Archives mensuelles : septembre 2009

La Montréal Comic Con comme si vous y étiez!

La Montréal Comic-Con s’est déroulée les 19 et 20 septembre dernier à la place Bonaventure.

En arrivant, on se demande si l’événement se tient dans la gargantuesque salle d’expo qui recoit le Salon du livre de Montreal. Puis, on découvre le a-200, un espace en L qui contient la totalité de la comic-Con. Des stalles et des stalles de comic books bien tassés nous accueillent. Puis, je découvre ma table, un bel espace de 6 pieds (1m82) suffisant pour accueillir ma production.

Apercu de ma tableAperçu de ma table

Présents: des artisans, marchands de figurines, amateurs de légo (leurs constructions sont impressionnantes, voir photos), artistes des maisons américaines de super-héros, artistes locaux, auteurs de BD… et deux auteurs de SF! Hé oui, Yves Meynard y testait les eaux avec son nouveau recueil de nouvelles, L’enfant des mondes assoupis (Alire). Heureuse surprise qui me permit un achat.

Les Legos à l'attaque!Les Legos AT-AT à l’attaque!

Aussi présents: Bon voisinage: Salgood Sam, Jimmy Beaulieu et Éric Thériault

Bon voisinage: Salgood Sam, Jimmy Beaulieu et Éric Thériault; on voit l’ambiance colorée de la Comic-Con. Salgood Sam, mon voisin de table dont je recommande _Therefore repent_ Éric Thériault prépare la re-sortie de Veena, full colors. Jimmy Beaulieu avait sa table pas loin de Zviane, qui m’a dédicacé son album sur le compositeur  Claude Vivier.

Bernie Mireault, que j’ai pu féliciter pour son Jam, dont je possède la première apparition dans un vieux Northguard édité par Mark Shaimblum (il a fait bien d’autres choses depuis).

2009MichelLacombe Michel Lacombe à sa table

Michel Lacombe, qui s’améliore avec le temps (et quel dommage que son scénariste n’ait pas fini la série Icarus, qu’il illustrait si bien).

Benoit Godbout, le génial dessinateur de l’Académie des chasseurs de prime, qui vient d’être repris par 400 Coups, en cou-leurs! Mais Benoit est aussi un des artisans de l’émission Blaise le Blasé, dont je ne manquais pas un épisode. Pour une série visant les ados, elle a a mon avis ratissé pas mal plus large dans le spectre démographique! Son scénariste, Yannick Champoux, était aussi présent. Croisés aux tables lointaines:

MicheleIsabelleStephenIsabelle Stephen, audacieuse osée aux longs cheveux de soie. Elle a touché à tous les domaines, dans et hors de l’Anime.

ChristOliver Christ Oliver, avec son album Imagination. StormTroopers Tiens, des StormTroopers!

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Évidemment, les vedettes avaient une foule de fans.

Lou Ferrigno, étonnamment jeune et en bonne forme physique alors qu’il a joué l’incroyable Hulk dans la série TV voici plus de 20 ans. Beaucoup de culturistes sont au rendez-vous. J’ai pris la photo suivante peu après son arrivée, avant l’entrée du public.

P1060067_LouFerrignoW Je lui ai demandé gentiment, parce que des comédiens populaires demandent un montant quand les gens se font photographier avec eux. Les invités vendaient des photos signées et autres bébelles. Les amateurs de lutte étaient présents, à cause de Honky Tonk man, un des invités d’honneur. Les plus sympas étaient Jeremy Bulloch (Boba Fett dans les Star Wars) et son épouse. Jeremy Bulloch vendait son autobiographie en belle reliure (à 60 piasses, j’ai laissé faire). Je n’ai pas de bonne photo de lui.

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Revus avec plaisir, Richard Théroux, Eric Bourguignon, Gabriel Morissette (un peu enrhumé).

Jack Ruttan. On se connait depuis des lustres! Jack Ruttan. On se connait depuis des lustres!

L’air du local était très sec. A la fin de l’après-midi, je n’avais plus de voix. Jacque Boivin a fait son tour, et acheté un bel exemplaire de Séances de Signatures cartonné.

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Le souper en groupe avec des confrères a comblé mon estomac vide (je n’ai pas mangé sur place). Eric écrit quelque chose et Sirkowski a un air machiavélique! Eric écrit quelque chose et Sirkowski a décidément  un air machiavélique!

Ca a aussi comblé un petit creux dans mon coeur d’artiss’. Marcher vers le restaurant, plaisanter, placoter, ca fait du bien parce que je vis très loin et plutot isolée des confrères-soeurs. Quand il faut faire 2 heures et demie de transports pour se rendre à un événement à Toronto, je passe souvent mon tour! Christ et Michèle qui ne se doute de rien...Christ Oliver et Michèle qui ne se doute de rien…

Le plat était juste ce qu’il me fallait, et vraiment pas cher! Et comme je trainais ma grosse valise à roulettes, Richard Theroux et son amie m’ont accompagnée à l’entrée du métro. (Je dois beaucoup à mes parents généreux qui m’accueillent quand je vais à Montréal.)

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« On va revenir après avoir fait le tour… »

Cette phrase est la terreur de l’auteur à sa table de dédicace, dans un grand salon du livre. Celui de Montréal, 600-700 kiosques. Celui de Paris, hum… 1700 kiosques! L’avantage d’un petit local est que tous les membres du public se croisent et se recroisent. En effet, des gens sont revenus me voir, et se sont procurés un Pianissimo à la dernière minute.

P1060102_DesClientsHeureux

Ici, des fans satisfaits! Eric Bourguignon et Jean-François, avec un exemplaire de The General’s Garden.

L’avantage de la place Bona est que c’est tout près de la gare Centrale. J’ai démonté et rangé ma table peu avant 16h, fait le tour des copains, et suis partie pour attraper mon train de 17h vers Toronto. Et j’ai commencé à écrire le blog dans le train, car il y a en a, des photos à placer!

Un dessin pour Alain

Ça fait plusieurs années que je travaille « on and off » sur une adaptation d’une nouvelle uchronique, écrite par Alain Bergeron à la fin des années 90, Le Huitième registre. J’étais tombée en amour avec l’univers de cette uchronie byzantine.

Mais entre le rêve et la réalisation, l’adaptation a demande beaucoup de recherches graphiques et de prospective, surtout en architecture. Rien que le monastère a pris des centaines d’heures de recherches et de dessins… Il faut imaginer la technologie, l’ingénierie… Des bourses m’ont été refusées aux deux paliers. À temps perdu, j’ai fait un premier brouillon de 64 pages. Puis plus récemment, j’ai retravaillé sur la rescénarisation en 46 pages. Ce format plus court comporte aussi moins de cases par page, donc moins long en théorie à réaliser.

Arrivée_8e

une étude, qui sera reprise telle quelle dans la BD

Mon co-scénariste Alain Bergeron est en ce moment à l’hôpital. J’ai fait ce dessin ci-dessous quand je l’ai appris.

un croquis réalisé la semaine dernière
un dessin au crayon bleu réalisé la semaine dernière

Pour un projet qui date de plusieurs années, je ne peux m’empêcher de regretter de ne pas avoir dessiné plus vite, moins trainé sur des détails… La vie étant ce qu’elle est, d’autres projets ont abouti, incluant ma petite famille.  Je ne peux rien faire, sinon souhaiter un bon rétablissement pour qu’Alain voie le produit fini.

Comme une entreprise privée…

Vous embauchez deux employés dans votre entreprise. Au bout d’un temps X, il est clair que l’un d’eux fournit moins d’heures de travail que l’autre, n’est pas toujours disponible pour des heures supplémentaires, ne participe aux activités sociales de l’entreprise, etc.

En bon patron, vous approchez cet employé peu performant. Au cours de la conversation qui suit, vous apprenez que: cet employé a un enfant atteint du syndrome de Down, qui demande beaucoup de soins et de présence parentale. Cet employé ne peut donc donner plus de temps à votre entreprise.

QUE FAITES-VOUS?

A- Vous congédiez cet employé peu rentable (ce qui est le plus souvent observé). C’est la solution logique si les candidats soutiennent que le gouvernement doit se gérer _exactement_ comme une entreprise privée… Et puis, on prone l’individualisme après tout!

B- Pour faire bonne figure, vous ne congédiez pas cet employé immédiatement, mais vous vous arrangez, en modifiant les tâches, pour que l’employé ait tant de difficulté à concilier travail-famille qu’il démissionne de lui-même. Vous pensez ue c’est au gouvernement d’offrir plus de soutien aux familles avec enfant handicapé, etc. Mais alors, il faut reconnaitre du coup que le gouvernement n’a PAS les mêmes objectifs qu’une entreprise privée.

C- Vous gardez cet employé en faisant des aménagements, sans RIEN demander au gouvernement en retour. Et les profits baissent un peu. Ça c’est aussi un choix conséquent, puisque le gouvernement, s’il se gère comme une entreprise privée, n’aidera pas le familles. Pas rentable, cela.

J’écoutais les candidats à la direction de l’ADQ débattre à la radio, et tous  mentionnent que le gouvernement doit se gérer comme une entreprise privée…  Ce qui m’a donné l’idée du cas de conscience ci-haut. Lesquels des candidats choisira la solution A, la B, ou la C ?

Je ne crois pas que la comparaison à l’entreprise privée  doive être poussée aussi loin, ni que Gilles Taillon, Éric Caire et Christian Lévesque soient assez bêtes pour recourir eux-mêmes à la solution A ou B.

Il faut admettre que les objectifs d’un gouvernement et ceux d’une entreprise NE sont PAS les mêmes.  Le gouvernement doit protéger, avec une gestion aussi efficace que possible, la vie et le bien-être des citoyens. Et, en plus, un gouvernement doit protéger le bien commun, par exemple l’eau potable, la biodiversité… Pour conserver un milieu de vie accueillant. L’entreprise privée, elle, ne va pas toujours réparer les pots cassés, considérés comme des externalités.

Une solution D serait de prendre la solution C, et d’y ajouter une aide appropriée d’un gouvernement.

Dans une société conviviale, on peut encourager les qualités « capitalistes » d’individualité, de liberté, de responsabilité et de débrouillardise*, mais dosées avec la solidarité et la compassion. Il existe plus qu’un modèle unique de réussite sociale… et même le modèle de réussite matérielle est soutenu par le travail-fantôme ,  le travail invisible de millions de personnes.

* Telles que décrites dans l’autobiographie de Margaret Thatcher, Path to Power. Le mot « Thrift » veut dire  sens de l’économie (j’ai tendance à préférer « débrouillardise »).