Quand on rencontre un auteur qu’on admire, il arrive qu’on ne soit pas à notre avantage…
J’admire énormément Jean Van Hamme, même s’il scénarise plus des histoires pour les gars. L’idée d’une série comme Largo Winch est séduisante: comment un jeune homme débrouillard avec une conscience sociale se comporterait-il dans le milieu de la haute finance? Toutefois, l’aspect James Bond l’a emporté, pour en faire une BD d’action qui se vend. Les scénarios restent forts, mais on en met plein la vue à *tous* les points de vue. Pour ma part, j’ai décroché après deux meurtres particulièrement détaillés dans un album. Je suis l’évolution de la série, de loin. Idem pour XIII.
À l’époque de ma rencontre, Van Hamme avait scénarisé Domino (une BD d’humour dans Tintin, qui s’en souvient encore?), Histoire sans héros, et surtout Thorgal (celle-ci plus accessible au public jeune), raison pour laquelle Rosinski et lui étaient invités au FiBDQ.
Mais voilà, j’étais crevée par mon trajet Montéal-Québec quand j’ai croisé Van Hamme assis en train de prendre un café, lui-même sans doute sur son décalage horaire. Bref, hélas, ça n’a pas cliqué du tout entre nous.
La rencontre avec Rosinski s’est déroulée exactement telle que dessinée. Montrer ses albums à un artiste accompli comporte des risques… pour l’Égo! Le dessinateur de Thorgal a été patient et ouvert, pointant les erreurs sans appuyer. « Une faute dans l’anatomie nous fait sortir de l’histoire » a-t-il dit. Un lecteur absorbé par une aventure réaliste qui arrive devant une grosse erreur de perspective se sentirait « éjecté » de la BD. Idem pour une BD plus caricaturale, on sentirait la cassure. Il va sans dire que je me suis efforcée de suivre ses sages conseils!
Pour me consoler, l’année suivante, dans le même festival, j’ai croisé Walthéry avec qui je demeure en contact. Voir ici l’assiette signée dans un restaurant de Québec…
Une couple de festivals plus tard, j’ai eu la joie de croiser Jean-Claude Fournier, un joyeux drille pas snob pour un sou, qui a signé plusieurs séries comme Spirou et Fantasio, mais surtout Bizu, une BD jeunesse du temps où on comptait moins les profits…

À l’époque, j’espérais encore percer dans le type de BD d’aventure que j’aimais. J’aurais voulu montrer mes beaux albums à ces confrères et consoeurs qui reviennent cette année au festival de Québec. Mais à part La plume japonaise, tous mes autres albums sont des micro-éditions chez Sunday Artist Studio.
Le « marché » de la BD a changé, avec la concentration des maisons d’édition, forçant la création à emprunter d’autres sentiers, comme les webcomics!









J’ai toujours un peu de mal à aller vers ces grands artistes 🙂 T’es bien courageuse!
Surtout inconsciente à l’époque!
:^)
Une note: Chéret, le dessinateur de Domino, dessinait aussi les Rahan dans Pif gadget.