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Il est arrivé…

…mon petit dernier!

Axe de KoudrissL’axe de Koudriss, illustration de couverture par Jean-Pierre Normand.

C’est toujours un moment spécial quand je déballe la boite de mes copies d’auteur. On admire la couverture en tons de bleu de Jean-Pierre Normand. On grogne sur des détails (le pôle nord de cette planète est un endroit plutôt chaud et aride), mais l’ensemble est magnifique.

L’axe de Koudriss, 3e tome de la quête de Chaaas publié chez Médiaspaul, arrivera bientôt en librairie!

Personne ne veut quitter la ville-prison de Kour, malgré le climat aride qui règne au pôle nord!  L’excentrique préfet Juunus et son tribun taciturne soutiennent d’anciens pénitents qui ont fondé un village libre. D’étranges malaises affectent le questeur Sirius, puis Chaaas. Y a-t-il un lien avec l’axe de Koudriss, ces brillantes aurores boréales qui cachent une menace mortelle?

On lance l’évacuation. Hélas, craignant une ruse pour les asservir, les villageois ont fui. Parmi eux, la jeune Féli, sur le point d’accoucher… Chaaas les retrouvera-t-il à temps?

Action, humour, danger et réflexion sont à nouveau au rendez-vous!

Comment faire pousser une histoire

Une idée de départ, c’est comme une graine que tu mets en pot. Une nouvelle: un pot plus petit,  un roman de 500 pages, un plus gros pot. Mais attention à ne pas entreprendre un projet trop ambitieux…

Quand on voit trop grand

Il faut lui laisser du temps et l’espace pour pousser, lui fournir de l’eau (du temps d’écriture, de la planification) et de la bonne terre bien aérée pour les racines (réflexion personnelle, puiser des informations sur le sujet). Et les amis écrivains qu’on rencontre? C’est de l’engrais, et du bon!!! Rencontrer des copains-amis-collègues motive!

Donc, on pense à son idée, qui bourgeonne. On définit peu à peu son intrigue principale, ce qui se passe, et parfois la fin, sans trop de détail. À cette étape, je fais un mini-synopsis comme une bande-annonce de film. Je dessine aussi mes personnages, pour mieux les explorer. Certains auteurs de lit-gen pensent à leurs personnages très longtemps avant d’écrire leur première ligne (Yves Beauchemin, chez nous), toutefois, ce n’est le cas de tous écrivains.
Arroser patiemment son histoireArroser patiemment son histoire

En nourrissant ta plante, elle pousse et s’enracine en toi: quand tu fais les recherches, de nouvelles idées surgissent, parfois contredisent des péripéties de départ. De nouveaux personnages apparaissent, prennent de la consistance. Tu t’attaches à certains que tu croyais secondaires, qui vont prendre une meilleure définition. Ca m’est arrivé dans mon dernier roman (Les vents de Tammerlan) et cela a enrichi l’histoire!

À un moment donné, je compose une liste d’épicerie (plutôt qu’un plan rigide), de « ce qui arrive »: situation de départ, événements, rebondissements, en une phrase chacun, facile à permuter en cas de besoin.

Liste d'épicerie

La plante fait des fleurs… on sent que l’histoire s’est assez cristallisée dans la tête pour commencer à l’écrire. J’enrichis ma « liste d’épicerie ». Souvent j’ai déjà écrit la moitié du livre, le début et la scène finale. C’est le milieu qui reste moins défini. Là, je pense encore aux personnages secondaires que je veux faire découvrir, à la progression dramatique, aux thèmes, etc. Je vais insérer les scènes nécessaires au milieu et dans ce qui j’ai déjà écrit.

Il arrive un moment pénible, où on s’apercoit qu’il faut élaguer. Des branches poussent dans trop de directions, l’intrigue se perd dans un fouillis… Étape cruelle mais nécessaire: si ce n’est pas sur le premier jet écrit, on le fait plus tôt, à la liste d’épicerie. Des fois, surtout en débutant, on s’attache émotionnellement à une phrase, un paragraphe, une scène… Eh, que c’est difficile!

Il faut élaguer !Il faut élaguer !

À la fin, comme dans mon cas c’est de la SF jeunesse, je repasse sur la grammaire, j’enrichis par les quatre ou cinq « sens » les descriptions, je rajoute une réplique humoristique ou deux. Je révise les descriptions: je suis particulièrement faible pour décrire des couleurs. En plus, comme mon prochain roman porte sur une civilisation non humaine, je ne peux utiliser des mots comme terre-de-sienne, etc. Idem pour les unités de mesure, le mètre, l’heure, la minute, et les expressions « tout-à-l’heure », à bannir.

Après, on laisse la plante se reposer trois semaines ou deux mois, avant de réviser le texte. Des idées auront germé entretemps. Si la plante est en bonne santé, on voit tout de suite si ces idées « de la onzième heure » enrichissent ou non l’histoire.

Plus tard, c’est le directeur littéraire qui grogne et fait retravailler-élaguer. Même dans cet intervalle, il m’est arrivé d’avoir l’idée des détails savoureux, que j’ai pu intégrer au texte final. C’est la dernière « taille » de notre plante.