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La Covid et la pyramide!

Extrait d’un BD où apparaît une pyramide sociale…

Un petit virus de rien du tout nous rappelle les failles d’un système érigé sur des bases chambranlantes.

Ceux qui meurent au bas de la pyramide

On perd en ce moment de nombreuses bibliothèques, avec les personnes âgées, nos parents et grand-parents, mais aussi, comme d’habitude, les personnes qui manquent de moyens, pour se procurer de la protection, pour faire l’épicerie, pour se refraichir, et, aux État-Unis, pour se faire soigner!

Attention à vos choix de mots: ceux et celles de la génération des « Boomers » qui meurent sont en fait les plus vulnérables, les plus pauvres. Ce ne sont pas ces « Boomers » là qui ont détruit des milieux naturels et, par cupidité, ignoré la pollution, causé les conditions propices à l’éclosion de maladies, lesquelle ravageaient déjà les pays mal équipés bien avant l’arrivée du nouveau coronavirus.

On le voit aux Etats-Unis, qui compte plus de 100 000 morts. Pas grave, l’économie doit rouler! Et si des gens meurent, eh bien, on ne fait pas d’omelette sans casser d’oeufs.

Du moment que les oeufs ne soient pas nous.

Et malheureusement, aux yeux des très riches assis sur les fortunes accumulées sur les dos des millions de personnes appauvries (des spéculateurs ont fait des affaires d’or en 2008) la vie des pauvres n’a pas de valeur.

Ces pauvres qui remplissent les prisons parce qu’on a bouché leur avenir.

Ces pauvres au chômage, sans emploi… Ces personnes racisées. Ces immigrants sans protection.

S’ils disparaissaient? Ça ferait l’affaire de qui? Pensons-y.

Les fortunés ont déjà des grappes de professionnels surpayés à leur service, de politiciens à leurs pieds. Eux et leurs familles survivront très bien à l’épidémie.

D’ailleurs, ils font plus que survivre: les fortunes financent des protestations « spontanées » aux mesures de confinement, en sachant très bien que ces gestes – suivis par des ignorants vivant en vase clos et nourris d’informations toxiques – produiront encore plus de morts par contagion. C’est une purge, une « épuration » économique (pour ne pas dire ethnique) que ces fortunes ont en vue.

L’arrogance au sommet de la pyramide

AAu sommet de la pyramide...
Au sommet de la pyramide

Tous ceux qui considèrent que ça va bien comme cela ne changeons rien sont les gens assis au sommet de la pyramide.

Je pense à ces immenses fortunes qui dorment dans les paradis fiscaux… pendant que les pays et les populations en se saignent pour survivre. Pendant que les gouvernements et les citoyens se serrent la ceinture.

Très peu de cet argent accumulé ou carrément volé ruisselle hors des grappes de services de luxe agglutiné autour des fortunés. (Lesquels appellent encore à « moins de gouvernement » histoire de mieux plumer le reste de la population.)

Ce sont les fortunes qui ont intérêt à nous enfermer dans des cages de perception, une vision de l’univers qui perpétue l’image fausse d’une concurrence fair, un monde où tous partent avec les mêmes chances, et que seul le talent départage les fortunés des autres. Un monde où tout s’achète y compris la santé

Ben non.

Et eux-elles le savent très bien, même si aucune-e ne se perçoit comme nuisible. Ben non, vous êtes tellement gentils d’accorder des salaires de misère à des travailleurs qui dépendent de vous pour nourrir leurs familles…

Et cette pyramide, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais ses flancs deviennent de plus en plus raides, à pic. Le beau modèle théorique du ruissellement, où la fortune des riches se répartirait comme une fontaine où l’eau quitte les hauts plateaux pour aboutir au plus grand bassin en bas, n’existe pas.

On voudrait bien que le capitalisme engendre une transition graduelle, une pyramide aplatie avec ce que les gens appellent encore la « classe moyenne ». Or, cette classe moyenne s’érode. Et non, ce ne sont pas les vilains communissses, mais les grandes entreprises avec leurs congés fiscaux qui en affaiblissant les services essentiels, ont produit cette situation où des gouvernements peinent à aider leur population.

Sortir de la pyramide?

J’ai toujours vécu avec peu.

Je vis dans une maison avec un jardin. Mais auparavant, j’ai vécu des années dans une chambre, puis dans un appartement sans balcon, puis un appartement avec un balcon dans un quartier avec des usines qui fonctionnaient 7 jours par semaine. Le matin, une fine poussière rouge se déposait sur nos balcons.

Et je courais les ventes de garage pour presque tous mes besoins.

Les ventes de garage!

Et je les cours encore, gardant mes sous pour des investissement ou dépenses durables! Le fait que des gens possèdent plus d’objets, de beaux terrains que moi ne me dérange pas.

C’est la misère qu’ils causent qui m’agace, quand les riches s’arrangent en toute légalité pour empêcher les moins nantis d’améliorer leurs conditions de vie. Exemple pratique: les déserts alimentaires, ou quand des fruits coûtent plus cher que des chips, ou bien la méga épicerie est tellement éloignée que ça oblige à conduire en voiture pour s’y rendre.

Pour bien vivre, chaque personne et famille a besoin d’une base matérielle: nourriture, à cultiver, vêtements à produire, et toute notre belle technologie qui je l’espère, devient recyclable.

Et ce vilain communisme qui fait si peur n’est pas pratiqué au sein de toute famille? La mise en commun des ressources pour élever les enfants, pour offrir une bonnes conditions de vie au plus grand nombre de personnes n’a rien à voir avec des gouvernements autoritaires qui écrasent leur opposition.

Oui, on a un tsar en Russie, et un Baron Harkonnen aux USA. Et, pourquoi pas, un Empereur en Chine. Tous aussi autoritaires, aussi abusifs les uns que les autres, malgré leurs systèmes politiques différents.

C’est pour ça qu’il faut sortir de la pyramide. (Et c’est aussi difficile que dans cette scène du film Astérix et Cléopâtre!)

L’argent est comme de l’eau, ça doit circuler.

Il faut voir la richesse comme un barrage qui retient les eaux (et dont l’énergie produite ne favorise qu’eux. La qualité de vie est menacée par cette concentration. Quand l’eau stagne, elle devient imbuvable. Dans un monde plus convivial, les échanges se font et l’eau circule!

Je pense à ces fortunes qui dorment dans les paradis fiscaux… pendant que les pays et les populations en arrachent.

Recettes pour sortir en douceur la pyramide

Pendant et après la COVID-19, il va falloir se débrouiller et s’entraider entre provinces, ou entre pays souverains, pour contrer la bêtise tonitruante qui avance fièrement vers le gouffre en fermant les yeux.

Il y aura des changements d’attitude et d’habitudes à négocier. Et de vocabulaire.

Pour changer de modèle de société, il faut changer le vocabulaire économique habituel.

Démonstration: combien vendez-vous votre sourire à votre enfant?

Quoi, vous le donnez?

L’économie n’est que la trace matérielle de nos vies

Moins manger de viande serait un bon début pour éliminer l’économie mortifère. J’ai pris la décision de devenir végétarienne en 1974, après que des fermiers à bout de ressources aient tiré 300 vaches. Je vois encore le fossé avec tous ces corps. Là, ce sont des millions de porcs et de poulets qui sont éliminés parce que les abattoirs ont fermé (trop de Covid-19 parmi le personnel).

Changer notre consommation en général serait un autre pas. Surtout le plastique, qui pourrait être produit à base de plantes sur une grande échelle. Et biodégradable…

Un monde plus écologique sera-t-il plus égalitaire? La pyramide sera-t-elle plus agréable à grimper?

Tant qu’on vénère la richesse comme premier critère de réussite sociale, non.

Mais en créant des histoires et des sociétés et des mots nouveaux, on arrivera à un monde plus convivial!

Mon bonheur de lire

TL;DR: L’économie n’est que la trace matérielle de nos vies. Elle n’est pas la vie.