ontario. Valérie était la mère d’un petit garçon, et j’espère qu’il sera bien entouré par la famille à qui je transmets mes sympathies.

Comme maman et artiste, j’ai été en mesure d’apprécier les interventions en direct de Valérie, ses réponses aux questions des jeunes, apportant un franc mélange d’humour et d’empathie. Et comme scientifique de formation, j’appréciais les invités qui répondaient aux questions parfois farfelues, parfois émouvantes des enfants. Qui sait combien de vocations ont été inspirées en l’écoutant!

J’ai rencontré Valérie lors de mes visites au salon du livre de Montréal. (Et j’ai vu le Chef aussi, mais je ne vous dis pas à quoi il ressemble, c’est un secret que j’ai juré de garder!)  Je l’avais félicitée pour son intervention délicate lors le soir de l’invasion de l’Irak en 2003.  Elle avait trouvé les paroles qui réconfortaient les jeunes qui ressentaient de la sympathie pour les enfants de ce pays. Et je suis sûre qu’elle pense aux enfants de Gaza (et d’Israel aussi) en ce moment…

Valérie m’a dit qu’elle avait alors fait appel à une invitée psychologue qui a su trouver les bons mots pour consoler sans occulter la réalité de l’invasion.  Ton bonheur à toi n’enlève pas du bonheur aux autres enfants, ni ne rajoute de la souffrance.

Plus tard, quand elle a laissé l’émission, je savais que c’était pour des raisons de santé. Elle était dans ma tranche d’âge et le départ d’une personne qui avait encore beaucoup à donner me fait un petit « crounche » dans le coeur, comme elle disait. Pour ceux qui ne la connaissent pas, voici le site ou on peut entendre sa belle voix:

le site de l’émission 275 Allo  et  pour l’entendre dans un extrait:
(une longue adresse, vérifiez si elle fonctionne)

Ca prend des qualités spéciales pour réaliser, par la voix, un contact aussi chaleureux auprès des jeunes.

Merci Valérie,

Tu es partie compter les étoiles
tu reviendras quand tu auras fini

Les grands de l’auto… électrique!

Avant d’accorder un beau prêt sans intérêt de plusieurs milliards aux Grands de l’Auto, je leur demanderais de fournir la liste de _tous_ les brevets de voitures électriques ou non polluantes que Ford, GM, et Chrysler ont achetés au cours des 60 dernières années.

Avec leurs rapports indiquant pourquoi ils ont gardé ces véhicules sous le boisseau, alors que cela fait au moins 40 ans*  que les médias dénoncent la pollution par les combustibles fossiles… Un indice: les pièces de ces véhicules étaient trop durables.

Un peu d’humour:

Une auto écolo

* voir ce clip de l’émission _Atome et Galaxies_ du 27 mai 1971.¸

Le poison mental des attentes

Le poids des attentes

Aujourd’hui marque un triste anniversaire qui a fait le pain et le beurre des médias. J’étais à l’école Polytechnique, et ma première session a failli être ma dernière…

Paradoxalement, l’acte de vengeance d’un individu a déclenché un coup de fouet aux ressentiments contre les progrès des femmes. Dans un grand lavage de mains collectif, les Ponce-Pilate se sont levés en masse pour accuser les femmes d' »exagérer ». Vouloir l’égalité, c’est donc exagérer…

Le combat des femmes ne se fait pas contre des hommes (pères, frères, amis…) mais plus tôt contre des habitudes mentales, contre le poids des attentes sociales placées sur les femmes. Être jeunes, belles, sexy, patientes, gentilles, serviables… Travailler, enseigner ou soigner pour des pinottes parce qu’on est si dévouées n’est-ce pas? Sans oublier d’être parfaite, sinon pas question de réclamer l’égalité!

Ces attentes, ce sexisme latent, je le vois autant chez les femmes que les hommes qui baignent dans le courant culturel consumériste nord-américain (que je symbolise par les « talons aiguilles »). Ces attentes « talons aiguilles » pèsent aussi sur les hommes (un vrai mâle s’impose, il ne demande jamais d’aide, il règle ses problème tout seul…)

Au fait, qui décide ce qui est un « vrai » homme ou une « vraie » femme? La Bible? Les politiciens? Les magazines?

Le poison mental

La vie nous égratigne tous et toutes.

Sur le coup, ça fait mal, provoque colère et ressentiment. On est en maudit et c’est normal. Puis, avec le temps, la blessure se cicatrise. On guérit. On relève d’autres défis.

Mais si on gratte sa blessure? Ah, comme l’autre nous a fait mal! On blâme nos bobos sur cet autre et cela instille le poison mental.  D’abord, la haine est un sentiment jouissif. La colère libère. Casser du sucre sur le dos des boucs émissaires, ça fait donc du bien!

Et, puisqu’on la gratte, la blessure ne cicatrise pas! « Voyez comme je souffre! » crie-t-on. Et, en effet, on souffre de plus en plus à mesure que l’infection progresse.

On valide notre ressentiment avec des faits qui confiment notre vision-tunnel, en ignorant les faits contraires.  On se regroupe avec des esprits similaires, qui se renforcissent mutuellement. On blame plus fort, on passe des heures à méditer sur l’injustice qui nous affecte. Le poison mental progresse:  on décide que l’autre est coupable de tout ce qui ne va pas dans notre vie. Que l’autre profite du pouvoir. On décide, encore une fois avec un vernis rationnel, que l’autre mérite une leçon.

Puis, comme on perçoit que la société protège l’autre, on se donne la permission d’exercer sa vengeance…

Le poison mental des attentes irréalistes nous guette tous. Moi, j’ai vécu des choses difficiles, des frustrations artistiques et professionnelles. Je suis passée à travers plusieurs étapes du poison mental, sauf la dernière. Heureusement, j’ai trouvé le moyen de remplacer le poison par un baume mental. Ça m’a pris du temps mais, comme pour le terrorisme, on ne laisse pas un frustré ou un groupe de frustrés dicter notre conduite.

Ce que le massacre à mon école, qui se reproduit dans d’autres pays, à d’autres échelles, sous des prétextes divers (perte d’une job, haine raciale…) m’a appris, c’est de ne pas blâmer les autres pour tout ce qui ne va pas dans ma vie. J’assume mes erreurs.

Ma seule « vengeance » c’est de persévérer dans mon art sans la pression du succès, de donner le meilleur de moi-même, de partager mes passions. Écrire et dessiner me donnent une grande joie.

Et cela marche très bien!