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À court et long terme… L’érosion par les AirBnB

Le court et le long terme.

On cherche tous et toutes, depuis quelque temps, de l’air frais et de la nature… Mais justement, comme on veut tous aller s’épivarder dans la nature, ça soulève des problèmes. Je garde un bon souvenir d’une cabane au fond des bois louée par le biais de Air-BnB voici quelques années, parce que la propriétaire était très sympathique. Et les habitants autour qui rendaient nos vacances intéressantes.

AirBnB s’invite à la campagne…

Je recommande ce balado : https://www.ledevoir.com/balados/765569/balado-le-dilemme-des-petites-municipalites-face-au-phenomene-airbnb qui montre que ça va très loin. L’invasion des RBnB dans les petits villages ruraux bouleverse la vie des résidents. Non seulement on observe la pression sur les ressources, l’eau disponible pour le raccordement de centaines de nouveaux chalets, l’électricité, les nouvelles rues, la destruction des habitats, mais aussi le tissu social s’effrite.

Car comment des villégiateurs à court terme pourraient nouer des liens avec des résidents qui se sentent déracinés malgré eux?

Et derrière, les choix, les promoteurs sans visages qui vendent maintenant des chalets à prix d’ord avec système de location clef en main. Et l’accès à un petit lac tranquille par plus de 150 familles ou occupants éphémères de chalets ne laissera pas ce lac tranquille longtemps. Et le gonflement de taxes foncières représente une tentation irrésistible pour une municipalité. Qui résiste au mouvement des locations à court terme?

Résister : St-Adolphe d’Howard impose un zonage sévère et des amendes aux propriétaires qui louent à court terme. Les hôtels traditionnels, les B&B aussi en souffrent des locations de type rBnB…

…et en ville!

Une mini-maison à Meldrum Bay, Ile Manitoulin (réplique de l’auberge de Meldrum Bay, à côté, qui a récemment fermé ses portes).

AirBnB est parti d’une bonne idée, deux étudiants qui ont logé des voyageurs chez eux et leur servaient le déjeuner. Mais l’application sympa est depuis devenue une entité gargantuesque qui influence les gouvernement pour ne pas payer d’impôts sur leurs profits, pour déréglementer leurs activités… un bel exemple de capitalisme sauvage: accumuler les profits de millions de petites transactions, sans rien rendre. Évasion fiscale. Seuls les dirigeants au sommet de la pyramide pourront jouir de la belle vue.

En ville, dans certains quartiers, les voisins peuvent dire quelles maisons dans leur rue sont des rBnB : car il n’y avait de lumières de Noël allumées. Et tant de touristes qui passent bousculent la vie de quartier. Quand d’une semaine à l’autre, vous ignorez qui reste dans la maison d’à côté.

Et je ne parle pas de la sécurité tout court, du bruit quand les occupants à court terme décident de faire la fête. Souvent, en voyage, les gens se permettent des débordements qu’ils ne feraient pas chez eux. Les hôtels traditionnels limitent ces débordements.

À lors que les loyers grimpent et les spéculateurs gardent des maisons vides pour créer une rareté (400 000 maisons vides en Ontario, un chiffre estimé.) Le gouvernement de l’Ontario a récemment institué une taxe de 25% de la valeur d’une maison pour des acheteurs « non résidents » comme des corporations. Cette taxe devrait être annuelle, car des spéculateurs peuvent se permettre de laisser les propriétés en friche…

Et des municipalités veulent limiter à 14 jours la durée de location d’une résidence principale. En France, le gouvernement de plusieurs villes ont imposé une limite de 120 jours par an pour louer sa résidence vide. Par contre, on peut encore louer une chambre de notre maison (si on l’occupe) 365 jours par an. Et il n’y a pas de nombre de jours maximum de location Airbnb pour les résidences secondaires.

Ça me rend très, très contente d’avoir loué dans un motel lors de nos dernières vacances. Car le phénomène AirBnB a nuit aux établissements, certains se tirent encore d’affaire avec un service exceptionnel.

Court et moyen terme

La location à court terme répond à une demande de la part des voyageurs, mais la solution passe par une planification à moyen et long terme pour préserver le milieu naturel et le bon voisinage. Car ce sont les gens de la place qui rendent un endroit attirant, pas seulement les vieilles pierres ou les berges d’un beau lac.

Ici, le Lac Huron, vu d’une plage publique de Providence Bay, sur l’Ile Manitoulin.